Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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mardi 17 janvier 2017

Comment choisir plus sereinement


Il ne s’agit pas de faire le meilleur choix dans l’absolu, car dans la plupart des situations, il existe plusieurs choix possibles. Qui peut dire sur l’instant quelles seront les conséquences à long terme de tel ou tel choix ? Sauf en de rares exceptions, nous ne possédons pas toutes les données de la situation, et par conséquent nous ne savons pas si nous faisons le meilleur choix possible. Il peut arriver qu’une décision nous paraisse mal venue sur le moment, et puis s’avère positive par la suite en nous ouvrant des perspectives favorables et inattendues. À l’inverse, certains choix qui nous paraissaient raisonnables dans l’instant peuvent avoir des conséquences négatives non anticipées. Soyons donc modestes et acceptons de faire des erreurs.

Il s’agit ensuite de relativiser l’importance de nos choix : la plupart d’entre eux ne sont pas vitaux et leurs conséquences, positives ou négatives, auront un impact modeste dans notre vie. À l’inverse, d’ailleurs, si nous sommes confrontés à une situation de vie ou de mort (accident, urgence absolue), bien souvent nous n’hésitons guère et suivons notre instinct. Je me souviens d’une nuit où ayant entendu du bruit dans la maison, je me suis retrouvé en pyjama dans le noir face à la lampe torche d’un cambrioleur qui montait l’escalier. D’instinct je lui ai foncé dessus en criant ; lui, surpris, a fait demi-tour et a dévalé l’escalier. Je l’ai poursuivi dans le jardin, mais il a sauté le mur et a disparu dans la nuit. Après coup, je me suis dit que j’avais été bien imprudent : s’il avait été armé ? Mais c’était fait et les conséquences de mon geste avaient été heureusement positives.

Toutes les situations ne sont pas aussi dramatiques et urgentes. Il est donc utile d’avoir en tête les enjeux de mes choix. Si je dois choisir une tenue vestimentaire, les enjeux ne sont pas les mêmes si c’est dans le cadre d’une journée de travail ordinaire ou pour un rendez-vous avec un employeur potentiel. Quand les enjeux sont mineurs, à quoi bon hésiter trop longtemps ? Je me fais confiance et tout ira bien. Bien sûr, cela n’est pas si facile pour des tempéraments hésitants ; mais le fait de relativiser, d’écouter son intuition et de se faire confiance peut aider.

Si les enjeux sont plus importants – et que je ne suis pas dans une urgence absolue –, je peux prendre le temps d’identifier mon désir : qu’est-ce que je veux vraiment ? Où est-ce que je veux aller ? S’il est conseillé de préciser ma destination, il est utile aussi de savoir d’où je pars : quelle est ma situation actuelle ? Cela me permettra d’évaluer l’écart existant entre l’état existant et l’état souhaité, puis de mettre en place des moyens adéquats pour atteindre cet état souhaité, après avoir évalué au mieux les contraintes et les obstacles sur la route. Ensuite, dans le processus de décision, je peux évidemment prendre conseil de gens compétents dans tel ou tel domaine ; mais à la fin, je décide moi-même et j’assume mon choix.

 

Renaud CHEREL

Vous pouvez lire aussi dans ce blog des articles sur la même thématique :
    Améliorer sa prise de décision
    Enjeux

lundi 14 janvier 2013

Enjeux


À l’origine, un enjeu est tout simplement une somme d’argent que l’on met en jeu en commençant une partie ; par extension, c’est ce que l’on peut gagner ou perdre dans une compétition ou une action entreprise. En observant le comportement des gens, on constate que les uns et les autres réagissent de manières variées faces aux enjeux présentés par une situation donnée.

Gaspard n’est pas du genre à couper les cheveux en quatre : lorsqu’il a une décision à prendre, il sait intuitivement ce qu’il doit faire et fonce sans se poser de questions. Parfois, cependant, il s’aperçoit un peu trop tard de certaines conséquences de ses actes : « Les gens sont plus sensibles que je ne pensais. Oui, il y a des dégâts collatéraux, mais on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs ! »

Honorine, à l’inverse, n’est pas une fonceuse et son rythme est plus mesuré. Elle a du mal à discerner ce qui est le plus important et peut passer du temps à travailler sur des tâches secondaires. Elle reconnaît qu’il lui arrive de remettre l’action au lendemain en espérant que d’ici là le problème sera résolu et qu’elle n’aura pas à s’en occuper.

Félicie, elle, évalue rapidement et intuitivement si le challenge auquel elle doit faire face est faisable. Si elle estime que oui, elle va s’assurer d’avoir les moyens pour y arriver et au besoin remuera ciel et terre pour parvenir à ses fins. Dans le cas contraire, elle trouvera des arguments pour montrer que ce projet n’est pas viable et n’en prendra pas la responsabilité.

Eugène avance plus prudemment : face à une situation inhabituelle, il ne réagit pas dans l’immédiat, mais commence par passer en revue dans son esprit toutes les alternatives avec leurs conséquences possibles. Au besoin, il va chercher de l’information auprès de personnes compétentes pour préciser certains points. Alors seulement il prend sa décision.

De manière concrète, on peut formuler les enjeux d’une action en posant les questions suivantes : « Que se passerait-il si je prends telle décision ? Qu’est-ce qui ne se fera pas ? Et si je choisis l’alternative ? » On peut aussi poser ces questions en se centrant sur l’objectif à atteindre : « Que se passerait-il si j’atteins l’objectif ? Et que se passerait-il si je ne l’atteins pas ? » Dans cette dernière perspective, plus à long terme, les décisions à prendre seront à la fois fonction de l’objectif et des circonstances particulières à ce moment-là.

Si pas d’enjeu, pas de motivation ! La considération des enjeux permet de clarifier l’objectif et de renforcer la motivation : le plus souvent, l’énergie pour agir ne réside pas dans l’objectif lui-même, mais dans les enjeux qui lui sont liés. En vérifiant les bénéfices et inconvénients de l’atteinte de l’objectif, en pesant les conséquences positives et négatives, la personne est bien plus en mesure de décider. À condition bien sûr de ne pas se plonger dans des abîmes de réflexions qui finiraient par reporter la décision au-delà des échéances raisonnables…


Renaud CHEREL


Ce message vous a plu ? Vous pouvez voir aussi dans ce blog :
    Prise de décision
    Réaliser son projet
    Difficulté de choisir
    Comment choisir plus sereinement

lundi 12 septembre 2011

Médiation

Il arrive qu’un manager soit amené à résoudre un conflit entre deux collaborateurs. Dans la mesure où il n’est pas personnellement impliqué, il peut adopter l’attitude du médiateur. Voici suggérées quelques étapes pour assurer un bon processus de médiation.

Médiation (dessin Renaud Cherel)
1 - Établir les faits (état de départ)
Le manager va d’abord se faire l’idée la plus objective possible de la situation et du/ des problèmes qui se posent. Pour cela, deux moyens complémentaires :
- conduire ses propres investigations ;
- demander aux deux parties de s’exprimer, non sur les symptômes mais sur le cœur du conflit.
Quel contexte ? Par exemple, on constate souvent des situations de communication difficile à la suite d’une fusion ou d’une acquisition, du fait que les cultures d’entreprise n’étaient pas les mêmes.
Quel est le problème ? Le médiateur peut se baser sur différentes sources d’information en plus de la version des protagonistes pour circonscrire le problème, éliminer les éléments secondaires ou parasites et arriver plus vite au but.
Que se passe-t-il réellement ? S’en tenir à une description concrète des faits en évitant les impressions, les jugements. Ceci paraît simple mais n’est pas toujours facile. Chacune des parties décrit la situation en fonction de son objectif déclaré, qui peut en cacher un autre, et à travers ses propres filtres.
Quelles personnes impliquées ? Définir les acteurs principaux et les personnes associées. Avoir une idée des réseaux d’influence de chacun.
Information supplémentaire ? Il n’est pas demandé au médiateur d’être un spécialiste du problème posé mais d’avoir un regard de candide cultivé.

2 - Identifier l’état souhaité
Le manager va d’abord interviewer séparément les deux parties : chacune peut dépeindre la situation avec sa propre logique et « vider son sac » sans interférer sur l’autre partie. Il va découvrir qu’il reste probablement un espace de liberté : y a-t-il là place pour une solution, un compromis ?
Objectifs : vers où chacune des deux parties veut-elle aller ? Quel est son objectif ? Identifier concrètement des comportements et des situations. Très souvent les gens savent ce qu’ils ne veulent pas ; mais ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Attention : un objectif peut en cacher un autre !
Reliquat non résolu : quand on s’attelle à un problème, il peut être efficace de se dire qu’un reliquat (1% ou 10%...) ne sera pas résolu. Cela pour éviter le perfectionnisme.
Enjeux : c’est la notion très importante des conséquences. Les enjeux permettent de clarifier l’objectif. L’énergie n’est pas dans l’objectif, elle est dans les enjeux qui lui sont liés. Si pas d’enjeu, pas de motivation !
Il y a deux catégories de raisons pour lesquelles on décide de faire quelque chose : soit parce qu’on en espère des avantages ou des bénéfices, ou parce qu’on évite des ennuis, des inconvénients liés au fait de ne pas le faire. Les deux sont à creuser.


Renaud CHEREL



Etapes suivantes du processus.

Voir aussi dans ce blog :
    Communication non défensive

Liens externes : 
    http://gestion-de-conflit.over-blog.com/

dimanche 28 août 2011

Réaliser son projet

Nous avons vu dans le message précédent (voir Du rêve au projet) comment transformer un rêve en projet. Une fois mon point de départ défini et mon projet établi – où est-ce que je veux aller, en partant d’où ? – il me reste à parcourir un certain nombre d’étapes pour parvenir à mon objectif.

- Les enjeux
Un premier élément important, c’est de prendre conscience des enjeux qui se jouent derrière l’action que je décide d’entreprendre. En effet, les enjeux contribuent puissamment à la motiva-tion. Souvent les enjeux sont en partie inconscients, et il est parfois difficile de les mettre à jour. Une façon simple de les débusquer, c’est de me poser la question : que se passera-t-il si j’atteins mon objectif ? Je tente d’énumérer les diverses conséquences, directes et indirectes, pour moi, pour les autres et pour l’environnement, de l’action projetée. Sans oublier, naturellement, la question alternative : que se passera-t-il si je n’atteins pas cet objectif ? Quels inconvénients, quels ennuis risquent de découler de la non-réalisation de l’action ? On sera surpris de constater que les réponses à ces deux questions ne sont pas forcément symétriques. L’ensemble de ces enjeux constitue une source d’énergie pour alimenter ma motivation.

- Les moyens
L’étape suivante consiste à passer en revue les moyens dont je dispose pour mener à bien cette action, les ressources, les stratégies qu’il m’est possible de mettre en œuvre. Dans cette étape, il est important d’être le plus ouvert, le plus spontané, le plus créatif possible, sans jugements ou critiques. Dans cette étape, je laisse fonctionner mon hémisphère droit, plus intuitif, sans laisser intervenir mon hémisphère gauche qui risque de casser mon élan créatif.

- Les obstacles
Ensuite seulement j’utilise ma rationalité pour examiner les obstacles, les difficultés et porter un jugement critique sur les idées qui me sont venues dans l’étape précédente. Parmi les obstacles, il y a évidemment ceux d’origine externes en termes de moyens matériels, de financement, de relationnel, de temps, etc. Mais il y a aussi les obstacles d’origine interne : manque de réelle volonté, manque de confiance en soi, l’ensemble de mes croyances limitantes qui peuvent générer une résistance, voire un sabotage de mon propre projet.

- Le plan d'actions
À partir de tous ces éléments, j’élabore alors un plan d’actions, une liste concrète des choses à faire étape par étape, avec un calendrier. Une bonne manière de fixer ce plan d’action est de l’écrire noir sur blanc.

- Les contrôles
Enfin – et c’est un point important – je prévois une façon de suivre ou de contrôler l’avancement de mon projet, à chacune des étapes, jusqu’à son accomplissement. À noter qu’il demeure souvent un « reliquat non résolu » : le monde n’étant pas parfait, certaines choses ne sont pas réalisées, ou pas exactement comme prévu, malgré tous mes efforts. Admettre cette part non résolue m’évite de tomber dans le perfectionnisme et dans la culpabilité qui lui est associée.

Une fois arrivé au bout de mon projet, je me rends compte que, dans bien des cas, ce n’est pas tant le résultat final qui m’a apporté le plus de satisfaction, que le chemin emprunté pour y par-venir. Même si la société actuelle nous dit le contraire, je crois que le parcours nous apporte plus que l’arrivée !


Renaud CHEREL




Voir aussi dans ce blog :
    Rêves et projets
    Du rêve au projet
    Enjeux

Liens externes :
    http://dreamshake.com/

Bibliographie : 

DELOURME Alain : Construisez votre avenir : Du rêve à la réalisation de votre projet de vie, éd. du Seuil, Paris 2006.

lundi 16 février 2009

Atteindre ses objectifs

Une bonne façon d’avancer dans ce que nous voulons faire (ou ce que nous devons faire) consiste à se fixer des objectifs et à les tenir.
Atteindre ses objectifs (dessin R. Cherel)

Cela paraît évident, mais ce n’est pas toujours aussi facile qu’il n’y paraît. Jean-Pierre devait rendre un rapport fin de semaine dernière, mais le document n’est toujours pas terminé et attend sur son bureau. Justine avait prévu de réorganiser l’appartement mais rien n’est encore fait.

Voici quelques questions simples à se poser pour arriver plus sûrement à atteindre ses objectifs :

- Quelle est la situation présente ?
Le fait de m’arrêter un instant pour évaluer la situation d’où je pars me permettra de mieux estimer la somme de travail nécessaire afin d’atteindre mon objectif.

- Quel est précisément mon objectif ?
Pour être plus efficace, j’ai absolument besoin de connaître mon point de départ et mon point d’arrivée. Il est important que l’objectif soit bien défini. On trouve de multiples façons de caractériser un objectif ; personnellement, j’aime bien dire qu’un objectif doit être SMAC.
S comme Spécifique : l’objectif doit être concret, on doit pouvoir le schématiser. « J’aimerais pouvoir partir en vacances », dit Christelle. Pour arriver à prendre une décision, il lui faut pouvoir dire : « Je veux aller à tel endroit à telle période et pendant tant de temps. »
M comme Mesurable : il me faut définir des critères permettant de dire que j’ai atteint l’objectif. Si mon objectif est complexe, je peux l’assortir de critères d’évaluation, en utilisant des échelles.
A comme Atteignable. Si je me donne comme objectif d’atteindre la planète Mars dans les 6 mois, est-ce atteignable ? Cela n’empêche pas la NASA de se donner ce même objectif dans les 20 ans à venir...
C comme Challenge : pour me motiver, il faut que mon objectif me donne envie, qu’il soit comme un défi à relever.

- Faut-il être perfectionniste ?
Cela dépend beaucoup du contexte ; dans certaines situations, le problème doit être parfaitement résolu ; dans d’autres au contraire, il peut être réaliste de se dire qu’en traitant la question à 90% - ou à 99% - le problème sera considéré comme résolu. En effet, dans beaucoup de cas, les derniers pourcents d’amélioration demandent une part énorme d’énergie et il peut être intéressant de se fixer une limite supérieure au-delà de laquelle on considère que l’on perd son temps.

- Quels sont les obstacles ?
Qu'est-ce qui m’empêche d'obtenir ce que je veux ? Définir les obstacles internes (qui dépendent de moi) et les obstacles externes. Qu’est-ce que je suis prêt à abandonner ?

- Enfin, dernière question mais non la moindre : Quels sont les enjeux ?
C’est la notion très importante des conséquences de mes choix. Quels sont les bénéfices et inconvénients de l’atteinte de cet objectif ? Autrement dit, les conséquences de l’objectif, ce qu’il va m’apporter. Si je n’atteins pas cet objectif, que va-t-il se passer ? Les enjeux permettent de clarifier l’objectif. Si pas d’enjeu, pas de motivation !
L’énergie n’est pas dans l’objectif, elle est dans les enjeux qui lui sont liés.

Les marches du succès

Renaud CHEREL 



Voir aussi dans ce blog :
    Essentiel et accessoire
    Impatience
    La fin justifie-t-elle les moyens?

Liens externes : 
    http://www.webdlambert.com/objectifs.html