Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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lundi 11 mars 2013

Améliorer sa qualité de présence

Portrait d'Edgar Morin.

Dans le message précédent, nous avons vu ce que le fait de vivre davantage l’instant présent peut nous apporter. Cela émane d’une sagesse vieille de plusieurs millénaires, remontant probablement aux racines de la culture humaine. Le fait de vivre pleinement l’instant présent a pour effet d’ouvrir notre esprit, notre cœur et nos sens. Nous nous approchons alors – sans y arriver parfaitement, car nous restons des êtres limités – de la perception des choses telles qu’elles sont et non pas déformées par le prisme de nos désirs, de nos aversions, ou de nos conditionnements sociaux et culturels. Les bouddhistes parlent du pouvoir libérateur de la pleine conscience. Ce type de présence au monde, ouverte et attentive, a des conséquences positives sur notre façon d’apprendre, notre santé physique et morale, notre qualité de présence à l’autre et finalement sur notre croissance personnelle et spirituelle. Mais comment accéder à cette qualité de présence ? Quelques pistes :

Le scan corporel : c’est un excellent moyen de prendre conscience de son corps et de développer à la fois sa qualité de concentration et la souplesse de son attention. Le scan peut être effectué debout, assis ou mieux, allongé – attention dans ce cas à ne pas s’endormir sous son effet relaxant ! Une des techniques de scan et la suivante : commencer par porter son attention sur les orteils du pied gauche puis remonter lentement l’attention aux sensations ressenties dans le pied et la jambe jusqu’à l’aine. Repartir des orteils du pied droit jusqu’au bassin, puis passer dans le bas-ventre et l’abdomen, la poitrine, le haut du dos et les épaules. Repartir des doigts des deux mains pour remonter à travers les bras pour revenir aux épaules. De là, remonter par le cou, parcourir toutes les régions du visage et la nuque pour atteindre le sommet de la tête par l’arrière. Terminer en imaginant de respirer par un trou au sommet de la tête, comparable aux évents d’une baleine : le souffle sort par le sommet du crâne comme s’il venait des orteils, et entre pour se répandre jusqu’aux orteils.

La connexion à la respiration : installé confortablement (allongé sur le dos ou assis) dirigez votre attention vers le ventre pour le sentir se soulever à l’inspiration et s’abaisser à l’expiration – c’est la respiration ventrale. Maintenez votre attention sur le souffle ; si votre esprit s’évade, notez ce qui vous a distrait et ramenez doucement votre attention vers votre respiration. Si cela vous arrive cent fois, ramenez chaque fois votre attention sur votre souffle sans vous agacer ni vous soucier de ce qui peut préoccuper votre esprit.
Cette connexion à la respiration peut se faire aussi sous forme de micro-pauses à différents moments de la journée.

Pour faire ces exercices, choisissez un endroit calme et propice, c’est-à-dire dans lequel vous vous sentez bien. Faire les exercices régulièrement et si possible au même moment de la journée. Car nous sommes des êtres cycliques et la répétition joue un rôle important, qui permet de renforcer et de mieux intégrer les attitudes – d’où l’intérêt des rituels, par exemple.


Renaud Cherel


Ce message vous a plu ? Vous pouvez voir aussi dans ce blog :
    Vivre l'instant présent
    Quelques outils pour se recentrer

Bibliographie :
Dr Jon KABAT-ZINN : Au coeur de la tourmente, la pleine conscience, éd. J'ai Lu, coll. Bien-être, Paris 2009. Titre original : Full Catastrophe Living. Using the Wisdom of Your Body and Mind to face Stress, Pain and Illness. Bantam Group, 1990.
Ce gros livre (784 pages) constitue le manuel complet de la MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), ou réduction du stress basé sur la pleine conscience, mise au point par le Dr. Kabat-Zinn. C'est un programme basé sur des techniques de méditation, permettant de réduire la douleur physique ou émotionnelle, l'anxiété et le stress, mais aussi à améliorer la qualité de votre vie et de vos relations.  

jeudi 8 septembre 2011

Pluie

Après une longue et intenses période de sècheresse, voilà revenu le temps de la pluie.
Ce matin, à l’aube, c’est la grisaille : le ciel est uniformément sombre, la luminosité est faible, la lumière me parvient comme tamisée. Par la fenêtre, dans une atmosphère ouatée, j’aperçois au-delà des arbres, dans le lointain, les contours des collines qui paraissent estompés par les rideaux de pluie. Une brume légère monte du sol, tout le paysage semble noyé dans l’humidité qui imprègne l’atmosphère. L’air est calme, un peu de vent agite mollement les rameaux des arbres, dont les feuilles trépident sous l’impact des gouttes qui tombent sans discontinuer. Par moments un souffle de vent surgit, agitant la cime des arbres qui se balancent lentement, puis le calme revient.
 
Murmure de la pluie tombant sur les feuilles...
J’entends le murmure doux et régulier de la pluie qui tombe en averse sur les feuilles des arbres. Quelque part un gargouillis de l’eau qui dégringole d’une gouttière et le flic-floc du goutte-à-goutte d’un tuyau qui déborde créent un son liquide, musical. Les oiseaux se sont tus, on ne les entend plus, cachés qu’ils sont sous les ramures les plus épaisses ou dans quelque creux de tronc ou de branchages : ils attendent le retour d’un rayon de soleil, bien à l’abri de l’ondée. En dehors du bruissement des feuilles des arbres, on n’entend presque plus les sons familiers, assourdis, étouffés par la pluie.

C’est un temps qui incite à demeurer sous la couette, bien au chaud dans un univers douillet. Je suis envahi par une sensation d’uniformité, d’homogénéité, l’impression d’être enveloppé par cette pluie, dans un cocon qui évoque le retour au sein maternel, à la matrice primordiale, à l’origine, à l’enfance, au paradis perdu. La pluie parfois nous incite au retour sur soi et suscite des sentiments de langueur, de tristesse, de nostalgie. Aujourd'hui, elle évoque plutôt le calme, la sérénité, le bonheur tranquille. La pluie est associée à tant de symboles : c’est l’eau qui tombe du ciel et qui vient féconder la terre ; sans elle, pas de végétation, pas de récolte, pas de vie. C’est l’eau nourricière, l’eau désaltérante, l’eau bienfaitrice, l’eau maternelle, l’eau de jouvence qui vient régénérer les êtres vivants.

Il me faut mettre le nez dehors, après m’être équipé d’un vêtement imperméable et de solides chaussures. La température de l’air est douce, il ne fait ni trop chaud ni trop froid. L’air est humide, et cette humidité qui imprègne l’atmosphère lui confère une qualité un peu particulière, une très légère sensation de moiteur lorsque je la respire. Je savoure la sensation des gouttes de pluie qui me tombent sur le visage et sur les mains, la caresse de l’air frais sur la figure. Par endroits mes pieds s’enfoncent dans le sol détrempé, saturé d’eau. Je respire profondément, humant l’air : je perçois l’odeur de la terre mouillée qui remonte, une odeur primitive, basique, d’humus et de végétation.

Mais il va falloir affronter le dehors, l’attention nécessité par les risques accrus : circulation plus intense, moindre visibilité, route plus glissante. Me voilà replongé dans la « civilisation »…


Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :
    Le temps qu'il fait