Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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mercredi 14 octobre 2015

Comment gérer mes contradictions internes

Il nous arrive d'être tiraillés entre
des désirs et des émotions contradictoires
À partir du moment où je réalise que les êtres vivants fonctionnent en sollicitant des systèmes ago-antagonistes (voir message précédent), mes contradictions internes m’apparaissent sous un jour plus positif. C’est d’ailleurs un trait typique de nos sociétés occidentales que cette vision dualiste du monde à laquelle nous souscrivons souvent : c’est vrai ou c’est faux, c’est noir ou blanc, c’est bien ou mal, c’est beau ou laid, etc. Dans les traditions orientales, la réalité est vue de façon plus nuancée : dans telle affirmation il y a du vrai et du faux ; il y a bien souvent une pointe de noir dans le blanc et de blanc dans le noir ; un bien peut avoir des aspects négatifs et un mal des aspects bénéfiques ; la beauté est souvent rehaussée par quelque imperfection, etc. 

En considérant mes propres contradictions sous cet angle, elles m’apparaîtront davantage comme des outils mis à ma disposition pour m’assumer davantage en tant qu’être humain. Ce sont elles, en particulier, qui font de moi un être imparfait, certes, mais un être étonnant, unique et merveilleux. Pour les regarder avec plus de sérénité, je peux imaginer mon esprit et mes émotions comme un ensemble de sages en train de débattre, chacun exprimant son opinion.

Les premières contradictions qui peuvent m’apparaître sont celles entre mes pensées et mes actes : elles sont peu bénéfiques et je peux les minimiser en faisant le tri dans mes valeurs morales, afin de garder les plus importantes pour les appliquer à moi-même avant de les attendre des autres. Ce faisant, je gagnerai en estime de moi-même et mes relations seront plus saines et plus satisfaisantes.
D’autres conflits intérieurs peuvent provenir de mes conditionnement durant l’enfance. Quels modèles m’étaient-ils proposés ? Aujourd'hui, en tant qu’adulte, suis-je d’accord avec ceux-là, ou en réaction contre eux ? À moi de choisir de conserver ce qui convient à mes valeurs et à mes convictions, et à laisser de côté le reste.

Il se peut aussi que la vie n’ait pas été facile pour moi, et que je sois plein de rancœurs et de reproches. Mais le fait de blâmer mes parents ou la société ne changera rien au passé. Moi seul ai le pouvoir de changer les choses sur lesquelles j’ai de l’influence, et de changer mon regard sur les gens, les choses, les événements sur lesquels je n’ai aucun contrôle. Alors je pourrai accepter avec sérénité ce sur lequel je ne peux rien.

Mes contradictions peuvent aussi me paralyser, en étant incapable de choisir. Car tout choix entraîne nécessairement la perte de certains avantages. Mais ces pertes me rendent plus fort et m’ouvrent à de nouvelles opportunités. En saisissant l’occasion qui se présente aujourd'hui, je ne gaspillerai pas mon énergie dans des regrets inutiles, à ruminer le passé qui n’est plus. Et si je subis un échec, j’en tire la leçon qui m’évitera de commettre la même erreur la prochaine fois. 

Enfin, il est important de rester à l’écoute de mes besoins et de les nourrir.



Renaud CHEREL


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    Contradictions internes
    Les besoins

lundi 5 octobre 2015

Contradictions internes

Les êtres vivants fonctionnent avec des systèmes antagonistes, c’est-à-dire dont les actions sont opposées. Pour prendre un exemple : quand je tends le bras pour saisir un objet, mon triceps (muscle côté dorsal) se contracte tandis que mon biceps (côté ventral) s’étire ; mais le biceps demeure en tension. Les deux muscles agissent de façon opposée, c’est ce qui me permet d’arrêter mon mouvement de façon fluide. Dans ce mouvement, l’activité du triceps est dite agoniste – elle permet l’action – tandis que celle du biceps est antagoniste – elle s’oppose à l’action. Quand je replie mon bras, à l’inverse, c’est le biceps qui est agoniste, et le triceps devient antagoniste. C’est pourquoi l’on parle de systèmes ago-antagonistes.

Un grand nombre de nos systèmes physiologiques fonctionnent de cette manière ; ainsi, nos hormones fonctionnent souvent par couples ago-antagonistes, de même que les neurotransmetteurs, mais aussi notre système de défense immunitaire, etc.

Poser l’hypothèse que notre fonctionnement psychique est comparable à un ensemble de systèmes ago-antagonistes permet de comprendre beaucoup de choses. En effet, combien de fois m’est-il arrivé de désirer une chose, et en même temps de la repousser ? Qui n’a pas, au moins une fois, ressenti à la fois un sentiment et son contraire ? Tout se passe alors comme si, dans le moment même où j’éprouve une émotion, l’émotion contraire vient m’envahir : j’ai peur, mais en même temps j’ai envie de foncer dans l’obstacle comme un téméraire ; je suis joyeux, mais en même temps vient s’y mêler une sorte de tristesse ; je suis surpris par cet événement, mais en même temps je m’y attendais…

Hergé a su parfaitement illustrer les antagonismes
qui s'agitent dans l'esprit de ses personnages.
C’est souvent à l’adolescence que les antagonismes sont les plus visibles. Joseph est envahi de sentiments contradictoires et c’est vis-à-vis des personnes qu’il aime le plus qu’il se montre le plus désagréable. Il se rebelle contre sa mère tout en réalisant que sa remarque est juste. Il lance des piques cruelles à sa sœur, attaques qu’il regrette aussitôt, tout en éprouvant un secret plaisir en la voyant réagir. Ce genre de contradiction est généralement admis – même s’il est parfois difficile à supporter par l’entourage et par l’adolescent lui-même –, car il signe les profonds changements qui adviennent durant le passage de l’enfance à l’âge adulte.

Par contre, on admet moins facilement les contradictions internes chez l’adulte. Et pourtant, elles surgissent constamment, même si elles sont moins visibles. La meilleure amie de Lara vient de lui apprendre qu’elle va se marier avec l’homme qu’elle aime. Lara se sent à la fois heureuse du bonheur de son amie, et malheureuse aussi, car elle craint de perdre une part d’affection. « Est-ce que notre amitié sera aussi forte qu’avant ? » s’interroge-t-elle, sans oser poser ouvertement la question.

Xavière est furieuse contre son chef de service, qui s’est attribué tout le mérite de son idée à elle, Xavière, lors de la dernière réunion avec l’équipe de direction. En même temps, elle se dit qu’elle ne lui en veut pas, car c’est une règle tacite dans l’entreprise.

Et vous, devez-vous souvent gérer des contradictions internes ?


Renaud CHEREL


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