Dedans et dehors sont deux mots qui possèdent une formidable
puissance d’évocation. Sans chercher à être exhaustif, voici quelques pistes.
Le mot « dedans » peut évoquer le lieu où
j’habite, appartement ou maison, avec ses caractéristiques concrètes, un
endroit protégé de l’extérieur par des murs ou des cloisons, confortable, où
règne une certaine chaleur et où je me sens en sécurité. Il peut aussi évoquer
l’idée de caverne, de grotte, de profondeur, avec d’autres
caractéristiques : creux, sombre, humide. Cela peut évoquer la symbolique
maternelle : le sein maternel, la matrice, le ventre, l’utérus et par
extension la symbolique du sexe féminin. Ou bien, dans la sphère sociale, le
cocon familial, les proches, le cercle des amis intimes. « Dedans »
peut évoquer des actions : faire entrer, accueillir chez soi, écouter avec
bienveillance, mais aussi consoler, envelopper, materner. Au contraire, rester
en dedans peut parfois rappeler la notion de fermeture, le retrait, le repli
sur soi, l’enfermement.
L’automobile est à mon sens un objet moderne qui concentre
ces différents aspects, une sorte de « dedans » transportable avec
tous ses fantasmes.

Le « dehors » est plutôt associé aux éléments
naturels, au vent, au froid et aux dangers qui sont souvent perçus comme venant
de l’extérieur : ennemis, prédateurs, accidents, événements imprévus. La
recherche des causes admet souvent un agent extérieur. D’un autre côté,
l’extérieur est aussi symbole d’ouverture, source de découverte, de nouveauté,
de surprise, d’aventure et de liberté. Le dehors, c’est l’altérité, la différence,
vers laquelle nous sommes attirés par la curiosité, l’envie de connaître ou de
découvrir… « Dehors » renvoie davantage à la symbolique paternelle
qui ouvre à la notion de tiers, l’autre, l’inconnu, l’étranger, le prochain, le
différent mais aussi le rival, la compétition.
« Dehors » évoque l’espace, ou même les grands
espaces comme la mer, le désert, espace qui peut être infini.
« Dehors » invite à des actions comme s’éloigner, voyager, parcourir,
se perdre, vagabonder. Mais aussi ouvrir, sortir, permettre, libérer…
Le psychologue américain Frederic Hudson notait que, dans la
société plus traditionnelle qui nous précédait, la plupart des gens se
conformaient aux us et coutumes de leurs temps, et leurs codes de vie étaient
souvent dictés par le dehors : l’appartenance à un groupe social, à une
religion, leur niveau de richesse, leur sexe, etc. Leur vie était surtout
influencée par des facteurs extérieurs. Aujourd'hui, ces influences existent
toujours et on ne saurait les négliger ; mais, dit Hudson, les gens se
définissent moins par ces éléments extérieurs et plus par le dedans ;
l’individu est plus amené à se prendre en charge en posant des questions du
type : « Qu’est-ce je vais faire dans ma vie ? » Dans la
société moderne, il y a davantage de possibilités de choix, moins de repères
externes, et chacun est poussé à se référer davantage à des repères internes,
ce qui peut éventuellement générer plus d’anxiété. D’où le recours éventuel à
des personnes telles que les psychothérapeutes ou les
coachs, dont les services
sont davantage sollicités aujourd'hui qu’hier.
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Vais-je rester dans ma bulle ? (Photo R. Cherel) |
Renaud CHEREL
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