Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...

lundi 24 février 2014

Les plus beaux sont-ils les meilleurs ?

L’apparence ne laisse jamais indifférent, et l’on a tendance à juger favorablement les personnes au physique agréable. Cette association spontanée et souvent inconsciente remonte aux temps les plus anciens : on en retrouve de nombreux exemples dans l’Antiquité, et dans toute l’histoire du Moyen-âge à nos jours. Dans la plupart des histoires traditionnelles et des contes, les méchants sont laids et les bons sont beaux, et ces codes ont été repris largement au cinéma et à la télévision. Quelques contes, comme « Le vilain petit canard », « La belle et la bête », « Riquet à la houppe » insistent bien sur le fait que l’individu laid n’est pas forcément méchant ou bête. Mais ces exemples sont rares et même dans ces contes-là, la beauté est implicitement liée aux qualités morales de la personne : à la fin du conte, le petit canard s’avère être un beau cygne, la Bête se transforme en prince charmant et Riquet devient beau par le charme de la belle qui l’épouse.

Riquet à la Houppe (illustration J. Lagarde)
Dans notre société actuelle, où l’apparence compte beaucoup, les personnes au physique avenant sont très favorisées, bien plus qu’on ne le croit généralement. De nombreux tests menés par les psychologues montrent que, dans pratiquement tous les domaines, les beaux sont jugés supérieurs aux laids :
- les belles personnes seraient plus sociables, avec une sexualité plus épanouie ;            
- elles seraient plus équilibrées, avec une meilleure santé mentale ;        
- elles auraient plus d’autorité naturelle ;    
- elles seraient plus intelligentes et leur opinion aurait plus de poids ;     
- etc., la liste est très longue ; au final les beaux seraient plus heureux que les laids. La seule qualité non reconnue chez ces personnes, c’est la modestie !

La Belle et la Bête (Walt Disney)

Cette tendance aux préjugés favorables à l’égard des beaux est suffisamment forte pour avoir suscité de nombreux proverbes ou adage destinés à les combattre, comme : « l’habit ne fait pas le moine », ou bien : « tout ce qui luit n’est pas or ». Mais dans la réalité, les stéréotypes demeurent très fortement ancrés, et la prime à la beauté fonctionne dès l’enfance : les beaux enfants bénéficient de plus d’attention et de bienveillance et sont privilégiés dès la maternelle par les enseignants. Au cours de leur parcours scolaire, ils se trouvent plus stimulés et récompensés. Un cercle vertueux s’enclenche : ces enfants acquièrent une meilleure confiance en soi, qui à son tour leur permet de progresser davantage que ceux jugés laids.

La discrimination se poursuit au-delà de l’école : l’apparence extérieure influe lourdement sur les recrutements. Les particularités physiques et l’aspect vestimentaire ont un poids variable selon les métiers : ils jouent davantage pour des postes de commerciaux ou de direction, moins pour des emplois administratifs ou de production. La beauté joue aussi auprès des collègues de travail et des supérieurs hiérarchiques. Il est vrai que les individus d’apparence agréable ont souvent développé des qualités de confiance en soi et de séduction recherchées par les employeurs ; mais on leur prête souvent
bien plus qu’ils n’ont...

Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Les critères de beauté physique
    Beauté, laideur
    Admiration
    Construire l'image de soi
    Quels jeux de rôles jouons-nous ?
    Suis-je ce que je possède?

Bibliographie
Jean-François AMADIEU : Le poids des apparences - Beauté, amour et gloire, éd. Odile Jacob, 2011 (1ère édition 2002), Paris, 199 pages.
L'auteur, professeur de sociologie à l'université Paris-I, démontre chiffres à l'appui combien notre apparence physique influence notre réussite, aussi bien dans le domaine scolaire que dans la vie amoureuse, professionnelle ou politique.

lundi 17 février 2014

Comparaison sociale

Nous avons vu dans le précédent article que la comparaison sociale était fréquemment toxique. Cependant, il nous faut bien reconnaître que nous nous trouvons bien souvent en situation de nous comparer à d’autres : peut-on parfois en tirer parti ?

Constatons d’abord que certaines personnes sont plus enclines à se comparer que d’autres, notamment celles qui ont une forte anxiété, une faible estime de soi, ou des tendances dépressives. Naturellement, les circonstances de la vie et l’environnement peuvent faire que la même personne soit plus portée à la comparaison dans certaines situations, par exemple en situation de stress, lors de l’advenue d’événements nouveaux, non anticipés, ou dans des moments d’incertitude.

Il existe trois manières de se comparer aux autres :

- La comparaison ascendante :
Comparaison avec quelqu’un que l’on estime supérieur à soi – au moins dans le domaine comparé. Ce type de comparaison n’est profitable que si la situation n’est pas ressentie comme menaçante. Alors, elle peut permettre, en facilitant l’identification à des modèles positifs et l’imitation des comportements qui mènent au succès, d’améliorer son image de soi et son niveau de confiance en soi, ainsi que de mieux préparer ses objectifs futurs et leur planification. Mais en cas de stress ou de forte implication, elle a des effets inverses, négatifs.

-"J'aimerais bien être aussi musclé que toi... Tu pourrais m'aider ?"
- La comparaison latérale :
C’est la comparaison avec ses pairs, c’est-à-dire à un groupe ou à une personne que l’on juge identique ou proche de soi dans le domaine de la comparaison. Nous l’utilisons très souvent dans la vie quotidienne pour confirmer nos opinions ou nos croyances : le fait de se trouver des « alliés » nous légitime et nous permet de nous sentir plus forts, notamment s’il faut faire face à des opinions contraires. Cette forme de comparaison nous permet aussi de valider nos goûts et nos choix en matière vestimentaire ou de mode de vie. Collectivement, la comparaison latérale va permettre de maintenir ou renforcer la cohésion sociale d’un groupe auquel nous appartenons.

-"J'ai l'impression d'être un peu différent des autres... Mais quoi ?"

À l’extrême, cette recherche de la similitude peut entraîner le rejet de toute déviance et amener le groupe à se refermer sur lui-même, au risque de devenir sectaire et intransigeant.

- La comparaison descendante :
On se compare alors à quelqu’un que l’on estime inférieur à soi. Elle peut être profitable après un échec ou une expérience négative. Par exemple, une personne atteinte d’un cancer peut se référer spontanément au cas de patients qui s’en sortent moins bien qu’elle. Cette comparaison rend l’expérience négative plus tolérable et renforce l’optimisme pour le futur. Mais ses effets sont néfastes si le sujet n’a pas de réponses pour résoudre la situation et si la comparaison perdure : il risque de s’identifier à un rôle de victime ou d’antihéros. Par exemple le fumeur dépendant qui rechute et se réfère à ceux qui ont rechuté.

-"Ok, j'ai recommencé à fumer.
Mais lui, c'est pire, c'est la quatrième fois..." 
Au final, les effets de la comparaison sociale dépendent pour une large part des ressources de la personne et de ses objectifs. Ils seront plus positifs si elle bénéficie déjà d’une bonne estime de soi et cherche à s’améliorer. 

Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :

lundi 10 février 2014

Faut-il se comparer aux autres ?

Le "vilain petit canard" se compare défavorablement,
ignorant qu'il est un cygne
Gabrielle désire avoir un intérieur impeccable ; mais en même temps elle ne peut s’empêcher de se comparer à son amie Annick : « Je dois faire tant d’efforts pour maintenir une maison parfaite, alors qu’elle va faire son jogging le samedi matin ». Elle éprouve une certaine jalousie vis-à-vis de la liberté d’Annick, elle envie ce plaisir et ce bien-être qu’elle s’interdit à elle-même.

Bertrand explique : « Je crois au fond qu’être premier ce n’est pas pertinent ; mais en même temps je me compare aux autres et je vois que je ne suis pas le premier… Les autres, parfois je me dis que je suis capable de faire mieux qu’eux, mais finalement je fais moins bien. Du coup, j’ai un fort complexe d’infériorité ; je parais moins performant aux yeux des autres. »

Au vrai, nous dépensons beaucoup d’énergie à nous étalonner, à nous comparer aux autres dans bien des domaines. On peut arguer que c’est un moteur pour le petit enfant qui a besoin de repères pour progresser, et bien des parents utilisent la comparaison pour stimuler leurs enfants : « Je dis à ma fille qu’elle est meilleure que son frère, pour lui redonner confiance en elle », explique Victoire.

Pourtant, la comparaison, même quand elle est positive, est rarement constructive ; la plupart du temps, elle porte atteinte à l’estime de soi. Lorsque j’entre dans la boucle de la comparaison pour me comparer à quelqu’un, je me retrouve rarement à égalité : soit je me situe au-dessus, soit je me situe au-dessous de l’autre. Dans le premier cas, je peux facilement développer un sentiment de supériorité : « je suis meilleur que l’autre, je fais mieux, plus vite », ou plus parfaitement, ou plus efficacement. Le risque est que je ne perçoive plus l’autre que comme un moyen à ma disposition ou bien comme un obstacle à ma réussite, mais pas comme une personne à part entière.

Dans le second cas, c’est le contraire : je risque de développer un sentiment d’infériorité, qui peut m’envahir complètement : « je suis nul, je suis bon à rien ». Ce sentiment d’infériorité peut conduire à la jalousie, à la colère : je n’accepte pas que tel autre me surpasse dans tel domaine spécifique ; ou bien il peut conduire à un certain découragement, voire même à la dépression : « à quoi bon ? De toute façon, quels que soient mes efforts, je n’arriverai à rien, je suis trop nul ! » La comparaison est donc souvent un frein, et c’est certainement un obstacle au bonheur.

Voyons comment Elie se positionne : « Moi je ne me mesure pas aux autres, j’avance et j’essaye de solutionner les problèmes au fur et à mesure. Je ne cherche pas à me rassurer par rapport aux gens qui arrivent moins bien que moi ; j’admire les gens qui se débrouillent mieux que moi pour en prendre de la graine, je ne suis pas dans une logique de comparaison. »

Évitons la comparaison : c’est un poison !

Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Comparaison sociale

lundi 3 février 2014

Donner du sens au travail

Charlie Chaplin dans "Les temps modernes"
Il semble que la conception du travail, la valeur qu’on lui attribue, le sens même qu’on lui donne, ne sont plus tout à fait les mêmes aujourd'hui que pour les générations précédentes. La notion de travail qui, comme beaucoup d’activités humaines, tire sa plénitude de son exercice même, a été d’une certaine façon corrompue, dégradée lorsqu’on a progressivement séparé, à l’intérieur de l’entreprise, la conception de l’exécution : d’un côté le travail noble, intellectuel, et de l’autre la mise en œuvre, manuelle ou mécanisée. Cette séparation, qui tend à dévaloriser le travail manuel, dévalorise aussi l'acte de travail lui-même. Or, l’exercice du travail n’est pas sans connexion avec le sens de la vie humaine. Il y a même un lien extrêmement profond entre les deux, et l’affirmation, selon laquelle la société des loisirs est un idéal vers lequel tendre, pose bien des questions.

Pour beaucoup, la notion de travail est liée à des perceptions de plus en plus négatives, et les aspects contraignant deviennent primordiaux : le travail est perçu comme pénible, difficile, il réclame des efforts considérés de plus en plus comme des contraintes inacceptables.

Cette conception tend à limiter le travail à sa seule dimension alimentaire, alors que la vraie vie serait ailleurs. En conséquence, on peut être tenté de faire son temps de travail sans trop s’engager, d’arriver et de partir à l’heure. Car l’on ne commencera à vivre vraiment qu’une fois sorti, pendant son « temps libre », dans des loisirs estimés plus épanouissants.

Plus encore : fatigant, purement alimentaire, le travail peut être perçu comme un frein à la créativité. La séparation entre conception et réalisation oblige l’individu à s’inscrire dans un « process » où souvent l’acte posé a perdu son sens. Au niveau de la société tout entière, le travail apparait de plus en plus comme un mal nécessaire, un fardeau à alléger. Le temps de travail devient une marchandise comme une autre.

Pourtant, le travail demeure un moyen unique de se réaliser soi-même. En effet, on peut distinguer le travail au sens objectif, l’acte de transformation de la matière, et le travail au sens subjectif, l’acte par lequel la personne se réalise elle-même (individuellement et/ou collectivement) et contribue en quelque sorte à sa propre création.

Travailleur handicapé qui trouve une insertion sociale par le travail
Le travail permet à l’individu de répondre à ses besoins : si l’on reprend la classification de Maslow, ce sont d’abord les besoins physiologiques, puis les besoins de sécurité, mais aussi les besoins d’appartenance, ceux d’estime ou de reconnaissance, et enfin les besoins d’accomplissement. En travaillant, chacun contribue à la réalisation de sa propre humanité, à l’accomplissement de sa vocation en tant que personne. Finalement, ce n’est pas l’aspect financier, économique ou même le type de travail qui en fait la valeur, mais son sujet, c’est-à-dire la personne qui l’exécute, dans sa liberté. Liberté qui va avec responsabilité, comme le dit Saint-Exupéry : « Le simple berger lui-même qui veille ses moutons sous les étoiles, s’il prend conscience de son rôle, se découvre plus qu’un berger. Il est une sentinelle. Et chaque sentinelle est responsable de tout l’Empire ». (Citadelle)

Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Travail et loisirs


lundi 27 janvier 2014

Travail et loisirs

Cyrille, cadre dans une grande entreprise, est un passionné du rail et il occupe une bonne partie de ses loisirs autour de cette thématique : il a aménagé tout le grenier de sa grande maison pour y installer ses trains électriques en modèle réduit. Au fil des ans, il a acquis un grand nombre de locomotives et de wagons et construit tout un environnement, avec des gares, des aiguillages pilotés par une console électrique. Les trains évoluent dans un ensemble paysager empruntant tunnels et viaducs, traversant villes et campagnes. C’est pour Cyrille un loisir très sérieux : ses enfants ont le droit de regarder les trains mais pas d’y toucher !


Hans, lui, est décorateur de vitrines. Cette année, pour une chaîne de grands magasins, on lui a demandé de construire un décor avec des trains électriques. Il a donc reconstitué tout un paysage, avec une gare, des aiguillages, des ponts et des tunnels. Il est rémunéré pour cette activité : c’est son travail.

Emma est gardienne d’un portail et surveille les entrées de véhicules dans le domaine d’un grand laboratoire. Entre autres, elle vérifie le bon fonctionnement des barrières qui s’ouvrent automatiquement sur présentation d’un badge ; elle oriente les livreurs, les visiteurs et autres représentants vers les parkings qui leur sont réservés. Le matin et le soir, c’est la cohue et elle est fort occupée ; mais au milieu de l’après-midi, notamment en période de congés scolaires, il y a peu à faire : elle s’occupe en tricotant, et a ainsi réalisé toute la layette de son petit-fils.


Yvan est animateur dans un centre d’aérobic ; très sportif, il adore mettre au point de nouveaux exercices et anime de nombreux stages de remise en forme. Il aime son métier qui lui apporte beaucoup de satisfactions. Ida, quant à elle, profite de sa pause de midi pour suivre des séances de fitness deux fois par semaine avec des collègues, dans un centre de remise en forme situé à deux pas de son bureau. Très accro, elle s’y dépense beaucoup et n’épargne pas ses efforts : c’est son loisir.

Au sens économique, le travail est une activité organisée en vue de produire des biens et services répondant aux besoins individuels ou collectifs. C’est donc une nécessité contraignante. De l’autre côté, les loisirs (mot qui vient du latin licere, « être permis », sont les occupations, les distractions réalisées pendant le temps de liberté. Cependant, à travers les quelques exemples cités, que l’on pourrait facilement multiplier, l’on constate que la distinction entre travail et loisirs n’est pas si aisée qu’il pourrait sembler au premier abord. Qu’est-ce qui différentie, au fond, le travail par rapport aux loisirs ou aux distractions ?

Peut-être la différence entre les deux provient-elle de ce que le loisir serait synonyme de liberté, alors que le travail représenterait une contrainte. C’est vrai dans beaucoup de situations. Mais que dire d’un travail librement choisi et exercé, et à l’inverse de « loisir forcé » ?

Et vous, personnellement, qu’en pensez-vous ?

Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Donner du sens au travail
    S'organiser dans son travail
    Équilibre vie pro-vie perso
    Passe-temps ou hobby


lundi 20 janvier 2014

Interprétation des rêves

Joseph interprétant le rêve de Pharaon (James Tissot)
L’interprétation des rêves est un art extrêmement ancien dont on retrouve les traces, dans la plupart des civilisations, sur plusieurs millénaires. Elle a donné lieu à une littérature extrêmement abondante. N’étant pas moi-même onirologue (spécialiste des rêves), je ne prétends pas donner de recette infaillible d’interprétation, mais simplement, en me basant sur des conseils de spécialistes et sur une expérience personnelle de plusieurs années dans ce domaine, de proposer quelques indications à qui cherche du sens à ses rêves. Un approfondissement éventuel passera par un travail accompagné par un praticien expérimenté.
L’interprétation passe par plusieurs étapes.

Enregistrement du rêve
La plupart des rêves sont très éphémères, bien souvent ils s’effilochent dès le réveil ; il est donc important d’en recueillir le maximum d’éléments le plus vite possible avant qu’ils ne se soient évanouis. On peut par exemple disposer de quoi écrire près de son lit, ou encore d’un dictaphone pour les raconter avant même de se lever.

On a plutôt intérêt à avoir une certaine assiduité dans l’enregistrement de ses rêves, car ils se présentent souvent par séries à l’intérieur desquelles ils se complètent ou se répondent : l’inconscient est souvent répétitif.

Le scénario
Le rêve comporte en général plusieurs scènes, parfois sans lien apparent entre elles. Il s’agit donc de reprendre ses notes pour identifier chacune des scènes, puis dans un second temps de décrire brièvement ce qui se passe dans l’ensemble du rêve avec son fil conducteur : le scénario. Il peut être intéressant d’ajouter un titre au rêve, qui en soulignera l’orientation générale.

Les associations d’idées
Ensuite, l’on peut examiner chaque scène et les résonnances que cela évoque en nous. Une des méthodes consiste à travailler par association d’idées : installé dans un lieu calme et confortable, on laisse venir librement les idées ou images associées à la scène évoquée, sans en rejeter aucune, par exemple du fait de son absurdité ou de son peu d’importance. Souvent, ces associations d’idées permettent de trouver un sens à une scène auparavant incompréhensible.

La symbolique
Ce travail sera facilité par l’examen des symboles que chaque scène contient. Un symbole est un objet ou un fait naturel de caractère imagé (on peut le dessiner) qui évoque, par sa forme et sa nature, une association d’idées spontanées (dans un groupe social donné) avec quelque chose d’abstrait ou d’absent. Le symbole a un sens général mais il est aussi influencé par la personnalité et l’histoire du rêveur.

En dehors des symboles, l’inconscient joue aussi fréquemment sur le langage : mots à double sens, origine du mot (étymologie), etc. Penser aussi aux assonances, beaucoup utilisées par l’inconscient (par exemple, la mer = la mère ou l’amer ou l’âme erre).

Le décodage
En dernier lieu, on reprend pour chaque scène chacun de ses éléments en extrayant la signification qu’il peut avoir en fonction des indices glanés précédemment. Ce qui permet, à terme, de décoder le message du rêve : ce que notre inconscient cherche à nous dire par l’intermédiaire du rêve.

Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Rêves nocturnes
    La force des symboles

Symbolique des couleurs :
    Couleurs : rouge et orangé
    Couleurs : jaune et vert
    Couleurs : bleu et violet
    Couleurs : noir et blanc, gris, rose et brun

Sites externes :
 http://www.psychologies.com/Therapies/Psychanalyse/Reves/Articles-et-Dossiers/Sachons-utiliser-nos-reves
    http://reve.l.free.fr/index.html

Bibliographie :
Pratique :
Marielle LAHEURTE : 50 exercices pour décrypter ses rêves, éd. Eyrolles, Paris, 2013, 120 pages.
Ce petit opuscule fournit des outils simples pour apprendre à programmer et enregistrer ses rêves, interpréter les symboles qu'ils contiennent de façon personnalisée, les utiliser pour effectuer de meilleurs choix dans sa vie.






Approfondi :
Tobie NATHAN : La nouvelle interprétation des rêves, éd. Odile Jacob, Paris, 2011, 246 pages.

Tobie NATHAN est professeur de psychologie à l'université Paris VIII, spécialisé en ethnopsychiatrie. Tout au long de sa carrière de thérapeute, il a travaillé avec des patients et des collègues de cultures différentes, et il a puisé dans son expérience personnelle très variée pour écrire ce livre. Il a cherché aussi à croiser les données récentes issues de disciplines comme la neurophysiologie, la psychophysiologie, la psychanalyse mais aussi la mythologie.


Classiques :
Sigmund FREUD : Sur le rêve, éd. Folio Essais, Paris 2012, 147 pages. Titre original : Über den Traüm (1901)

Dans cette brève étude, le père de la psychanalyse expose sa méthode d'interprétation des rêves pour accéder à l'inconscient, méthode dont les outils sont directement empruntés à la psychanalyse. Il porte essentiellement son attention sur les procédés du "travail du rêve" en les illustrant par de nombreux exemples tirés de sa propre expérience ou de celle de ses patients.




Carl Gustav JUNG : Sur l'interprétation des rêves, Le livre de Poche, Paris, 2012, 317 pages. Titre original : Seminare : Kindertraüme, publié en 1987 à partir de séminaires tenus entre 1936 et 1941.

Après sa rupture avec Freud, Jung développa une méthode différente d'interprétation des rêves qui, sans renier l'apport de son ancien maître, essayait de dépasser ce qu'il considérait comme une fixation sur la théorie de la libido. Dans cet ouvrage, il passe en revue les grands systèmes d'interprétation des rêves depuis l'Antiquité et tente d'en expliquer les ressorts. 

lundi 13 janvier 2014

Rêves nocturnes

Tout le monde ou presque rêve la nuit – hormis quelques cas qui relèvent de la pathologie ou de personnalités tout à fait exceptionnelles – et chacun peut s’en souvenir, même ceux qui ont l’habitude de se réveiller le matin en ayant l’impression de ne pas avoir rêvé pendant la nuit.

Pour se souvenir de ses rêves, il existe une technique très simple : il suffit de décider, le soir, au moment de s’endormir, que l’on se souviendra de son rêve – ou de ses rêves – le lendemain matin, et de disposer à proximité de son lit de quoi écrire le contenu de ces rêves. Le fait même d'avoir pris cette décision sera intégré par l'inconscient, qui s'exprime dans les rêves, et il y a de grandes chances pour qu'au réveil on se souvienne d'éléments de rêves. Avec un peu de pratique, les souvenirs deviendront de plus en plus précis. 

Rêve (peinture R. Cherel)
Quel est l’intérêt des rêves, quel avantage peut-on avoir à se souvenir de ses rêves ? Le père de la psychanalyse, Sigmund Freud, affirmait qu’ils constituent la porte royale vers notre inconscient. Or, chacun de nous a accumulé dans son inconscient un trésor extraordinaire : la quasi-totalité des expériences de notre vie y reposent et sont encore disponibles, même si consciemment nous n’y avons pas accès. Selon un autre grand nom de la même discipline, Carl Gustav Jung, les rêves contribuent à l’équilibre psychique de l’individu en puisant non seulement dans son inconscient mais aussi dans l’inconscient collectif, à savoir une expérience rassemblée pendant des millénaires par nos ancêtres. Par ailleurs, notre inconscient fonctionne de façon très différente de la conscience, qui est plus rationnelle. Il est capable de faire des rapprochements entre des éléments parfois très éloignés, de faire apparaître des connexions entre des faits ou des expériences très variés, permettant d’envisager la question sous un jour nouveau et parfois, de façon intuitive, d’anticiper d’une certaine manière ce qui peut arriver.

Cauchemar (dessin R. Cherel)

Notre inconscient constitue donc une ressource très précieuse, mais il est souvent comme un coffre dont nous aurions égaré la clef. Alors, si les rêve en sont la clef, s’ils nous offrent un accès, même partiel, à ce continent inconnu qu’est notre inconscient, pourquoi s’en priver ? De ce fait, de manière très concrète, on peut se servir de ses rêves comme des voies vers les ressources de notre inconscient pour résoudre un certain nombre de problèmes : il suffit de se les poser le soir avant de s’endormir. Alors, avec un peu de pratique et après quelques essais, on s’apercevra dans un certain nombre de cas que le rêve propose une ou des solutions intéressantes et souvent originales au problème posé. D’ailleurs, certaines découvertes seraient directement issues de rêves : on cite par exemple la structure de la molécule de benzène vue en rêve par Auguste Kekulé, ou bien la composition, par Giuseppe Tartini, de la Sonate du diable qu’il avait entendue en rêve. Reste bien sûr un travail délicat à réaliser : celui de l’interprétation de nos rêves. 

C’est ce que nous pourrons aborder dans le prochain message. 


Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Interprétation des rêves
    Imagination