Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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mardi 11 octobre 2016

Pratiquer la bienveillance


Hermann : « On vit dans un monde dur et sans pitié ; dans la vie professionnelle, on est toujours en concurrence avec d’autres ; le seul moyen de s’en sortir c’est d’avoir un mental de tueur. Et dans la vie privée, c’est un peu pareil : si tu t’aplatis comme une carpette, tu te fais piétiner. Il faut toujours montrer les crocs… » 

- Tout à fait d’accord, renchérit Gina : moi, je passe mon temps à me défendre bec et ongles. Même avec mes enfants, je dois faire attention pour ne pas me faire bouffer. Je sais que c’est nul de dire ça, je m’en veux mais je ne peux pas faire autrement, je me sens dépassée… »

Ève intervient pour témoigner de son expérience : « Pendant très longtemps, mes relations avec les autres étaient très compliquées, j’avais l’impression d’être tout le temps agressée. Et puis j’ai décidé d’essayer de pratiquer la bienveillance, que ce soit au travail ou dans ma vie personnelle. Depuis, je peux vous assurer que les choses se sont énormément arrangées et je me sens beaucoup moins stressée. »

La bienveillance est la disposition affective d’une volonté qui vise le bien et le bonheur de l’autre. Le terme vient du latin bene volens, « qui veut du bien », également à l’origine du mot bénévole.

La pratique au quotidien de la bienveillance améliore non seulement mes relations avec les autres, mais aussi mon propre sentiment de bien-être. Cela passe en premier lieu par une bienveillance envers moi-même, par l’acceptation du fait que je ne suis pas parfait(e). Cela ne m’empêche pas d’être exigeant envers moi-même, mais en m’appuyant sur mes qualités et mes points forts, plutôt que de m’autocritiquer, de ressasser mes défauts et de tomber dans la culpabilité. J’accepte que la réalité ne se plie pas forcément à mes désirs et cela me permet de gagner en sérénité.

Ayant ainsi pacifié mon être, je n’ai plus peur du monde et je n’ai plus besoin de me placer sans cesse dans une attitude défensive. Je prends conscience que les émotions qui m’agitent viennent de moi, au fond, et pas de la situation. La colère qui m’envahit face à la maladresse ou à l’agressivité de telle personne, c’est une réaction dont je suis responsable, et non la personne en face de moi. Ayant compris cela, je suis alors en mesure de pratiquer la bienveillance envers l’autre.

Je commence par le respect des personnes, en les valorisant pour ce qu’elles sont, tout en leur disant la vérité sans complaisance, en m’appuyant sur des faits et non sur des jugements, en osant dire non quand cela s’avère nécessaire. J’interagis positivement avec l’autre en l’acceptant tel qu’il est et en mettant de côté les préjugés et autres étiquettes qui peuvent me venir spontanément. Je remets en question les jugements et critiques que je formule sur les autres, en me disant qu’elles sont subjectives, au fond.

C’est un programme ambitieux ? Eh bien, je l’entreprends dans la durée, en valorisant mes progrès et considérant mes échecs avec bienveillance !



Renaud CHEREL

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lundi 24 novembre 2014

Cultivez la douceur avec fermeté

L’alliance de la douceur et de la fermeté confère une grande force à ceux qui savent la pratiquer. Ne sommes-nous pas attirés par les personnes qui exercent leur force avec douceur et dont la présence dégage une impression de sécurité ? Au contraire, face à une personne dure, la relation est plus difficile : certains ont tendance à se rebeller, d’autres se sentent insécurisés et cherchent à fuir, d’autres encore ne disent mot et se soumettent à contrecœur. Mais dans le domaine professionnel, tout nous incite à penser que la douceur n’est pas de mise : dans un univers de concurrence et de performance, ce sont les durs, les mordants, les requins qui sont gagnants ; les doux n’y ont pas de place.

La douceur, ça se cultive...
Pourtant, on peut être doux et fort à la fois ; la plus grande force n’est pas celle qui s’exprime dans l’explosion de la violence. Les adolescents le savent bien, qui poussent leurs parents à leurs limites : quand la colère explose, on sent bien qu’on s’est laissé déborder et qu’au fond c’était un signe de faiblesse. De par sa nature, la douceur refuse la violence ; utilisée avec discernement, elle éloigne les menaces et les offenses envers soi-même et envers les autres. Inversement, la douceur n’est pas mollesse, qui n’offre aucune résistance à la pression et se laisse écraser. La mollesse conduit au laxisme, lequel laisse tout faire sans s’y opposer et renonce à l’exigence, par confort ou parfois par principe.

Ainsi, la douceur n’exclut pas l’exigence, et on peut être doux tout en demeurant ferme et solide : ferme sur ses convictions et ses valeurs, doux dans la façon de les exprimer et de les partager, en restant à l’écoute de celles des autres. Car le doux cherche le bien de l'autre et fait en sorte de ne pas le blesser. Il est en relation dans l’empathie, la bienveillance, la prévenance. Le doux est patient, il écoute, console et encourage son vis-à-vis sans chercher à s’imposer par la force. 

Cultivez la douceur, et elle se développera en vous, elle deviendra progressivement une ressource sur laquelle vous pourrez compter dans vos relations avec les autres. Comment s’y prendre ?

Première étape : la douceur passe d’abord par le corps. Je peux installer de la douceur dans ma manière d’agir, de non-agir ou de réagir. Je peux agir sur le ton de ma voix, dans un débit moins précipité, éventuellement dans la lenteur du geste pour éviter la brusquerie. Je peux mettre de la douceur dans le choix de mes paroles et préférer parfois le silence à l’intervention verbale rapide, mais cassante ou maladroite.

Seconde étape : faire de la douceur un état d’esprit, une qualité du cœur qui enveloppe sans étouffer, qui préfère laisser pousser patiemment, un mode de relation qui veille sans surveiller. Pratiquée ainsi, la douceur deviendra peu à peu un état d’être qui, une fois appliqué à ma pensée, à mes paroles et à mes gestes, va renforcer ma sérénité mais aussi le sentiment de sécurité des personnes qui m’entourent.


Renaud CHEREL


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    Dureté ou douceur
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