Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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jeudi 24 novembre 2011

Exprimer et libérer sa créativité

Comme je le disais dans le message précédent (voir Créativité), nous avons tous un potentiel de créativité, mais savons-nous l’exprimer ? Certains d’entre nous s’avèrent être très créatifs, d’autres moins. Voici quelques pistes pour vous aider à libérer la créativité qui (peut-être) sommeille en vous.

Un environnement favorable

Nous sommes souvent pris par la lourdeur et la répétitivité du quotidien. Pour accéder à votre propre créativité, que ce soit pour réaliser une œuvre artistique ou pour vous livrer à une séance de brainstorming, il importe de lui réserver un espace, physiquement et mentalement : un lieu, un temps, une attitude d’esprit.
Tag sur un mur de Bahia - Brésil (Photo Renaud Cherel)

Le lieu : l’inspiration vient souvent à l’occasion d’une sorte de rêverie éveillée ; pour certains, celle-ci sera stimulée en contemplant de beaux paysages ou par le spectacle de la vie ; pour d’autres, ce seront les émotions ressenties dans certains environnements ; pour d’autres enfin, ayant la capacité de se retirer en soi facilement, le lieu importe peu.
Le temps : réservez-vous des temps spécifiques pour laisser libre cours à votre imaginaire, que ce soit par des moments de pause entre deux tâches, ou dans la trame même de votre activité si vous faites profession de créateur.
L’attitude : il est essentiel de se situer dans une attitude de non-jugement. En séance de créativité en groupe, cette règle est extrêmement importante. Le non jugement est alors accompagné de respect et de confiance, chacun restant à l’écoute des autres. En effet, le jugement tue la créativité ; les enfants, plus spontanés que les adultes, sont souvent plus créatifs.

Cassez vos habitudes
Rien de tel que de rompre avec vos habitudes pour stimuler votre créativité : en changeant de perspective, en prenant du recul, vous pouvez voir la réalité autrement. Il s’agit de répondre à la question « Et si je changeais cela ? » Une façon de pratiquer cet exercice est de choisir un inconnu aperçu dans la rue ou ailleurs et en imaginant sa vie : « si j’étais lui ou elle, quelle serait ma vie ? » Le fait de se mettre à la place d’un autre peut permettre de se libérer de limites que l’on se met à soi-même.

Donnez-vous des contraintes
À l’opposé, et paradoxalement, le fait de se donner des contraintes peut stimuler la créativité : c’est ainsi que l’art poétique, en cumulant des exigences telles que la rime ou le nombre de pieds par vers, a permis de faire émerger des chefs-d’œuvre. On peut trouver des exemples semblables dans le domaine de la peinture ou de la musique. Donnez-vous donc des contraintes, à condition bien sûr que ces contraintes soient librement consenties et intégrées !

Faites-vous confiance          
Vous êtes dans un domaine subjectif, alors faites confiance à votre propre ressenti ! Et si le résultat ne vous donne pas satisfaction, donnez-vous droit à l’échec : n’hésitez pas à jeter au panier et recommencez sans pour autant perdre confiance. Les grands créatifs ont produit beaucoup d’œuvres, mais ils en ont éliminé beaucoup aussi. Peu à peu vous gagnerez en estime de vous-même et pourrez affronter la critique de votre œuvre sans pour autant vous sentir déstabilisé(e).

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Créativité
    10 outils pour réduire le stress : écouter, créer, demander
    Poème d'été : La magie des mots
    Néoneurones
    Développer son imagination

Liens externes :
    le blog Fresques murales  de Renaud Cherel
    Wikipédia
    Créativité au travail

lundi 10 octobre 2011

Un être unique et merveilleux

Nous sommes à la fin de l’été, et déjà les feuilles de certains arbres changent de couleur, adoptant des tons plus dorés. Les feuilles commencent à tomber des arbres et à s’accumuler çà et là au gré des tourbillons de vent. Une feuille morte, ce n’est rien, rien du tout : j’en foule aux pieds des quantités sans même y penser. Chaque arbre porte des milliers de feuilles, et chacune d’entre elles est vouée à se dessécher et à disparaitre à l’automne.
Mais, ce matin, je m’arrête un instant pour contempler une feuille tombée d’un arbre à mes pieds ; je me penche un peu sur elle et me fais la réflexion : peut-être a-t-elle quelque chose à me dire, quelque chose à me raconter, cette feuille qui maintenant gît dans l’herbe mouillée, un peu fanée ?

D’abord, cette feuille-là, elle n’est pas rien du tout : c’est une feuille d’érable, une belle feuille bien dessinée, aux teintes mordorées, une de ces feuilles que les enfants ramassent pour décorer leurs cahiers. Elle a sa forme bien à elle avec ses petites pointes et son long pétiole. Non, décidément et contrairement à ce que j’avais pensé, elle ne ressemble pas tout à fait aux autres feuilles, elle a son originalité propre : il y a quelque chose d’unique dans cette feuille.

Ensuite, c’est vrai que j’aurais pu enlever cette feuille de l’arbre sans dommage ; d’ailleurs, elle est tombée naturellement, cette feuille. Cependant, il me faut bien admettre que sans elle et toutes ses sœurs, le bel érable qui me surplombe ne pourrait pas vivre. Une évidence s’impose à moi : même si chaque feuille a un rôle très modeste, ensemble, elles sont absolument indispensables. Ce sont les feuilles qui captent la lumière du soleil et qui, grâce à leur activité, fournissent l’énergie nécessaire à la vie de l’arbre. Chaque feuille est en réalité une sorte d’usine très complexe, une mini-centrale d’énergie très sophistiquée. Et puis, en dehors du fait que cette feuille est utile à l’arbre, je ne peux m’empêcher d’admirer son esthétique : elle est belle dans la régularité de sa forme et dans l’harmonie de ses couleurs.

Enfin, je pense à la vie de cette feuille : elle est née au printemps dernier, elle a grandi, elle a travaillé à la besogne pour laquelle elle a été faite puis, sa tâche accomplie, elle s’est arrêtée progressivement de fonctionner, passant du vert au jaune puis au brun. Avant de se détacher de sa branche, elle lui a transmis les sucres qu’elle avait accumulés, ne conservant que le strict minimum. Et après sa mort, sa substance formera l’humus dont se nourriront les racines de son arbre d’origine, ou d’autres plantes.

Finalement, cette humble feuille me dit beaucoup de choses sur moi-même… Ne suis-je pas moi aussi, comme elle, un individu parmi des millions d’autres ? Et pourtant je suis un être unique et merveilleux. Comme elle, j’ai ma beauté, qui peut être extérieure ou intérieure. Comme elle, j’ai une tâche à accomplir sur cette terre, et comme elle, je l’accomplis avec d’autres…


Renaud CHEREL




Voir aussi dans ce blog :
    Ordinaire extraordinaire

Lien externe :
    Si les feuilles et les arbres vous intéressent, voir aussi le blog Fleurs sauvages de Renaud Cherel.
    Extrait du livre "Le petit prince"

jeudi 29 septembre 2011

Voyages et jeunesse

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… »

Vol au-dessus de la Grèce (photo R. Cherel)
Je pense vraiment que les voyages forment la jeunesse, et cette opinion est confortée à la fois par mon expérience personnelle et par les échanges que je peux avoir avec des jeunes ayant voyagé.

Les premiers grands voyages, effectués seul ou en bande à l’entrée dans l’âge adulte, conservent toujours le même intérêt éducatif : ils permettent au jeune de découvrir le monde, d’aller à la rencontre des autres, de prendre conscience d’autres valeurs et cultures et de conquérir son autonomie.

Le psychanalyste Gérard Haddad explique qu’ils font office de « rite de séparation et de socialisation » : le jeune qui part au loin doit s’arracher à son cocon familial et couper le cordon avec sa mère ; il s’ouvre à de nouveaux horizons et se retrouve face à lui-même. C’est pour lui l’occasion de rompre avec la routine pour se reconstruire dans un univers différent : un rôle que jouait partiellement le service militaire aujourd'hui disparu. À notre époque où la mondialisation est omniprésente, les voyages sont devenus encore plus indispensables à l’éducation de chacun. Pourtant, curieusement, très peu de jeunes Français voyagent aujourd’hui. Les 18-24 ans seraient même, d’après certaines études, ceux qui partent le moins de chez eux. L’écart se creuse entre les milieux sociaux. Selon le sociologue Jean Viard « les jeunes exclus sont aussi les exclus du voyage. En particulier dans les cités : les jeunes issus de l’immigration ne se déplacent pratiquement jamais. »

En même temps, l’expérience m’amène à dire que, là où l’on va, l’on transporte avec soi un certain regard, une certaine manière de filtrer la réalité. Il semble que la richesse du voyage, ce qu’il peut m’apporter et me faire découvrir, cela dépend du regard que je pose sur les choses, les événements et les gens. C’est peut-être la raison de l’intérêt de voyager jeune : on n’a pas encore formé d’opinion trop tranchée ou définitive sur les choses de la vie, on est moins enclin à comparer avec sa propre expérience, plus ouvert, plus capable d’assimiler les nouveautés.

Par contre, si l’on a passé la plus grande partie de son existence dans un univers fermé et étroit, il est certainement plus difficile de s’ouvrir sur le tard à la différence et à la nouveauté – même si c’est toujours possible. Marcel et Jean sont deux agriculteurs qui ont passé leur vie entière sur l’exploitation agricole sans être beaucoup sortis de leur commune. Au moment de la retraite, ils ont décidé avec leurs épouses d’aller visiter la Thaïlande. À leur retour, ils m’ont raconté leur périple : tout était comparé, mesuré à l’aune de ce qui se faisait dans leur village. L’essentiel de leur voyage était résumé par des commentaires sur la nourriture et l’hôtellerie : « la bouffe, c’était pas terrible ; ça ne valait pas les moules frites comme on les fait chez nous… »

L’exotique n’est pas forcément au bout du monde : si nous gardons l’œil ouvert et l’esprit curieux, nous pouvons aussi découvrir la nouveauté et la différence à deux pas de chez nous !


Renaud CHEREL




Voir aussi dans ce blog :
    Aider l'enfant à quitter père et mère
    Curiosité : défaut ou qualité ?

Liens externes :
    Enquête : les voyages forment la jeunesse


mercredi 29 juin 2011

Désirer, avoir envie

C’est la pause de midi, quelques collègues qui s’entendent bien sont en train de bavarder autour de la machine à café.

-« Qu’est-ce qu’il fait beau aujourd'hui… De quoi avez-vous envie en ce moment ? » demande Catherine à la cantonade.
-« J’ai toujours envie d’autre chose, dit Nadia, songeuse : on est tellement dans une existence routinière, qui manque d’intensité… L’envie pour moi, ce n’est pas l’envie d’une chose matérielle, pas forcément une chose que je peux nommer. Mais j’ai un sentiment d’insatisfaction permanente, et cela se traduit par une quête interminable… Il y a toujours un truc qui manque, c’est jamais totalement ça. »
-« Pour moi, dit Jean-Paul, c’est clair : j’ai envie de réussir. Et je ferai ce qu’il faut pour y arriver, tu peux me croire. On a un nouveau challenge à relever, je n’ai pas trop le temps de discuter avec vous maintenant, il faut que j’y aille. Ciao ! »
-« Il a raison, ce n’est peut-être pas le moment de poser ce genre de question, renchérit Marietta ; il vaudrait mieux d’abord faire ce qu’il y a à faire : j’ai une montagne de courrier à dépouiller, je m’occupe de ça d’abord et après je verrai de quoi j’ai envie. »
-« Moi, rétorque Hélène, je n’ai pas particulièrement envie de quoi que ce soit en ce moment ; mais dis-moi plutôt, Catherine, qu’est-ce qui te ferait envie à toi ? Peut-être, qui sait, serais-je en mesure de t’aider à réaliser ton rêve ?… J’adore aider les gens, et je crois que je ne suis pas trop mal douée pour ça. »
-« Attendez, quand je vous posais cette question, je pensais aux vacances, tiens ! Moi, j’ai envie de tout essayer : si c’est nouveau, c’est fun ! J’ai visité quatre-vingt pays dans le monde, mais il en reste plus de cent à voir encore, je n’ai pas fini ma quête. Pour moi, l’aberration ultime, c’est d’avoir sa petite maison secondaire en Bretagne dans un patelin au-dessus de la plage et d’y retourner tous les étés depuis vingt ans ! »
Envie d'être une fée ?
(photo R. Cherel)

Et la discussion part sur la question des vacances. Mais au fait, suis-je au clair avec mes envies ? Est-ce que je me retrouve dans certaines des attitudes brièvement évoquées dans cette discussion entre collègues ? Qu'est-ce que je désire, au fond ? Mes envies sont-elles bien définies ou au contraire vagues et incertaines, voire même inexistantes ? Est-ce qu’elles correspondent à des choses concrètes, matérielles ? Ou bien plutôt à une qualité d’être et de relation avec ceux qui m’entourent ? Ou encore à une image que je cherche à atteindre, quelque chose qui me fasse exister aux yeux des autres ?

Nous sommes des êtres de désir, c’est vrai, mais nos désirs ne sont pas toujours transparents pour nous-mêmes. Nos envies, nos désirs en disent long sur ce que nous sommes… mais aussi sur ce que nous pouvons devenir si nous nous donnons le temps de les écouter ! Alors, nous pouvons nous poser la question : qu’est-ce que je désire, au fond ?


Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    Rêves et projets
     Renoncements

Liens externes :
    Désirer, est-ce la même chose que vouloir ?
    Le désir en philosophie
    Avoir envie, selon Marguerite

Bibliographie :

Épictète : Manuel d’Épictète, Livre de poche, Paris 2000.
Ce petit opuscule, écrit par son disciple Flavius Arrien, résume l’enseignement d’Épictète, ancien esclave syrien, affranchi par son maître romain, qui vécut au premier siècle de notre ère. 
Malgré des conditions de vie très difficiles, ce sage a su mettre en pratique les enseignements du stoïcisme et a vécu libre et heureux. C’est un maître de force morale et de bonheur, exigeant mais bienveillant. J'ai trouvé la lecture de ce manuel très instructive et réconfortante. 

lundi 20 juin 2011

Promenades

J’ai la chance d’habiter dans une petite ville entourée de forêts, et je profite au mieux de mes temps disponibles pour me promener. J’aime bien marcher par les chemins, dans la campagne, ou dans la forêt, en pleine nature. Dans ces lieux, le calme et la beauté agissent de façon régénératrice sur mon esprit, me fournissant une énergie paisible, provision de sérénité pour les jours suivants.

Pendant les week-ends, les chemins les plus proches des routes ou des parkings sont saturés de citadins qui viennent prendre l’air ; mais pendant la semaine les rencontres sont moins fréquentes. Parfois l’on croise un promeneur, et la plupart du temps l’on se salue mutuellement, comme si, loin de la ville et de ses urgence, l’on prenait davantage le temps de porter attention à l’autre. Il y a des joggers qui se contentent de hocher la tête en passant, concentrés qu’ils sont sur leur performance… d’autres lancent un grand bonjour amical.

Coquelicot (photo R. Cherel)
Je marche à mon rythme, admirant le paysage, la façon dont le relief crée un théâtre plus ou moins grandiose dans lequel s’insèrent les détails du lieu. Même dans les endroits que je connais bien, l’apparence du paysage et les tonalités de couleurs varient selon les saisons et les heures de la journée, créant un spectacle sans cesse renouvelé dont je ne me lasse pas. Dans ce cadre, je goûte la beauté et l’harmonie du paysage végétal – lorsqu’elles ne sont pas trop malmenées par l’homme, les plantes se répartissent de façon harmonieuse selon leur volume et leur taille. Dans ce cadre, j’apprécie la façon dont les plans d’eau ou les habitations s’y insèrent.

Plus près de moi, je suis attentif aux détails le long du chemin : la beauté souvent discrète des fleurs sauvages, aux formes parfois étonnantes et aux couleurs subtiles, mais dont la plupart ne sont même pas remarquées par les promeneurs. La ronde des insectes, le passage d’un joli papillon aux ailes éclatantes de couleurs, le chant des oiseaux qui se répondent d’un arbre à l’autre, le toc-toc d’un pic-vert qui cherche sa nourriture dans un tronc d’arbre mort. Il m’arrive aussi parfois de croiser des animaux moins fréquents : le héron solitaire perché sur une patte au bord de l’étang ; le vol lourd d’une chouette à la tombée du jour ; des écureuils qui sautent de branche en branche ; une grande couleuvre aux écailles vertes et jaunes qui serpente dans le sous-bois… Mais aussi une belette qui file dans les taillis ; des chevreuils, souvent par deux, qui me considèrent d’un œil attentif avant de fuir en grands bonds gracieux ; des sangliers qui courent dans les éteules. Et il m’est arrivé une fois d’apercevoir un cerf qui ne se laissa pas approcher mais disparut aussitôt dans les fourrés !
Pour sortir de la routine et des soucis du quotidien, nous allons parfois chercher très loin, à l’autre bout de la planète. Pourquoi pas, mais n’oublions pas qu’à côté de chez nous, il existe peut-être des sources simples et accessibles de dépaysement et de régénération, susceptibles de nous fournir des ressources personnelles.


Renaud CHEREL




Cet article vous a plu ? Vous pouvez voir aussi dans ce blog :
    Arbres d'hiver
    La solitude
    Poème d'été : Promenade champêtre

mercredi 15 juin 2011

Discussion de couple sur l'univers...

Jihane et Hugo discutent en prenant leur petit déjeuner sur la terrasse, alors que le soleil vient de se lever.
-« J’aime bien me lever tôt, dit Jihane, et il m’arrive souvent, le matin, de contempler le lever du soleil. Tout en admirant la beauté du ciel souvent teinté de couleurs extraordinaires, intuitivement je ne peux m’empêcher de penser que l’astre du jour se déplace dans le ciel et que le monde autour de moi demeure plat, stable et immobile. »
-« Oui, cette intuition a été partagée pendant des millénaires par les hommes qui contemplaient le ciel, répond Hugo. Pourtant, depuis quelques siècles, la science nous a montré que c’était une erreur et affirme le contraire : ces collines que tu vois en face avec leurs routes, leurs maisons, leur végétation, tout ce paysage que l’on aperçoit dans le lointain, tout cela est en train de basculer lentement face au soleil, car la terre est ronde et tourne sur elle-même face au soleil. »
-« Tu as remarqué que le soleil ne se lève pas à la même place chaque jour ? Hier, il est sorti pile au-dessus de cet arbre, là-bas, et ce matin il était un tout petit peu plus à gauche… »
-« Eh oui, en cette période printanière, le soleil se lève chaque matin un peu plus vers le nord, parce que la terre tourne autour du soleil et, dans l’hémisphère nord, les jours rallongent… Quant à la lenteur, elle n’est qu’apparente, car la terre fonce dans l’espace autour du soleil à plus de 100 000 km/heure. »
-« Difficile à imaginer, c’est une vitesse terrifiante… »
-« Mais ce n’est pas tout : notre soleil, une étoile parmi des milliards d’autres, n’est pas immobile non plus, puisqu’il est en route pour un très long voyage autour du centre de la Galaxie, dont le tour prendra plus de 220 millions d’années pour s’effectuer… Sans compter que notre galaxie elle-même se déplace dans l’immensité de l’espace, comme des milliards d’autres galaxies : rien n’est stable, tout bouge dans notre univers… »
-« Arrête un peu, avec ta science ! Occupons-nous d’abord des problèmes immédiats et concrets à résoudre ici, sur place ! Franchement, il y a tant de choses urgentes à faire sur la terre, tes considérations astronomiques n’ont guère d’intérêt ! »
-« Sans intérêt ? Je comprends que tout cela puisse te donner le vertige – et à moi aussi – quand on réalise que la terre n’est qu’un petit grain de poussière lancé à grande vitesse dans l’espace, perdue parmi des milliards d’autres objets. Mais on n’a pas encore trouvé l’équivalent ailleurs. Et quand bien même on aurait trouvé une planète semblable, les distances en jeu sont telles que, dans l’état actuel de nos connaissances, il serait impossible de s’y rendre. Et c’est là que je te rejoins : car notre bonne vieille terre, avec tout ce qu’elle contient, constitue un bien très précieux dont nous sommes collectivement responsables. »
-« Oui… Sur ces bonnes paroles, aide-moi à débarrasser la table ! »

Notre vision de l'univers n'est pas forcément identique, n'est-ce pas ?


Renaud CHEREL




Voir aussi dans ce blog :
    Masculin / Féminin
    Relation de couple: fragile !

mercredi 4 mai 2011

Aube

J’avais préparé un sujet pour aujourd'hui, mais je ne résiste pas au plaisir de vous faire part du spectacle de beauté auquel j’ai assisté ce matin.

Comme tous les jours, je prends mon petit déjeuner dans la salle de séjour, face à la grande baie vitrée qui donne plein est.

Il fait encore sombre. La colline d’en face, couronnée de grands chênes dont les silhouettes effeuillées tendent leurs doigts vers le ciel qui pâlit lentement, me fait songer au corps sombre d’un énorme animal endormi. Au creux de son ventre, les taches plus claires sont des maisons que l’on distingue à peine, embuées qu’elles sont dans une fine brume matinale.

Le bleu sombre du ciel immense blêmit peu à peu dans les hauteurs, et vire vers les tons rose à l’horizon, barré d’une épaisse bande continue de nuages bleu-violacés. On pourrait facilement confondre celle-ci avec une haute chaîne de montagnes qui se perdrait dans les lointains. Mais nous sommes près de Paris, c'est la plaine qui s'étend au-delà de la colline…
Lever de soleil sur Ville d'Avray (région parisienne - photo R. Cherel)
Dans le rose naissant du ciel, s’égrènent de petits cumulus gris violacé comme un troupeau de moutons éparpillés dans la prairie céleste. Juste au dessus de moi, des nuages gris et bas circulent paresseusement de droite à gauche, semblables à de lourds vaisseaux se dirigeant lentement vers le nord.

Des chants d’oiseaux résonnent dans l’air immobile, se répondant par des gazouillis et des trilles sonores.

À l’est, en face de moi, la prétendue chaîne de montagne semble se disloquer graduellement sous la pression d’un invisible volcan, tandis que des fissures rougeoyantes apparaissent dans ses flancs comme autant de coulées de lave en fusion. Au-dessus, ceux des nuages du troupeau qui s’étaient aventurés dans cette région s’auréolent d’un éclat qui peu à peu, tel un métal en fusion, vire de l’orange au vermeil puis à l’or et se met à briller d’un éclat étincelant. Par contraste, la colline d’en face semble s’assombrir encore, mystérieuse, tous ses détails noyés dans l’ombre.

En quelques minutes, les nuées les plus proches sont ornées de festons d’or et de feu qui mettent en relief leurs volumes cotonneux. Le bleu du ciel s’intensifie, devenant plus profond. Tout semble se préparer à l’imminence d’un événement majeur.

Le silence est rompu par un couple de pies qui traverse le ciel en jacassant. Dans le lointain, une cloche se met à sonner.

Et voilà que l’astre solaire paraît, éclatant, magnifique, d’une brillance déjà insoutenable au regard, son orbe émergeant avec une lenteur princière pour s’élancer vers l’espace du ciel.

Instant magique. Un jour nouveau est né.

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Beauté, laideur
    Poème d'été : Naissance d'un jour nouveau

Liens externes :
    Les photos d'Anne Jutras

mardi 3 mai 2011

Beauté, laideur

La Vénus de Villendorf
était-elle un canon de beauté ?...
À la pause de midi, des collègues discutent autour d’une tasse de café, et leur échange les amène à parler de ce qui est beau ou laid.

...ou bien faut-il lui préférer "La naissance
de Vénus" de Bouguereau ?
-« Au fond, réfléchit Mario, ce qui est beau est plus ou moins lié à ce qui est utile. C’est pour cela que j’aime bien le design : c’est une recherche d’harmonie entre les formes et les fonctions de l'objet. Un objet qui est vraiment bien conçu pour sa fonction est un bel objet. »

-« Pas d’accord, dit Marie-Alix, le beau n’a rien à voir avec l’utile. Le beau, c’est ce qui suscite chez moi une émotion esthétique… En face de quelque chose de beau, j’ai le cœur qui bat, un sentiment d’admiration qui m’envahit… Je déteste la laideur et j’ai depuis toujours le goût du beau. J’en ai besoin : pour moi c’est une nécessité vitale. »

-« Moi, je suis sensible à la beauté formelle, répond Wang… La beauté répond à des critères de simplicité, de symétrie… Comme une formule mathématique claire, concise, synthétique. La référence absolue, pour moi, c’est E=Mc². En une formule, Einstein a compressé presque tout l’univers. C’est du grand art. C’est beau. »

-« Je ne me trouve pas super-belle, murmure Lise. Mais je me dis que je ne suis pas un thon non plus… Et si je ne suis pas dans les canons de la beauté, au moins je suis protégée des agressions physiques. Quelque part, ça me rassure, voilà. Bon, c’est vrai que, quand je regarde certaines nanas, je me sens un peu jalouse… »

Nous sommes souvent amenés à prononcer des jugements sur les gens et les choses : c’est beau, c’est laid… La notion de beauté a-t-elle des fondements objectifs ou bien est-elle entièrement subjective, dépendant de la culture, du contexte historique ou culturel dans lequel nous nous situons ? Dépend-elle du regard des autres ou bien est-elle déjà présente en moi depuis toujours ? Qu’est-ce que la beauté, qu’est-ce que la laideur, au fond ?

Dans le Petit Robert, il est dit que la beauté est le caractère de ce qui est beau, c’est-à-dire de ce qui fait éprouver une émotion esthétique, un sentiment d’admiration. C’est aussi le caractère de ce qui est moralement admirable. Ces définitions me paraissent intéressantes parce qu’elles ne lient pas la beauté à des critères objectifs, à une essence, mais à des émotions, des sentiments et des jugements.

L’ambition de cette chronique n’est pas de se lancer dans de hautes considérations philosophiques, mais de poser, au hasard de faits rencontrés dans la vie quotidienne, des questions susceptibles de nous faire avancer sur notre chemin de vie. Dans ce sens, pourquoi ne pas me poser des questions sur la beauté, la laideur : est-ce que ce sont des notions importantes pour moi ? Par rapport à cela, est-ce que je réagis comme l’une des personnes citées, ou bien autrement ? Est-ce que la contemplation de ce qui est beau pourrait apporter un plus dans ma vie ?

La beauté ne pourrait-elle pas me rendre la vie plus… belle ?


Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    Les plus beaux sont-ils les meilleurs?
    Aube
    Étonnement

Liens externes :
    Appel pour une beauté libre
    Laideur et beauté

jeudi 3 mars 2011

Neige

Cette année, la neige est survenue plus tôt que de coutume avant même la date officielle de l’hiver sur une grande partie de la France, et semble vouloir renouveler fréquemment ses apparitions.

La neige, c’est bien sûr synonyme de difficultésde circulation, d’embarras dans les aéroports ou sur les autoroutes, de rupture de continuité dans la mécanique bien huilée de notre économie nationale. Au plan plus immédiat, c’est le risque de glissades ou de chutes dangereuses, d’une cheville foulée ou d’un poignet cassé. Et certains d’entre nous de pester contre ces aléas clima-tiques qui viennent rompre le cours de nos habitudes….

Mais comment résister au charme de la neige qui nous ouvre une fenêtre sur nos émerveillements d’enfance ? À la secrète excitation qui nous envahit à la vue de cette blancheur ? La neige est encore tombée cette nuit sur la région parisienne et avec les premières lueurs du jour se déploie sous mes yeux un paysage somptueux. Par la fenêtre, un paysage magique est apparu comme par enchantement. Les maisons sur la colline d’en face, recouvertes d’un manteau ouaté, prennent des allures de chalets de montagne et les branches des arbres, délicatement festonnées de blanc, dessinent des entrelacs complexes de noirs et de blancs d’une fragile beauté.

J’adore le spectacle des flocons de neige striant le ciel dans leur chute nonchalante. Tantôt de petits flocons très fins et légers dansent en virevoltant, peu pressés d’atteindre le sol ; tantôt de gros flocons descendent sans bruit comme des plumes arrachées d’un édredon de ciel gris ; ou bien encore une sorte de grésil tombe dru et encapuchonne le paysage d’une blanche capeline en quelques instants, effaçant silencieusement les traces de pas ou d’activités humaines. La neige immaculée redonne aux paysages, même les plus habituels et les plus ordinaires, un aspect un peu féérique, effaçant temporairement les blessures et les laideurs du panorama. Cinq centimètres de neige et notre regard sur notre environnement est transformé : enveloppé de ce léger manteau blanc, le monde paraît plus calme, plus paisible. Bien sûr, au fond, rien n’est changé ; cependant, devant cette blancheur silencieuse, alors que tous les bruits sont étouffés par la neige, je me sens d’une humeur plus contemplative, plus paisible, plus sereine.

Dans la symbolique occidentale, la couleur de la neige, le blanc, est généralement associés à la notion de pureté, à l'innocence, à la chasteté, à la virginité, mais aussi à la paix, à la spiritualité, à la sainteté et à la vie. Mais paradoxalement le blanc est aussi associé à une symbolique contraire : la notion de vide, la vieillesse, la mauvaise santé et finalement la mort : c’est la couleur du deuil dans certains pays asiatiques et, au Moyen Âge, la couleur de deuil des reines de France.

Quoi qu’il en soit, profitons de ce qui nous est donné, laissons pour un instant les yeux de l’enfant qui est en nous s’émerveiller de la blancheur et de la paix renouvelées du monde… et rêver, un instant seulement, que cette image devienne réalité !


Renaud CHEREL




Neige à Ville d'Avray (Ouest de Paris)









Photos : Renaud Cherel

Voir aussi dans ce blog : 
    Début d'hiver
    Fin d'hiver
    Flocons de neige

Liens externes : 
    Galerie photos hiver : Les belles photos d'Anne Jutras...

dimanche 9 janvier 2011

Plantes et bien-être

Les hommes ont toujours eu besoin des plantes, non seulement pour leur alimentation, leur santé, la construction de leurs maisons ou d’autres usages, mais aussi pour des raisons esthétiques et d’agrément. De tout temps, ceux qui en avaient les moyens ont cherché à recréer autour d’eux un environnement propice à la paix et au bien-être en utilisant les végétaux.

Avons-nous conscience de cet extraordinaire cadeau que nous font les plantes ? En plus de leur aspect utilitaire (alimentation, source d’énergie, construction, médicaments…), elles participent à notre bien-être, bien plus qu’on ne l’imagine. Par exemple, elles peuvent très naturellement assainir l’air de notre maison et des locaux où nous travaillons.
Par le simple fait de croître et de se développer à côté de nous, les plantes améliorent la qualité de l’air que nous respirons, élèvent son taux d’humidité dans les appartements souvent très secs et absorbent quantité de poussières et de polluants. Elles réalisent le plus gros travail de dépollution en captant par leur feuillage les produits toxiques volatils qui les entourent. Associées aux bactéries qui vivent dans la terre auprès de leurs racines, les plantes font disparaître certains produits chimiques en les transformant en produits non toxiques.

Mais ce n’est pas tout : les plantes nous réjouissent le cœur et leur présence génère des émotions positives en nous. Le geste d’offrir des fleurs est pratiqué dans toutes les civilisations. Quel amoureux n’a pas un jour offert un bouquet à sa dulcinée ? Le message que les fleurs transmettent nous touche au cœur.

Une promenade dans une forêt ou dans un parc nous délasse et nous détend, nous aide à nous débarrasser du stress que notre vie souvent trépidante nous fait subir. Des enquêtes menées par des médecins montrent qu’une promenade dans la nature améliore l’humeur et la confiance en soi des personnes dépressives. On a également observé que le corps réagit physiologiquement à la contemplation de la nature et à l’interaction avec elle. On attribue cette réaction à un meilleur état de relaxation, au rappel des émotions positives associées à la nature et à son effet revigorant sur la fatigue mentale.

Dans les villes, les arbres contribuent à rafraîchir les espaces urbains, agissent comme des filtres naturels et absorbent le bruit. Ils améliorent le microclimat, ainsi que la qualité des ressources naturelles. Ils embellissent aussi l’aspect des villes et contribuent de ce fait à la santé psychologique de leurs habitants.

Chacun de nous peut profiter de ces bénéfices que nous apportent les végétaux. Si nous habitons en ville, le fait d’avoir des plantes dans notre lieu de vie crée un lien avec la nature devenue de plus en plus lointaine pour les citadins. Elles représentent ce qui est beau et agréable dans la vie, et le fait d’être capable de les nourrir est une confirmation que nous avons ce qu’il faut pour créer un véritable foyer.

Quel que soit votre niveau de connaissances, que vous ayez la « main verte » ou pas, vous gagnerez à mettre des plantes dans votre logement ou votre lieu de travail pour améliorer votre santé et votre bien-être !

Renaud Cherel a écrit un livre avec Geneviève Chaudet sur l'effet bénéfique des plantes sur notre bien-être, intitulé "Ces plantes qui nous font du bien", publié chez Rustica. Pour plus de détails, cliquez sur l'image.



Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    La course au bonheur

Si les plantes vous intéressent, consultez le blog Fleurs sauvages de Renaud Cherel.

samedi 23 octobre 2010

Relation de couple : fragile !

Dimanche dernier, ma femme et moi sommes allés avec faire une promenade dans le bois de Saint Cloud. Les longues allées de marronniers sont prématurément roussies par les attaques de mineuse, cette méchante chenille qui détruit les feuilles de marronniers depuis une dizaine d’années, et nous marchons sur un tapis de feuilles mortes. En revenant, nous croisons des parisiens qui regagnent leurs voitures pour rentrer chez eux. Je suis frappé par l’allure d’un couple, une petite jeune femme vêtue d’un sweater et d’un jean moulant qui mettent en valeur sa très jolie silhouette, au côté d’un grand gaillard athlétique habillé d’un survêtement bleu très seyant. Je me fais intérieurement la réflexion : « Quel beau couple ! Ces deux là ont l’air de bien aller ensemble… »

Je les vois qui se dirigent vers une moto, et l’homme entreprend de déverrouiller l’antivol, tandis que la jeune femme ouvre une des sacoches arrière pour se saisir d’un casque de moto. Celui-ci lui glisse des doigts et tombe avec un bruit mat sur le sol tapissé de feuilles. Aussitôt, l’homme se tourne brusquement vers elle et se met à la tancer vertement, tandis qu’elle baisse du nez sans rien répliquer : « Espèce d’idiote ! Tu ne peux pas faire attention, non ? Quelle conne cette fille ! »

Exit le couple harmonieux que j’avais dessiné dans mon imagination ! Je me dis que ces deux là ne sont peut-être pas si bien partis que je ne le croyais… Pourquoi tant de violence pour une broutille ? Ce casque conçu pour subir des chocs ne doit pas être bien abîmé par une chute dans les feuilles mortes… Par contre, la dignité de cette jeune femme, elle, a probablement été écornée par cette humiliation en public…

Trois réflexions me viennent à propos de cette anecdote :

En voyant ce joli couple, j’ai projeté sur lui une image idéale, et les faits m’ont détrompé. Combien de fois interprétons-nous ce que nous percevons, et reconstruisons-nous dans notre imagina-tion un monde qui n’est pas la réalité ?

Quelle histoire personnelle ce jeune homme a-t-il vécue pour être si violent à l’encontre de sa jolie compagne ? Je ne le saurai jamais ; mais j’ai tendance à penser que la chute du casque n’était qu’un prétexte… nos colères et nos agacements sont d’abord le produit de notre propre histoire avant d’être l’effet du comportement d’autrui.

Inversement, pourquoi la jeune femme s’est-elle montrée si passive face à lui ? Ce n’est probablement pas la première fois qu’elle a cette attitude. Il semble bien que ce couple soit entré dans un jeu, dans lequel elle joue le rôle de la victime et lui celui de bourreau. Ce jeu est suffisamment bien rôdé pour qu’ils ne soient pas conscients de le jouer en public.

La plupart de nos relations sont plus fragiles que nous ne croyons… Ne méritent-elles pas qu’on les soigne un peu mieux ?

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    10 secrets des couples qui durent
    Masculin / Féminin

mardi 12 octobre 2010

Eté

Lundi 21 juin, c’était le solstice d’été, qui correspond dans nos régions au jour le plus long de l’année – et par conséquent à la nuit la plus courte – et qui marque le premier jour de l’été. Le mot solstice vient du latin sol, soleil et stare, s’arrêter : en effet, c’est le moment de l’année où le soleil, étant monté chaque jour à midi de plus en plus haut dans le ciel, semble s’arrêter avant de redescendre. Cette particularité astronomique avait été déjà observée par nos lointains ancêtres qui la célébraient par de grandes fêtes de la fertilité et de l'abondance, en allumant de grands feux purificateurs symbolisant la lumière du soleil estival. Cette fête a été reprise par la tradition religieuse des feux de la saint Jean, allumés pendant la nuit du 24 juin.

Cette rubrique sur l’été était destinée à être éditée lundi dernier, mais la fraîcheur des températures m’a incité à la repousser d’une semaine. Et voilà que les caprices du climat nous ont fait brutalement entrer dans la saison du « beau temps », de la chaleur et du soleil qui nous distribue le plein d’énergie… Certains d’entre nous profitent de cette période pour partir en vacances ailleurs, d’autres restent sur place, d’autres encore ont des activités saisonnières et travaillent davantage. Quelle que soit notre occupation, rien ne nous empêche d’accueillir l’été avec tous nos sens, comme nous l’avions fait pour le printemps.

- Ouvrir grand les yeux pour contempler la beauté des paysages qui nous seront donnés de traverser au gré de nos déplacements. Le bleu azuréen du ciel, les nuances infinies de vert et de bleu de la mer, l’or des plages ou bien, si nous allons en montagne, le dessin des pics et des sommets, le vert profond des forêts, l’argent des cascades et le blanc des glaciers… Et si nous restons chez nous, nous pouvons observer notre environnement familier avec un œil neuf.

- Écouter les chants des oiseaux et le pépiement des petits sortis du nid, ou, à la plage, le clapotement des vagues qui déferlent sur la grève, le doux bruissement du vent qui provoque des friselis dans l’eau… Me délecter de l’accent du Sud ou de celui de ce touriste anglais qui parle un français improbable.

- Enlever ses chaussures et goûter la délicieuse sensation de marcher pieds nus dans l'herbe ou le sable. Ressentir la caresse du vent, la torpeur de l’air de l’après-midi ou la douceur de celui du soir. En vacances, quel bonheur de se réveiller dans des draps tout frais, de s’étirer comme un félin et de se rendormir, le sourire aux lèvres !

Sculpture d'un poisson sur  la plage (Photo Renaud Cherel)
- Humer les parfums des fleurs d’été, l’arôme des lis et des roses, les fragrances des seringats et des chèvrefeuilles, ou les senteurs des plantes aromatiques : sarriette, romarin, lavande… les odeurs de grillades au barbecue, les effluves plus âcres des sardines grillées. Les exhalaisons d’herbes coupées et de foins qui sèchent au soleil.

- Goûter les fruits de l’été, les melons et les pastèques, savourer les abricots, les pêches et brugnons, déguster les fraises et framboises. Sans oublier les légumes frais, haricots et petits pois, aubergines et poivrons…

Bon été !

Renaud CHEREL



Ce message vous a plu ? Vous pouvez voir aussi dans ce blog :
    Saison d'été
    Les vacances
    Fin d'été
    La chaleur du soleil
    Profiter de ses vacances

jeudi 23 septembre 2010

Les valeurs morales

Pour agir, pour choisir entre plusieurs possibilités, nous nous appuyons sur des valeurs morales, c'est à dire sur ce qui est vrai, ce qui est beau, ce qui est bien à nos yeux. Notre système de valeurs, nous le construisons en fonction de ce qui nous a été transmis, de notre histoire, mais aussi des plaisirs et déplaisirs que nous traversons, des peurs, des frustrations, de nos désirs et de nos envies. Du coup – cela peut paraître étonnant à première vue – ce que nous trouvons vrai ou faux, juste ou pas juste est largement influencé à la fois par notre environnement social et culturel et par notre vie émotionnelle ; au point que fréquemment nous nous arrangeons, consciemment ou inconsciemment, pour avoir des idées correspondant à nos besoins.

Quelles sont mes valeurs personnelles ?
La valeur est un point de repère, un critère particulièrement important ; si je ne la satisfais pas, je ressens un mal-être. La valeur c’est quelque chose de vraiment primordial. Mais un certain nombre de valeurs sont inconscientes, on n’y réfléchit pas ; c’est parfois quand on est en difficul-té que l’on se découvre des valeurs. Par exemple, c’est lorsque Florence est tombée malade qu’elle s’est rendue compte que la santé était vraiment une valeur pour elle ; auparavant, elle n’y pensait pas.

Prendre conscience de mes valeurs et de mes croyances peut aider à comprendre ce qui m’empêche de me comporter comme je le souhaiterais dans certaines circonstances. Prendre conscience de mes valeurs, c’est me connecter à ma source d’énergie, à ma motivation profonde. Pour moi personnellement, il peut donc être intéressant de me demander quelles sont mes valeurs : « Qu’est-ce qui est important pour moi ? Qu’est-ce qui me motive ? Qu’est-ce qui me mobilise ? Qu’est-ce qui compte vraiment pour moi ? »

Puis je peux vérifier si mes valeurs actuelles sont bien à moi. Est-ce que ces valeurs héritées, reçues, transmises, je les ai faites miennes, ou bien sont-elles des « valeurs achetées » ? Si je reconnais que telle valeur n’est plus à moi, je la remercie et je dis stop : c’est une valeur qui m’a bien aidé à un moment donné, mais maintenant je la rends à la vie.

Enfin, je peux me demander comment est-ce que je fais vivre mes valeurs, concrètement. Car la valeur n’est pas une croyance, ce n’est pas simplement ce que je crois de vrai à un moment donné ; c’est ce à quoi j’adhère. Ce n’est pas non plus un besoin : le besoin est quelque chose que je vais prendre à l’extérieur, que je ramène vers moi. La valeur sort de moi vers l’extérieur ; je la sers, presque sans attente par rapport à elle ; je l’honore avec une certaine gratuité.

Il me paraît important de rechercher une certaine cohérence dans sa vie, de chercher à être congruent, c'est à dire de faire vivre ses valeurs dans ses comportements : sinon, si notre apparence est trop éloignée de ce que nous sommes vraiment, nous risquons de ressembler à des coquilles de noix vides !

Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    Choisir ses critères de qualité
    Transmettre
    Essentiel et accessoire
    Transgression
    Sentiment de culpabilité

Liens externes : 
Quelles sont nos valeurs morales? Dossier de Psychologies.com

mercredi 2 juin 2010

Le printemps est revenu

Cette année, l’hiver a été long et pénible, avec des alternances de mauvais temps, de pluie, de froidure et de neige qui n’en finissaient pas. Voici tout de même que le printemps fait son appari-tion, plutôt timidement, avec ses giboulées, ses averses entre lesquelles on aperçoit des grands pans de ciel bleu, son vent qui pousse d’un rythme rapide les nuages dans l’azur. Nous ne sommes pas totalement sortis de l’hiver, il encore faut compter avec les alternances de tempéra-ture et avec le vent.

Le printemps est la saison de la renaissance et de la fraîcheur. Les arbres fleurissent, les animaux sortent de leur hibernation, les humains retrouvent le moral avec l'apparition du soleil. La nature, elle ne s’y trompe pas : la voilà qui explose. Apprécions ce moment privilégié par tous nos sens en éveil.

Roseraie du parc de Bagatelle (photo R. Cherel)
- Par la vue, admirons les fleurs qui éclosent de tous côtés : le vert soutenu de l’herbe drue des pelouses et celui, plus tendre, des jeunes feuilles des arbres. Les tons pastel des primevères, la carnation plus vive des crocus, des tulipes et des jacinthes, le blanc et l’or des narcisses et des jonquilles, le blanc-rosé des anémones des bois et bientôt le bleu des campanules printanières et l’infinie variété de couleurs des roses… sans oublier de lever les yeux pour admirer la beauté des ciels changeants.

- Par l’ouïe, apprécions les chants variés des oiseaux : les chardonnerets, les hirondelles et les verdiers qui gazouillent, les tourterelles et les pigeons qui roucoulent, les moineaux qui pépient, les merles qui sifflent et même les corbeaux et corneilles qui croassent… sans oublier les mé-sanges qui zinzinulent (dixit mon dictionnaire !) Mais aussi le bourdonnement des insectes et les bruissements du vent…

- Par le toucher, et ce qu’on appelle le sens kinesthésique, prenons conscience de nos sensations corporelles : au printemps, notre corps sort de sa léthargie hivernale et nos sensations sont plus aiguisées. Peut-être avons-nous renouvelé notre garde-robe, et nous apprécions le contact de ces nouveaux vêtements. Sentons sur notre peau le souffle du vent vif, piquant, et parfois celui du vent plus tiède qui vient nous caresser légèrement.

- Par l’odorat, nous retrouvons les odeurs d’herbe froissée ou coupée à la tonte des pelouses, celles exhalées par la sève montante, les bourgeons et les feuilles naissantes, et les fragrances des fleurs printanières. Mais aussi l’odeur des croissants et du pain frais au petit matin ou celles, plus lourdes, de la soirée allongée par le changement d’heure.

- Par le goût, profitons des saveurs qui nous sont offertes au printemps : les nouveaux légumes, les fruits de saison, les viandes grillées et parfumées d’herbes…

C’est le moment de faire des projets, d’élaborer, de construire, d’essayer quelque chose de nouveau, de sortir du cafard de l’hiver. Par exemple en démarrant une nouvelle activité : prendre des cours de danse, apprendre une nouvelle langue, ou planter son propre jardin d’herbes culinaires. Ou peut-être une de ces choses que vous aviez l’intention de faire tout en pensant que vous n’aviez pas le temps. Pourquoi ne pas éteindre la télévision et décider de le faire en vous lançant un défi excitant ?

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Printemps