Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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lundi 16 novembre 2015

Nomades et sédentaires

Nos ancêtres lointains étaient essentiellement des nomades
Nous sommes tous issus de peuples nomades, qui se sont sédentarisés avec le développement de l’agriculture. Mais aujourd'hui, contrairement à la tendance historique qui a vu la sédentarité s’accentuer en France, il semble que le nomadisme se développe à nouveau.
- Du fait des incertitudes sur le marché de l’emploi, les travailleurs sont plus mobiles qu’avant, et de moins en moins d’emploi sont garantis à vie.        
- Le nombre de SDF est en forte augmentation depuis le début de la crise de 2008.        
- Ceux qui ont un emploi stable et un domicile fixe passent plus de temps dans les transports pour se rendre au travail et voyagent davantage que par le passé.        
- Enfin, on peut parler d’un nomadisme virtuel, quand Internet nous met en relation avec pratiquement le monde entier.

Les technologies d'aujourd'hui favorisent le nomadisme.
Bien sûr, la différence essentielle entre les nomades et les sédentaires est liée à leur mobilité ; mais on peut dire aussi qu’elle se manifeste dans leur rapport au temps. Les nomades ont un regard à court terme, ils considèrent d’abord les événements et les choses à brève échéance ; à l’inverse, les sédentaires ont un regard à moyen ou à long terme, ils considèrent les choses et les événements dans la durée. Pas étonnant alors que, dans notre société où tout s’accélère, le nomadisme prenne de l’ampleur. Mais le nomade traditionnel fait partie d’un groupe itinérant avec lui. Alors qu’aujourd'hui, le groupe a explosé : le risque est grand que les nomades modernes ne se transforment en errants sans racines et sans but.

Certains auteurs, comme Claude Riveline, Professeur à l'École des mines de Paris, analysent le fonctionnement de la société à l’aide de l’opposition nomades – sédentaires. Ainsi, explique-t-il, dans l’entreprise, le producteur ou le fabriquant sera le plus souvent du côté sédentaire alors que le vendeur ou l’agent commercial sera du côté nomade. Dans la vie publique, l’élu est de type nomade alors que l’administration qui le seconde est sédentaire. Et dans le couple, même si les modèles évoluent rapidement, la femme, si elle est mère de famille, sera plutôt sédentaire et son conjoint plutôt nomade. Il existerait ainsi une confrontation entre sédentaires et nomades dans toutes les sphères de la société.

Les événements graves survenus à Paris semaine dernière peuvent aussi être analysés sous cet angle : contrairement aux armées conventionnelles opérant dans une logique sédentaire, les terroristes fonctionnent dans une logique nomade ; très mobiles, ils opèrent dispersés par petits groupes en accordant une large place à l’improvisation. Mais ils se battent pour une organisation qui cherche à s’installer, à se sédentariser… Je n’irai pas plus loin sur ce sujet, car incompétent dans le domaine de l’analyse politique. Mais cette approche nomade/ sédentaire me paraît à la fois originale et féconde pour tenter de déchiffrer certains aspects du monde dans lequel nous vivons.

Ajoutons que, même s’il existe des personnalités plus enclines au sédentarisme et d’autres au nomadisme, la plupart d’entre nous sont à la fois sédentaires et nomades. Nous verrons dans le prochain message comment gérer ces deux aspects parfois conflictuels en nous-mêmes.


Renaud CHEREL


Vous pouvez lire aussi dans ce blog des articles sur la même thématique :
    A la fois nomade et sédentaire
    Permanence et changement
    Changement et blocages

Liens externes:
    Nomades et sédentaires, l'irréductible affrontement

lundi 21 septembre 2015

Concession ou compromis?

Bien des conflits, que ce soit dans le contexte professionnel ou dans les relations amicales et familiales, peuvent être résolus par des compromis. Mais bien souvent, l’on confond compromis et concession : le compromis est alors perçu comme une forme de soumission à l’autre, une sorte de capitulation, de défaite, un aveu de faiblesse. Dans ces conditions, on comprend que certains n’envisagent en aucun cas des solutions de compromis.


Une concession est le fait d’abandonner de son propre gré à son interlocuteur un point de discussion, un avantage. Un compromis est un arrangement dans lequel les deux interlocuteurs se font des concessions mutuelles. Autrement dit, en introduisant la réciprocité, le compromis réintroduit l’équilibre rompu par la concession.

En faisant une concession à l’autre, je laisse tomber une de mes idées ou une de mes préférences ; je mets volontairement de côté une part de ce que je suis. À l’inverse, en mettant en œuvre un compromis, je passe un accord de coopération, dans le respect de l’autre et de moi-même. Ce faisant, je résous le problème de désaccord sans qu’aucun des deux n’ait l’impression d’avoir été lésé.

L’on peut faire des concessions pour éviter les conflits, par peur de représailles, pour s’assurer un confort immédiat ou pour d’autres très bonnes raisons. Peu à peu, on en prend l’habitude, au point de ne plus en être conscient. On entre alors dans un processus qui peut devenir très négatif, un rapport de force perpétuel – même celui-ci a été occulté – où il y a un gagnant : l’autre, et un perdant : soi-même. À la longue, ce processus conduit à des conséquences négatives pour les deux interlocuteurs :

- Pour soi-même : toutes ces concessions qu’on avait contenues en soi risquent un jour d’exploser violemment, avec des conséquences imprévisibles et parfois dramatiques : une rupture définitive, un acte violent qu’on regrettera par la suite. Ou bien le processus mène progressivement à une extinction de la personne qui se replie sur soi, sans pouvoir exprimer ce qu’elle est.

- Pour l’autre : il va prendre de plus en plus l’ascendant, et insensiblement va se montrer plus exigeant, plus dur, plus centré sur lui-même.

Cette évolution des deux interlocuteurs ne va pas dans le sens d’un progrès ou d’un développement de leurs potentialités positives.

À l’inverse, dans un compromis, chacun des deux interlocuteurs respecte l’autre, tout en se respectant soi-même. Cela demande évidemment une certaine exigence, celle d’exprimer mes besoins et d’écouter ceux de l’autre. Dans un certain sens, le compromis est moins confortable que la concession. Mais si "je" et "tu" sont pris en considération, alors "nous" peut exister.

En observant le comportement des gens autour de nous, il est facile de voir que certains ne font aucun compromis et que d’autres ont tendance à céder, à faire très souvent des concessions. Les premiers sont souvent qualifiés de « forts » et les seconds de « faibles ». Mais la véritable force se situe-t-elle vraiment là ?

Dans le prochain message, nous examinerons quelques outils pour construire un bon compromis.


Renaud Cherel

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lundi 8 décembre 2014

Accepter nos parents tels qu'ils sont

Nous avons vu dans l'article précédent que les réunions familiales pouvaient donner lieu à des conflits entre proches. Pourquoi cela ? Parce que nous conservons des traces vivantes de notre premier attachement, celui vis-à-vis de nos parents, et que nous attendons toujours d’être reconnu par eux à notre juste valeur. Mais l’image que nous avons de nos parents ne correspond pas à la réalité : pendant notre enfance, nous les avons idéalisés, nous avons surdimensionné certains aspects de leur personnalité ou de leurs comportements et nous en avons gommé d’autres.

En effet, quand nous aimons quelqu’un, nous sommes attentifs au moindre de ses gestes, de ses regards, de ses paroles, qui prennent une importance considérable. Enfant, nous analysons ainsi les paroles et les comportements de nos parents et de nos frères et sœurs, qui s’impriment d’autant plus fortement en nous que notre attachement est plus puissant. L’enfant se construit avec ce qu’il reçoit, en positif et en négatif. Et ce dont il estime avoir été privé prend une grande importance. Le psychologue D. W. Winnicott disait que « la souffrance vient de ce qui n’est pas advenu ». Des manques dont les parents n’ont pas forcément eu conscience au moment où ils étaient ressentis par leur enfant.

Ainsi, nos parents font désormais partie de notre « roman familial », une histoire que nous avons écrite dans notre imaginaire, mais qui ne correspond qu’approximativement à la réalité. Cela vous étonne ? Pourtant tous les psychanalystes en ont fait l’expérience : les parents décrits par leurs patients n’ont pas grand chose à voir avec les personnes réelles. Si vous en voulez une preuve, comparez vos souvenirs d’enfance avec ceux de vos frères et sœurs quand vous en avez, ou avec ceux de vos proches qui ont partagé des moments en commun avec vos parents et vous : vous décèlerez bien des différences.

Conséquence : nous risquons de reprocher à nos parents de ne pas être conforme à l’image que nous avons d’eux. C’est d’ailleurs ce que nous faisons, en général, pendant la crise de l’adolescence, période de révolte ou de contestation pour beaucoup. Cette contestation n’est pas malsaine, mais elle demande à être dépassée : vient un moment où il nous faut accepter non seulement que nos parents ne soient pas ce que nous aurions voulu qu’ils soient, mais aussi notre difficulté ou notre incapacité à les changer. Cela vaut aussi pour les frères et sœurs.

En acceptant nos parents tels qu'ils sont,
nous entrons dans une relation plus sereine et plus riche. 
Car on peut se poser la question : pourquoi vouloir changer mes parents ? Accéder à l’état d’adulte, c’est peut-être se dire qu’ils ont fait envers moi ce qu’ils ont pu, avec les moyens qu’ils détenaient à ce moment-là. Vouloir les changer aujourd'hui ne changera rien au passé. Il est donc temps d’entrer dans une relation plus libre avec eux, d’adulte à adulte. Le jour où j’y parviens, j’accède à une certaine libération intérieure : je ne les ai pas changés, eux, mais j’ai changé mon propre regard, moi. Et, du coup, il y a de fortes chances pour que notre relation change et gagne en qualité.


Renaud CHEREL


Vous pouvez voir aussi dans ce blog des messages sur la même thématique :
    Bonheurs et malheurs des réunions de famille

lundi 1 décembre 2014

Bonheurs et malheurs des réunions de famille

La fin de l’année approche, et avec elle, pour beaucoup d’entre nous, les traditionnelles réunions de famille à l’occasion de la fête de Noël. Des amis en discutent :

« Ah ! que j’aime ce moment où l’on se retrouve en famille pour fêter Noël, s’exclame Lili. On va tous à la messe de minuit et puis on se retrouve autour d’une bonne dinde aux marrons et d’une bûche glacée pour le réveillon… Après quoi, on ouvre les cadeaux déposés au pied du sapin, les enfants tout excités sautent comme des puces ! C’est génial, j’adore ! »

« Toutes ces traditions, c’est dépassé, rétorque Rosine ; chez nous c’est trop dur ! Je vais encore une fois me retrouver assise en face de ma sœur que je déteste – c’est la petite préférée de mes parents – et à côté de ma mère, qui n’arrête pas de critiquer la façon dont je m’habille et dont je m’occupe de mes enfants ! »

« Depuis que ma grand-mère est décédée, on n’organise plus de grande réunion de famille comme avant, dans sa grande maison en Normandie, regrette Peter. Pour moi, ces réunions, c’était tout le parfum de mon enfance et de mon adolescence : je retrouvais mes cousins et cousines et on rigolait bien. Les derniers temps, entre adultes, le cœur n’y était plus vraiment, mais la grand-mère y tenait, alors on continuait à se retrouver… »

« Chez nous aussi, c’est plus difficile qu’avant, acquiesce Lili ; depuis le divorce de mon frère Giraud, son ex-femme, avec qui je m’entendais très bien, ne participe plus à nos retrouvailles, et ses enfants restent avec leur mère pour les fêtes. Du coup, c’est tristounet, Giraud fait la tête et ça ne se passe pas bien avec mes parents. »


Pourquoi tant de conflits ou de tensions larvées à l’occasion des fêtes de famille ? C’est que, subjectivement, dans ces occasions, différentes facettes de notre identité et de notre histoire viennent se télescoper. Cet environnement familier, cet événement dont la gestuelle se répète depuis des décennies, voire des générations, vient faire cohabiter l’adulte que nous sommes avec l’enfant que nous avons été. Il peut nous arriver alors d’idéaliser ces moments, de régresser vers notre enfance, et les rancœurs, les contentieux non réglés de cette époque vont resurgir avec force : un rien, une remarque, un regard suffisent pour que l’adulte que nous sommes devenu disparaisse derrière l’enfant que nous avons été.

Le psychologue et psychanalyste Sigmund Freud a bien analysé ces mécanismes. Il montre que, pour progresser vers son statut d’adulte, l’être humain doit se détacher de ses parents ; mais comme, enfants, il les a idéalisés, il va éprouver le besoin de les « destituer ». C’est seulement après ces étapes qu’il pourra devenir un adulte libre et responsable. Mais ce processus de détachement peut prendre toute une vie, et les fête de famille en constituent des points de focalisation. Chez certaines personnes, il n’arrivera jamais à son terme. Nous examinerons semaine prochaine quelques pistes propres à faciliter cette progression.


Renaud CHEREL


Vous pouvez voir aussi dans ce blog des messages sur la même thématique :
     Accepter nos parents tels qu'ils sont
    Vivre avec un râleur
     La joie

lundi 12 mai 2014

Actes manqués

Yoann a envoyé à son directeur commercial la copie du mail qu’il vient d’expédier à un client important, assortie d’un commentaire peu flatteur sur celui-ci. Malheureusement, il s’aperçoit avec consternation qu’en voulant faire vite, il a mis le client en question comme destinataire.


Au moment d’aller chercher sa fille à la sortie de l’école, Olivia réalise qu’elle a complètement oublié son rendez-vous chez le dentiste en début d’après-midi. Elle rappelle le cabinet pour reprendre un rendez-vous, mais comme elle a un peu honte de son oubli, elle invente une excuse en expliquant qu’elle était obligée de garder sa fille malade à la maison.

En cadeau d'anniversaire, Nancy a reçu un vase en porcelaine de la part de sa belle-sœur. Le lendemain, au moment d’y mettre des fleurs, elle fait un geste maladroit et renverse le vase qui se fracasse sur le sol de la cuisine. Nancy en est vraiment désolée et décide de ne pas en dire un mot à sa belle-sœur.

Nancy a-t-elle vraiment renversé le vase par hasard ?
En rentrant chez lui, suite à une visite chez Arielle, une connaissance, Mathieu s’aperçoit qu’il a oublié son parapluie chez elle. Il en est ennuyé car la météo annonce une semaine pluvieuse et cette personne habite assez loin de chez lui…

Ces erreurs, ces petits « ratés » dans la vie quotidienne sont appelés actes manqués. Il y a plus de 100 ans, Sigmund Freud a montré qu’ils n’étaient pas le fruit du hasard, mais plutôt la révélation involontaire de ce qu’on ne peut pas – ou n’ose pas – exprimer consciemment. Il se crée un conflit intérieur entre un désir inconscient et la volonté consciente, et l’acte manqué constitue un compromis pour tenter de résoudre ce conflit.

Reprenons nos exemples.
Yoann avait peut-être envie d’exprimer directement à son client tout le mal qu’il pensait de lui, mais les règles commerciales lui interdisaient de le faire. Son erreur lui a permis d’atteindre ce but.

Si Olivia a oublié son rendez-vous, c’est que la perspective d’une séance chez le dentiste n’était probablement pas très agréable pour elle et lui faisait peur. Son oubli lui a permis de réaliser son désir inconscient : éviter de souffrir.

Au fond, Nancy en a toujours secrètement voulu à sa belle-sœur de lui avoir « volé » son frère, dont elle était très proche. En cassant le vase, n’exprime-t-elle pas le fait qu’elle ne veut rien recevoir de sa belle-sœur ?

Sans se l’avouer vraiment, Mathieu éprouve plus que de la sympathie pour Arielle. Son oubli involontaire va créer une occasion supplémentaire de retourner chez elle et de lui parler, ce qui constitue finalement une perspective très agréable…

Certaines personnes sont coutumières de ces actes manqués et collectionnent les oublis, mais aussi les bourdes et les gaffes au point d’en subir des conséquences sociales ; d’autres le sont moins. La fatigue, le stress, le défaut d'attention, en diminuant le contrôle sur soi, peuvent favoriser la production d’actes manqués. L’usage d’alcool ou de drogues accentue encore cette tendance, bien évidemment.

Peut-on corriger, ou au moins diminuer cette propension ? Oui, nous le verrons dans le prochain article. 

Renaud CHEREL



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lundi 12 septembre 2011

Médiation

Il arrive qu’un manager soit amené à résoudre un conflit entre deux collaborateurs. Dans la mesure où il n’est pas personnellement impliqué, il peut adopter l’attitude du médiateur. Voici suggérées quelques étapes pour assurer un bon processus de médiation.

Médiation (dessin Renaud Cherel)
1 - Établir les faits (état de départ)
Le manager va d’abord se faire l’idée la plus objective possible de la situation et du/ des problèmes qui se posent. Pour cela, deux moyens complémentaires :
- conduire ses propres investigations ;
- demander aux deux parties de s’exprimer, non sur les symptômes mais sur le cœur du conflit.
Quel contexte ? Par exemple, on constate souvent des situations de communication difficile à la suite d’une fusion ou d’une acquisition, du fait que les cultures d’entreprise n’étaient pas les mêmes.
Quel est le problème ? Le médiateur peut se baser sur différentes sources d’information en plus de la version des protagonistes pour circonscrire le problème, éliminer les éléments secondaires ou parasites et arriver plus vite au but.
Que se passe-t-il réellement ? S’en tenir à une description concrète des faits en évitant les impressions, les jugements. Ceci paraît simple mais n’est pas toujours facile. Chacune des parties décrit la situation en fonction de son objectif déclaré, qui peut en cacher un autre, et à travers ses propres filtres.
Quelles personnes impliquées ? Définir les acteurs principaux et les personnes associées. Avoir une idée des réseaux d’influence de chacun.
Information supplémentaire ? Il n’est pas demandé au médiateur d’être un spécialiste du problème posé mais d’avoir un regard de candide cultivé.

2 - Identifier l’état souhaité
Le manager va d’abord interviewer séparément les deux parties : chacune peut dépeindre la situation avec sa propre logique et « vider son sac » sans interférer sur l’autre partie. Il va découvrir qu’il reste probablement un espace de liberté : y a-t-il là place pour une solution, un compromis ?
Objectifs : vers où chacune des deux parties veut-elle aller ? Quel est son objectif ? Identifier concrètement des comportements et des situations. Très souvent les gens savent ce qu’ils ne veulent pas ; mais ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Attention : un objectif peut en cacher un autre !
Reliquat non résolu : quand on s’attelle à un problème, il peut être efficace de se dire qu’un reliquat (1% ou 10%...) ne sera pas résolu. Cela pour éviter le perfectionnisme.
Enjeux : c’est la notion très importante des conséquences. Les enjeux permettent de clarifier l’objectif. L’énergie n’est pas dans l’objectif, elle est dans les enjeux qui lui sont liés. Si pas d’enjeu, pas de motivation !
Il y a deux catégories de raisons pour lesquelles on décide de faire quelque chose : soit parce qu’on en espère des avantages ou des bénéfices, ou parce qu’on évite des ennuis, des inconvénients liés au fait de ne pas le faire. Les deux sont à creuser.


Renaud CHEREL



Etapes suivantes du processus.

Voir aussi dans ce blog :
    Communication non défensive

Liens externes : 
    http://gestion-de-conflit.over-blog.com/

jeudi 16 décembre 2010

Les conflits : comment les gérer ?

Noémie et Philippe, qui vivent ensemble depuis 10 ans, se disputent :
-« J’en ai marre d’être ignorée par toi ! »
-« Moi ? Je n’ai rien fait ! Là, tu te fâches contre moi sans aucune raison ! »
-« Comment, sans aucune raison ? Tu te fous de moi : hier soir, tu rentres à minuit sans m’avertir ! Je me sens complètement délaissée ! »
-« Mais c’était un dîner important avec des collègues… Tu ne vas pas m’interdire ça, non?»

En situation de désaccord, nous constatons très souvent que nous avons tendance à nous mettre sur la défensive. C’est assez normal, au fond, car c’est un vieux réflexe de survie qui nous vient du fond des âges. Nous nous sentons attaqués, et nous nous défendons, au besoin en attaquant à notre tour ; mais est-ce le comportement le mieux adapté aujourd'hui ? Je n’en suis pas si sûr ; en tout cas d’autres manières de faire sont possibles et donnent d’excellents résultats. Je pense en particulier à la méthode proposée par Marshall B. Rosenberg, intitulée la Communication Non Violente (CNV), qui a été reprise et déclinée de nombreuses manières différentes. En voici quelques principes :

Les faits
D’abord, il est important de prendre en compte les faits. Souvent nous faisons la confusion entre l’observation des faits et notre interprétation, notre évaluation ou jugement sur ces faits. Que Noémie s’exprime face à Philippe, c’est un fait ; qu’elle se fâche sans aucune raison, c’est une interprétation de la part de Philippe. Lorsque Philippe lui renvoie ce jugement, cela n’a pas beaucoup de chances de calmer la colère de Noémie, mais plutôt de la renforcer.

Les émotions
En second lieu, il convient de reconnaître les émotionsqui nous animent au moment où nous échangeons avec l’autre : la colère, la peur, la tristesse, la frustration... Mais attention, là encore il est très facile de placer un jugement au lieu d’une émotion. Quand Noémie se dit ignorée et délaissée par Philippe, c’est une interprétation de sa part, en ce sens qu’elle lui prête une intention : « Tu m’ignores… Tu me délaisses. » L'émotion qui l’habite alors, c’est peut-être la tristesse, ou encore l’inquiétude.

Les besoins
Ces émotions ressenties, ellesproviennent de nos besoins, nos désirs ou nos valeurs qui sont en souffrance. Quand Noémie se plaint que Philippe rentre trop tard, c’est peut-être son besoin d’intimité qui s’exprime, ou bien ses valeurs d’échange et de partage qui ne sont pas satisfaites.

La demande
Notre inconscient a beaucoup de mal à enregistrer la négation. Demandons donc ce que nous voulons, et pas ce que nous ne voulons pas ! Ayant discerné un peu les choses, Noémie va pouvoir exprimer plus clairement sa demande à Philippe : «Quand tu es rentré tard hier soir sans m’avoir prévenue à l’avance, je me suis sentie triste et inquiète, car j’ai besoin de prendre du temps avec toi et je veux savoir s’il ne t’est rien arrivé. Si cela doit t’arriver encore, peux-tu me prévenir par un petit coup de fil ? »

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Colère
    Sur la défensive
    Communication non défensive
    Concession ou compromis?
    Excès ou modération