Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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lundi 4 mai 2015

Peut-on exercer sa volonté?

L'âne qui résiste à son maître
fait-il preuve de volonté ?
La volonté a beaucoup été étudiée par les philosophes, à commencer par Socrate. Cependant, si les réflexions sur la volonté et le libre arbitre ont été considérables au cours des siècles, aujourd'hui la réalité de ce concept en tant que faculté de l’être humain est contestée par un certain nombre de scientifiques, psychologues et spécialistes du cerveau. En effet, il est impossible de définir de façon scientifique la volonté ou la volonté d'agir. En psychologie, l'approche la plus répandue s'intéresse à l'action et aux buts recherchés, à la façon d’agir et ses motivations. Dans ce cadre, la volonté est assimilée à un type de souhait particulier répondant à trois critères : durable, rationnel et conscient. La volonté se différencie alors du désir, qui est irrationnel, et de la velléité qui est un souhait faible et passager.

Ainsi définie, la décision volontaire est un processus qui fait intervenir de nombreuses composantes, des désirs qui peuvent s’opposer à des résistances. Par exemple Sonia a tendance à repousser les choses au lendemain ; comme elle redoutait d’aller chez le dentiste, elle n’a pas pris rendez-vous pour un examen préventif. C’est une rage de dents qui l’a poussée à consulter en urgence. Sa décision était sous la dépendance de ses tendances habituelles, de ses craintes et de ses besoins.

Plus qu’un processus immédiat et facile, la décision volontaire apparaît souvent comme laborieuse ; elle est prise après en avoir pesé les conséquences, les avantages et les inconvénients. C’est pourquoi, en psychologie classique, on divise l’acte volontaire en 4 moments : conception, délibération, décision, réalisation.

On parlera de volonté lorsque la personne s’engage dans un projet et que le souhait qu’elle cherche à satisfaire est réalisable à ses yeux. L’acte volontaire est assumé, il fait appel à des objectifs, des moyens et des connaissances. Un acte accompli par ignorance n’est pas dit « volontaire », pas plus qu’un acte inconscient. C’est dans ce cadre que l’individu est dit responsable de ses actes.

Peut-on alors exercer sa volonté ? Je répondrai que l’on peut améliorer les conditions dans lesquelles exercer sa volonté. En développant mon « observateur intérieur », je suis plus à même d’identifier mes comportements indésirables, souvent automatiques. Je vais alors être capable de stopper telle réaction habituelle, inappropriée dans les circonstances présentes, ou au contraire de la maintenir parce que je juge que c’est la bonne façon de faire.

Si ma réponse habituelle n’est pas appropriée, comment en trouver une autre ? Cela n’est pas très facile, car la force des habitudes est très puissante. La réponse tient dans un petit mot : l’entraînement. Comme l’esprit est lié au corps, il s’agit de m’exercer régulièrement à des gestes qui favorisent l’expression d’émotions opposées à celle que je veux éviter, dans des situations à enjeux faibles. Par exemple, Marceau, souvent dans la colère, ne remarque même pas qu’il est en colère et qu’il élève la voix à la moindre provocation ; c’est sa réponse habituelle. En travaillant sur des gestuelles calmes et pondérées, il va tout naturellement développer en lui l'écoute et la tolérance.


Renaud CHEREL


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lundi 27 avril 2015

Volonté

Nelly et Sylviane discutent de leurs enfants préadolescents.

-« Joachim a beaucoup de volonté, explique Nelly. Quand il a décidé de faire quelque chose, il le fait. Souvent il m’étonne : s’il rencontre des obstacles, il serre les dents, il les surmonte et va jusqu’au bout de ce qu’il a décidé.

- C’est un peu le contraire pour Valéry, soupire Sylviane : je trouve qu’il n’a aucune volonté. Il est influençable, il ne sait pas ce qu’il veut. Il me donne toujours l’impression de suivre l’avis du dernier qui a parlé.

- Je suis assez fière de Joachim, même si parfois c’est un peu difficile. L’autre fois, il voulait absolument se rendre chez un copain qui l’avait invité alors qu’il n’avait pas fini ses devoirs. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu : parce que je le veux, un point c’est tout !

- Je ne suis pas si fière de Valéry, il me paraît mou. J’essaye de le secouer, de le pousser à faire ses choix et être plus volontaire, mais j’ai bien du mal… »

Qu’est-ce que la volonté, au fond ? Concrètement, cela paraît facile à définir : la volonté est le libre choix de faire ou ne pas faire quelque chose, décidé après réflexion, en ayant pesé les conséquences de cette décision.

Mais dans la réalité quotidienne, nous constatons qu’une décision volontaire va être influencée par différents facteurs. D’une part, les circonstances extérieures : par exemple l’invitation du copain de Joachim, qui agit comme un déclic. Et d’autre part, l’état interne de la personne : son humeur, son état de stress, de fatigue ou de forme, sa vision du monde, son tempérament… Par ailleurs, nous pouvons avoir des motifs d’agir moins avouables que ce que nous laissons paraître : la peur du ridicule, le désir de prendre sa revanche, le besoin irrépressible d’avoir toujours raison…

L'enfant aura-t-il la volonté d'attendre comme prescrit
dans l'exercice, ou bien mangera-t-il la friandise ?
Une bonne proportion de nos actes sont automatiques : habituellement nous ne réfléchissons pas à notre façon de respirer, de marcher, ou même d’engager une conversation anodine avec quelqu’un. D’autres au contraire sont pesés et réfléchis : ils sont dits volontaires. Mais la différence entre les deux n’est pas si nette. Quand Joachim répond « parce que je le veux ! », on peut se demander si c’est vraiment une décision volontaire ou s’il cède inconsciemment à un désir. Dans ce dernier cas, peut-on encore parler de libre choix ? 

D’une manière plus large, supposons que Joachim choisisse de faire des études de médecine pour exercer plus tard ce noble métier qui consiste à sauver des vies. Il va devoir étudier, faire des efforts pendant de nombreuses années, tendu vers le but à atteindre. Mais toutes ces actions volontaires de Joachim sont liées au besoin de surpasser son père, lui-même médecin, pour compenser un puissant sentiment d’infériorité. Dans cette démarche volontaire viennent donc se mêler conscient et inconscient.

Nous pourrions multiplier les exemples : dans la plupart de nos décisions volontaires, nos raisons conscientes se mélangent avec d’autres plus inconscientes, nos désirs, nos besoins, nos systèmes de valeurs.


Renaud CHEREL


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