Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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jeudi 20 janvier 2011

Oser demander

Oser demander dans le contexte professionnel
Beaucoup d’entre nous ont souvent du mal à demander quelque chose. Dans un certain nombre de circonstances, les hommes ont plus de mal que les femmes à demander de l’aide. C’est le cas par exemple de Jean-Luc : -« Moi, je déteste demander mon chemin à des inconnus. Quand je ne connais pas le trajet pour aller à un endroit, je vais chercher sur ma carte routière et regarder les panneaux routiers… Je peux me tromper trois fois de route, mais jamais je ne demanderai à quelqu’un de m’indiquer le chemin ! » Alors que Marie-Lise, sa compagne, n’hésite pas à demander sa route à la première personne qu’elle rencontre.

Mais les femmes aussi peuvent se heurter au même type de difficulté pour demander: « J’ai passé mon existence à chercher à faire plaisir aux autres et à les aider, explique Marie-Lise, mais j’ai beaucoup de mal à demander de l’aide pour moi-même, que ce soit au travail ou à la maison. J’éprouve un sentiment de malaise à devoir ainsi déranger les autres, cela me gêne. »

-« Moi je n’ai besoin de rien ni de personne, dit Eva. Je fais en sorte d’être toujours indépendante… Alors, quand je reçois un cadeau, je suis très embarrassée : que pourrais-je faire pour rendre l’équivalent à la personne ? Je me complique la vie… je me dis que c’est trop et que je vais devoir me décupler pour rendre plus que ce que j’ai pu recevoir ! »

Une autre forme de demande est celle qui se manifeste comme un ordre, un commandement, une exigence : c’est un sujet différent que nous aborderons dans une prochaine Lettre. Demander, dans le sens abordé ici, c’est faire connaître à quelqu’un ce qu’on désire obtenir de lui ; exprimer un désir, un souhait, de manière à en provoquer la réalisation. (Extrait du Petit Robert)

Paradoxalement, demander quelque chose à l’autre peut être une forme de cadeau, si cette demande est sincère. En effet, en faisant une demande à l’autre, je lui montre que je lui fais confiance. En lui faisant part de mon désir, je lui montre mon manque, je lui fais part de mon besoin, je lui montre une certaine vulnérabilité dans le domaine où je fais ma demande. Cette confiance dont je témoigne à l’autre, lorsqu’elle est véritable, c’est un cadeau précieux que je lui fais. La personne qui ne demande jamais rien peut me paraître assurée, forte, solide, mais en même temps elle peut me sembler invulnérable, fermée, inaccessible. De ce fait, la relation avec une telle personne risque d’être plus difficile ou compliquée, ou se réduire à des formules toutes faites. C’est pourquoi, dans certaines circonstances, aussi étrange que cela puisse paraître à première vue, on peut prouver sa reconnaissance à quelqu’un en lui demandant un service. Sans demander à tout moment tout et n’importe quoi à ceux qui m’entourent, il s’agit simplement de signaler à l’autre qu’il est important pour moi et qu’il a du prix à mes yeux.

Parfois, notre difficulté à demander est liée à notre difficulté à dire merci.

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog : 
    Donner et recevoir
    Savoir dire merci
    Les besoins
    Savoir demander de l'aide

Liens externes :
    Jacques Salome : oser demander

dimanche 6 juin 2010

Nos croyances

Peut-on distinguer savoirs et croyances ?
Le philosophe britannique Hume disait que toute connaissance est croyance. Certes, mais l’inverse n’est pas vrai : toute croyance n’est pas connaissance. S’il n’y a pas de différence fondamentale entre savoir et croyance, on peut distinguer entre des savoirs rationnels basés sur la vérification des faits ou l’expérimentation reproductible, et des croyances non vérifiées ou non démontrables. On définira alors une croyance comme le fait de croire une chose vraie, vraisemblable ou possible, sans avoir de possibilité de le démontrer, avec un aspect affectif fort ; dans ce sens, les croyances ne sont pas de l’ordre du vrai ou du faux, mais de l’ordre de l’existentiel.

Les croyances sont généralement liées à des expériences de vie (personnelles), mais aussi à la culture, l’époque, le lieu où nous vivons. Pour chaque individu, il existe des croyances sur soi, sur les autres, sur la réalité extérieure. Une croyance n’est pas forcément négative, elle peut au contraire nous aider considérablement.

Prenons des exemples dans la vie courante : Jacques est très amoureux de Sophie; mais quand elle lui demande de danser avec elle, il refuse en affirmant : « Je ne sais pas danser et je suis absolument incapable d’apprendre à danser ! » (croyance limitante). Par contre professionnelle-ment il pense qu’il est bon vendeur (croyance aidante). Quant à Sophie, elle déclare à ses collègues de bureau : « Moi, je trouve toujours une place pour me garer dans les cinq minutes ! » (croyance aidante) mais avoue être nulle en calcul mental (croyance limitante). Nos croyances peuvent donc nous limiter ou bien nous aider dans la vie de tous les jours mais aussi pour réaliser nos projets.

Beaucoup de croyances sont liées à des généralisations : « Les hommes sont comme ceci, les femmes sont comme cela… » ou bien : « Après 55 ans, c’est impossible de changer ou d’apprendre de nouvelles choses. » Enfin, certaines croyances sont liées à des projections : il est très tentant de projeter sur l’autre les pensées ou sentiments que j’éprouve moi-même face à telle situation. « Oh, je sais bien qu’elle est jalouse ; il faut dire qu’à sa place je le serais aussi… » Il est finalement assez difficile de réaliser profondément que l’autre peut réagir et penser de façon complètement différente de moi, malgré les apparences.
Nous avons donc tous des croyances, et nous passons beaucoup de temps à les valider : « Tu vois bien…Je te l’avais dit ! »

Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il nous est possible de modifier nos croyances – notamment nos croyances limitantes – grâce à un certain nombre de techniques. Le simple fait de se demander : « Qu’est-ce que j’ai comme croyances qui me limitent?» et d’en faire la liste sans tricher avec soi-même permet déjà d’avancer. Pour aller plus loin, demandez à votre coach qui se fera un plaisir de vous accompagner dans votre cheminement !

Renaud CHEREL

Voir aussi dans ce blog :
    Croyances et savoirs
    Croyances et relations sociales
    Fixer des limites