Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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mardi 20 septembre 2016

Comment sortir de l'hyperactivité?


Il convient d’abord de préciser de quoi il s’agit, autrement dit de faire un autodiagnostic sur son comportement :  
- Est-ce que cette hyperactivité est liée à un contexte précis, par exemple mon activité professionnelle ou un événement familial particulier (heureux ou malheureux), ou bien est-ce que je me comporte ainsi à peu près dans tous les domaines et tout le temps ?
           
- Est-ce que je suis soumis à des pressions fortes dans mon travail, comme par exemple une demande d’augmentation du rythme d’activité ou des cadences, une évaluation continue des performances, une menace de licenciement… ? 
     
- Est-ce que dans le passé, mes parents ou mes proches me reprochaient déjà d’être un enfant très agité, ne tenant pas en place, hyperactif, ou bien avais-je plutôt un comportement normal par rapport à ce critère ?

Selon les réponses à ces questions, vous pouvez évaluer si votre hyperactivité est permanente, remontant à votre enfance, ou bien si elle est conjoncturelle, liée au contexte que vous vivez en ce moment.

Dans le premier cas, si vous vivez très bien avec cela, et que vous avez le sentiment de gérer correctement cette hyperactivité, il n’est probablement pas utile de changer : vous vivez intensément, vous avez des initiatives et de la créativité, en somme vous vivez ce qui demanderait plusieurs vies à d’autres : supprimer tout cela vous conduirait à un ennui mortel ! Si par contre ce comportement entraîne pour vous et votre entourage toutes sortes d’inconvénients et que vous vivez mal cette situation, vous souffrez peut-être du Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), auquel cas il serait bon de consulter un professionnel (médecin ou psy) qui pourra confirmer le diagnostic et indiquer un traitement approprié.

Dans le second cas(hyperactivité conjoncturelle), il vous faut évaluer l’origine de votre comportement, éventuellement en vous aidant d’une personne extérieure, par exemple un coach. Ensuite, il vous faudra mettre en perspective vos priorités. Autrement dit, choisissez un moment où vous êtes calme et détendu – au besoin, créez-le ! – pour vous poser les questions suivantes : Qu’est-ce qui est le plus important pour moi actuellement ? Vous pouvez répondre par un verbe. Prenez le temps d’approfondir : C’est vraiment cela qui est important pour moi ? Ou bien au fond c’est un écran de fumée ? Et cela s’appuie sur quelles valeurs ? – là vous répondez par des noms. 

À partir de ces réponses, tirez-en les conséquences : si vous consacrez la plus grande part de votre énergie à ce qui n’est pas le plus important pour vous, il est temps de changer. Rebranchez-vous sur le plus important, en laissant tomber ou en déléguant ce qui est secondaire. Modifiez progressivement vos rythmes et vos habitudes. Prenez le temps régulièrement de faire des pauses. Pratiquez la relaxation, les séances de massage ou des exercices de respiration. Adonnez-vous à un passe-temps qui vous permette d’être davantage dans la contemplation, la réception, que dans l’action, l’initiative : peinture, photo artistique, yoga... Prenez le temps de manger sainement en savourant chaque bouchée... 

Bref, prenez soin de vous !



Renaud CHEREL


Vous pouvez lire aussi dans ce blog des articles sur la même thématique :
    Gérer son temps
    La série 10 outils pour gérer le stress
    L'observateur intérieur ou la pleine conscience

Liens externes:
    Jeux cérébraux : http://fr.ibraining.com/
    Voir aussi article très documenté sur TDAH : http://www.tdah-adulte.org/

mercredi 14 octobre 2015

Comment gérer mes contradictions internes

Il nous arrive d'être tiraillés entre
des désirs et des émotions contradictoires
À partir du moment où je réalise que les êtres vivants fonctionnent en sollicitant des systèmes ago-antagonistes (voir message précédent), mes contradictions internes m’apparaissent sous un jour plus positif. C’est d’ailleurs un trait typique de nos sociétés occidentales que cette vision dualiste du monde à laquelle nous souscrivons souvent : c’est vrai ou c’est faux, c’est noir ou blanc, c’est bien ou mal, c’est beau ou laid, etc. Dans les traditions orientales, la réalité est vue de façon plus nuancée : dans telle affirmation il y a du vrai et du faux ; il y a bien souvent une pointe de noir dans le blanc et de blanc dans le noir ; un bien peut avoir des aspects négatifs et un mal des aspects bénéfiques ; la beauté est souvent rehaussée par quelque imperfection, etc. 

En considérant mes propres contradictions sous cet angle, elles m’apparaîtront davantage comme des outils mis à ma disposition pour m’assumer davantage en tant qu’être humain. Ce sont elles, en particulier, qui font de moi un être imparfait, certes, mais un être étonnant, unique et merveilleux. Pour les regarder avec plus de sérénité, je peux imaginer mon esprit et mes émotions comme un ensemble de sages en train de débattre, chacun exprimant son opinion.

Les premières contradictions qui peuvent m’apparaître sont celles entre mes pensées et mes actes : elles sont peu bénéfiques et je peux les minimiser en faisant le tri dans mes valeurs morales, afin de garder les plus importantes pour les appliquer à moi-même avant de les attendre des autres. Ce faisant, je gagnerai en estime de moi-même et mes relations seront plus saines et plus satisfaisantes.
D’autres conflits intérieurs peuvent provenir de mes conditionnement durant l’enfance. Quels modèles m’étaient-ils proposés ? Aujourd'hui, en tant qu’adulte, suis-je d’accord avec ceux-là, ou en réaction contre eux ? À moi de choisir de conserver ce qui convient à mes valeurs et à mes convictions, et à laisser de côté le reste.

Il se peut aussi que la vie n’ait pas été facile pour moi, et que je sois plein de rancœurs et de reproches. Mais le fait de blâmer mes parents ou la société ne changera rien au passé. Moi seul ai le pouvoir de changer les choses sur lesquelles j’ai de l’influence, et de changer mon regard sur les gens, les choses, les événements sur lesquels je n’ai aucun contrôle. Alors je pourrai accepter avec sérénité ce sur lequel je ne peux rien.

Mes contradictions peuvent aussi me paralyser, en étant incapable de choisir. Car tout choix entraîne nécessairement la perte de certains avantages. Mais ces pertes me rendent plus fort et m’ouvrent à de nouvelles opportunités. En saisissant l’occasion qui se présente aujourd'hui, je ne gaspillerai pas mon énergie dans des regrets inutiles, à ruminer le passé qui n’est plus. Et si je subis un échec, j’en tire la leçon qui m’évitera de commettre la même erreur la prochaine fois. 

Enfin, il est important de rester à l’écoute de mes besoins et de les nourrir.



Renaud CHEREL


Vous pouvez lire aussi dans ce blog des articles sur la même thématique :
    Contradictions internes
    Les besoins

lundi 11 novembre 2013

Essentiel et accessoire

Savoir distinguer ses priorités
Roméo a du mal à distinguer ses priorités : alors qu’il doit envoyer sa déclaration d’impôts demain, il a décidé de ranger son bureau de fond en comble. Comme si l’essentiel pour lui était remplacé par des tâches secondaires ; il se laisse ainsi souvent distraire par des détails extérieur plutôt que de répondre à ses propres besoins.

L’essentiel, au sens courant du terme, c’est ce qui est absolument indispensable, nécessaire, par opposition à l’inutile. Dans un sens un peu différent, c’est ce qui est le plus important, prioritaire, par opposition à ce qui est secondaire ou accessoire.

Dans une économie de subsistance, l’essentiel est facilement défini par ce qui contribue à satisfaire les besoins élémentaires de l’individu et de la collectivité. Mais, dans la société de consommation qui est la nôtre, la frontière entre l’essentiel et l’accessoire devient de plus en plus floue, de plus en plus difficile à définir. Les exigences de la mode et des usages en matière de consommation, renforcées à grands coups de publicité, font en sorte de nous faire apparaître dans bien des domaines l’accessoire comme essentiel.

Le marketing , de plus en plus précis, de mieux en mieux individualisé par rapport aux goûts du consommateur, vise à créer sans cesse de nouveaux besoins. Ou, pour être plus exact, le marketing propose de nouvelles façons de répondre à des besoins qui préexistent chez le consommateur potentiel. Il ne crée pas ces différents besoins mais suscite de nouveaux désirs et propose différents moyens de les satisfaire. Ainsi, le constructeur d’automobiles élabore un objet propre à satisfaire un besoin de considération, ou de liberté, ou d’appartenance à un groupe social… en plus d’un moyen de se transporter d’un point à un autre. La stratégie marketing fera en sorte que cela se concrétise, pour une certaine catégorie de consommateurs, par le désir d’acquérir tel modèle de la gamme. De plus, la customisation va permettre à certains clients, via l’acquisition d’accessoires, d’individualiser leur véhicule, lui donnant ainsi plus de valeur à leurs yeux.

Dans un autre domaine, la fonction primaire de l’habillement, qui est de se prémunir du froid et de se protéger physiquement, a été depuis longtemps – pratiquement depuis les origines de l’humanité – débordée par d’autres fonctions, répondant à des besoins plus complexes : identification à un groupe, à une classe sociale, souci d’arborer son originalité et sa différence, de marquer son indépendance par rapport à tel milieu, etc., à tel point que l’accessoire devient souvent un élément essentiel de l’habillement. On peut à l’infini multiplier ce type d’exemples.

On comprend que, dans ce monde-là, les choix soient encore plus compliqués pour Roméo et que le risque de se disperser en oubliant l’essentiel soit encore plus grand. Nous ne ressemblons pas tous à Roméo, mais il peut être utile de nous reposer de temps à autre la question de savoir ce qui est essentiel pour nous. Quelles sont les valeurs essentielles auxquelles je tiens vraiment, que je défends et que je sers ? Et quels moyens est-ce que je prends pour les mettre en œuvre ?


Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Les valeurs morales
    Atteindre ses objectifs
    Parasitage mental

lundi 28 mai 2012

Incivilité


Après avoir évoqué la politesse (Voir Usage de la politesse), il me semble intéressant d’examiner son revers, l’incivilité. On pourrait définir les incivilités comme un ensemble de comportements qui ne relèvent pas du code pénal mais constituent des manquements aux règles élémentaires de la vie en société. Autant certaines règles de politesse peuvent être de nos jours considérées comme dépassées, désuètes, ringardes, autant la notion d’incivilités a pris de l’importance depuis quelques années : elles semblent indiquer autre chose que le seul manque de savoir-vivre, par la violence contestataire dont elles font preuve.

On peut penser qu’une personne « mal élevée », ou « pas éduquée » manque au respect des règles de politesse par ignorance, par manque d’éducation : par conséquent, la principale responsabilité n’est pas de son fait mais celui de ses parents ou de son milieu social. Par contre l’incivilité, telle qu’elle est souvent dénoncée de nos jours, peut être interprétée comme un refus de certaines valeurs de la société, et l’imposition plus ou moins violente d’autres lois plus individualistes.

Une enquête récente réalisée pour la RATP sur les incivilités ressenties par les voyageurs de la région parisienne est instructive : il en ressort que les personnes jugées inciviles sont souvent celles qui cherchent à aller plus vite que le reste de la foule, ou bien au contraire les voyageurs plus lents. Lorsque les flux de circulation augmentent, il y a donc plus de risques de voir apparaître des comportements considérés comme incivils, même si par ailleurs le stress de la vie urbaine produit en lui-même des formes de protection qui se traduisent par l’indifférence ou l’incivilité.

Une catégorie très fréquente d’incivilités concerne les conflits de territoire, par exemple l’usage du strapontin en période d’affluence ou la priorité refusée aux femmes enceintes, aux personnes accompagnées de jeunes enfants ou très âgées.

Une autre catégorie d’incivilités est liée aux représentations espace public / espace privé dans une société où l’individualisme prend de plus en plus de place. Dans certains cas, il y a brouillage de la frontière entre les deux : par exemple discussion au téléphone ou séance de maquillage au su et au vu de tous. Dans d’autres cas, on peut constater une sorte de dévalorisation de l’espace public : jet de détritus, chewing-gum collé sur le siège, tags, tous comportements dont on peut penser que les auteurs ne le feraient pas chez eux.

Il y a pourtant dans notre société, en ces temps de crise, une recherche forte d’un mieux-vivre ensemble qui pourrait se traduire par moins d’incivilités et plus de politesse : une enquête TNS-Sofres réalisée en 2010 indique que les cinq valeurs considérées comme les plus importantes pour les Français sont la politesse, la sincérité, l’écoute, le sens des responsabilités et la gentillesse. Tout n’est pas perdu !

Renaud CHEREL



Ce message vous a plu ? Vous pouvez voir aussi dans ce blog :
    Usage de la politesse
    Transgression

Liens externes :

    La-politesse-est-elle-ringarde? Typologie des incivilités

Bibliographie :
Picard Dominique : Pourquoi la politesse ? : Le savoir-vivre contre l'incivilité éd. du Seuil, Paris 2007

jeudi 29 septembre 2011

Voyages et jeunesse

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… »

Vol au-dessus de la Grèce (photo R. Cherel)
Je pense vraiment que les voyages forment la jeunesse, et cette opinion est confortée à la fois par mon expérience personnelle et par les échanges que je peux avoir avec des jeunes ayant voyagé.

Les premiers grands voyages, effectués seul ou en bande à l’entrée dans l’âge adulte, conservent toujours le même intérêt éducatif : ils permettent au jeune de découvrir le monde, d’aller à la rencontre des autres, de prendre conscience d’autres valeurs et cultures et de conquérir son autonomie.

Le psychanalyste Gérard Haddad explique qu’ils font office de « rite de séparation et de socialisation » : le jeune qui part au loin doit s’arracher à son cocon familial et couper le cordon avec sa mère ; il s’ouvre à de nouveaux horizons et se retrouve face à lui-même. C’est pour lui l’occasion de rompre avec la routine pour se reconstruire dans un univers différent : un rôle que jouait partiellement le service militaire aujourd'hui disparu. À notre époque où la mondialisation est omniprésente, les voyages sont devenus encore plus indispensables à l’éducation de chacun. Pourtant, curieusement, très peu de jeunes Français voyagent aujourd’hui. Les 18-24 ans seraient même, d’après certaines études, ceux qui partent le moins de chez eux. L’écart se creuse entre les milieux sociaux. Selon le sociologue Jean Viard « les jeunes exclus sont aussi les exclus du voyage. En particulier dans les cités : les jeunes issus de l’immigration ne se déplacent pratiquement jamais. »

En même temps, l’expérience m’amène à dire que, là où l’on va, l’on transporte avec soi un certain regard, une certaine manière de filtrer la réalité. Il semble que la richesse du voyage, ce qu’il peut m’apporter et me faire découvrir, cela dépend du regard que je pose sur les choses, les événements et les gens. C’est peut-être la raison de l’intérêt de voyager jeune : on n’a pas encore formé d’opinion trop tranchée ou définitive sur les choses de la vie, on est moins enclin à comparer avec sa propre expérience, plus ouvert, plus capable d’assimiler les nouveautés.

Par contre, si l’on a passé la plus grande partie de son existence dans un univers fermé et étroit, il est certainement plus difficile de s’ouvrir sur le tard à la différence et à la nouveauté – même si c’est toujours possible. Marcel et Jean sont deux agriculteurs qui ont passé leur vie entière sur l’exploitation agricole sans être beaucoup sortis de leur commune. Au moment de la retraite, ils ont décidé avec leurs épouses d’aller visiter la Thaïlande. À leur retour, ils m’ont raconté leur périple : tout était comparé, mesuré à l’aune de ce qui se faisait dans leur village. L’essentiel de leur voyage était résumé par des commentaires sur la nourriture et l’hôtellerie : « la bouffe, c’était pas terrible ; ça ne valait pas les moules frites comme on les fait chez nous… »

L’exotique n’est pas forcément au bout du monde : si nous gardons l’œil ouvert et l’esprit curieux, nous pouvons aussi découvrir la nouveauté et la différence à deux pas de chez nous !


Renaud CHEREL




Voir aussi dans ce blog :
    Aider l'enfant à quitter père et mère
    Curiosité : défaut ou qualité ?

Liens externes :
    Enquête : les voyages forment la jeunesse


mardi 18 janvier 2011

Donner un sens à ma vie

Quel sens ma vie a-t-elle ?
Patrice ne se pose pas de questions existentielles : « Le sens de la vie ? J’en sais rien, c’est pas mon problème ! Moi, je bosse, je gagne du fric, ça me permet de faire ce que j’ai envie, point barre. Le reste, c’est des rêves fumeux de gens qui n’ont pas les pieds sur terre ! »

« Je travaille comme une malade depuis que j’ai décroché mon diplôme, confie Monica. Mais je ne me sens pas bien dans cette société… Je ne sais pas comment l’exprimer, mais je ne trouve pas vraiment ma place… Je ressens comme un vide, une superficialité qui ne me conviennent pas. Je voudrais trouver autre chose, trouver un sens à ma vie… »

Depuis mon enfance, j’ai construit ma personnalité selon les valeurs sociales de mon milieu, mais aussi en fonction de mon histoire personnelle et de l’éducation que j’ai reçue. Dans l’adolescence, j’ai renforcé un certain nombre de comportements dont j’avais constaté l’efficacité en fonction des buts que je m’étais donné. Mais cela, et le genre de vie que je mène aujourd’hui, me prédispose à m’entourer de fausses réalités masquant ma véritable force intérieure. L’éducation actuelle ne fait que m’encourager à m’intégrer au mieux dans la société en accumulant de plus en plus de savoirs et de richesses matérielles ; mais souvent, hélas, elle prête peu d’attention à mon épanouissement personnel. Ainsi, dès la prime enfance, j’apprends à enfouir mes sentiments et très vite je prends l’habitude de vivre à la surface de moi-même. J’éprouve une certaine satisfaction à jouer des rôles selon les situations que je rencontre et à avoir des comportements superficiels.

Non seulement beaucoup d’entre nous se définissent par le travail mais souvent nous gérons l’ensemble de notre vie de la même manière, avec des objectifs de performance et le poids de multiples obligations. Pris dans cette agitation, nous pouvons nous sentir valorisés d’être surbookés et en éprouver une certaine satisfaction. Mais, absorbés par notre rôle social et professionnel, ne risquons-nous pas de nous éloigner de nous-mêmes et de perdre contact avec notre intériorité ?

Notre société a fait d’immenses progrès en quelques décennies dans de nombreux domaines grâce à la science et la technologie. Mais ce ne sont que des moyens, pas des buts en soi, qui ne répondent pas aux questions de fond : qui je suis ? Ma vie a-t-elle un sens ? Et si oui lequel ? Tenter de comprendre qui nous sommes afin d’évoluer tout au long de notre existence est pourtant primordial…

Comment arriver alors à mettre un peu plus de sens dans mon existence ? Viktor Frankl, créateur de la Logothérapie, a beaucoup réfléchi sur cette question. Peut-être s’agit-il de prioriser l’être plutôt que le faire. De reconnaître, de laisser advenir et exprimer ce qui se présente à moi, ici et maintenant, en laissant de côté le discours incessant qui tourne dans ma tête. Lâcher prise, ouvrir une porte sur moi et sur les autres, sans jugement. Pour renouer avec mes sentiments profonds et changer mon point de vue sur la vie.

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Construire sa vie
    Donner du sens

Bibliographie :
Viktor E. Frankl : Découvrir un sens à sa vie par la logothérapie, Les éditions de l’homme, coll. Actualisation, 1988. Nouvelle édition 2005 préfacée par Gordon Allport.
Selon Frankl, notre motivation profonde ne repose pas d’abord sur le plaisir, mais sur le besoin primordial de donner un sens à sa vie. L’auteur a mis sa découverte à l'épreuve durant les trois ans qu'il a passés dans des camps de concentration et en a confirmé la validité par soixante ans de pratique psychothérapeutique. Ce recueil regroupe le témoignage de Frankl sur sa vie derrière les barbelés et un bref exposé des principes de la logothérapie. Celle-ci vous éclairera sur le sens de votre existence et vous permettra de vous réaliser.

Lien externe : 
    Donner du sens a sa vie (sur Psychologies.com)

jeudi 16 décembre 2010

Les conflits : comment les gérer ?

Noémie et Philippe, qui vivent ensemble depuis 10 ans, se disputent :
-« J’en ai marre d’être ignorée par toi ! »
-« Moi ? Je n’ai rien fait ! Là, tu te fâches contre moi sans aucune raison ! »
-« Comment, sans aucune raison ? Tu te fous de moi : hier soir, tu rentres à minuit sans m’avertir ! Je me sens complètement délaissée ! »
-« Mais c’était un dîner important avec des collègues… Tu ne vas pas m’interdire ça, non?»

En situation de désaccord, nous constatons très souvent que nous avons tendance à nous mettre sur la défensive. C’est assez normal, au fond, car c’est un vieux réflexe de survie qui nous vient du fond des âges. Nous nous sentons attaqués, et nous nous défendons, au besoin en attaquant à notre tour ; mais est-ce le comportement le mieux adapté aujourd'hui ? Je n’en suis pas si sûr ; en tout cas d’autres manières de faire sont possibles et donnent d’excellents résultats. Je pense en particulier à la méthode proposée par Marshall B. Rosenberg, intitulée la Communication Non Violente (CNV), qui a été reprise et déclinée de nombreuses manières différentes. En voici quelques principes :

Les faits
D’abord, il est important de prendre en compte les faits. Souvent nous faisons la confusion entre l’observation des faits et notre interprétation, notre évaluation ou jugement sur ces faits. Que Noémie s’exprime face à Philippe, c’est un fait ; qu’elle se fâche sans aucune raison, c’est une interprétation de la part de Philippe. Lorsque Philippe lui renvoie ce jugement, cela n’a pas beaucoup de chances de calmer la colère de Noémie, mais plutôt de la renforcer.

Les émotions
En second lieu, il convient de reconnaître les émotionsqui nous animent au moment où nous échangeons avec l’autre : la colère, la peur, la tristesse, la frustration... Mais attention, là encore il est très facile de placer un jugement au lieu d’une émotion. Quand Noémie se dit ignorée et délaissée par Philippe, c’est une interprétation de sa part, en ce sens qu’elle lui prête une intention : « Tu m’ignores… Tu me délaisses. » L'émotion qui l’habite alors, c’est peut-être la tristesse, ou encore l’inquiétude.

Les besoins
Ces émotions ressenties, ellesproviennent de nos besoins, nos désirs ou nos valeurs qui sont en souffrance. Quand Noémie se plaint que Philippe rentre trop tard, c’est peut-être son besoin d’intimité qui s’exprime, ou bien ses valeurs d’échange et de partage qui ne sont pas satisfaites.

La demande
Notre inconscient a beaucoup de mal à enregistrer la négation. Demandons donc ce que nous voulons, et pas ce que nous ne voulons pas ! Ayant discerné un peu les choses, Noémie va pouvoir exprimer plus clairement sa demande à Philippe : «Quand tu es rentré tard hier soir sans m’avoir prévenue à l’avance, je me suis sentie triste et inquiète, car j’ai besoin de prendre du temps avec toi et je veux savoir s’il ne t’est rien arrivé. Si cela doit t’arriver encore, peux-tu me prévenir par un petit coup de fil ? »

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Colère
    Sur la défensive
    Communication non défensive
    Concession ou compromis?
    Excès ou modération

mercredi 10 novembre 2010

Transmettre

Que transmettrons-nous à nos petits-enfants ?
Nous venons de traverser les journées du patrimoine, qui nous permettent chaque année de faire revivre la mémoire de nos prédécesseurs à travers les œuvres qu’ils nous ont laissées… Mais quelles traces laisserai-je, moi ?

Gaston se pose la question, et cela le préoccupe : « J’aimerais bien laisser une trace, ne pas disparaître complètement de la mémoire des autres. Mais comment faire ? Je ne suis pas un grand artiste, ni un inventeur génial, et encore moins un homme politique connu… »

Cette question, Véronique ne se la pose même pas : « À ma mort, dit-elle, je disparaitrai complètement, pouf ! Et rien ne restera de moi, je me dissoudrai dans le Néant. Alors je profite de la vie au jour le jour, tout simplement ! »

Le souvenir d’une personne, dit-on, ne subsisterait en moyenne que sur deux ou trois générations… À la quatrième, l’oubli est souvent complet. Pour vous en convaincre, répondez à cette simple question : que sais-je de la vie de mes arrière-arrière-grands-parents (c'est à dire les grands-parents de mes grands-parents) ? Sauf si l’un de vos aïeux a été un personnage célèbre, il y a de grandes chances pour que vous n’en ayez qu’une idée très confuse, voire même pas la moindre idée.

Quelle trace laisserai-je donc auprès de ceux qui me suivront ? Il est probable qu’on m’oubliera, moi aussi, et que dans quatre générations personne ne saura plus qui j’étais. Et pourtant, beaucoup d’hommes et de femmes ont eu le désir de laisser une trace sur la terre, ne serait-ce que par l’intermédiaire de leur descendance. Ce désir explique probablement bien des œuvres, dont la durée de vie est souvent supérieure à celle de leur créateur. Combien de monuments et d’œuvres d’art, combien d’entreprises et de projets, et même combien de lois et de réformes ont vu le jour grâce à cet aiguillon ?

Pourrait-on dire que ce désir de laisser une trace est spécifique à la période moderne? Il semblerait que, dans le contexte de notre société, il est amplifié par l’individualisme ambiant. Dans l’Antiquité, beaucoup d’œuvres étaient anonymes, même si quelques grands noms sont parvenus jusqu’à nous. Et l'on ne retrouve pas non plus cette tendance dans les sociétés plus communautaires ou celles dites primitives.

Mais il existe des traces plus immatérielles, maintenues par la transmission orale : quoi de plus fugitif ? Et pourtant, force est de constater que les grands maîtres spirituels n’ont pour la plupart rien construit ni rien écrit. Ni Bouddha, ni Lao-Tseu, ni Confucius, ni Socrate, ni Jésus-Christ n’ont fait construire de monuments ou laissé une seule ligne écrite : tout a été consigné par leurs disciples. Et pourtant, par la transmission de leurs enseignements, leur mémoire est encore bien vivante après de nombreux siècles.

Ainsi peut-on se poser la question autrement : qu’est-ce que j’aimerais transmettre et qui, finalement, portera un peu de mon empreinte ? Quelles valeurs aimerais-je aider à subsister après moi ? Cela m’est-il indifférent ou bien me tient-il à cœur ? Si oui, cela vaut sans doute la peine d’examiner la façon dont je sers ces valeurs, et peut-être de m’employer à mieux les faire vivre dès aujourd'hui…



Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    Les valeurs morales
    Question d'âge
    L'éducation des enfants
    Poème d'été : Généalogies
    Transmettre son expérience
    Vive l'écriture!
    Savoir encourager


jeudi 23 septembre 2010

Les valeurs morales

Pour agir, pour choisir entre plusieurs possibilités, nous nous appuyons sur des valeurs morales, c'est à dire sur ce qui est vrai, ce qui est beau, ce qui est bien à nos yeux. Notre système de valeurs, nous le construisons en fonction de ce qui nous a été transmis, de notre histoire, mais aussi des plaisirs et déplaisirs que nous traversons, des peurs, des frustrations, de nos désirs et de nos envies. Du coup – cela peut paraître étonnant à première vue – ce que nous trouvons vrai ou faux, juste ou pas juste est largement influencé à la fois par notre environnement social et culturel et par notre vie émotionnelle ; au point que fréquemment nous nous arrangeons, consciemment ou inconsciemment, pour avoir des idées correspondant à nos besoins.

Quelles sont mes valeurs personnelles ?
La valeur est un point de repère, un critère particulièrement important ; si je ne la satisfais pas, je ressens un mal-être. La valeur c’est quelque chose de vraiment primordial. Mais un certain nombre de valeurs sont inconscientes, on n’y réfléchit pas ; c’est parfois quand on est en difficul-té que l’on se découvre des valeurs. Par exemple, c’est lorsque Florence est tombée malade qu’elle s’est rendue compte que la santé était vraiment une valeur pour elle ; auparavant, elle n’y pensait pas.

Prendre conscience de mes valeurs et de mes croyances peut aider à comprendre ce qui m’empêche de me comporter comme je le souhaiterais dans certaines circonstances. Prendre conscience de mes valeurs, c’est me connecter à ma source d’énergie, à ma motivation profonde. Pour moi personnellement, il peut donc être intéressant de me demander quelles sont mes valeurs : « Qu’est-ce qui est important pour moi ? Qu’est-ce qui me motive ? Qu’est-ce qui me mobilise ? Qu’est-ce qui compte vraiment pour moi ? »

Puis je peux vérifier si mes valeurs actuelles sont bien à moi. Est-ce que ces valeurs héritées, reçues, transmises, je les ai faites miennes, ou bien sont-elles des « valeurs achetées » ? Si je reconnais que telle valeur n’est plus à moi, je la remercie et je dis stop : c’est une valeur qui m’a bien aidé à un moment donné, mais maintenant je la rends à la vie.

Enfin, je peux me demander comment est-ce que je fais vivre mes valeurs, concrètement. Car la valeur n’est pas une croyance, ce n’est pas simplement ce que je crois de vrai à un moment donné ; c’est ce à quoi j’adhère. Ce n’est pas non plus un besoin : le besoin est quelque chose que je vais prendre à l’extérieur, que je ramène vers moi. La valeur sort de moi vers l’extérieur ; je la sers, presque sans attente par rapport à elle ; je l’honore avec une certaine gratuité.

Il me paraît important de rechercher une certaine cohérence dans sa vie, de chercher à être congruent, c'est à dire de faire vivre ses valeurs dans ses comportements : sinon, si notre apparence est trop éloignée de ce que nous sommes vraiment, nous risquons de ressembler à des coquilles de noix vides !

Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    Choisir ses critères de qualité
    Transmettre
    Essentiel et accessoire
    Transgression
    Sentiment de culpabilité

Liens externes : 
Quelles sont nos valeurs morales? Dossier de Psychologies.com

jeudi 8 avril 2010

La course au bonheur (suite)


Dans le message précédent (voir Course au bonheur), j’ai parlé d’un certain nombre d’obstacles au bonheur. Supposons maintenant que vous ayez supprimé ou surmonté ces obstacles : vous gagnez suffisamment d’argent, vous êtes en bonne santé, vous n’êtes pas spécialement envieux ni jaloux des autres… est-ce que pour autant vous vous trouverez parfaitement heureux ?

Il y a de grandes chances pour que la réponse soit non. En fait, la question est mal posée ; elle suppose que le bonheur est le point final, l’aboutissement d’un processus : le bonheur serait assuré définitivement une fois ce point atteint. En réalité, ce point n’existe pas : ceux qui se sont nourri de cette croyance n’ont reçu que déception.

Alors le bonheur, c’est quoi ? Il y a mille façons de répondre, mais je dirais que le bonheur est un cheminement. Plutôt que de me demander si j’ai atteint le bonheur, je peux me poser la question : « Comment puis-je être plus heureux ? » car, où que je sois sur mon chemin, je peux continuer à avancer ; je peux aller plus loin sur ce chemin qui va vers l’infini.

Le bonheur, on ne le trouve pas, on le fait. Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque, mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous avons. (Arnaud DESJARDINS) J’aime à penser, comme lui, que nous sommes pour quelque chose dans notre bonheur. Cette croyance qui est la mienne est confirmée par mon expérience et celle d’un grand nombre de personnes qui ont réfléchi et travaillé à être plus heureuses.

Dans notre cheminement personnel, nous pouvons être amenés à considérer d’un autre œil les choses qui nous entourent et les événements qui nous arrivent. Bien sûr, beaucoup d’événements de notre vie adviennent en dehors de notre contrôle, ils nous sont imposés de l’extérieur. Mais nous avons aussi prises sur un certain nombre de choses : qu’en faisons-nous ?

Ce chemin de la vie est parfois en ligne droite et parfois sinueux, il peut être plat ou bien difficile à monter, et de temps en temps il y a un arbre tombé en travers du chemin. Mais le voyageur avisé regarde au loin vers où il va et en même temps reste attentif à l’endroit où il met le pied. En d’autres termes, le bonheur est fait à la fois du sens que nous donnons à ce que nous faisons et du plaisir que nous en retirons au quotidien.

Pascal travaille dur, et il gagne beaucoup d’argent, Isabelle sort beaucoup et adore s’acheter de nouveaux vêtements, Louise se dépense sans compter pour les multiples associations dont elle fait partie : mais dans quel but font-ils cela, au fond ? Quel sens cela a-t-il pour eux ? Est-ce que leur activité est en accord avec leurs valeurs les plus profondes ? Répondre à ce genre de questions, ce n’est pas tomber dans l’idéalisme béat, bien au contraire ; car sans but ultime, sans vocation, nous ne pouvons réaliser pleinement notre potentiel de bonheur !

Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    La course au bonheur

Liens externes : 
   Psychologies.com / Nous avons pris un cours de bonheur

Bibliographie :

Tal Ben SHAHAR : L'apprentissage du bonheur - Principes, préceptes et rituels pour être heureux, éd Belfond, coll. L'esprit d'ouverture, 2008. Titre original : Happier: Learn the Secrets to Daily Joy and Lasting Fulfillment.

Un livre qui fait du bien à lire ! Il développe l'idée des trois pieds sur lesquels s’appuyer pour être bien dans ce qu’on fait : la compétence, le plaisir et le sens. Beaucoup d’exercices à faire qui nous aident à mieux discerner notre chemin personnel.




Yu Dan : Le bonheur selon Confucius – Petit manuel de sagesse universelle, éd. Belfond, Paris 2009 (éd originale en chinois, 2006), 182 pages.


Yu Dan est diplômée de littérature chinoise, professeur à l’université de Pékin. Ce petit livre résume une série de cours télévisés qu’elle avait donnés à Pékin sur les Entretiens de Confucius. Elle y reprend certain nombre d’enseignements de Confucius, vieux de 2500 ans, en les restituant, par un commentaire approprié, dans un cadre contemporain. Très direct et accessible, cet ouvrage nous permet d’approcher des éléments de sagesse universelle qui nous parlent encore aujourd'hui.

mardi 30 mars 2010

Histoire de changer

L'imaginaire des artistes nous montre comment des changements progressifs
peuvent aboutir à une transformation radicale.
Pendant très longtemps en Occident, on s’est appuyé sur la notion de stabilité. La vision de l’univers était simple : la terre était au centre et tout tournait autour d’elle. Le cosmos était une horloge bien huilée ; les planètes et les étoiles étaient fixées sur des sphères dont le mouvement autour de la terre était parfaitement rôdé et prévisible : pas de changement.

Le cosmos est bien loin de nous, me direz-vous ; mais le même ordre, la même constance était recherchée dans la vie : chaque personne avait une place bien définie dans la société, le métier se transmettait de génération en génération, l’existence était réglée par des coutumes sinon immuables, du moins peu modifiables. Il était difficile pour un individu de sortir de la voie qui lui était tracée depuis sa naissance par son environnement, sauf exception bien entendu.

Et puis ce bel ordre immuable s’est trouvé ébranlé, à la fois par la découverte de peuples aux coutumes complètement différentes et par l’avancée des sciences dans tous les domaines. « Et pourtant, elle tourne ! » s’exclame Galilée à propos de la terre, quand il découvre qu’elle tourne autour du soleil. Notre vision du monde a complètement changé. À partir du moment où l’on admet que les choses ne sont plus fixes mais en constant changement, notre interprétation des faits se modifie. Aujourd'hui, nous sommes héritiers de la théorie de la relativité générale et de la théorie quantique, qui font une place énorme à la notion de changement. Nous admettons, du moins en théorie, que tout change, que rien n’est constant.

Le psychologue américain Frederic Hudson propose de changer selon quatre principes :

1. Linéaire - Cyclique
Autrefois on pouvait imaginer sa vie linéairement, comme un fleuve. Aujourd'hui une personne va avoir en moyenne trois ou quatre activités professionnelles successives dans sa carrière ; il peut être alors plus utile de prendre un modèle cyclique que linéaire. La vie est alors représentée par une série de cycles que l’on va successivement traverser.

2. Dedans - dehors
Aujourd'hui, l’individu est davantage amené à se poser des questions du type : «Qu’est-ce je vais faire dans ma vie ? » Il a davantage de possibilités de choix, moins de repères externes, plus de repères internes, ce qui peut éventuellement générer plus d’anxiété. D’où l’intérêt d’avoir un coach pour être accompagné à certains moments clés.

3. Le besoin continu de formation
Autrefois, on suivait une formation quand on était enfant, et celle-ci était utile tout au long de la vie. Aujourd'hui, non seulement la durée des études s’est allongée, mais on a besoin d’apprendre en permanence, car les références du passé ne fonctionnent plus dans un certain nombre de domaines. Il est donc indispensable d’apprendre à apprendre.

4. L’auto-renouvellement
Aujourd'hui, dans beaucoup de domaines, on se rend compte que la croyance en la permanence est une illusion – ce qui rejoint certains courants de pensées orientaux comme le Taoïsme. C’est le changement et même le chaos qui dominent. Et dans ce monde changeant, le fait de s’appuyer sur des valeurs fortes est un atout non négligeable. Quelles sont mes valeurs ?

Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    Permanence et changement
    Résistance au changement
    Périodes de transition

lundi 1 février 2010

Masculin / Féminin

"Adam et Eve" d'Artanita
Grégory est un homme plutôt doux, qui séduit par son attitude écoutante et qui, au fond, aime à rendre service. Mais Grégory dirige une PME et, dans son activité professionnelle, il ne peut se permettre de montrer une quelconque « faiblesse ». Aussi, à toute demande qui lui est faite, il commence par répondre Non, en s’appuyant sur un certain nombre d’arguments. Ensuite, il prend le temps d’étudier la demande pour examiner quelle réponse lui semble la plus appropriée…

Laure est une femme énergique, qui sait prendre rapidement des décisions ; directe et franche dans ses rapports, elle dit ce qu’elle pense et passe rapidement à l’action. Infirmière dans un grand hôpital, elle éprouve cependant des difficultés relationnelles dans son travail, et doit constamment faire attention, car un certain nombre de personnes n’admettent pas son fonctionnement et la trouvent trop autoritaire.

Quels que soient nos activités, notre sexe ou notre âge, nous possédons tous des qualités ou des caractéristiques que l’on peut qualifier les unes de « féminines» et les autres de « masculines ». Pour éviter des confusions, certains préfèrent parler de yin et de yang ; mais ces concepts provenant d’un autre contexte culturel, je préfère les laisser de côté ici. Dans notre tradition occidentale, depuis Pythagore (qui lui-même se référait à une tradition plus ancienne), le principe masculin est associé à une énergie de type proactif ; ses motivations sont plutôt instrumentales, tournées vers les moyens ; elles pourraient être traduites par des verbes comme conquérir, explorer, aller à la rencontre de. Le principe féminin, lui, est associé à une énergie de type réceptif. Ses motivations pourraient être qualifiées de finales, tournées vers les résultats ; on peut les associer à des verbes comme aménager, accompagner, donner vie.

Notre société nous impose souvent des stéréotypes dans lesquels nous nous insérons plus ou moins facilement. Dans ce cadre, un homme devrait posséder essentiellement des qualités dites « masculines » et, à l’inverse, une femme devrait posséder des qualités dites « féminines ». Si Grégory était une femme, si Laure était un homme, certaines de leurs attitudes seraient probablement mieux acceptées par leur entourage. Mais, soumis à la pression culturelle et sociale de leur environnement, ils sont amenés à trouver des stratégies qui les rendent acceptables aux yeux des autres.
Une façon humoristique d'illustrer les différences
entre hommes et femmes
Il serait quelque peu réducteur d’opposer systématiquement les valeurs masculines aux valeurs féminines, mais il est intéressant de se placer dans le contexte de leur complémentarité, autant pour l’individu que pour la collectivité. Du point de vue individuel, je peux me poser la question : quelle part est-ce que j’accorde à ce qui est féminin/ masculin en moi ? Du point de vue de la société, comment conjuguer ces valeurs, sachant que la période de conquête économique et industrielle des derniers siècles a privilégié des valeurs plutôt « masculines » et que la phase actuelle d’aménagement postindustriel va nécessiter le retour à des valeurs plus «féminines » ?

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    10 secrets des couples qui durent
    Relation de couple : fragile !

Bibliographie :
John GRAY : Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, J'ai Lu, coll. Bien-être, 2011 (1e édition 1999), 342 pages.

Avec sa métaphore de deux peuples venus de planètes différentes, John Gray évoque des situations dans lesquelles la plupart des couples se retrouvent aisément, et son livre est devenu un best-seller mondial. Ses constats peuvent paraître parfois un peu simplistes, mais ils apportent une aide réelle dans la compréhension des différences entre hommes et femmes, ce qui est un premier pas vers la résolution des conflits.


Sophie CADALEN : Hommes, Femmes ni Mars ni Vénus - Oui nous sommes différents mais autrement Leduc Éditions, Paris 2006, 191 pages.

Pour ceux - et celles - qui n'aiment pas trop les généralisations et les simplifications, Sophie Cadalen, psychanalyste et écrivaine, apporte, dans un esprit peut-être plus français, nuances et précisions par rapport au livre précédent. Elle redit que chacun de nous, homme ou femme, a une part féminine et une part masculine en soi. Avec son style un peu mordant, la lecture de ce livre est assez rafraîchissante, mais on l'apprécie mieux à mon avis en ayant lu le livre de John Gray. 


Liens externes :
    Artanita galerie


mardi 19 janvier 2010

Dix secrets des couples qui durent (7 à 10)

Nous terminons aujourd'hui la liste des dix secrets des couples qui durent.

Prendre du temps ensemble (Photo R. Cherel) 
- Septième secret : se dire merci

Cette façon de faire peut paraître désuète aux yeux de certains, et pourtant… l’habitude de remercier l’autre pour le soutien apporté, pour les plaisirs offerts, pour sa confiance, c’est très constructif. Car après tout, rien ne m’est dû par mon conjoint ou mon partenaire, c’est toujours un cadeau que je reçois de sa part. Cette attitude peut d’ailleurs être étendue à un certain nombre d’autres gestes ou rites : par exemple penser à fêter nos anniversaires respectifs ainsi que notre anniversaire de mariage ; se souhaiter bonjour et bonsoir bien que dormant dans le même lit, etc. Tous ces petits signes, ces petits rites améliorent le vivre ensemble ; finalement, nous redécouvrons là, dans notre vie quotidienne, la vraie raison de la politesse : avant d’être un vernis social, c’est une goutte d’huile dans les rouages de la relation.

- Huitième secret : une part d’admiration

Comment serait-il possible de vivre pendant des années aux côtés d’une personne que l’on mépriserait ou que l’on trouverait totalement ordinaire et banale ? Ou bien l’on finit par être exaspéré, ou bien on s’ennuie mortellement et on a envie d’aller voir ailleurs ! Dans toute relation forte et durable, il y a une part d’admiration réciproque. Cette admiration va plus loin que la surface : si je ne t’aime que pour ta beauté physique ou ta situation financière, je risque un jour d’être fortement déçu(e) ; si je t’aime pour ce que tu es toi, profondément, notre amour a davantage de chances de durer. Même après de nombreuses années vécues ensemble, je m’aperçois que l’autre a encore des trésors insoupçonnés, à condition de cultiver ma curiosité et ma capacité d’émerveillement.

- Neuvième secret : confiance et fidélité

Même à notre époque où l’on dit que les mœurs sont « libérées », je ne suis pas sûr que, dans beaucoup de couples, l’infidélité ne soit pas ressentie par l’un des deux partenaires comme une trahison. La fidélité est une valeur importante, et l’infidélité est une des causes majeures de rupture. Le jour où nous nous engageons dans la voie d’un vivre ensemble en tant que couple, nous décidons de nous faire mutuellement confiance, dans ce domaine comme dans bien d’autres.
Bien sûr, nous ne sommes pas des machines et il peut nous arriver de faillir, c’est pourquoi nous faisons appel au dixième secret.

- Dixième secret : le pardon

Simples humains que nous sommes, nous commettons des erreurs, par maladresse, par faiblesse, par peur et parfois par méchanceté. Il est important de savoir admettre que l’on a fait des erreurs dans notre relation, que l’on s’est trompé et de présenter ses excuses, de demander pardon à l’autre. Symétriquement, il nous est donné dans la vie de couple d’avoir à pardonner à l’autre. Demander et donner le pardon sont des actes forts, parfois difficiles. Mais ce sont des actes importants qui peuvent aider notre couple à grandir.
Attention, pardon n’est pas synonyme de réconciliation, mais nous reviendrons sur ce point une autre fois.

Trouvez votre propre voie, inventez votre couple !

Une dernière remarque, et non des moindres : toutes les recettes du monde ne feront pas durer votre couple de l'extérieur. Les conseils des uns et des autres - que ce soit des proches ou des professionnels - peuvent apporter des informations, un éclairage ; mais c'est à chaque couple d'inventer sa relation, de trouver son propre chemin. Sachant qu'au fil du temps, les contextes sont différents et la relation évolue. Alors, bonne route !

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog : 
    Dix secrets des couples qui durent (1 à 2)
    Dix secrets des couples qui durent (3 à 6)
    Pardon et réconciliation
    Masculin-Féminin