Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...

mardi 4 octobre 2016

Se défaire de l'avarice

Avant d’examiner comment se défaire de l’avarice, il convient de se rappeler deux points :    
        
- D’abord, considérer l’avarice d’une façon plus large que le simple attachement à l’argent ou aux biens matériels : une personne peut être également avare de son temps, de ses sentiments, de ses savoirs, de ses informations, de ses relations… Le point commun à toutes ces attitudes, c’est la rétention : celle-ci s’exerce généralement dans plusieurs domaines de notre vie et constitue un frein puissant à notre épanouissement – et à celui des autres – mis en place très tôt dans notre enfance. C’est un peu comme si je confondais l’être avec l’avoir : « Je suis ce que je possède », me dis-je inconsciemment. En me délestant de ce que j’ai, je risquerait de me perdre moi-même, ce qui me conduit à thésauriser, garder, conserver. Cette attitude générale a souvent – mais pas toujours – tendance à s’accentuer avec l’âge.


- Sauf accident, on ne pas se changer du tout au tout : un individu conservera toute sa vie les grands traits de son caractère. Cela est vrai aussi pour l’avarice. Par contre, il est tout à fait possible de modifier certains comportements et notre façon de réagir face à des situations données. Ce qui est encourageant, c’est que nous sommes capables de nouveaux apprentissages toute notre vie, même à un âge très avancé. 

Ceci étant dit, le premier obstacle à surmonter est la prise de conscience de son propre fonctionnement : en effet, les avares en sont rarement conscients, ils préfèrent se justifier par des raisonnements et démontrer qu’ils ont raison d’agir ainsi. La prise de conscience peut passer par le regard des autres – en tout cas ceux qui éprouvent de l’estime envers nous.

Une fois cette prise de conscience effectuée, on trouvera plus aisément les motivations pour changer de comportement. On pourra alors, comme pour d’autres changements, s’appuyer sur ses valeurs : « Au fond, qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ? » Une autre façon de se poser la question serait de se demander : « Au moment de mourir, qu’est-ce que je risque de regretter le plus ? » Évidemment ces questions appellent une suite : « Comment faire pour servir cette valeur importante dès aujourd'hui ? » ou bien : « Qu’est-ce que je peux changer aujourd'hui pour éliminer ce regret futur et mourir sereinement ? »

Une fois ces décisions prises, il me semble préférable d’opérer à petits pas : mettre en place des gestes à faire régulièrement pour cultiver et renforcer ma nouvelle attitude. Par exemple, je décide     
- de faire régulièrement des cadeaux à mes proches ;         
- ou d’aider telle cause ou telle association ;           
- ou de donner de mon temps chaque semaine à une personne ou à un groupe… 
- Je cultive la bienveillance envers l’autre : l’avare, centré sur lui-même, risque de tomber dans l’indifférence.    
- Je travaille à améliorer ma confiance en moi et mon estime de soi.

Ainsi, peu à peu je favoriserai l’être – qui perdure – par rapport à l’avoir – qui passe.



Renaud CHEREL

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