Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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lundi 13 avril 2015

Extraversion, introversion

Des amis échangent autour d’un bon repas.

Wandrille, le verbe haut, le geste expansif, parle beaucoup et se tourne vers les autres convives : « Vous ne savez pas la dernière qui m’est arrivée ce matin ? Je vais vous raconter… Mais d’abord, Milon, sers-moi encore de ton excellent vin… On a embouti ma voiture alors qu’elle était garée sur le parking de l’entreprise ! Heureusement, un collègue m’a prévenu, je suis descendu tout de suite. Le type qui m’a fait ça, il m’a entendu, je vous le promets ! »

Milon, qui a servi le vin à la cantonade, reste assis à écouter Wandrille. Il aime bien l’ambiance de ces repas entre amis et s’attache à observer les comportements de chacun. Il envie secrètement l’aisance de son ami, capable d’attirer l’attention dans toutes sortes de rencontres sociales, ce dont lui, Milon, n’est pas capable.

Suzy éclate de rire : « Sacré Wandrille ! Il n’y a pas qu’à toi que les ennuis arrivent ! Il m’est aussi arrivé une aventure avec ma voiture il n’y a pas longtemps : en sortant du travail, je ne l’ai plus retrouvée dans la rue, elle était partie à la fourrière. Heureusement, j’ai averti un bon copain qui m’a dépannée, j’ai pu la récupérer dans l’heure… »

Rachel, plutôt silencieuse, trouve Wandrille un peu trop encombrant et la soirée trop bruyante ; elle a besoin de calme pour se ressourcer. Elle profite d’un blanc dans la conversation pour glisser : « Je suis désolée, je dois vous laisser, j’ai une grosse journée demain… » Elle s’éclipse avant que les autres n’aient eu le temps de réagir.

Certains d’entre nous sont plutôt enthousiastes, bavards, et prennent plaisir à participer à des activités en groupe, à des fêtes ou à des manifestations publiques : ils sont à tendance extravertie. 

L’extraversion (du latin extra- et vertere, se tourner vers l’extérieur) a été étudiée par le psychologue Jung dans les années 1920 à partir de catégories énoncées par Platon. L’extraverti s’oriente d’après les faits extérieurs donnés ; il montre une grande facilité à établir des contacts avec ceux qui l’entourent et il exprime aisément ses sentiments. Dans notre exemple, Wandrille et Suzy ont des comportements extravertis.

L’extraverti se ressource en participant à des événements ou à des activités très diverses. Il aime être avec les autres, attirer leur attention, les motiver. Il a tendance à agir d’abord et analyser ensuite ; et il analyse mieux un problème quand il peut en parler avec d’autres et entendre leurs réactions.

D’autres au contraire, comme Rachel ou Milon, sont dits introvertis : ils sont plus réservés et moins bavards en groupe. Bien qu’ils puissent apprécier des activités entre amis, ils préfèrent souvent des activités solitaires comme la lecture, la peinture ou l’écriture, l’utilisation d’un ordinateur, ou encore la pêche. Ils ont tendance à observer et analyser la situation avant d’y participer. Pour l’introverti, un monde intérieur interfère entre lui et la donnée extérieure objective.


Ceci dit, il existe tous les degrés intermédiaires entre introverti et extraverti. Où vous situez-vous ?


Renaud CHEREL


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lundi 17 mars 2014

Souriez, vous irez mieux !

Gwenaëlle, caissière dans un supermarché est très appréciée des clients et de ses collègues : malgré la répétitivité de son activité, elle se montre la plupart du temps souriante. Et en retour, comme par mimétisme, beaucoup de visages lui sourient à leur tour.

Diego est un homme à l’aspect sévère, qui ne sourit jamais. Ses collaborateurs le redoutent, ils le trouvent froid et distant. En sa présence, ils s’expriment peu et s’efforcent de ne rien laisser paraître de ce qu’ils ressentent. Diego ne s’est jamais posé de question là-dessus ; mais en même temps il trouve que l’ambiance de travail est plutôt morose dans son service.

Frédéric est soucieux ce matin, il a un dossier difficile à terminer. Sur le trajet du bureau, il s’arrête au kiosque pour acheter son journal. La vendeuse, qui le connait, lui fait un large sourire en lui rendant sa monnaie, et voilà Frédéric tout guilleret : les couloirs du métro lui semblent plus lumineux, et ce sourire lui fait oublier un temps ses préoccupations professionnelles.

Hermine est une personne très critique ; très fine, elle trouve facilement le défaut de la cuirasse chez son interlocuteur. Quand, dans une conversation, elle commence à sourire, le regard fixe, ses copines s’attendent à ce qu’elle leur décoche une flèche acérée.

Le sourire est une expression du visage exprimant en général de sentiments positifs : la sympathie, la bienveillance, la tendresse, l’amusement, voire la rêverie ou la timidité. Mais il peut aussi, dans des contextes différents, exprimer d’autres états émotionnels comme l’insolence, la suffisance, ou encore la moquerie, l’ironie, voire le dédain et le mépris : certains sourires glacés peuvent en dire plus qu’une longue phrase. Ainsi ce léger relèvement des commissures des lèvres vers le haut peut avoir des significations opposées. Le sourire, au fond, est un phénomène complexe, insaisissable et un peu mystérieux.

Le sourire de ma petite-fille me fait fondre...
D’après les spécialistes, le sourire est d’abord un moyen de défense social qui nous permet d’approcher l’autre, car la trop grande proximité ou l’intimité fait peur. C’est pourquoi on peut dire que le sourire nous protège socialement contre la peur de l’inconnu ou des situations sociales compliquées ; cette fonction du sourire existe déjà chez les primates.

Nous avons quelque peu perdu le vrai sourire dans notre société d’abondance : il est étonnant de constater que, dans des pays où la population manque de tout, les gens sont souriants. Et le sourire est une aide impalpable mais néanmoins réelle, que l’on peut s’apporter mutuellement.

Le vrai sourire libère des émotions négatives et apaise les douleurs physiques. De plus, le sourire est communicatif. Quand je souris en parlant, les autres m’écoutent mieux. Il est possible aussi de pratiquer le sourire intérieur, comme l’enseignent les maîtres taoïstes : quand je pense que je souris, je bénéficie déjà de ses bienfaits.

Un beau sourire est un vrai cadeau !
Notre sourire rend-il notre visage plus beau ? Sans doute ; et un sourire reçu peut illuminer toute une journée. Sourions donc : c’est bon pour notre moral et notre santé et cela fait du bien aux autres !

Renaud CHEREL


Poème anonyme :

Un sourire

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
il enrichit ceux qui le reçoivent
sans appauvrir ceux qui le donnent.
Il ne dure qu'un instant,
mais son souvenir est parfois éternel.

Personne n'est assez riche pour s'en passer,
personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter.
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
il est le signe sensible de l'amitié.
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
rend du courage aux plus découragés.
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
car c'est une chose qui n'a de valeur
qu'à partir du moment où il se donne.
Et si quelquefois vous rencontrez une personne
qui ne sait plus avoir le sourire,
soyez généreux, donnez-lui le vôtre,
car nul n'a autant besoin d'un sourire
que celui qui ne peut en donner aux autres.


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