Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...

lundi 7 septembre 2015

Généralisation

La généralisation est un processus mental qui nous permet de comprendre le monde en regroupant certains éléments dans une catégorie donnée. Ainsi en affirmant « tous les animaux qui ont des plumes, un bec et qui pondent des œufs sont des oiseaux », cela me permet de dire que cet animal inconnu vu dans un zoo est un oiseau. Cependant, dans le domaine humain, et particulièrement la psychologie humaine, les généralisations sont souvent source d’erreurs, de malentendus, voire de conflits. En effet, nous sommes tous différents, chaque individu est unique et la palette des comportements possibles est immense. Bien sûr, on peut toujours affirmer des généralités comme « tous les hommes sont mortels ». Mais dès que l’on s’aventure à décrire les comportements ou les émotions ressenties par des personnes, il est difficile d’affirmer que cela s’applique à tout le monde.

Attention à ne pas généraliser en dénonçant une généralisation !
C’est pourquoi, personnellement, je préfère utiliser dans ma communication des expressions comme « la plupart d’entre nous » ou « la majorité des gens » plutôt que « tout le monde » ; de même, je préfère dire « la plupart du temps » plutôt que « toujours » ou « jamais ».

Prenons quelques exemples :
« Tout le monde veut être en bonne santé » : non, certains personnes peuvent trouver un certain confort dans la maladie, ou y avoir recours pour exprimer quelque chose d’indicible autrement.
« Tous les consommateurs recherchent la nouveauté, c’est pourquoi le mot "nouveau" fait vendre » : pas forcément, certains au contraire recherchent la continuité et la constance et peuvent être déstabilisés par ce qui est nouveau.
« Chacun veut faire les choses bien » : non, certains peuvent privilégier la vitesse d’exécution, et d’autres cherchent avant tout le résultat, en négligeant les détails jugés comme accessoires.

On pourrait ainsi multiplier les exemples à l’infini. En fait, beaucoup d’entre nous (mais pas tous !) avons tendance à penser que les autres fonctionnent comme nous : si dans telle situation, j’ai cette réaction, je m’attends spontanément que les autres aient plus ou moins le même type de réaction que moi. Or, l’expérience montre que ce n’est pas forcément le cas, et certains comportements peuvent me prendre complètement par surprise. C’est d’ailleurs la raison qui pousse un grand nombre de gens (mais pas tous !) à fréquenter préférentiellement des personnes du même milieu social ou du même groupe qu’eux : il y a de plus fortes chances que ces personnes réagissent de la manière attendue.

Bien sûr, avec l’expérience, on peut acquérir davantage de souplesse et ne pas être surpris ou choqué par des réactions inattendues. Mais cette évolution avec l’âge ne se rencontre pas chez tous ; certaines personnes au contraire, ont tendance avec le temps à durcir leurs positions et à se raidir davantage.

En ces temps où les événements nous confrontent de plus en plus à des gens issus de contextes différents du nôtre, soyons attentifs à ne pas généraliser et à apprécier les différences qui sont source d’enrichissement mutuel.


Renaud CHEREL

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