Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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mercredi 8 mars 2017

Compartimenter sa vie?


Quatre amis discutent autour d’un café :  
    
-« Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, se plaint Maud. Mon entrevue avec mon chef me tournait dans la tête. Ça m’angoisse car je suis sûre qu’il va encore trouver des choses à me reprocher sur l’année écoulée, et adieu mon augmentation… 
         
- Cela ne risque pas de m’arriver, rétorque Lazare. Quand je suis au bureau, je suis complètement concentré sur les tâches à effectuer. Mais dès que j’arrive à la maison, c’est comme si je déposais mes soucis professionnels sur le paillasson, je n’y pense absolument plus et je dors très bien la nuit !  
         
- Tu as de la chance, répond Rosalie. Moi, ce sont les soucis de la vie familiale que j’apporte au travail : je ne peux pas m’empêcher d’envoyer plusieurs textos dans la journée à mes enfants pour savoir comment se passe leur journée à l’école. Dès que l’un d’eux a des soucis, cela me tracasse, je suis moins concentrée et je fais des erreurs…   
   
- Mon mari est comme Lazare, et je trouve cela exaspérant ! s’exclame Sidoine. Quand il est concentré sur quelque chose, impossible d’attirer son attention : c’est comme s’il était sur une autre planète, et ça m’énerve ! J’ai l’impression que sa vie est faite de compartiments étanches : quand on s’est mariés, je ne connaissais aucun de ses amis, il ne m’en avait jamais parlé… »

Certaines personnes ont tendance à compartimenter leur vie en érigeant des cloisons quasi étanches entre leurs différents domaines d’activité. Un exemple fameux est celui de François Mitterrand qui, tout homme public qu’il était, ne mélangeait pas les genres et cultivait le secret : peu de gens étaient au courant de l’existence de sa fille Mazarine, et encore moins de son cancer.

Le fait de compartimenter sa vie de façon excessive peut conduire à mettre mentalement les événements, les choses et les gens dans des boîtes bien rangées, chacune avec son étiquette. Une fois placée dans une boîte, la personne que nous avons ainsi étiquetée n’en sortira pas. Si une telle compartimentation de la vie présente beaucoup d’inconvénient pour l’entourage – et même pour la personne qui la pratique – lorsqu’elle est excessive, elle peut néanmoins apporter de nombreux avantages lorsqu’elle est employée avec souplesse. 

On peut même affirmer que c’est un outil de développement personnel efficace pour aller vers un meilleur équilibre intérieur. Cela fonctionne tout simplement comme les compartiment étanches d’un navire : en cas de brèche dans un compartiment, l’eau de mer ne peut pas envahir les autres et le bateau ne coule pas. En cas de tension dans un domaine de vie, la personne ayant l’habitude de compartimenter ne laisse pas les émotions négatives envahir les autres domaines. Mieux, elle peut éventuellement utiliser ses ressources ainsi sauvegardées pour lutter contre ces émotions négatives. Ainsi, face aux même difficultés que d’autres, elle risque moins de tomber dans la dépression.

Conduite avec modération, la compartimentation peut ainsi aider à vivre de façon plus heureuse. Nous verrons dans le prochain message comment mettre en place un tel outil.

 

Renaud CHEREL

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    10 outils pour réduire le stress: gérer ses émotions
    Équilibre vie pro-vie perso
    Gérer son temps
    Compartimenter avec modération

mercredi 22 février 2017

Croissance, décroissance et société

La question de la croissance ou de la décroissance ne se pose pas qu’au niveau individuel. Sur le plan collectif, les sociétés et tous les groupes humains sont amenées à croître, à se développer jusqu’à un certain point, au-delà duquel ils vont, au mieux, se stabiliser pendant un certain temps, sinon régresser et disparaître. Nous laisser croire que notre société va continuer de fonctionner indéfiniment comme actuellement relève du mensonge ou de l’inconscience.

Les ressources terrestres ne sont pas infinies...

Au XIXe siècle, on peut comprendre que les perspectives de développement économique aient paru illimitées et que l’on pensait pouvoir exploiter sans aucune restriction les ressources qui se trouvaient à disposition. Aujourd'hui, nous réalisons que la planète terre, malgré ses dimensions qui nous paraissent imposantes, n’est pas infinie : elle nous offre des ressources limitées. Même si les inventaires de ressources réalisés par le passé se sont avérés faux – la découverte de nouveaux gisements ou l’amélioration des techniques d’extraction ont permis de repousser les limites – nous sommes obligés d’admettre que ces limites existent. La plupart des études sérieuses sur le sujet affirment qu’à l’échelle mondiale, nous dépensons déjà chaque année davantage que le disponible. Autrement dit, en termes économiques, nous puisons dans notre capital commun, lequel par conséquent diminue.

Autrefois, on parlait de « gérer son bien en bon père de famille » ; il s’agissait de gérer avec prudence et discernement de façon à transmettre à ses descendants autant ou plus que ce dont on avait hérité. Cette expression est bien sûr désuète et un brin paternaliste, mais elle mettait l’accent sur la transmission : quelle terre voulons-nous transmettre à nos enfants et à nos descendants ? Nous voyons sous nos yeux notre environnement se dégrader de plus en plus vite, et l’influence des activités humaines sur le réchauffement climatique n’est mise en doute que par une minorité de gens, dont, hélas, le président de la première puissance économique mondiale…

Pourtant, pour beaucoup d’entre nous, nous évitons de nous poser ces questions ou, tout simplement, nous nous sentons totalement impuissants à y répondre. Il est vrai que les dirigeants n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la question, et les grandes conférences mondiales sont des montagnes qui accouchent de souris. En France, la croissance reste l’objectif de la plupart des partis politiques qui l’invoquent comme la condition absolument nécessaire au bien-être de tous. Albert Jacquard, dans son ouvrage Voici le temps du monde fini, analysait comment la pensée technologique influence de plus en plus les conceptions du monde. Il posait le diagnostic suivant : plus la science et la technique démontrent le caractère limité des ressources naturelles et moins, paradoxalement, les responsables politiques et économiques semblent en tenir compte.

Alors, je pense qu’une part de la réponse se trouve dans les mains de chacun de nous. Par exemple, dans la mesure du possible, je peux chercher à réparer ou faire réparer mes objets plutôt que de les jeter, à recycler, à limiter ma consommation d’énergie, etc. Si chacun de nous est attentif à ces aspects dans sa vie quotidienne, peut-être pourrons-nous améliorer le cours des choses ?

 

Renaud CHEREL

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    Frugalité
    La crise et nos habitudes
    Croissance et décroissance personnelle


lundi 12 janvier 2015

Transmettre son expérience

Je voudrais ici – une fois n’est pas coutume – dire un mot sur mon expérience personnelle.

Le maître boulanger transmet son expérience à son équipe...
En début de carrière, j’ai été enseignant en agriculture avec l’idée de transmettre des savoirs, des connaissances à des élèves. Mais je me suis vite aperçu que le partage d’un savoir, s’il était indispensable, n’était pas suffisant pour permettre à l’autre d’acquérir l’expérience nécessaire à l’exercice de son métier. Le savoir constitue un socle, c’est évident ; mais encore faut-il, sur cette base, construire sa propre expérience. J’ai alors quitté un milieu dans lequel la plupart de mes collègues n’avaient pas d’expérience de terrain, mais transmettaient seulement ce qu’ils avaient appris en tant qu’étudiants.

Conseiller agricole, j’animais des groupes d’agriculteurs qui étaient invités à partager leur expérience technique. Je faisais partie d’une équipe de conseillers travaillant en lien avec des chercheurs de l’Institut National Agronomique : ces derniers apportaient une analyse scientifique des pratiques agricoles, tandis que les agriculteurs fournissaient des données, par exemple en enregistrant leurs temps de travaux pendant la journée. Nous avons de cette façon analysé l’ensemble des tâches conduisant à la production d’une tonne de blé, depuis la préparation du sol jusqu’à la récolte, ce qui a permis de modéliser le processus de production et ultérieurement de l’optimiser.

Plus tard, au sein d’une PME dédiée à l’intelligence artificielle, j’ai travaillé sur des Systèmes Experts, qui sont des logiciels visant à modéliser le diagnostic d’un expert dans un domaine particulier. Pour ce faire, l’on traduisait sa démarche en des ensembles de règles questionnées par un moteur d’inférences. Malheureusement nous avons dû jeter l’éponge faute d’avoir intéressé suffisamment de clients. J’ai alors travaillé dans une société qui créait et commercialisait des semences de grandes cultures où, dans la même optique, j’ai initié la mise en place d’un logiciel de collecte et d’interprétation des données d’observation destiné à extraire les caractéristiques optimales d’une bonne variété.

Enfin, dans l’activité de coaching de transition que j’exerce actuellement, mon travail consiste moins à faire passer des connaissances à mes clients qu’à leur fournir des outils leur permettant de mieux tirer parti de leurs propres ressources et de celles de leur environnement, dans un contexte donné. Au fil du temps, je suis amené à confirmer ce que je pressentais sans l’avoir vérifié : chacun d’entre nous possède bien plus de ressources personnelles qu’il ne l’imaginait au départ.

Comme disait Bernard de Chartres : « Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. »

Nous autres humains avons cette extraordinaire capacité à transmettre à nos semblables non seulement des comportements instinctifs, mais aussi du savoir et de l’expérience. Nous détenons au fond de nous-mêmes des talents et des savoir-faire inexploités, mais aussi des capacités d’innovation et de création que nous ont légué ceux qui nous ont précédé : à chacun d’y recourir et d’exprimer ses potentialités pour le plus grand bien de tous !


Renaud CHEREL


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    Faut-il avoir de l'expérience?
    Transmettre
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lundi 22 décembre 2014

Bilan 2014

En ces derniers jours de 2014, c’est peut-être le moment de prendre un peu de temps pour jeter un regard sur cette année écoulée et d’en faire en quelque sorte le bilan. Un bilan fait un état global de la situation, prenant en compte les faits négatifs d’une part et les faits positifs d’autre part. Mais comme la crise est toujours là et que peut-être avons-nous tendance, en considérant la réalité, à nous appesantir davantage sur le négatif que sur le positif, à porter d’abord notre attention sur qui ne va pas, je vous propose de prendre le contrepied de cette attitude et de nous concentrer en premier lieu sur les aspects positifs de ce que nous avons vécu depuis un an.

Quels événements, quelles rencontres, durant ces douze derniers mois, ont été pour moi à l’origine d’émotions positives, de joie, de paix, de bonheur, ou simplement sources d’intérêt, d’innovation, de création ? Je prends le temps de laisser émerger dans ma mémoire les faits les plus marquants, d’en dresser la liste, puis d’en détailler pour chacun les circonstances : c’était quand ? Avec quelles personnes ? Comment cela s’est-il passé ? Dans la mesure du possible, j’évoque dans ma mémoire tous les détails de la scène, avec les couleurs, les sons, les sensations, les odeurs, de façon à revivre cet événement : quelles émotions ai-je alors ressenties ? Et qu’est-ce que cela provoque en moi aujourd'hui ? L’intérêt de ce travail, c’est de me constituer des ressources mentales pour faire face à certaines difficultés. Car le fait de me rappeler un événement heureux ou positif pour moi va réactiver les émotions positives qui y sont associées, émotions capable de combattre celles, négatives, que je peux ressentir dans une difficulté actuelle. Et cet effet est encore plus net si je suis une personne qui a tendance à ressasser des choses négatives.

Dans le même esprit, je peux aussi évoquer les épreuves ou les difficultés par lesquelles je suis éventuellement passé au cours de cette année. Bien sûr, ces épreuves ont apporté leur lot de souffrance et de conséquences négatives, que je n’ai pas envie d’évoquer et encore moins de revivre. Mais là encore, au lieu de m’enfoncer dans les sentiments négatifs, le doute, le découragement ou même le désespoir, je peux regarder l’une ou l’autre de ces difficultés sous un autre angle : « Ce qui ne me tue pas me fortifie » disait Nietzsche.

Au-delà de cet événement en lui-même, au-delà de la douleur, de la colère ou de la tristesse que j’ai éprouvée lorsqu’il est advenu, qu’est-ce qu’il m’a fait découvrir de positif sur moi-même et sur les autres ? Quelle porte a-t-il éventuellement ouvert en moi, dont je n’étais pas conscient auparavant ? Est-ce que cela a été l’occasion pour moi de déployer des ressources nouvelles, d’utiliser des stratégies innovantes ou créatives ? Cette épreuve n’a-t-elle pas finalement initié des changements positifs en moi ou dans ceux qui m’entourent ?

Bien souvent, les épreuves qu’il nous est donné d’affronter dans le courant de notre vie nous aident à grandir.


Renaud CHEREL


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    Bilan et souhaits
    Bilan et projets
    Bilan de l'année

lundi 13 janvier 2014

Rêves nocturnes

Tout le monde ou presque rêve la nuit – hormis quelques cas qui relèvent de la pathologie ou de personnalités tout à fait exceptionnelles – et chacun peut s’en souvenir, même ceux qui ont l’habitude de se réveiller le matin en ayant l’impression de ne pas avoir rêvé pendant la nuit.

Pour se souvenir de ses rêves, il existe une technique très simple : il suffit de décider, le soir, au moment de s’endormir, que l’on se souviendra de son rêve – ou de ses rêves – le lendemain matin, et de disposer à proximité de son lit de quoi écrire le contenu de ces rêves. Le fait même d'avoir pris cette décision sera intégré par l'inconscient, qui s'exprime dans les rêves, et il y a de grandes chances pour qu'au réveil on se souvienne d'éléments de rêves. Avec un peu de pratique, les souvenirs deviendront de plus en plus précis. 

Rêve (peinture R. Cherel)
Quel est l’intérêt des rêves, quel avantage peut-on avoir à se souvenir de ses rêves ? Le père de la psychanalyse, Sigmund Freud, affirmait qu’ils constituent la porte royale vers notre inconscient. Or, chacun de nous a accumulé dans son inconscient un trésor extraordinaire : la quasi-totalité des expériences de notre vie y reposent et sont encore disponibles, même si consciemment nous n’y avons pas accès. Selon un autre grand nom de la même discipline, Carl Gustav Jung, les rêves contribuent à l’équilibre psychique de l’individu en puisant non seulement dans son inconscient mais aussi dans l’inconscient collectif, à savoir une expérience rassemblée pendant des millénaires par nos ancêtres. Par ailleurs, notre inconscient fonctionne de façon très différente de la conscience, qui est plus rationnelle. Il est capable de faire des rapprochements entre des éléments parfois très éloignés, de faire apparaître des connexions entre des faits ou des expériences très variés, permettant d’envisager la question sous un jour nouveau et parfois, de façon intuitive, d’anticiper d’une certaine manière ce qui peut arriver.

Cauchemar (dessin R. Cherel)

Notre inconscient constitue donc une ressource très précieuse, mais il est souvent comme un coffre dont nous aurions égaré la clef. Alors, si les rêve en sont la clef, s’ils nous offrent un accès, même partiel, à ce continent inconnu qu’est notre inconscient, pourquoi s’en priver ? De ce fait, de manière très concrète, on peut se servir de ses rêves comme des voies vers les ressources de notre inconscient pour résoudre un certain nombre de problèmes : il suffit de se les poser le soir avant de s’endormir. Alors, avec un peu de pratique et après quelques essais, on s’apercevra dans un certain nombre de cas que le rêve propose une ou des solutions intéressantes et souvent originales au problème posé. D’ailleurs, certaines découvertes seraient directement issues de rêves : on cite par exemple la structure de la molécule de benzène vue en rêve par Auguste Kekulé, ou bien la composition, par Giuseppe Tartini, de la Sonate du diable qu’il avait entendue en rêve. Reste bien sûr un travail délicat à réaliser : celui de l’interprétation de nos rêves. 

C’est ce que nous pourrons aborder dans le prochain message. 


Renaud CHEREL


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    Interprétation des rêves
    Imagination

dimanche 28 août 2011

Réaliser son projet

Nous avons vu dans le message précédent (voir Du rêve au projet) comment transformer un rêve en projet. Une fois mon point de départ défini et mon projet établi – où est-ce que je veux aller, en partant d’où ? – il me reste à parcourir un certain nombre d’étapes pour parvenir à mon objectif.

- Les enjeux
Un premier élément important, c’est de prendre conscience des enjeux qui se jouent derrière l’action que je décide d’entreprendre. En effet, les enjeux contribuent puissamment à la motiva-tion. Souvent les enjeux sont en partie inconscients, et il est parfois difficile de les mettre à jour. Une façon simple de les débusquer, c’est de me poser la question : que se passera-t-il si j’atteins mon objectif ? Je tente d’énumérer les diverses conséquences, directes et indirectes, pour moi, pour les autres et pour l’environnement, de l’action projetée. Sans oublier, naturellement, la question alternative : que se passera-t-il si je n’atteins pas cet objectif ? Quels inconvénients, quels ennuis risquent de découler de la non-réalisation de l’action ? On sera surpris de constater que les réponses à ces deux questions ne sont pas forcément symétriques. L’ensemble de ces enjeux constitue une source d’énergie pour alimenter ma motivation.

- Les moyens
L’étape suivante consiste à passer en revue les moyens dont je dispose pour mener à bien cette action, les ressources, les stratégies qu’il m’est possible de mettre en œuvre. Dans cette étape, il est important d’être le plus ouvert, le plus spontané, le plus créatif possible, sans jugements ou critiques. Dans cette étape, je laisse fonctionner mon hémisphère droit, plus intuitif, sans laisser intervenir mon hémisphère gauche qui risque de casser mon élan créatif.

- Les obstacles
Ensuite seulement j’utilise ma rationalité pour examiner les obstacles, les difficultés et porter un jugement critique sur les idées qui me sont venues dans l’étape précédente. Parmi les obstacles, il y a évidemment ceux d’origine externes en termes de moyens matériels, de financement, de relationnel, de temps, etc. Mais il y a aussi les obstacles d’origine interne : manque de réelle volonté, manque de confiance en soi, l’ensemble de mes croyances limitantes qui peuvent générer une résistance, voire un sabotage de mon propre projet.

- Le plan d'actions
À partir de tous ces éléments, j’élabore alors un plan d’actions, une liste concrète des choses à faire étape par étape, avec un calendrier. Une bonne manière de fixer ce plan d’action est de l’écrire noir sur blanc.

- Les contrôles
Enfin – et c’est un point important – je prévois une façon de suivre ou de contrôler l’avancement de mon projet, à chacune des étapes, jusqu’à son accomplissement. À noter qu’il demeure souvent un « reliquat non résolu » : le monde n’étant pas parfait, certaines choses ne sont pas réalisées, ou pas exactement comme prévu, malgré tous mes efforts. Admettre cette part non résolue m’évite de tomber dans le perfectionnisme et dans la culpabilité qui lui est associée.

Une fois arrivé au bout de mon projet, je me rends compte que, dans bien des cas, ce n’est pas tant le résultat final qui m’a apporté le plus de satisfaction, que le chemin emprunté pour y par-venir. Même si la société actuelle nous dit le contraire, je crois que le parcours nous apporte plus que l’arrivée !


Renaud CHEREL




Voir aussi dans ce blog :
    Rêves et projets
    Du rêve au projet
    Enjeux

Liens externes :
    http://dreamshake.com/

Bibliographie : 

DELOURME Alain : Construisez votre avenir : Du rêve à la réalisation de votre projet de vie, éd. du Seuil, Paris 2006.

mardi 5 juillet 2011

Rêves et projets

Armel est un homme d’action ; quand il a un projet en tête, il travaille énormément pour arriver à le réaliser. Il s’accroche à son objectif, il s’organise pour le mettre en œuvre, trouve les ressources nécessaires, se fait conseiller pour les éléments qu’il ne maîtrise pas, remue ciel et terre pour parvenir à ses fins. Il ne se lance pas dans cinquante activités à la fois mais généralement, les projets qu’il décide de démarrer arrivent à leur terme, et il est apprécié pour cela dans son travail.

Projets (Photo R. Cherel)
Cédric adore faire plusieurs choses en même temps et se lancer dans de nouvelles activités. Très créatif, il est enclin à lancer de nouvelles idées, à prévoir des projets multiples et alternatifs. Si le projet en cours ne marche pas, ce n’est pas trop grave car il en a d’autres de rechange. Par contre, une fois le projet lancé, il aura davantage de mal à le gérer au quotidien. C’est pourquoi certains de ses collègues se montrent critiques à l’égard de Cédric : ils reconnaissent qu’il a beaucoup d’idées intéressantes mais déplorent qu’il n’aille pas jusqu’au bout de ses idées.

Hamida aime bien, elle aussi, se projeter dans l’avenir ; mais, contrairement à Cédric qui au départ voit surtout les côtés positifs du projet, elle a tendance à percevoir rapidement les obstacles qui risquent de se dresser au cours de sa mise en place. Elle possède une bonne capacité à anticiper les inconvénients qui pourraient découler du choix de telle ou telle solution, et n’a de cesse qu’elle ait trouvé une parade.

Jeannot, lui, préfère vivre au jour le jour en accueillant simplement les événements qui surviennent au quotidien. Il n’a pas de rêve précis et ne cherche pas à anticiper sur l’avenir : « à chaque jour suffit sa peine, dit-il, on verra bien ce qui arrivera demain. » Il n’aime pas trop avoir des échéances serrées, des dates limites pour rendre son travail car cela le stresse ; il préfère prendre son temps, travailler à son rythme. « Ils me fatiguent, ceux qui courent sans arrêt pour faire ceci ou cela. À quoi bon ? »

Pascale rêve de choses qu’elle aimerait bien faire un jour, mais cela reste à l’état de rêves sans se concrétiser, et Pascale se persuade que, de toute façon, son rêve ne se réalisera pas. Elle se laisse parfois aller au regret : elle aurait aimé par exemple ouvrir un restaurant bio. Une copine lui avait proposé de s’associer avec elle et elle a refusé. Depuis, Pascale ressasse cette occasion perdue : « J’aurais dû m’y lancer quand j’avais trente ans, mais j’étais coincée à ce moment-là et maintenant c’est trop tard… Ah, si j’avais su… ».

Chacun a sa façon de rêver, au fond. Ces rêves nous font du bien tant qu’ils ne nous enfoncent pas dans le regret et la culpabilisation. Et un rêve a bien souvent en lui la possibilité de se transformer en projet. Comment ?


Renaud CHEREL



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    Du rêve au Projet
    Imagination

lundi 20 juin 2011

Promenades

J’ai la chance d’habiter dans une petite ville entourée de forêts, et je profite au mieux de mes temps disponibles pour me promener. J’aime bien marcher par les chemins, dans la campagne, ou dans la forêt, en pleine nature. Dans ces lieux, le calme et la beauté agissent de façon régénératrice sur mon esprit, me fournissant une énergie paisible, provision de sérénité pour les jours suivants.

Pendant les week-ends, les chemins les plus proches des routes ou des parkings sont saturés de citadins qui viennent prendre l’air ; mais pendant la semaine les rencontres sont moins fréquentes. Parfois l’on croise un promeneur, et la plupart du temps l’on se salue mutuellement, comme si, loin de la ville et de ses urgence, l’on prenait davantage le temps de porter attention à l’autre. Il y a des joggers qui se contentent de hocher la tête en passant, concentrés qu’ils sont sur leur performance… d’autres lancent un grand bonjour amical.

Coquelicot (photo R. Cherel)
Je marche à mon rythme, admirant le paysage, la façon dont le relief crée un théâtre plus ou moins grandiose dans lequel s’insèrent les détails du lieu. Même dans les endroits que je connais bien, l’apparence du paysage et les tonalités de couleurs varient selon les saisons et les heures de la journée, créant un spectacle sans cesse renouvelé dont je ne me lasse pas. Dans ce cadre, je goûte la beauté et l’harmonie du paysage végétal – lorsqu’elles ne sont pas trop malmenées par l’homme, les plantes se répartissent de façon harmonieuse selon leur volume et leur taille. Dans ce cadre, j’apprécie la façon dont les plans d’eau ou les habitations s’y insèrent.

Plus près de moi, je suis attentif aux détails le long du chemin : la beauté souvent discrète des fleurs sauvages, aux formes parfois étonnantes et aux couleurs subtiles, mais dont la plupart ne sont même pas remarquées par les promeneurs. La ronde des insectes, le passage d’un joli papillon aux ailes éclatantes de couleurs, le chant des oiseaux qui se répondent d’un arbre à l’autre, le toc-toc d’un pic-vert qui cherche sa nourriture dans un tronc d’arbre mort. Il m’arrive aussi parfois de croiser des animaux moins fréquents : le héron solitaire perché sur une patte au bord de l’étang ; le vol lourd d’une chouette à la tombée du jour ; des écureuils qui sautent de branche en branche ; une grande couleuvre aux écailles vertes et jaunes qui serpente dans le sous-bois… Mais aussi une belette qui file dans les taillis ; des chevreuils, souvent par deux, qui me considèrent d’un œil attentif avant de fuir en grands bonds gracieux ; des sangliers qui courent dans les éteules. Et il m’est arrivé une fois d’apercevoir un cerf qui ne se laissa pas approcher mais disparut aussitôt dans les fourrés !
Pour sortir de la routine et des soucis du quotidien, nous allons parfois chercher très loin, à l’autre bout de la planète. Pourquoi pas, mais n’oublions pas qu’à côté de chez nous, il existe peut-être des sources simples et accessibles de dépaysement et de régénération, susceptibles de nous fournir des ressources personnelles.


Renaud CHEREL




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    Poème d'été : Promenade champêtre

samedi 22 janvier 2011

Il n'est jamais trop tard...

Pour Maude, tout est encore possible
Chez mon coiffeur habituel, il y a de cela quelques années, je me faisais coiffer par Aurélie, avec qui j’avais lié un peu connaissance. Elle avait un projet qui lui trottait dans la tête depuis longtemps : elle rêvait de s’installer à son compte, mais n’osait pas se lancer. Elle y repensait régulièrement et frissonnait de plaisir à l’idée de cette aventure, mais trouvait à chaque fois de bonnes raisons de ne pas s’y lancer. « Il va me falloir résoudre tellement de questions… Il me faudra trouver un local… Je vais avoir besoin de temps, de l’énergie et, bien sûr, de l’argent. » Et finalement, elle me disait que son excitation retombait et qu’elle se retrouvait dans la routine du quotidien.

Le projet d’Aurélie était probablement difficile à mettre en œuvre, et c’était normal qu’elle hésite, qu’elle évoque en esprit les obstacles qui pourraient se dresser sur sa route. L’hésitation est le signe d’un désir, de possibilités que l’on soupèse, en face des contraintes de la réalité. Cette hésitation indique que nous avons des potentialités et que, d’une façon ou d’une autre, nous pouvons progresser.

Avancer, ce n’est pas un objectif en soi. Notre société nous pousse trop souvent à faire plus dans des domaines ou des directions qui ne sont pas forcément les nôtres. Mais si l’on croit en quelque chose, si l’on a quelque chose à dire, à exprimer, et si l’on sent que c’est bon pour nous et pour les autres, pourquoi rester immobile ou paralysé ?

Plus tard, je n’ai plus vu Aurélie au salon de coiffure. Son employeur m’a appris qu’elle s’était finalement lancée, et qu’elle en était très heureuse.

Ne reportez pas vos projets trop longtemps, même s’il existe des obstacles. Si un projet vous tient vraiment à cœur, vous trouverez les ressources nécessaires pour surmonter les épreuves. Faites-le fleurir et partagez-en les fruits avec les autres. Il n’est jamais trop tard pour commencer ! Car, comme disait le Général Douglas Macarthur lors de son discours d’adieu : « Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre confiance en vous-même. Aussi jeune que l’espoir propre au sens. Aussi vieux que votre abattement. »

Il y a quelques années, j’ai lu dans un journal local le parcours de Jean-Jacques, chef d’établissement dans l’enseignement. Lorsqu’il a pris sa retraite à 60 ans, il a démarré le karaté : « Dans ma jeunesse, j’avais fait du judo. Et j’ai toujours aimé les arts martiaux, mais sans pratiquer par la suite. » Jean-Jacques n’était pas vraiment un sportif, il ne pratiquait que la marche à pied. Pourtant, passionné par cette discipline, il s’est accroché et a grimpé les échelons : ceintures blanche, jaune, orange, verte, marron… À 70 ans, il s’entraînait pour passer au grade de ceinture noire.

Je ne sais pas si Jean-Jacques a finalement obtenu sa ceinture noire de karaté ; mais cet exemple, parmi beaucoup d’autres, illustre l’idée qu’il est rarement trop tard pour décider d’agir... et de mener à bien un projet.

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Question d'âge
    Quels sont nos regrets?

dimanche 9 janvier 2011

Plantes et bien-être

Les hommes ont toujours eu besoin des plantes, non seulement pour leur alimentation, leur santé, la construction de leurs maisons ou d’autres usages, mais aussi pour des raisons esthétiques et d’agrément. De tout temps, ceux qui en avaient les moyens ont cherché à recréer autour d’eux un environnement propice à la paix et au bien-être en utilisant les végétaux.

Avons-nous conscience de cet extraordinaire cadeau que nous font les plantes ? En plus de leur aspect utilitaire (alimentation, source d’énergie, construction, médicaments…), elles participent à notre bien-être, bien plus qu’on ne l’imagine. Par exemple, elles peuvent très naturellement assainir l’air de notre maison et des locaux où nous travaillons.
Par le simple fait de croître et de se développer à côté de nous, les plantes améliorent la qualité de l’air que nous respirons, élèvent son taux d’humidité dans les appartements souvent très secs et absorbent quantité de poussières et de polluants. Elles réalisent le plus gros travail de dépollution en captant par leur feuillage les produits toxiques volatils qui les entourent. Associées aux bactéries qui vivent dans la terre auprès de leurs racines, les plantes font disparaître certains produits chimiques en les transformant en produits non toxiques.

Mais ce n’est pas tout : les plantes nous réjouissent le cœur et leur présence génère des émotions positives en nous. Le geste d’offrir des fleurs est pratiqué dans toutes les civilisations. Quel amoureux n’a pas un jour offert un bouquet à sa dulcinée ? Le message que les fleurs transmettent nous touche au cœur.

Une promenade dans une forêt ou dans un parc nous délasse et nous détend, nous aide à nous débarrasser du stress que notre vie souvent trépidante nous fait subir. Des enquêtes menées par des médecins montrent qu’une promenade dans la nature améliore l’humeur et la confiance en soi des personnes dépressives. On a également observé que le corps réagit physiologiquement à la contemplation de la nature et à l’interaction avec elle. On attribue cette réaction à un meilleur état de relaxation, au rappel des émotions positives associées à la nature et à son effet revigorant sur la fatigue mentale.

Dans les villes, les arbres contribuent à rafraîchir les espaces urbains, agissent comme des filtres naturels et absorbent le bruit. Ils améliorent le microclimat, ainsi que la qualité des ressources naturelles. Ils embellissent aussi l’aspect des villes et contribuent de ce fait à la santé psychologique de leurs habitants.

Chacun de nous peut profiter de ces bénéfices que nous apportent les végétaux. Si nous habitons en ville, le fait d’avoir des plantes dans notre lieu de vie crée un lien avec la nature devenue de plus en plus lointaine pour les citadins. Elles représentent ce qui est beau et agréable dans la vie, et le fait d’être capable de les nourrir est une confirmation que nous avons ce qu’il faut pour créer un véritable foyer.

Quel que soit votre niveau de connaissances, que vous ayez la « main verte » ou pas, vous gagnerez à mettre des plantes dans votre logement ou votre lieu de travail pour améliorer votre santé et votre bien-être !

Renaud Cherel a écrit un livre avec Geneviève Chaudet sur l'effet bénéfique des plantes sur notre bien-être, intitulé "Ces plantes qui nous font du bien", publié chez Rustica. Pour plus de détails, cliquez sur l'image.



Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    La course au bonheur

Si les plantes vous intéressent, consultez le blog Fleurs sauvages de Renaud Cherel.

jeudi 25 novembre 2010

Impatience

Yann participe à une réunion de travail ; la discussion s’attarde sur des détails alors que des questions importantes restent à traiter. L’impatience le gagne : « Arrêtons ces palabres et traitons l’essentiel ! Ce n’est pas comme ça qu’on atteindra les objectifs ! »

Sharon, au volant de sa voiture, est bloquée par une voiture en train de faire un créneau. « Pourrait pas faire un peu plus vite celui-là ? Déjà que je suis partie un peu à la bourre… Mon client va être furieux, lui qui est si à cheval sur les principes ! »

Tania est au cirque avec ses parents ; elle trépigne sur son banc en attendant l’entrée des trapézistes qu’elle rêve de voir depuis une semaine : « Maman, quand est-ce qu’ils arrivent ? Ça fait une heure qu’on attend ! » Sa maman de répondre :
-« Ne sois pas trop impatiente, ma chérie : nous sommes assises depuis cinq minutes. »

Bob n’a pas reçu au courrier les documents nécessaires pour son rapport. « Bon, tant pis, j’attendrai demain, il n’y a pas le feu au lac… Je vais me prendre un petit café pour me consoler, avec un croissant, tant que j’y suis… »

Certains se pressent lentement... (Photo R. Cherel)
Face au temps qui passe inexorablement, nous ne réagissons pas tous de la même manière. Car l’impatience est liée à la notion de futur : il existe une chose que j’attends et qui n’arrive pas assez vite par rapport à l’idée que je m’en fais. Face à cet écart entre ce que j’attends et ce qui est, je réagis selon ma personnalité avec plus ou moins de patience.

Yann est concentré sur ses objectifs : l’impatience le gagne quand il doit consacrer du temps à des choses sans importance à ses yeux en négligeant au même moment ce qui importe pour lui.
Sharon a l’habitude d’anticiper ce qui va arriver et les conséquences néfastes qui risquent d’en découler : son impatience est liée à un certain sentiment de crainte.
Tania, au contraire, est dans une forme d’impatience plutôt agréable, car elle vit la situation présente dans l’attente d’un moment heureux.
Enfin, Bob a tendance à reporter les choses au lendemain, notamment pour éviter les choix difficiles : il n’est donc pas là dans l’impatience.

Lévinas a analysé le rapport entre l’attente et la patience en considérant que ce qui distingue l’impatience de la patience, c’est non pas la préférence pour le présent, mais l’absence de but futur conscient. Là où l’un s’emporte et voudrait que le temps soit plus court, l’autre fait preuve de patience et se décide au contraire à attendre sans rien désirer en retour : il subit l’attente. La patience selon Lévinas est une forme d’ouverture sur l’inattendu, dont aucun des personnages que j’ai présentés n’a fait preuve, finalement.

Dans certaines situations, l’impatience est un moteur ; dans d’autres, la patience est une ressource. Suis-je généralement plutôt impatient ou plutôt patient ? La question n’est pas tant de me culpabiliser ou de me dire « Je devrais… », que de me demander si je me donne la possibilité de choisir entre l’une et l’autre selon les circonstances.

"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage."
Jean de la Fontaine, le Lion et le Rat - Peinture de P. Martinez

Renaud CHEREL  



Voir aussi dans ce blog :

    Atteindre ses objectifs
    Colère
    Patience, impatience

dimanche 17 octobre 2010

Les vacances

Pour un certain nombre d’entre nous, l’été est synonyme de vacances. Mais c’est quoi, au juste, les vacances ? Ce n’est que tardivement, depuis 1936, que les vacances ont été comprises comme un temps de repos accordé légalement aux salariés. Vacances vient du latin vanus, « vide », « sans consistance ». On parle par exemple de vacance d’un poste : sans titulaire, il est à pourvoir. Ce mot vacances ne dit pas positivement ce qu’il est ; il désigne simplement un manque. Comme le noir est l’absence de couleur, les vacances sont la cessation des occupations habituelles, la suspension des obligations ordinaires. En revenant à ce sens premier, on pourrait comprendre les vacances comme une période où l’on fait le vide, le vide des préoccupations, des soucis et des ennuis qui nous assaillent quotidiennement.

Mais la nature a horreur du vide, dit-on. Une fois ce vide réalisé, avec quoi le remplir? C’est là toute la question ! Les uns remplissent leurs vacances de nouvelles activités, élargissant ainsi leurs horizons ou donnant plus de place à leur créativité ou aux besoins du corps. Mais ils peuvent alors se retrouver avec des agendas aussi lourdement chargés que pendant le reste de l’année, générant de nouvelles préoccupations, de nouveaux soucis, de nouvelles tensions !

D’autres ne font rien ou très peu de choses, se laissant bercer par un rythme plus lent et plus reposant. Mais de cette absence de préoccupations, de ce vide, de cette vacance de l’esprit, naît aisément l’ennui. Et certains d’entre nous se retrouvent seuls pendant cette période : souvent pour eux, vacances riment avec solitude et ils en viennent à regretter les périodes d’activité intense du reste de l’année, finalement plus pleines et plus intéressantes.

Sieste en montagne (Photo Renaud Cherel)
C’est donc à chacun de trouver son juste équilibre, son rythme propre, pour remplir cette vacance, ce vide, compte tenu de son tempérament et des contraintes qui sont les siennes. Et ce choix-là ne dépend pas forcément des ressources financières dont on dispose. Ainsi Marthe, qui dispose d’un revenu confortable, s’offre chaque année un voyage organisé à l’étranger ; et pourtant cela ne la satisfait pas : elle a du mal à nouer des contacts avec des gens qu’elle ne connaît pas, et de retour chez elle, elle s’ennuie ferme et attend la rentrée avec impatience. A l’inverse, Sylvie s’est très bien arrangée avec son petit budget : elle ne peut s’offrir de longs voyages, mais elle organise avec quelques amies des sorties locales : il y a tant de choses à découvrir dans sa ville ! Quentin, lui, s’est offert l’année dernière un petit stage logé chez l’habitant, qui combinait artisanat (poterie) et découverte de la région, à un rythme tranquille qui lui convenait parfaitement.

Comme pour les autres domaines de l’existence, chacun de nous possède en soi les ressources nécessaires pour profiter à plein des opportunités de vie que la période des vacances peut apporter, que l’on soit seul, en couple, en famille ou avec des amis. Mais encore faut-il en prendre conscience et pouvoir y accéder.

Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    Eté
    Profiter de ses vacances
    Divertissements et loisirs


dimanche 26 septembre 2010

Les points faibles


Qu’en est-il de nos points faibles ? Précisons d’abord une chose : dans sa philosophie, le coaching s’appuie en priorité sur les ressources de la personne, ses talents, ses points forts. Le coaching travaille ainsi à contresens d’une certaine tendance dans notre société qui consiste à insister sur ce qui ne va pas, et en particulier les points faibles. N’avez-vous pas constaté comme notre vocabulaire est bien plus riche pour nommer ce qui ne va pas que ce qui va ? Par exemple, en psychologie, il existe un catalogue qui décrit l’ensemble des dysfonctionnements psychiques connus. Mais il n’existe pas de livre qui décrive toutes les façons de bien fonctionner !

Cependant, cela ne veut pas dire que le coach est aveugle et naïf, et qu’il considère que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Simplement, la psychologie positive a la volonté de travailler cet autre côté qui a été moins abordé : « La psychologie classique a fait la moitié du chemin. Il lui reste à identifier tout ce qui va bien pour le mettre à disposition du plus grand nombre. » Il s’agit simplement de faire en sorte que notre potentiel d’être humain, merveil-leux et unique, puisse s’exprimer au mieux dans le cadre où nous nous situons.

Comment gérer les points faibles ?

Par rapport à mes talents et points faibles, j’ai le choix :
- soit de passer du temps et de l’énergie à améliorer mes points faibles
- soit de passer du temps à découvrir mes points forts et à les développer.

Par exemple, Louis a évalué sur une échelle de 1 (mauvais) à 100 (excellent) ses talents et ses points faibles : il s’est donné 5 en créativité, et 60 en organisation. Il estime qu’avec la même énergie, il pourra améliorer son organisation pour passer de 60 à 80/100, ou bien doubler sa créa-tivité, soit passer de 5 à 10 : il choisit la première option.

Voici cinq stratégies pour gérer ses points faibles en réservant le maximum d’énergie aux points forts :
1 – Améliorez-vous dans ce domaine, mais sans excès, de façon à ne pas y consacrer trop d’énergie, mais ne pas mettre en cause ou saborder les domaines où vous êtes bon.
2 – Déléguez ! Il y a toujours quelqu'un qui aime faire ce que vous détestez ! Pensez en termes d’énergie dépensée ; faites du troc, utilisez la formule du portage, ou d’autres solutions qui per-mettent des synergies.
3 – Faites-vous coacher pour mieux structurer vos activités, mieux vous organiser. Par exemple, améliorez votre gestion du temps. Mais attention, pas d’usine à gaz : plus c’est simple, mieux c’est.
4 – Cherchez comment vous pourriez arriver à un bon résultat en procédant autrement, de façon à mettre en œuvre vos talents. Autrement dit, vous palliez un domaine mois bon avec un domaine plus fort.
5 – Laissez tomber purement et simplement : choisissez vos combats, pratiquez le « noble art » du lâcher-prise. Souvent, on veut éradiquer la cause ; mais on peut s’arranger avec pour minimiser les conséquences.

Pour aller plus loin...

Notons que nos points forts et nos points faibles peuvent se présenter comme les deux faces d'une pièce de monnaie. Autrement dit, on peut avoir les défauts de ses qualités, et inversement. En effet, un certain nombre de qualités (mais pas toutes) peuvent s’avérer négatives dès lors qu’elles sont exagérées. 
Quelques exemples :

Exemple de qualité
… dont l’excès peut devenir un défaut
L’altruisme
Le fait d’étouffer ou d’envahir l’autre en voulant lui rendre service.
L’assertivité, l’affirmation de soi
L’autoritarisme, le fait d’écraser l’autre sans le respecter.
L’autonomie
La résistance passive, l’opposition systématique.
La bienveillance
La naïveté, la faiblesse, la familiarité.
La capacité à apprécier les bonnes choses (être gourmet)
La gloutonnerie, la goinfrerie.
La capacité à faire confiance.
La crédulité, la candeur, l’ingénuité.
Le courage.
La témérité, la hardiesse inconsidérée.
La curiosité.
L’espionnage, l’inquisition.
L’exigence.
L’intransigeance.
La franchise.
La maladresse dans les relations.
L’obéissance.
La servilité.
L’originalité.
L’excentricité, l’extravagance.
La prudence.
Excès de prudence. « Un excès de prudence est souvent un danger » (Jacques Delille)
La rigueur.
Le rigorisme.
La sérénité.
L’apathie.
La sobriété, le sens de l’économie.
L’avarice.
La tolérance.
Le laxisme, le laisser-faire.
Le fait d’être travailleur.
La travaillomanie, en anglais « work addiction », qui conduit au burn-out.


Renaud Cherel


Voir aussi dans ce blog : 
    Les talents
    Défauts et qualités
    Curiosité : défaut ou qualité ?
    Pudeur impudeur
    Modérer ses excès