Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...

lundi 1 février 2010

Masculin / Féminin

"Adam et Eve" d'Artanita
Grégory est un homme plutôt doux, qui séduit par son attitude écoutante et qui, au fond, aime à rendre service. Mais Grégory dirige une PME et, dans son activité professionnelle, il ne peut se permettre de montrer une quelconque « faiblesse ». Aussi, à toute demande qui lui est faite, il commence par répondre Non, en s’appuyant sur un certain nombre d’arguments. Ensuite, il prend le temps d’étudier la demande pour examiner quelle réponse lui semble la plus appropriée…

Laure est une femme énergique, qui sait prendre rapidement des décisions ; directe et franche dans ses rapports, elle dit ce qu’elle pense et passe rapidement à l’action. Infirmière dans un grand hôpital, elle éprouve cependant des difficultés relationnelles dans son travail, et doit constamment faire attention, car un certain nombre de personnes n’admettent pas son fonctionnement et la trouvent trop autoritaire.

Quels que soient nos activités, notre sexe ou notre âge, nous possédons tous des qualités ou des caractéristiques que l’on peut qualifier les unes de « féminines» et les autres de « masculines ». Pour éviter des confusions, certains préfèrent parler de yin et de yang ; mais ces concepts provenant d’un autre contexte culturel, je préfère les laisser de côté ici. Dans notre tradition occidentale, depuis Pythagore (qui lui-même se référait à une tradition plus ancienne), le principe masculin est associé à une énergie de type proactif ; ses motivations sont plutôt instrumentales, tournées vers les moyens ; elles pourraient être traduites par des verbes comme conquérir, explorer, aller à la rencontre de. Le principe féminin, lui, est associé à une énergie de type réceptif. Ses motivations pourraient être qualifiées de finales, tournées vers les résultats ; on peut les associer à des verbes comme aménager, accompagner, donner vie.

Notre société nous impose souvent des stéréotypes dans lesquels nous nous insérons plus ou moins facilement. Dans ce cadre, un homme devrait posséder essentiellement des qualités dites « masculines » et, à l’inverse, une femme devrait posséder des qualités dites « féminines ». Si Grégory était une femme, si Laure était un homme, certaines de leurs attitudes seraient probablement mieux acceptées par leur entourage. Mais, soumis à la pression culturelle et sociale de leur environnement, ils sont amenés à trouver des stratégies qui les rendent acceptables aux yeux des autres.
Une façon humoristique d'illustrer les différences
entre hommes et femmes
Il serait quelque peu réducteur d’opposer systématiquement les valeurs masculines aux valeurs féminines, mais il est intéressant de se placer dans le contexte de leur complémentarité, autant pour l’individu que pour la collectivité. Du point de vue individuel, je peux me poser la question : quelle part est-ce que j’accorde à ce qui est féminin/ masculin en moi ? Du point de vue de la société, comment conjuguer ces valeurs, sachant que la période de conquête économique et industrielle des derniers siècles a privilégié des valeurs plutôt « masculines » et que la phase actuelle d’aménagement postindustriel va nécessiter le retour à des valeurs plus «féminines » ?

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    10 secrets des couples qui durent
    Relation de couple : fragile !

Bibliographie :
John GRAY : Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, J'ai Lu, coll. Bien-être, 2011 (1e édition 1999), 342 pages.

Avec sa métaphore de deux peuples venus de planètes différentes, John Gray évoque des situations dans lesquelles la plupart des couples se retrouvent aisément, et son livre est devenu un best-seller mondial. Ses constats peuvent paraître parfois un peu simplistes, mais ils apportent une aide réelle dans la compréhension des différences entre hommes et femmes, ce qui est un premier pas vers la résolution des conflits.


Sophie CADALEN : Hommes, Femmes ni Mars ni Vénus - Oui nous sommes différents mais autrement Leduc Éditions, Paris 2006, 191 pages.

Pour ceux - et celles - qui n'aiment pas trop les généralisations et les simplifications, Sophie Cadalen, psychanalyste et écrivaine, apporte, dans un esprit peut-être plus français, nuances et précisions par rapport au livre précédent. Elle redit que chacun de nous, homme ou femme, a une part féminine et une part masculine en soi. Avec son style un peu mordant, la lecture de ce livre est assez rafraîchissante, mais on l'apprécie mieux à mon avis en ayant lu le livre de John Gray. 


Liens externes :
    Artanita galerie


Manager son chef

Odile est dans tous ses états. Son chef (son N+1) l’a appelée à propos du rapport qu’elle lui a remis la semaine dernière, rapport qu’elle a travaillé en urgence et sous pression ces dix derniers jours. Il était très énervé et lui a lancé : « Ce rapport est vraiment nul ! Je ne peux pas envoyer ça à la Direction ! » Odile est tout de suite montée au créneau : « Si vous ne me l’aviez pas demandé à la dernière minute, j’aurais eu le temps d’y travailler sérieusement ! Et il aurait fallu être un peu plus clair sur le cahier des charges ! » Son chef s’est étranglé de rage et l’a traitée de tous les noms.

De retour chez elle, Odile se sent complètement stressée, à la fois furieuse contre son chef qu’elle trouve incompétent, en colère contre elle-même de s’être laissée emportée, et angoissée à l’idée des éventuelles conséquences négatives de cette altercation sur sa carrière. On ne choisit pas son chef… mais c’est lui qui donne les directives et qui juge de la qualité du travail fourni. Or le subordonné n’est pas complètement sans défenses, il dispose d’outils pour manager son chef.

Pour Odile, il serait très efficace de replacer le commentaire reçu sur un terrain professionnel et constructif. Maîtrisant son émotion, elle peut demander : «Quelles informations n’avez-vous pas trouvées dans mon rapport ? » ou bien : « Que faut-il y ajouter pour l'améliorer ? » En restant sur du factuel, sans se justifier ni contrattaquer, Odile évitera l’escalade et amènera son chef à lui répondre sur des points précis plutôt qu’un jugement général négatif.

Un autre outil consiste à connaître le fonctionnement de son manager dans sa relation avec ses subordonnés. Par exemple, la psychologue américaine Sandi Mann propose de distinguer cinq types de management :

Connaître le fonctionnement de son chef
Le Directif : son manager est-il quelqu’un qui prend toutes les décisions clés et ne laisse que des tâches opérationnelles ? Il préfère contrôler lui-même les étapes du projet… Ses colères sont spectaculaires mais de courte durée… Sa confiance est sans doute difficile à obtenir mais elle est solide une fois établie.

Le Bureaucratique : est-il très attaché aux règlements et procédures et peu porté à prendre des risques ? Avec lui, les projets originaux et les solutions innovantes ne sont pas les plus appréciées. Il préfèrera qu’Odile respecte les règles et propose les solutions qui offrent la plus grande sécurité.

Le Participatif : son manager est-il très participatif, demandant l’avis de toute l’équipe avant de prendre sa décision ? Il appréciera l’enthousiasme d’Odile et sa force de proposition, d’autant plus qu’elle les manifestera au sein de l’équipe et non pas en solo.

Le Persuasif : cherche-t-il à faire adhérer absolument aux objectifs et aux méthodes de l’entreprise ou du service ? Plus Odile fera preuve de son engagement – tout en posant ses limites – plus elle aura des chances de se voir confier des responsabilités.

Le Délégatif : considère-t-il qu’il doit peu intervenir et déléguer beaucoup à ses collaborateurs ? Il a décidé de leur faire confiance et assume pleinement cette décision : là, les conditions sont évidemment plus facile pour Odile qui pourra davantage s’épanouir dans son travail.


Renaud CHEREL



Cet article vous a plu? Vous pouvez trouver dans ce blog d'autres articles sur la même thématique:
    Obéissance-désobéissance

mardi 19 janvier 2010

Dix secrets des couples qui durent (7 à 10)

Nous terminons aujourd'hui la liste des dix secrets des couples qui durent.

Prendre du temps ensemble (Photo R. Cherel) 
- Septième secret : se dire merci

Cette façon de faire peut paraître désuète aux yeux de certains, et pourtant… l’habitude de remercier l’autre pour le soutien apporté, pour les plaisirs offerts, pour sa confiance, c’est très constructif. Car après tout, rien ne m’est dû par mon conjoint ou mon partenaire, c’est toujours un cadeau que je reçois de sa part. Cette attitude peut d’ailleurs être étendue à un certain nombre d’autres gestes ou rites : par exemple penser à fêter nos anniversaires respectifs ainsi que notre anniversaire de mariage ; se souhaiter bonjour et bonsoir bien que dormant dans le même lit, etc. Tous ces petits signes, ces petits rites améliorent le vivre ensemble ; finalement, nous redécouvrons là, dans notre vie quotidienne, la vraie raison de la politesse : avant d’être un vernis social, c’est une goutte d’huile dans les rouages de la relation.

- Huitième secret : une part d’admiration

Comment serait-il possible de vivre pendant des années aux côtés d’une personne que l’on mépriserait ou que l’on trouverait totalement ordinaire et banale ? Ou bien l’on finit par être exaspéré, ou bien on s’ennuie mortellement et on a envie d’aller voir ailleurs ! Dans toute relation forte et durable, il y a une part d’admiration réciproque. Cette admiration va plus loin que la surface : si je ne t’aime que pour ta beauté physique ou ta situation financière, je risque un jour d’être fortement déçu(e) ; si je t’aime pour ce que tu es toi, profondément, notre amour a davantage de chances de durer. Même après de nombreuses années vécues ensemble, je m’aperçois que l’autre a encore des trésors insoupçonnés, à condition de cultiver ma curiosité et ma capacité d’émerveillement.

- Neuvième secret : confiance et fidélité

Même à notre époque où l’on dit que les mœurs sont « libérées », je ne suis pas sûr que, dans beaucoup de couples, l’infidélité ne soit pas ressentie par l’un des deux partenaires comme une trahison. La fidélité est une valeur importante, et l’infidélité est une des causes majeures de rupture. Le jour où nous nous engageons dans la voie d’un vivre ensemble en tant que couple, nous décidons de nous faire mutuellement confiance, dans ce domaine comme dans bien d’autres.
Bien sûr, nous ne sommes pas des machines et il peut nous arriver de faillir, c’est pourquoi nous faisons appel au dixième secret.

- Dixième secret : le pardon

Simples humains que nous sommes, nous commettons des erreurs, par maladresse, par faiblesse, par peur et parfois par méchanceté. Il est important de savoir admettre que l’on a fait des erreurs dans notre relation, que l’on s’est trompé et de présenter ses excuses, de demander pardon à l’autre. Symétriquement, il nous est donné dans la vie de couple d’avoir à pardonner à l’autre. Demander et donner le pardon sont des actes forts, parfois difficiles. Mais ce sont des actes importants qui peuvent aider notre couple à grandir.
Attention, pardon n’est pas synonyme de réconciliation, mais nous reviendrons sur ce point une autre fois.

Trouvez votre propre voie, inventez votre couple !

Une dernière remarque, et non des moindres : toutes les recettes du monde ne feront pas durer votre couple de l'extérieur. Les conseils des uns et des autres - que ce soit des proches ou des professionnels - peuvent apporter des informations, un éclairage ; mais c'est à chaque couple d'inventer sa relation, de trouver son propre chemin. Sachant qu'au fil du temps, les contextes sont différents et la relation évolue. Alors, bonne route !

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog : 
    Dix secrets des couples qui durent (1 à 2)
    Dix secrets des couples qui durent (3 à 6)
    Pardon et réconciliation
    Masculin-Féminin


dimanche 10 janvier 2010

Dix secrets des couples qui durent (3 à 6)

Je poursuis ici la liste des secrets des couples qui durent.

- Troisième secret : la tendresse
Avec le temps, il se peut que, le sentiment amoureux s'affaiblissant, nous n'exprimions plus notre amour par des gestes. Pourtant, il ne tient qu'à nous d'alimenter le désir ; nous n’aimons pas qu’avec la tête et le cœur, mais avec notre corps. Les amoureux ont besoin de se toucher, de communiquer avec leurs mains, leurs lèvres, leur corps. La rencontre des corps et des cœurs dans l’acte d’amour, c’est important, mais c’est aussi vrai pour les gestes de tendresse, les câlins, les bisous, les caresses. Au fil du temps, en se connaissant bien, le couple peut développer tout un langage gestuel qui favorise la complicité, des petits signes qu’eux seuls connaissent. La tendresse exprimée dans les gestes, c’est à la fois stimulant et tranquillisant, rassurant ; dans les moments de déprime, le geste peut être consolant, apaisant, réconfortant.

- Quatrième secret : accueillir la différence

Nous sommes tous très différents. Dans un couple, égalité ne veut pas dire identité, et il n’est pas si aisé d’accepter l’autre différent de soi. Au départ, il arrive souvent que nous soyons dans la fusion, faisions les mêmes choses, partagions tout. Mais au bout d’un certain temps, les différences réapparaissent, et il est souvent difficile de les accepter. L’un adore la musique pop, l’autre le classique ; l’un aime lire des romans d’amour, l’autre des livres d’histoire – ou n’aime pas lire ; l’un préfère le bleu, l’autre le jaune… La liste est longue de nos différences. C’est très bien ainsi, elles sont l’expression de notre liberté et elles alimentent nos échanges. A condition de ne pas vouloir que l'autre me ressemble absolument. Un des secrets de la durée d’un couple, c’est le fait, non seulement d’accepter l’autre différent, mais d’accueillir cette différence, de s’en émerveiller !

- Cinquième secret : des valeurs communes

(Photo Renaud Cherel)
Si les différences font la richesse du couple, nous avons cependant en commun certaines valeurs qui nous motivent et nous font vivre, des valeurs que nous servons et pour lesquelles nous sommes prêts à abandonner beaucoup d’autres choses à nos yeux moins importantes. Un certain nombre de nos valeurs sont inconscientes, on n’y réfléchit pas. Et c’est parfois dans les périodes de crise, dans les difficultés, qu’elles se révèlent et s’expriment : nous découvrons peut-être alors que nous ne partageons pas certaines valeurs mais que d’autres nous sont communes ; et ce sont celles-ci qui nous permettent de traverser les tempêtes que la vie nous réserve. Avec ce socle solide de valeurs communes, il est plus facile au couple de durer.

- Sixième secret : l’échange, le partage

Dans un couple, on partage un certain nombre d’objets au quotidien ; mais chacun conserve certains objets personnels dont l’autre n’est pas autorisé à disposer à sa guise.
Cet échange, ce partage ne se limite pas aux biens matériels mais s’étend à un certain nombre d’activités ; il est aussi dans les échanges de projets, d’idées, d’impressions, de sentiments. Un couple solide arrive à aborder tous les sujets, sans tabous : elle et lui évoquent le passé, leurs souvenirs d’enfances, échangent sur leurs goûts, par exemple en matière de cuisine, de musique, de spectacles ou de lectures. Ils aiment aussi échanger sur leurs croyances, l’argent, leurs amis et relations, leur intimité sexuelle, leurs enfants, les nouvelles, la politique… Ils peuvent finalement tout aborder, leurs souhaits et leurs rêves et même la maladie, la souffrance et la mort.

Cela n’empêche pas que chacun puisse garder son jardin secret et des activités personnelles qui lui sont propres.

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Dix secrets des couples qui durent (1 à 2)
    Dix secrets des couples qui durent (7 à 10)
    Pardon et réconciliation
    La tendresse

Bibliographie :

Marie-Lise LABONTE : Vers l'amour vrai – Se libérer de la dépendance affective – éd. Albin Michel Paris, 2007, 286 pages

Dans cet ouvrage, la psychothérapeute Marie Lise Labonté montre qu'on fonctionne beaucoup à partir de l'image que nous avons du couple de nos parents (peu importe qu'elle soit vraie ou fausse) et des croyances dont nous avons hérité de notre entourage familial, social et culturel. Dans une approche originale, elle décrit un certain nombre de types de fonctionnement en couple dans lesquels on pourra éventuellement se reconnaître. Elle aborde successivement l'amour fusionnel  (1+1=1), l'amour caractériel (1+1=2) et l'amour créateur (1+1=3). 



mercredi 6 janvier 2010

Dix secrets des couples qui durent (1-2)

Couple au restaurant (Dessin Renaud Cherel)
Nous connaissons tous autour de nous des couples qui se séparent ou qui se déchirent, et bien des médias véhiculent aujourd'hui l’idée qu’une relation de couple ne peut pas durer. Pourtant, beaucoup de gens rêvent d’une relation durable et épanouie. Cela n’est-il pas possible ? Est-ce seulement un rêve en dehors de toute réalité ? Pour répondre à ces interrogations, sur le Blog d’Arcorec je vous propose de découvrir dix secrets des couples qui durent. Pour ce faire, je me suis basé à la fois sur mon expérience personnelle (en 2013, nous fêtons nos 40 ans de mariage. Nous avons fait connaissance, mon épouse Bernadette et moi, il y a 43 ans) et sur celle de l’accompagnement de nombreux couples. Je redonne donc ici les éléments de ces 10 secrets.

« Aimer est une décision » 
Cette affirmation peut paraître surprenante, car on pense d’abord à l’amour comme à un sentiment dont on n’est pas maître… mais on confond un peu vite le sentiment amoureux et l'amour durable. Et au fil des années, on se rend bien compte qu’on vit comme s'il y avait trois personnes (indépendamment du fait d’avoir ou non des enfants) : toi, moi et notre couple. Avec le temps, et si on ne les entretient pas, les choses s’usent, même les relations les plus solides… Et pour durer, notre couple a besoin que nous l’entretenions, toi et moi. C'est pourquoi les dix secrets des couples qui durent renvoient finalement à l’attention portée à «notre couple».

- Premier secret : savoir dire « Je t’aime »
"Si je t'aime ? Ben oui, je te l'ai dit le jour de notre mariage, il y a dix ans !..." Combien de femmes ont entendu ce genre de réponse...
Pourtant, on ne le dit jamais assez, on peut le dire sur tous les tons et de toutes les manières possibles. Cela peut être une grande déclaration, ou un petit mot chuchoté au creux de l’oreille ; un petit cœur découpé dans du papier et accroché avec un aimant sur la porte du frigo, ou bien un petit billet dans le bol du petit déjeuner… Nous avons l’embarras du choix des moyens, mais encore faut-il le dire, même si pour les hommes c’est souvent plus difficile à exprimer que pour les femmes ! Si je reste silencieux, l’autre se doute que je l’aime, mais comment peut-il savoir exactement ce que je ressens ? L’amour va peut-être sans dire, mais c’est tellement plus agréable de se l’entendre dire, même après vingt ans ou cinquante ans de mariage ou de vie commune !

- Second secret : le dialogue
Pris dans le quotidien, dans l'activité de tous les jours, nous risquons de ne plus communiquer.
Renouons le dialogue. Dans le dialogue, nous nous efforçons de nous dire ce qui va et ce qui ne va pas, et de nous écouter l’un l’autre, ce qui est le plus difficile. Écouter, sans l’interrompre, ce que l’autre a à dire, même quand ça fait mal, éventuellement reformuler et lui demander de préciser tel ou tel point que l’on n’a pas compris, sans porter de jugement. Et puis dire à son tour ce que l’on ressent, ce que l’on pense face à telle situation, parce que l’autre est différent et ne ressent pas forcément la même chose. Être vrai dans le dialogue est finalement très payant. Penser à avertir l’autre de ce qu’on fait, lui laisser un petit mot ou un passer coup de fil pour dire qu’on rentrera tard, cela ne fait pas de mal non plus !


Renaud CHEREL

(Texte remis à jour en mai 2013)

Voir aussi dans ce blog : 
    Dix secrets des couples qui durent (3 à 6)
    Pardon et réconciliation
    Masculin-Féminin
    Parler d'amour


dimanche 27 décembre 2009

Bilan et souhaits

Teddy qui travaille dans les services comptables et financiers d’une grosse PME, est sous pression ces dernières semaines : la fin de l’année, c’est le temps des bilans, et pour lui c’est un surcroit d’activité. Quels sont les secteurs qui ont bien marché ? Quels sont ceux à redresser ? Que disent les projections pour 2010 en fonction des prévisions des services Marketing et Commercial ?

Comme Teddy le fait pour son entreprise, il peut être bon pour nous de prendre le temps de faire un bilan personnel en ces derniers jours de l’année 2009. Une année qui s’en va, c’est quelque chose qui meurt, et ce peut être parfois avec une certaine nostalgie que nous nous remémorons de bons moments vécus. Mais en même temps c’est quelque chose qui naît, c’est une nouvelle année qui apparait… et donc c’est aussi le moment de se projeter sur un futur pas encore là mais riche de promesses. C’est pourquoi nous avons pris l’habitude de souhaiter – à nous-mêmes et aux autres – un certain nombre de choses, bonnes si possible.

N'attendons pas que le génie sorte de la lampe pour formuler nos souhaits !
Que nous souhaiter ? À mon sens, le mieux qu’on puisse se souhaiter les uns les autres, c’est d’être heureux… chose qui ne dépend pas forcément de notre état de richesse, des biens que nous possédons, de la quantité de choses que nous réalisons, du prestige dont nous jouissons auprès des autres, ni même de notre santé, si précieuse soit-elle. Peut-être les activités nombreuses qui nous occupent du matin au soir nous empêchent-elles de nous pencher sur les causes profondes de ce que nous appelons le bonheur. Quand nous sommes insatisfaits, nous nous imaginons que plus nous multiplions les activités, plus nos sensations s’intensifient et plus notre insatisfaction diminue. Nous courons après des biens, une reconnaissance ou des honneurs une bonne partie de notre vie. Et pourtant, force est de constater que nous ne trouvons pas facilement ce bonheur que nous recherchons...

Puissions-nous avancer avec nos doutes. Puissions-nous marcher sous la pluie battante, mais aussi trouver le temps de nous arrêter à l’abri quand c’est nécessaire. Puissions-nous nous rappeler que nous sommes aimés. Puissions-nous donner moins de conseils et écouter. Puissions-nous savoir quand nous en aller. Puissions-nous laisser tomber ce que nous ne sommes pas, nos vieux manteaux, et nous retrouver nous-mêmes de temps en temps. Puissions-nous patiemment faire germer ces petites graines de bonheur qui se trouvent sur notre chemin mais que nous ne voyons pas !

Bonne année 2010 !

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog : 
    Souhaiter ou présenter ses voeux
    Bonnes résolutions
    Bilan 2014
    Le blues de Noël

Début d'hiver

Le solstice d’hiver a lieu aujourd'hui 21 décembre : c’est pour nous, dans l’hémisphère nord, le jour le plus court de l’année… et la nuit la plus longue !

Parc sous la neige (photo R. Cherel)
L’hiver marque la fin d’un cycle saisonnier : les arbres ont perdu leurs feuilles, ces feuilles mortes que l’on foule au pied ; les branches sont à nu, la vie semble s’être arrêtée. Certains oiseaux ont fait leur migration vers des cieux plus cléments ; et bien des animaux se sont terrés dans leur retraite pour hiberner. Le vent souffle en rafales, il pleut, il fait froid, la pluie fait parfois place à la neige comme ces derniers jours… C’est aussi la saison où, pour les plus fragiles d’entre nous, des désagréments physiques réapparaissent et provoquent des douleurs en tous genres. C’est pourquoi l’entrée dans la saison d'hiver peut évoquer chez certains des craintes, des inquiétudes.

Psychologiquement aussi, l’hiver est éprouvant, quand certains projets sont suspendus, que l’enthousiasme est au plus bas et que les choses bougent trop lentement à notre gré. Pourtant, si vous pouvez reconnaître la qualité d’énergie et des sensations propres à l’hiver, alors cette saison sombre peut devenir un beau temps de repos, de renouvellement et de créativité.

Les jours plus courts et plus froids de l'hiver nous invitent naturellement à rester à la maison, à nous installer confortablement, et à dormir davantage. Malheureusement, ce rythme naturel est souvent contraire à celui imposé par notre société… Souvenons-nous tout de même que le « burn-out » peut provenir d’un non respect prolongé de nos rythmes naturels, associé au stress. À chacun donc de s’organiser au mieux pour concilier ces exigences parfois contradictoires.

C’est aussi le moment de porter plus d’attention à ce que nous vivons intérieurement. C’est un vrai cadeau que l’hiver nous apporte : le temps de nous accorder sur ce qui se passe en nous-mêmes. Dans le monde d’aujourd’hui, focalisés sur l’action, nous oublions parfois combien le fait de se connecter avec soi-même, de se poser en soi, ici et maintenant, est essentiel.

Vous pouvez utiliser l’opportunité de ces journées ou de ces longues soirées froides et mornes pour rester chez vous – au lieu de vous forcer à sortir – et vous connecter à votre sagesse intérieure. Vous pouvez lire des revues ou des livres qui vous nourrissent, écrire, dessiner, méditer, prier ou encore ne rien faire – choisissez ce qui vous permettra d’être plus en lien avec votre être intérieur.

Nous faisons nos rêves la nuit, dans l'obscurité : celle-ci est favorable au développement de l’imaginaire. De la même façon, l’hiver avec ses nuits plus longues nous apporte un riche potentiel de créativité : profitons-en pour laisser surgir et germer en nous de nouvelles idées. Les longues et chaudes journées de l’été sont de parfaits moments pour exécuter vos grands plans et vos idées, mais l’hiver fournit l’opportunité de vous pelotonner dans un endroit confortable, de vous relier à votre sagesse intérieure, d’inventer et de visualiser ce que vous voulez faire pour l’année prochaine. Les meilleures réussites sont basées sur de belles visions, élaborées après qu’on se soit donné du temps et de l’espace pour sa créativité.

Quand le printemps arrivera de nouveau, vous serez complètement préparés pour sortir et avoir de l’audace !

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Fin d'hiver
    Neige
    L'hiver et nos rythmes biologiques