Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...

mardi 19 janvier 2010

Dix secrets des couples qui durent (7 à 10)

Nous terminons aujourd'hui la liste des dix secrets des couples qui durent.

Prendre du temps ensemble (Photo R. Cherel) 
- Septième secret : se dire merci

Cette façon de faire peut paraître désuète aux yeux de certains, et pourtant… l’habitude de remercier l’autre pour le soutien apporté, pour les plaisirs offerts, pour sa confiance, c’est très constructif. Car après tout, rien ne m’est dû par mon conjoint ou mon partenaire, c’est toujours un cadeau que je reçois de sa part. Cette attitude peut d’ailleurs être étendue à un certain nombre d’autres gestes ou rites : par exemple penser à fêter nos anniversaires respectifs ainsi que notre anniversaire de mariage ; se souhaiter bonjour et bonsoir bien que dormant dans le même lit, etc. Tous ces petits signes, ces petits rites améliorent le vivre ensemble ; finalement, nous redécouvrons là, dans notre vie quotidienne, la vraie raison de la politesse : avant d’être un vernis social, c’est une goutte d’huile dans les rouages de la relation.

- Huitième secret : une part d’admiration

Comment serait-il possible de vivre pendant des années aux côtés d’une personne que l’on mépriserait ou que l’on trouverait totalement ordinaire et banale ? Ou bien l’on finit par être exaspéré, ou bien on s’ennuie mortellement et on a envie d’aller voir ailleurs ! Dans toute relation forte et durable, il y a une part d’admiration réciproque. Cette admiration va plus loin que la surface : si je ne t’aime que pour ta beauté physique ou ta situation financière, je risque un jour d’être fortement déçu(e) ; si je t’aime pour ce que tu es toi, profondément, notre amour a davantage de chances de durer. Même après de nombreuses années vécues ensemble, je m’aperçois que l’autre a encore des trésors insoupçonnés, à condition de cultiver ma curiosité et ma capacité d’émerveillement.

- Neuvième secret : confiance et fidélité

Même à notre époque où l’on dit que les mœurs sont « libérées », je ne suis pas sûr que, dans beaucoup de couples, l’infidélité ne soit pas ressentie par l’un des deux partenaires comme une trahison. La fidélité est une valeur importante, et l’infidélité est une des causes majeures de rupture. Le jour où nous nous engageons dans la voie d’un vivre ensemble en tant que couple, nous décidons de nous faire mutuellement confiance, dans ce domaine comme dans bien d’autres.
Bien sûr, nous ne sommes pas des machines et il peut nous arriver de faillir, c’est pourquoi nous faisons appel au dixième secret.

- Dixième secret : le pardon

Simples humains que nous sommes, nous commettons des erreurs, par maladresse, par faiblesse, par peur et parfois par méchanceté. Il est important de savoir admettre que l’on a fait des erreurs dans notre relation, que l’on s’est trompé et de présenter ses excuses, de demander pardon à l’autre. Symétriquement, il nous est donné dans la vie de couple d’avoir à pardonner à l’autre. Demander et donner le pardon sont des actes forts, parfois difficiles. Mais ce sont des actes importants qui peuvent aider notre couple à grandir.
Attention, pardon n’est pas synonyme de réconciliation, mais nous reviendrons sur ce point une autre fois.

Trouvez votre propre voie, inventez votre couple !

Une dernière remarque, et non des moindres : toutes les recettes du monde ne feront pas durer votre couple de l'extérieur. Les conseils des uns et des autres - que ce soit des proches ou des professionnels - peuvent apporter des informations, un éclairage ; mais c'est à chaque couple d'inventer sa relation, de trouver son propre chemin. Sachant qu'au fil du temps, les contextes sont différents et la relation évolue. Alors, bonne route !

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog : 
    Dix secrets des couples qui durent (1 à 2)
    Dix secrets des couples qui durent (3 à 6)
    Pardon et réconciliation
    Masculin-Féminin


dimanche 10 janvier 2010

Dix secrets des couples qui durent (3 à 6)

Je poursuis ici la liste des secrets des couples qui durent.

- Troisième secret : la tendresse
Avec le temps, il se peut que, le sentiment amoureux s'affaiblissant, nous n'exprimions plus notre amour par des gestes. Pourtant, il ne tient qu'à nous d'alimenter le désir ; nous n’aimons pas qu’avec la tête et le cœur, mais avec notre corps. Les amoureux ont besoin de se toucher, de communiquer avec leurs mains, leurs lèvres, leur corps. La rencontre des corps et des cœurs dans l’acte d’amour, c’est important, mais c’est aussi vrai pour les gestes de tendresse, les câlins, les bisous, les caresses. Au fil du temps, en se connaissant bien, le couple peut développer tout un langage gestuel qui favorise la complicité, des petits signes qu’eux seuls connaissent. La tendresse exprimée dans les gestes, c’est à la fois stimulant et tranquillisant, rassurant ; dans les moments de déprime, le geste peut être consolant, apaisant, réconfortant.

- Quatrième secret : accueillir la différence

Nous sommes tous très différents. Dans un couple, égalité ne veut pas dire identité, et il n’est pas si aisé d’accepter l’autre différent de soi. Au départ, il arrive souvent que nous soyons dans la fusion, faisions les mêmes choses, partagions tout. Mais au bout d’un certain temps, les différences réapparaissent, et il est souvent difficile de les accepter. L’un adore la musique pop, l’autre le classique ; l’un aime lire des romans d’amour, l’autre des livres d’histoire – ou n’aime pas lire ; l’un préfère le bleu, l’autre le jaune… La liste est longue de nos différences. C’est très bien ainsi, elles sont l’expression de notre liberté et elles alimentent nos échanges. A condition de ne pas vouloir que l'autre me ressemble absolument. Un des secrets de la durée d’un couple, c’est le fait, non seulement d’accepter l’autre différent, mais d’accueillir cette différence, de s’en émerveiller !

- Cinquième secret : des valeurs communes

(Photo Renaud Cherel)
Si les différences font la richesse du couple, nous avons cependant en commun certaines valeurs qui nous motivent et nous font vivre, des valeurs que nous servons et pour lesquelles nous sommes prêts à abandonner beaucoup d’autres choses à nos yeux moins importantes. Un certain nombre de nos valeurs sont inconscientes, on n’y réfléchit pas. Et c’est parfois dans les périodes de crise, dans les difficultés, qu’elles se révèlent et s’expriment : nous découvrons peut-être alors que nous ne partageons pas certaines valeurs mais que d’autres nous sont communes ; et ce sont celles-ci qui nous permettent de traverser les tempêtes que la vie nous réserve. Avec ce socle solide de valeurs communes, il est plus facile au couple de durer.

- Sixième secret : l’échange, le partage

Dans un couple, on partage un certain nombre d’objets au quotidien ; mais chacun conserve certains objets personnels dont l’autre n’est pas autorisé à disposer à sa guise.
Cet échange, ce partage ne se limite pas aux biens matériels mais s’étend à un certain nombre d’activités ; il est aussi dans les échanges de projets, d’idées, d’impressions, de sentiments. Un couple solide arrive à aborder tous les sujets, sans tabous : elle et lui évoquent le passé, leurs souvenirs d’enfances, échangent sur leurs goûts, par exemple en matière de cuisine, de musique, de spectacles ou de lectures. Ils aiment aussi échanger sur leurs croyances, l’argent, leurs amis et relations, leur intimité sexuelle, leurs enfants, les nouvelles, la politique… Ils peuvent finalement tout aborder, leurs souhaits et leurs rêves et même la maladie, la souffrance et la mort.

Cela n’empêche pas que chacun puisse garder son jardin secret et des activités personnelles qui lui sont propres.

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Dix secrets des couples qui durent (1 à 2)
    Dix secrets des couples qui durent (7 à 10)
    Pardon et réconciliation
    La tendresse

Bibliographie :

Marie-Lise LABONTE : Vers l'amour vrai – Se libérer de la dépendance affective – éd. Albin Michel Paris, 2007, 286 pages

Dans cet ouvrage, la psychothérapeute Marie Lise Labonté montre qu'on fonctionne beaucoup à partir de l'image que nous avons du couple de nos parents (peu importe qu'elle soit vraie ou fausse) et des croyances dont nous avons hérité de notre entourage familial, social et culturel. Dans une approche originale, elle décrit un certain nombre de types de fonctionnement en couple dans lesquels on pourra éventuellement se reconnaître. Elle aborde successivement l'amour fusionnel  (1+1=1), l'amour caractériel (1+1=2) et l'amour créateur (1+1=3). 



mercredi 6 janvier 2010

Dix secrets des couples qui durent (1-2)

Couple au restaurant (Dessin Renaud Cherel)
Nous connaissons tous autour de nous des couples qui se séparent ou qui se déchirent, et bien des médias véhiculent aujourd'hui l’idée qu’une relation de couple ne peut pas durer. Pourtant, beaucoup de gens rêvent d’une relation durable et épanouie. Cela n’est-il pas possible ? Est-ce seulement un rêve en dehors de toute réalité ? Pour répondre à ces interrogations, sur le Blog d’Arcorec je vous propose de découvrir dix secrets des couples qui durent. Pour ce faire, je me suis basé à la fois sur mon expérience personnelle (en 2013, nous fêtons nos 40 ans de mariage. Nous avons fait connaissance, mon épouse Bernadette et moi, il y a 43 ans) et sur celle de l’accompagnement de nombreux couples. Je redonne donc ici les éléments de ces 10 secrets.

« Aimer est une décision » 
Cette affirmation peut paraître surprenante, car on pense d’abord à l’amour comme à un sentiment dont on n’est pas maître… mais on confond un peu vite le sentiment amoureux et l'amour durable. Et au fil des années, on se rend bien compte qu’on vit comme s'il y avait trois personnes (indépendamment du fait d’avoir ou non des enfants) : toi, moi et notre couple. Avec le temps, et si on ne les entretient pas, les choses s’usent, même les relations les plus solides… Et pour durer, notre couple a besoin que nous l’entretenions, toi et moi. C'est pourquoi les dix secrets des couples qui durent renvoient finalement à l’attention portée à «notre couple».

- Premier secret : savoir dire « Je t’aime »
"Si je t'aime ? Ben oui, je te l'ai dit le jour de notre mariage, il y a dix ans !..." Combien de femmes ont entendu ce genre de réponse...
Pourtant, on ne le dit jamais assez, on peut le dire sur tous les tons et de toutes les manières possibles. Cela peut être une grande déclaration, ou un petit mot chuchoté au creux de l’oreille ; un petit cœur découpé dans du papier et accroché avec un aimant sur la porte du frigo, ou bien un petit billet dans le bol du petit déjeuner… Nous avons l’embarras du choix des moyens, mais encore faut-il le dire, même si pour les hommes c’est souvent plus difficile à exprimer que pour les femmes ! Si je reste silencieux, l’autre se doute que je l’aime, mais comment peut-il savoir exactement ce que je ressens ? L’amour va peut-être sans dire, mais c’est tellement plus agréable de se l’entendre dire, même après vingt ans ou cinquante ans de mariage ou de vie commune !

- Second secret : le dialogue
Pris dans le quotidien, dans l'activité de tous les jours, nous risquons de ne plus communiquer.
Renouons le dialogue. Dans le dialogue, nous nous efforçons de nous dire ce qui va et ce qui ne va pas, et de nous écouter l’un l’autre, ce qui est le plus difficile. Écouter, sans l’interrompre, ce que l’autre a à dire, même quand ça fait mal, éventuellement reformuler et lui demander de préciser tel ou tel point que l’on n’a pas compris, sans porter de jugement. Et puis dire à son tour ce que l’on ressent, ce que l’on pense face à telle situation, parce que l’autre est différent et ne ressent pas forcément la même chose. Être vrai dans le dialogue est finalement très payant. Penser à avertir l’autre de ce qu’on fait, lui laisser un petit mot ou un passer coup de fil pour dire qu’on rentrera tard, cela ne fait pas de mal non plus !


Renaud CHEREL

(Texte remis à jour en mai 2013)

Voir aussi dans ce blog : 
    Dix secrets des couples qui durent (3 à 6)
    Pardon et réconciliation
    Masculin-Féminin
    Parler d'amour


dimanche 27 décembre 2009

Bilan et souhaits

Teddy qui travaille dans les services comptables et financiers d’une grosse PME, est sous pression ces dernières semaines : la fin de l’année, c’est le temps des bilans, et pour lui c’est un surcroit d’activité. Quels sont les secteurs qui ont bien marché ? Quels sont ceux à redresser ? Que disent les projections pour 2010 en fonction des prévisions des services Marketing et Commercial ?

Comme Teddy le fait pour son entreprise, il peut être bon pour nous de prendre le temps de faire un bilan personnel en ces derniers jours de l’année 2009. Une année qui s’en va, c’est quelque chose qui meurt, et ce peut être parfois avec une certaine nostalgie que nous nous remémorons de bons moments vécus. Mais en même temps c’est quelque chose qui naît, c’est une nouvelle année qui apparait… et donc c’est aussi le moment de se projeter sur un futur pas encore là mais riche de promesses. C’est pourquoi nous avons pris l’habitude de souhaiter – à nous-mêmes et aux autres – un certain nombre de choses, bonnes si possible.

N'attendons pas que le génie sorte de la lampe pour formuler nos souhaits !
Que nous souhaiter ? À mon sens, le mieux qu’on puisse se souhaiter les uns les autres, c’est d’être heureux… chose qui ne dépend pas forcément de notre état de richesse, des biens que nous possédons, de la quantité de choses que nous réalisons, du prestige dont nous jouissons auprès des autres, ni même de notre santé, si précieuse soit-elle. Peut-être les activités nombreuses qui nous occupent du matin au soir nous empêchent-elles de nous pencher sur les causes profondes de ce que nous appelons le bonheur. Quand nous sommes insatisfaits, nous nous imaginons que plus nous multiplions les activités, plus nos sensations s’intensifient et plus notre insatisfaction diminue. Nous courons après des biens, une reconnaissance ou des honneurs une bonne partie de notre vie. Et pourtant, force est de constater que nous ne trouvons pas facilement ce bonheur que nous recherchons...

Puissions-nous avancer avec nos doutes. Puissions-nous marcher sous la pluie battante, mais aussi trouver le temps de nous arrêter à l’abri quand c’est nécessaire. Puissions-nous nous rappeler que nous sommes aimés. Puissions-nous donner moins de conseils et écouter. Puissions-nous savoir quand nous en aller. Puissions-nous laisser tomber ce que nous ne sommes pas, nos vieux manteaux, et nous retrouver nous-mêmes de temps en temps. Puissions-nous patiemment faire germer ces petites graines de bonheur qui se trouvent sur notre chemin mais que nous ne voyons pas !

Bonne année 2010 !

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog : 
    Souhaiter ou présenter ses voeux
    Bonnes résolutions
    Bilan 2014
    Le blues de Noël

Début d'hiver

Le solstice d’hiver a lieu aujourd'hui 21 décembre : c’est pour nous, dans l’hémisphère nord, le jour le plus court de l’année… et la nuit la plus longue !

Parc sous la neige (photo R. Cherel)
L’hiver marque la fin d’un cycle saisonnier : les arbres ont perdu leurs feuilles, ces feuilles mortes que l’on foule au pied ; les branches sont à nu, la vie semble s’être arrêtée. Certains oiseaux ont fait leur migration vers des cieux plus cléments ; et bien des animaux se sont terrés dans leur retraite pour hiberner. Le vent souffle en rafales, il pleut, il fait froid, la pluie fait parfois place à la neige comme ces derniers jours… C’est aussi la saison où, pour les plus fragiles d’entre nous, des désagréments physiques réapparaissent et provoquent des douleurs en tous genres. C’est pourquoi l’entrée dans la saison d'hiver peut évoquer chez certains des craintes, des inquiétudes.

Psychologiquement aussi, l’hiver est éprouvant, quand certains projets sont suspendus, que l’enthousiasme est au plus bas et que les choses bougent trop lentement à notre gré. Pourtant, si vous pouvez reconnaître la qualité d’énergie et des sensations propres à l’hiver, alors cette saison sombre peut devenir un beau temps de repos, de renouvellement et de créativité.

Les jours plus courts et plus froids de l'hiver nous invitent naturellement à rester à la maison, à nous installer confortablement, et à dormir davantage. Malheureusement, ce rythme naturel est souvent contraire à celui imposé par notre société… Souvenons-nous tout de même que le « burn-out » peut provenir d’un non respect prolongé de nos rythmes naturels, associé au stress. À chacun donc de s’organiser au mieux pour concilier ces exigences parfois contradictoires.

C’est aussi le moment de porter plus d’attention à ce que nous vivons intérieurement. C’est un vrai cadeau que l’hiver nous apporte : le temps de nous accorder sur ce qui se passe en nous-mêmes. Dans le monde d’aujourd’hui, focalisés sur l’action, nous oublions parfois combien le fait de se connecter avec soi-même, de se poser en soi, ici et maintenant, est essentiel.

Vous pouvez utiliser l’opportunité de ces journées ou de ces longues soirées froides et mornes pour rester chez vous – au lieu de vous forcer à sortir – et vous connecter à votre sagesse intérieure. Vous pouvez lire des revues ou des livres qui vous nourrissent, écrire, dessiner, méditer, prier ou encore ne rien faire – choisissez ce qui vous permettra d’être plus en lien avec votre être intérieur.

Nous faisons nos rêves la nuit, dans l'obscurité : celle-ci est favorable au développement de l’imaginaire. De la même façon, l’hiver avec ses nuits plus longues nous apporte un riche potentiel de créativité : profitons-en pour laisser surgir et germer en nous de nouvelles idées. Les longues et chaudes journées de l’été sont de parfaits moments pour exécuter vos grands plans et vos idées, mais l’hiver fournit l’opportunité de vous pelotonner dans un endroit confortable, de vous relier à votre sagesse intérieure, d’inventer et de visualiser ce que vous voulez faire pour l’année prochaine. Les meilleures réussites sont basées sur de belles visions, élaborées après qu’on se soit donné du temps et de l’espace pour sa créativité.

Quand le printemps arrivera de nouveau, vous serez complètement préparés pour sortir et avoir de l’audace !

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Fin d'hiver
    Neige
    L'hiver et nos rythmes biologiques

lundi 14 décembre 2009

Locus de contrôle

"Ce n'est pas moi, c'est l'autre !"
Danièle n’a pas trop le moral ces temps-ci : « J’ai toutes les tuiles qui me tombent dessus ! Ma voiture a glissé à cause de la pluie, et la voilà à la casse ! Et en plus je viens d’échouer à mon concours administratif. Je n’ai pas eu de chance. Pourtant, j’avais bossé ; mais à l’oral, l’examinateur était de mauvais poil… »

Benoît, lui non plus n’est pas au mieux de sa forme : « J’ai dû passer trois jours au lit la semaine dernière… Il faut dire que j’ai fait une bêtise : en rentrant à pied sous une pluie glaciale, j’ai attrapé une bronchite. Et puis j’ai du retard dans mon boulot : je me suis trop laissé aller, ces temps-ci… »

Le psychologue américain Julian Rotter a proposé en 1966 le concept de locus of control, ou « locus de contrôle » LOC (du latin locus, lieu) pour étudier certains traits de caractère. Le locus de contrôle précise la façon dont l’individu situe la cause de ses performances ou de l’enchaînement des événements de sa vie. Il peut avoir un impact très important sur les choix de vie, la motivation et le bien-être. Rotter distingue deux types d’attitudes :

- LOC interne : ainsi que Benoît, la personne perçoit la performance ou l’événement comme dépendant entièrement d’elle-même : la responsabilité de l’échec ou de la réussite n’incombe qu’à elle. On parle aussi de référence interne.
- LOC externe : comme Danièle, l’individu perçoit la performance ou l’événement comme échappant totalement à sa maitrise, car dépendant de circonstances extérieures incontrôlables. On parle de référence externe. 

Aujourd'hui, il est établi que le locus de contrôle est une dimension importante de la personnalité, relativement stable dans le temps. Mais, comme pour tout ce qui touche à l’humain, les choses restent nuancées : le LOC peut être affecté par différents facteurs, comme la dimension affective de la situation. D’une manière générale, les échecs personnels sont souvent perçus comme davantage dus aux circonstances extérieures, tandis qu’on aurait tendance à attribuer ses propres succès à des facteurs internes. Autrement dit, la même personne peut être plus interne ou plus externe selon certaines circonstances.

De manière générale, on a tendance, dans notre société, à valoriser les individus internes plutôt que les individus externes. C'est pourquoi les personnes voulant se montrer sous un angle favo-rable à autrui auront plutôt tendance à mettre en avant des explications internes.

Pourtant, le locus de contrôle concerne simplement, de la part de l’individu, la perception subjective de la source de responsabilité. Il est probable que, dans la plupart des cas, ce qui nous arrive objectivement est le produit de nos actions propres (origine interne) dans des circonstances et un environnement particulier (origine externe). Mais le fait de savoir que nous avons affaire à des personnes plutôt LOC interne ou LOC externe peut nous aider à mieux comprendre l’autre et à mieux gérer notre relation. C’est le cas en bien des circonstances, par exemple en tant qu’éducateur, manager, conjoint, confident. Et pour soi-même, mieux se connaître n’est jamais inutile.

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Dedans, dehors
    Question de référence
    Extraversion, introversion
    Allier contrôle et lâcher-prise
    Vivre sa vie au mieux

lundi 7 décembre 2009

La force des symboles

Henri et Damien échangent à propos de leur travail.

-« On prépare un événement pour l’anniversaire de la boîte, dit Henri. C’est une vraie ruche ! Il faut dire que le patron n’a pas construit sur du sable. C’est un aigle, ce type-là, à croire qu’il avait anticipé la crise. Il a su faire fructifier les talents de son équipe… »

-« Chez nous ce n’est pas la même chanson, répond Damien. Il faut bien gagner son pain, mais quand je pense à ma boîte, j’ai des idées noires. Le patron est dans sa tour d’ivoire, il ne comprend rien aux problèmes. Qui est-il derrière son masque ? Je n’en sais rien… »

Dans ce dialogue imaginaire, Henri et Damien utilisent un certain nombre d’images, de métaphores. Certaines d’entre elles s’appuient sur des symboles, c'est-à-dire des objets ou des images qui évoquent une association d’idée avec quelque chose d’abstrait ou d’absent. Mais le symbole est plus qu’un simple signe ou qu’une simple image ; il est chargé d’affectivité et de dynamisme. « Le symbole détient un essentiel et spontané pouvoir de retentissement. » (Gilbert Durand)

En fait, chacun de nous utilise des symboles à longueur de temps, à longueur de jour et de nuit sans toujours s’en rendre compte, dans son langage ou dans ses rêves. Non seulement les artistes font appel aux symboles dans leurs créations, mais les professionnels du marketing et de la vente ainsi que ceux de la politique y ont recours. Les sciences, les techniques et les arts les utilisent ou les rencontrent : nous vivons dans un monde de symboles.

Le symbole n’est jamais expliqué une fois pour toutes, mais toujours à déchiffrer de nouveau, un peu comme une partition musicale, que chaque musicien va interpréter de manière nouvelle. Un symbole se livre et s’enfuit ; il voile et dévoile à la fois ; il ne se laisse pas enfermer par des mots : il reste infiniment suggestif. La perception du symbole est à la fois un acquis et un reçu ; elle varie avec chaque sujet et procède de la personne tout entière, mais elle est héritière d’une expérience millénaire. La perception du symbole exclut l’attitude du simple spectateur, elle exige une participation d’acteur. Un symbole peut renvoyer à de nombreuses interprétations selon le contexte socioculturel ; mais souvent celles-ci se présentent comme des harmoniques autour d’une dominante.

Réhabiliter la valeur du symbole, ce n’est pas éliminer les éléments intellectuels ou rationnels d’une œuvre ou de la réalité des faits. C’est au contraire y ajouter une dimension, un relief, une verticalité. Les symboles nous relient à notre inconscient, à la part créative et spontanée qui est en nous, à notre imagination. Après l’avoir jetée aux orties comme la folle du logis, on reconnaît plus volontiers aujourd'hui que l’imagination participe, comme la raison, à nos prises de décisions individuelles ; et que sur le plan collectif, elle est, comme la raison, un facteur de progrès.

Alors, vivent les symboles !

Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :

- Pour le symbolisme des couleurs :
    Couleurs : rouge et orangé
    Couleurs : jaune et vert
    Couleurs : bleu et violet
    Couleurs : noir et blanc, gris, rose et brun
- Pour la symbolique de l'arbre :
    Les arbres
- Pour la symbolique du soleil :
    La chaleur du soleil
- Pour la symbolique des rêves :
    Interprétation des rêves

Bibliographie : 
Si vous êtes intéressé(e) par ce thème, consultez l'ouvrage de référence : le Dictionnaire des symboles, de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant. Plus de 1600 articles reliés par des comparaisons et des renvois, s'appuyant sur des références dans différentes cultures, permettent de mieux approcher la signification des symboles.