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mardi 17 mai 2016

Développer son imagination

Les plus imaginatifs d’entre nous n’ont pas besoin de se poser la question, leur imaginaire est toujours présent, parfois même envahissant. Pour les autres, voici quelques pistes pour développer ou maintenir active son imagination.

Développer son imagination,
c'est ajouter des couleurs à la vie !
La première condition, c’est de garder l’esprit ouvert et curieux de notre enfance : pour l’enfant, tout est nouveau, tout est propre à activer l’imagination. En grandissant, nous nous habituons aux choses et nous perdons cette acuité du regard, qui va détecter le détail surprenant dans une scène banale, cette capacité à s’émerveiller de petits riens de la vie ordinaire. Ne vous est-il pas arrivé, enfant, de chercher dans les formes des nuages des animaux ou des paysages ? Qu’est-ce qui vous empêche de le faire encore aujourd'hui ? Concrètement, le fait de garder le contact avec de jeunes enfants, soit dans sa propre famille, soit à l’extérieur, aide à redécouvrir et à stimuler notre esprit d’enfance.

De la même façon, dans un domaine plus abstrait, il peut être intéressant d’explorer les idées originales ou inattendues qui peuvent nous venir sur différents sujets, sans les condamner au départ pour défaut de réalisme. Dans un second temps seulement, nous pourrons les creuser, les discuter les critiquer en échangeant avec d’autres. De nombreuses grandes découvertes et inventions sont issues d’idées qui pouvaient paraître saugrenues au départ.

La lecture, notamment celle d’œuvres de fiction, reste l’un des meilleurs outils pour stimuler l’imagination : car c’est le lecteur qui, en lisant l’histoire, construit la scène dans son esprit. Certains auteurs réussissent à merveille à nous faire entrer dans un univers , un paysage, une ambiance émotionnelle : par l’imagination, nous nous situons au cœur de la scène, alors même que nous ne disposons d’aucune image matérielle. La poésie, plus difficile à aborder pour certains, procédant par allusions, utilisant de nombreuses figures de style, alimente aussi l’imaginaire, car elle s’exprime souvent par le biais de métaphores.

Enfin, toutes les formes d’art peuvent nous emporter sur les ailes de l’imaginaire. Concrètement, voici un exercice très simple : partir d’une image, d’une photo, d’un tableau, d’une sculpture et se représenter les parties qui n’y sont pas représentées : que pourrait-il exister à côté, ou derrière la scène visible ? Puis-je imaginer un contexte plus large au-delà de cette scène ? Quels pouvaient être les sentiments de la personne qui a réalisé cette œuvre ? Évidemment, le même type d’exercice peut être réalisé à partir d’une œuvre sonore, morceau de musique ou chanson.

C’est une chose que d’apprécier les œuvre d’art, c’en est une autre que d’exprimer sa propre créativité. En toute modestie, pourquoi ne pas tenter d’écrire, de dessiner, de peindre, de sculpter, de faire de la musique ou de se mettre à la danse ?

Dans tous les cas, il est plus stimulant d’échanger avec quelqu’un de ces expérience. Comment cette personne a-telle réagi, de son côté ? Si elle n’a pas vécu l’expérience de la même façon que vous, demandez-lui de décrire ce qu’elle a ressenti et partagez-lui ce que vous avez vécu. Cet échange pourra vous ouvrir de nouveaux horizons.


Renaud CHEREL


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mardi 10 mai 2016

Imagination

L'imagination est souvent plus développée chez l'enfant
Des amis devisent à propos de l’imagination :

- On me dit souvent que je suis dans la lune explique Emmanuelle. C’est vrai que mon imagination a tendance à vagabonder ; il suffit d’un rien pour que mon esprit parte sur des chemins de traverse : un mot dans une conversation, un son qui me rappelle un souvenir ancien, une couleur qui m’inspire… et me voilà partie ! On me reproche d’ailleurs souvent d’être distraite.

- L’imagination, je ne sais pas trop ce que c’est, répond Ginette. Ce qui m’importe dans la vie, c’est le concret, le réel. Je n’aime pas lire des romans ou des histoires qui ne sont pas vraies. Je ne comprends pas trop comment on peut inventer toutes ces fadaises. Je préfère m’en tenir aux informations : c’est du réel, c’est vérifiable. Le reste, je n’ais pas de temps à y consacrer.

- Mais ma pauvre, l’imagination, c’est la vie ! s’exclame Boris. Je suis persuadé que tout le monde fait preuve d’imagination, même toi ! Quand tu as un projet en tête, tu mets en branle ton imagination pour te projeter dans le futur. Et les gens qui jouent au Loto, ne crois-tu pas qu’il imaginent – ne serait-ce qu’un petit peu – ce qui leur arriverait s’ils avaient tiré le billet gagnant ?

- On est tous différents dans ce domaine, assure Donald. Les grands artistes ont une imagination très développée, peut-être parce qu’ils étaient doués dès le départ, mais aussi parce qu’ils ont continué de travailler cette capacité. Mais je ne crois pas que ce soit très utile pour la plupart des gens ; c’est même nuisible si ça t’empêche de te concentrer sur ce que tu as à faire. Dans mon métier de comptable, je dois être précis et rigoureux, et je considère l’imagination comme mon ennemie. »

Si la vérité peut être vue comme une femme sortant nue d’un puits, alors l’imagination, elle, pourrait être représentée comme une princesse parée de toutes sortes de costumes, des plus somptueux aux plus repoussants.

L'imagination (du latin imaginatio, « image, vision ») est la faculté de notre esprit à se représenter ou à former des images à partir d'éléments dérivés de perceptions sensorielles. L’imagination n’est d’ailleurs pas limitée aux images, mais peut représenter également des sons, des sensations, des odeurs ou des goûts, et toute la gamme des émotions ou bien des idées abstraites.

L’imagination peut être passive, quand je laisse mon esprit vagabonder et que des images ou des films apparaissent spontanément sur mon écran intérieur : c’est le domaine de la rêverie, des rêves. L’imagination peut aussi être active, quand j’exerce ma volonté pour construire mentalement des images, des scènes avec leurs composantes faisant appel aux différents sens. C’est le domaine des projets et de leur réalisation éventuelle.

L’imagination est une formidable capacité de l’être humain à concevoir ce qui n’existe pas encore. C’est elle qui nous permet de créer, d’inventer dans tous les domaines, de résoudre des problèmes, d’imaginer des scénarios alternatifs ou d’anticiper ce qui adviendra.

Et vous, êtes-vous imaginatif ?


Renaud CHEREL


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lundi 4 novembre 2013

Juger sur les comportements

La plupart des jugements que nous portons sur autrui se basent sur les comportements que nous observons. Par exemple telle personne parle haut et fort, avec une gestuelle large : on va l’étiqueter « vantarde » ou « m’as-tu vu » ; telle autre reste en retrait, intervient peu dans la conversation : c’est une « timide » ou une « introvertie ».
Sur quoi jugeons-nous les autres ?

Le fait qu’un certain nombre d’écoles psychologiques – et même la plupart d’entre elles – s’appuient sur les comportements des individus pour en tirer des diagnostics ou des profils de personnalité n’est pas anodin : elles sont héritières du comportementalisme, ou behaviorisme, approche qui a dominé le champ de la psychologie pendant des décennies.

Le behaviorisme, tel que défini par son fondateur, l’américain John Broadus Watson, doit se limiter aux comportements observables et mesurables en se débarrassant, sur le plan théorique, de toutes les interprétations qui font appel à des notions telles que la conscience ou l’imagination et en condamnant, sur le plan méthodologique, l’usage de l’introspection. Selon les tenants de cette théorie, les comportements d’un individu sont uniquement déterminé par son environnement et l’histoire de ses interactions avec son milieu.

En utilisant cette approche comportementaliste de la psychologie humaine, on a, à mon avis, laissé de côté une part de ce qui justement nous caractérise en tant qu’êtres humains : la volonté, la liberté de choix. Pourtant, l’approche de la psychologie par les comportements n’est pas la seule envisageable : un petit nombre d’écoles s’appuie sur l’analyse des motivations des sujets, ce qui est assez différent. En effet, deux personnes peuvent poser le même acte tout en ayant des motivations très différentes, voire même opposées. Cependant, dans le cadre d’une approche scientifique, l’analyse des motivations est beaucoup plus délicate que celle des comportements, car seul le sujet peut dire quelle est sa motivation, laquelle est bien plus difficilement mesurable qu’un geste ou un comportement. Par ailleurs, pour de nombreuses raisons – conscientes ou inconscientes – le sujet peut cacher ses réelles motivations, ou les dévoiler partiellement. Ces difficultés liées à la subjectivité ont conduit la plupart des chercheurs à s’orienter sur des aspects comportementaux, plus accessibles aux mesures et aux comparaisons.

Le cognitivisme, courant de psychologie qui se dit opposé au behaviorisme, se fonde sur la thèse suivante : la pensée est un processus de traitement de l’information. Elle est décomposable en processus mentaux distincts, chacun d’eux étant modélisable en tant qu’entité relativement autonome. Les caractéristiques de ces processus mentaux sont alors accessibles indirectement par des expériences dans lesquelles le comportement reste la principale variable expérimentale. La psychologie cognitive part du principe que l’on peut inférer des représentations, des structures et des processus mentaux à partir de l’étude du comportement. Mais contrairement au béhaviorisme, elle défend que la psychologie est bien l’étude du mental et non du comportement.

Pour ma part, je reste persuadé que la personne humaine dépasse ces dimensions et n’est pas réductible à du mental ou à des comportements : il y a en elle une part transcendante, une part de mystère qui n’est pas accessible à l’analyse scientifique. Qu’en pensez-vous ?


Renaud Cherel




Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce bloc d'autres articles sur le même thème :
    Observation et jugement
    Vivre ensemble

jeudi 24 novembre 2011

Exprimer et libérer sa créativité

Comme je le disais dans le message précédent (voir Créativité), nous avons tous un potentiel de créativité, mais savons-nous l’exprimer ? Certains d’entre nous s’avèrent être très créatifs, d’autres moins. Voici quelques pistes pour vous aider à libérer la créativité qui (peut-être) sommeille en vous.

Un environnement favorable

Nous sommes souvent pris par la lourdeur et la répétitivité du quotidien. Pour accéder à votre propre créativité, que ce soit pour réaliser une œuvre artistique ou pour vous livrer à une séance de brainstorming, il importe de lui réserver un espace, physiquement et mentalement : un lieu, un temps, une attitude d’esprit.
Tag sur un mur de Bahia - Brésil (Photo Renaud Cherel)

Le lieu : l’inspiration vient souvent à l’occasion d’une sorte de rêverie éveillée ; pour certains, celle-ci sera stimulée en contemplant de beaux paysages ou par le spectacle de la vie ; pour d’autres, ce seront les émotions ressenties dans certains environnements ; pour d’autres enfin, ayant la capacité de se retirer en soi facilement, le lieu importe peu.
Le temps : réservez-vous des temps spécifiques pour laisser libre cours à votre imaginaire, que ce soit par des moments de pause entre deux tâches, ou dans la trame même de votre activité si vous faites profession de créateur.
L’attitude : il est essentiel de se situer dans une attitude de non-jugement. En séance de créativité en groupe, cette règle est extrêmement importante. Le non jugement est alors accompagné de respect et de confiance, chacun restant à l’écoute des autres. En effet, le jugement tue la créativité ; les enfants, plus spontanés que les adultes, sont souvent plus créatifs.

Cassez vos habitudes
Rien de tel que de rompre avec vos habitudes pour stimuler votre créativité : en changeant de perspective, en prenant du recul, vous pouvez voir la réalité autrement. Il s’agit de répondre à la question « Et si je changeais cela ? » Une façon de pratiquer cet exercice est de choisir un inconnu aperçu dans la rue ou ailleurs et en imaginant sa vie : « si j’étais lui ou elle, quelle serait ma vie ? » Le fait de se mettre à la place d’un autre peut permettre de se libérer de limites que l’on se met à soi-même.

Donnez-vous des contraintes
À l’opposé, et paradoxalement, le fait de se donner des contraintes peut stimuler la créativité : c’est ainsi que l’art poétique, en cumulant des exigences telles que la rime ou le nombre de pieds par vers, a permis de faire émerger des chefs-d’œuvre. On peut trouver des exemples semblables dans le domaine de la peinture ou de la musique. Donnez-vous donc des contraintes, à condition bien sûr que ces contraintes soient librement consenties et intégrées !

Faites-vous confiance          
Vous êtes dans un domaine subjectif, alors faites confiance à votre propre ressenti ! Et si le résultat ne vous donne pas satisfaction, donnez-vous droit à l’échec : n’hésitez pas à jeter au panier et recommencez sans pour autant perdre confiance. Les grands créatifs ont produit beaucoup d’œuvres, mais ils en ont éliminé beaucoup aussi. Peu à peu vous gagnerez en estime de vous-même et pourrez affronter la critique de votre œuvre sans pour autant vous sentir déstabilisé(e).

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Créativité
    10 outils pour réduire le stress : écouter, créer, demander
    Poème d'été : La magie des mots
    Néoneurones
    Développer son imagination

Liens externes :
    le blog Fresques murales  de Renaud Cherel
    Wikipédia
    Créativité au travail

jeudi 19 mai 2011

Couleurs : bleu et violet

L'arc-en ciel se termine par le bleu, le violet et l'indigo.

Dans le bleu, troisième couleur fondamentale qui peut être considérée comme la plus profonde, le regard se perd : couleur de l’océan et du ciel, il évoque la transparence des espaces infinis et donc ce qui est immatériel, les domaines de l’esprit, de l’âme et de l’immortalité. Le bleu clair représenterait plutôt le champ de l’imaginaire, alors que le bleu sombre, bleu nuit, celui du rêve. En même temps, le bleu pur est par excellence la couleur froide. C’est pourquoi le bleu peut suggérer une idée d’intelligence froide et détachée ou bien une éternité tranquille, peut-être au-delà de ce monde. Appliquée à un objet, la couleur bleue allège les formes, comme si en quelque sorte elle les dématérialisait. Le bleu, qui absorbe en lui-même les contradictions et les résout, fait apparaître son porteur comme digne de confiance, sûr, et en même temps au-dessus des simples préoccupations terrestres. Un environnement bleu a un effet calmant et apaisant, il évoque le repos et peut provoquer la production par le corps de substances calmantes. Mais contrairement au vert, il ne tonifie pas, car il ne fournit qu’une évasion sans prise sur le réel. Cependant, tous les bleus ne sont pas sereins et calmes. Certains bleus électriques ou brillants deviennent dynamiques et forts – une couleur engageante qui exprime la joie de vivre. Le bleu profond symbolise une harmonie entre sagesse, maîtrise de soi et réalisation spirituelle, à la fois dans un mouvement de distanciation et de retour vers l’intérieur de soi pour augmenter la pensée personnelle, les intuitions profondes, et la compréhension instantanée.

Depuis une douzaine d’années, la lumière bleue est utilisée dans le traitement d'une grande variété de problèmes psychologiques, y compris les addictions, les désordres alimentaires, l'impuissance et les dépressions saisonnières (luminothérapie) : en effet, le bleu serait efficace sur la mélatonine, l’hormone du sommeil impliquée dans les troubles de l’horloge biologique.

Quelques logos basés sur la couleur bleue

Note : je donne ici mon commentaire à partir de ressentis personnels sans préjuger de la stratégie de communication des marques !

Le logo du Centre National de la Recherche Scientifique est conçu à partir de cette couleur bleue qui évoque l'intelligence et les hautes fonctions mentales. Mais la froideur de cette couleur est quelque peu tempérée par l'utilisation, en plus du blanc, de deux bleus différents, dont celui utilisé pour le fond de la figure est nuancé d'un ton foncé à la périphérie et plus clair au centre, pour rompre la monotonie d'un  aplat en suggérant une légère impression de relief.
La forme de cette figure a attiré mon attention et m'a laissé perplexe car ce n'est ni un cercle, ni un ovale, ni aucune forme simple que j'aurais pu déduire de la combinaison de telles figures. En fait, il s'agit d'une figure complexe - CNRS oblige, naturellement - construite à l'aide de onze courbes de Bézier, ces courbes utilisées couramment pour concevoir des formes par ordinateur. Si vous désirez obtenir plus de précisions - et que vous avez le goût des mathématiques - consultez à ce sujet l'excellent article de Didier Henrion, Directeur de recherche CNRS au LAAS à Toulouse.

Voici, dans un autre style, le logo du Conseil Général du département du nord. Le bleu choisi en aplat est encore plus froid que le précédent, et cette impression de froideur est à mon sens rehaussée par le blanc du lettrage réalisé en défonce, ainsi que - une fois encore - par le choix du carré. Ici, peu d'arrondis viennent adoucir les formes, à part la partie inférieure du N ; l'arrondi qui termine les trois pointes formant le prolongement du N vers le haut à gauche leur donne au contraire un aspect pointu, incisif. Dans notre pays où nous écrivons de la gauche vers la droite, le passé est en général représenté à gauche et l'avenir à droite : ce logo évoque donc pour moi une descente, ce qui ne me paraît pas très dynamique. Quant à cette répétition du chiffre trois dans les jambages du N, elle n'évoque rien pour moi ; mais peut-être est-elle liée à des aspects historiques ou géographiques locaux que j'ignore.

Le violet, couleur de la tempérance, incarne l'équilibre entre la stimulation du rouge et le calme du bleu, entre la passion et l’intelligence, entre l’amour et la sagesse, et finalement entre la terre et le ciel. Dans la tradition chinoise, le violet signifie le passage de l’actif yang au passif yin. Le violet, derrière lequel s’accomplissent des transformations ou des passages d’un état à un autre, est la couleur du secret ; chez les chrétiens, il a été très tôt utilisé au temps de la Passion pour souligner un invisible mystère, la rencontre entre les deux natures, terrestre et céleste, du Christ. Une conséquence tardive de ce symbolisme a fait du violet une couleur de deuil, qui évoque la mort non pas en tant qu’état mais en tant que passage.

Le violet élève, calme l’esprit et les nerfs, offre un sens de spiritualité, encourage la créativité. Le porteur de violet est perçu comme créatif, mais aussi individualiste et original.

Quelques logos basés sur la couleur violette

En France, pays du bon vin, un certain nombre de marques de vins utilisent le violet dans leur palette, mais peu l'utilisent exclusivement. J'ai trouvé ce logo de l'école du vin plein de subtilité dans sa simplicité, comme doit l'être un bon vin. Il y a d'abord l'utilisation ingénieuse du carré, non pas tracé mais seulement évoqué - décidément, on le retrouve souvent - dont à première vue on peut croire qu'il s'agit d'un rectangle. C'est bien un carré : attention à ne pas se tromper quand on évalue un vin. Ensuite, les deux violets de part et d'autre de la figure centrale diffèrent légèrement, suggérant une certaine diversité ; mais tous deux contiennent un peu plus de rouge que de bleu : ils penchent plus vers l'émotion et le plaisir que vers la sphère mentale et le raisonnement. D'autre part, considérez la figure centrale où vous pouvez deviner un verre à vin là où il n'y a rien : la forme n'est que suggérée par une absence de couleur ; autrement dit, dans ce logo, le vin existe et le verre censé le contenir n'existe pas ! Intéressant, non ?

Dans un autre domaine, observons le logo de Yahoo, qui avait créé une certaine polémique à l'époque de sa sortie, notamment en raison du choix de la couleur violette : ici, le bleu domine légèrement sur le rouge : l'intelligence vient tempérer le plaisir et la joie exprimés par le cri "yahoo" - "yahou" en français. Ici, plus question de carré, mais du cercle enveloppant, convivial, cercle représentant une certaine totalité : avec Yahoo, je peux aller partout où je veux. En même temps, le choix d'une police de caractères un peu décalés, mais pas trop, suggère une certaine fantaisie. Enfin, la ligne d'écriture monte légèrement vers la droite, ce qui est un signe d'optimisme. Et le violet est ici le signe d'une certaine originalité.

Dans le message suivant, je terminerai ce cycle du symbolisme des couleurs par des nuances qui ne sont pas explicitement dans l’arc-en-ciel mais qui en découlent.


Renaud CHEREL




Voir aussi dans ce blog : 
    Couleurs : rouge et orangé
    Couleurs : jaune et vert
    Couleurs : noir et blanc, gris, rose et brun
    La force des symboles

Liens : Logo du CNRS

lundi 7 décembre 2009

La force des symboles

Henri et Damien échangent à propos de leur travail.

-« On prépare un événement pour l’anniversaire de la boîte, dit Henri. C’est une vraie ruche ! Il faut dire que le patron n’a pas construit sur du sable. C’est un aigle, ce type-là, à croire qu’il avait anticipé la crise. Il a su faire fructifier les talents de son équipe… »

-« Chez nous ce n’est pas la même chanson, répond Damien. Il faut bien gagner son pain, mais quand je pense à ma boîte, j’ai des idées noires. Le patron est dans sa tour d’ivoire, il ne comprend rien aux problèmes. Qui est-il derrière son masque ? Je n’en sais rien… »

Dans ce dialogue imaginaire, Henri et Damien utilisent un certain nombre d’images, de métaphores. Certaines d’entre elles s’appuient sur des symboles, c'est-à-dire des objets ou des images qui évoquent une association d’idée avec quelque chose d’abstrait ou d’absent. Mais le symbole est plus qu’un simple signe ou qu’une simple image ; il est chargé d’affectivité et de dynamisme. « Le symbole détient un essentiel et spontané pouvoir de retentissement. » (Gilbert Durand)

En fait, chacun de nous utilise des symboles à longueur de temps, à longueur de jour et de nuit sans toujours s’en rendre compte, dans son langage ou dans ses rêves. Non seulement les artistes font appel aux symboles dans leurs créations, mais les professionnels du marketing et de la vente ainsi que ceux de la politique y ont recours. Les sciences, les techniques et les arts les utilisent ou les rencontrent : nous vivons dans un monde de symboles.

Le symbole n’est jamais expliqué une fois pour toutes, mais toujours à déchiffrer de nouveau, un peu comme une partition musicale, que chaque musicien va interpréter de manière nouvelle. Un symbole se livre et s’enfuit ; il voile et dévoile à la fois ; il ne se laisse pas enfermer par des mots : il reste infiniment suggestif. La perception du symbole est à la fois un acquis et un reçu ; elle varie avec chaque sujet et procède de la personne tout entière, mais elle est héritière d’une expérience millénaire. La perception du symbole exclut l’attitude du simple spectateur, elle exige une participation d’acteur. Un symbole peut renvoyer à de nombreuses interprétations selon le contexte socioculturel ; mais souvent celles-ci se présentent comme des harmoniques autour d’une dominante.

Réhabiliter la valeur du symbole, ce n’est pas éliminer les éléments intellectuels ou rationnels d’une œuvre ou de la réalité des faits. C’est au contraire y ajouter une dimension, un relief, une verticalité. Les symboles nous relient à notre inconscient, à la part créative et spontanée qui est en nous, à notre imagination. Après l’avoir jetée aux orties comme la folle du logis, on reconnaît plus volontiers aujourd'hui que l’imagination participe, comme la raison, à nos prises de décisions individuelles ; et que sur le plan collectif, elle est, comme la raison, un facteur de progrès.

Alors, vivent les symboles !

Renaud CHEREL



Voir aussi dans ce blog :

- Pour le symbolisme des couleurs :
    Couleurs : rouge et orangé
    Couleurs : jaune et vert
    Couleurs : bleu et violet
    Couleurs : noir et blanc, gris, rose et brun
- Pour la symbolique de l'arbre :
    Les arbres
- Pour la symbolique du soleil :
    La chaleur du soleil
- Pour la symbolique des rêves :
    Interprétation des rêves

Bibliographie : 
Si vous êtes intéressé(e) par ce thème, consultez l'ouvrage de référence : le Dictionnaire des symboles, de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant. Plus de 1600 articles reliés par des comparaisons et des renvois, s'appuyant sur des références dans différentes cultures, permettent de mieux approcher la signification des symboles.