Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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lundi 3 mars 2014

Les critères de beauté physique

Nous avons vu dans le message précédent que la beauté physique induisait souvent un jugement favorable : mais qu’est-ce qu’une belle personne ? Existe-t-il vraiment des critères de beauté universelle ? On pourrait en douter, si l’on en juge par notre quotidien : les couples qui nous entourent ne sont pas tous des canons de beauté ; pourtant ils se sont probablement trouvés séduisants. Par ailleurs, nous nous rendons compte que les critères de beauté varient selon les sociétés où l’on vit. Prenons par exemple les critères de beauté féminine : dans la société traditionnelle chinoise, une femme était jugée d’autant plus jolie qu’elle avait de petits pieds ; cela n’est pas un critère décisif aujourd'hui. Les femmes girafes Padaung en Birmanie, ou celles qui vivent en Afrique du sud, sont jugées jolies d’après la longueur de leur cou ; pourtant elles ne nous paraissent pas plus belles que d’autres. Dans notre propre société, si l’on en juge par la peinture, on a célébré pendant des siècles la beauté de femmes bien en chair, alors que la mode actuelle valorise plutôt des corps minces. Certains top-modèles ont pu même être qualifiés de maigres – tendance récemment combattue dans la profession.

Il n’y aurait donc pas de critère objectif pour définir un standard de beauté universelle. Pourtant, force est de constater que certaines personnes sont indéniablement reconnues comme belles, quelle que soit la société dont elles sont issues ou l’époque à laquelle elles ont vécu. De très nombreuses études réalisées partout dans le monde montrent l’uniformité singulière des jugements de beauté. Comme le montre Jean-François Amadieu, un premier critère de beauté semble être lié à la symétrie. Les résultats des études récentes convergent sur ce point : un visage symétrique est jugé beau : peut-être parce qu’il renvoie une idée de jeunesse – les visages d’enfants sont plus symétriques – ou de santé. Mais la symétrie parfaite paraît trop artificielle : elle doit contenir un brin de fantaisie, d’originalité, un je ne sais quoi qui la fera remarquer…

D’autres critères sont fortement marqués par le statut social : c’est le cas de l’habillement. Mais le corps est également soumis à cette pression sociale. Par exemple, la pâleur du corps était valorisée jusqu’au début du siècle dernier : c’était l’apanage des classes sociales supérieures, qui ne travaillaient pas. Aujourd'hui, à l’inverse, les corps bronzés sont jugés plus esthétiques, parce que signes d’une vie plus saine, plus sportive et d’une meilleure santé.

Pour s’approcher de cet idéal impalpable de beauté, l’on a utilisé de tout temps des artifices qui modifient l’apparence du corps, comme le maquillage, le tatouage et l’utilisation d’accessoires, techniques complétées aujourd'hui de façon de plus en plus massive par la chirurgie esthétique. En ce qui concerne les vêtements, les normes qui régissent l’apparence des individus dans notre société n’ont pas disparu avec les costumes traditionnels ; au contraire, elles se sont complexifiées et ont éclaté dans la multiplicité des groupes sociaux.

Le maquillage a un réel impact sur l'image globale que l'on donne

La beauté n’en exerce pas moins sa loi : aujourd'hui, chacun est tenu de montrer, à travers son apparence extérieure, sa personnalité singulière et sa beauté intérieure. 




Renaud CHEREL


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lundi 24 février 2014

Les plus beaux sont-ils les meilleurs ?

L’apparence ne laisse jamais indifférent, et l’on a tendance à juger favorablement les personnes au physique agréable. Cette association spontanée et souvent inconsciente remonte aux temps les plus anciens : on en retrouve de nombreux exemples dans l’Antiquité, et dans toute l’histoire du Moyen-âge à nos jours. Dans la plupart des histoires traditionnelles et des contes, les méchants sont laids et les bons sont beaux, et ces codes ont été repris largement au cinéma et à la télévision. Quelques contes, comme « Le vilain petit canard », « La belle et la bête », « Riquet à la houppe » insistent bien sur le fait que l’individu laid n’est pas forcément méchant ou bête. Mais ces exemples sont rares et même dans ces contes-là, la beauté est implicitement liée aux qualités morales de la personne : à la fin du conte, le petit canard s’avère être un beau cygne, la Bête se transforme en prince charmant et Riquet devient beau par le charme de la belle qui l’épouse.

Riquet à la Houppe (illustration J. Lagarde)
Dans notre société actuelle, où l’apparence compte beaucoup, les personnes au physique avenant sont très favorisées, bien plus qu’on ne le croit généralement. De nombreux tests menés par les psychologues montrent que, dans pratiquement tous les domaines, les beaux sont jugés supérieurs aux laids :
- les belles personnes seraient plus sociables, avec une sexualité plus épanouie ;            
- elles seraient plus équilibrées, avec une meilleure santé mentale ;        
- elles auraient plus d’autorité naturelle ;    
- elles seraient plus intelligentes et leur opinion aurait plus de poids ;     
- etc., la liste est très longue ; au final les beaux seraient plus heureux que les laids. La seule qualité non reconnue chez ces personnes, c’est la modestie !

La Belle et la Bête (Walt Disney)

Cette tendance aux préjugés favorables à l’égard des beaux est suffisamment forte pour avoir suscité de nombreux proverbes ou adage destinés à les combattre, comme : « l’habit ne fait pas le moine », ou bien : « tout ce qui luit n’est pas or ». Mais dans la réalité, les stéréotypes demeurent très fortement ancrés, et la prime à la beauté fonctionne dès l’enfance : les beaux enfants bénéficient de plus d’attention et de bienveillance et sont privilégiés dès la maternelle par les enseignants. Au cours de leur parcours scolaire, ils se trouvent plus stimulés et récompensés. Un cercle vertueux s’enclenche : ces enfants acquièrent une meilleure confiance en soi, qui à son tour leur permet de progresser davantage que ceux jugés laids.

La discrimination se poursuit au-delà de l’école : l’apparence extérieure influe lourdement sur les recrutements. Les particularités physiques et l’aspect vestimentaire ont un poids variable selon les métiers : ils jouent davantage pour des postes de commerciaux ou de direction, moins pour des emplois administratifs ou de production. La beauté joue aussi auprès des collègues de travail et des supérieurs hiérarchiques. Il est vrai que les individus d’apparence agréable ont souvent développé des qualités de confiance en soi et de séduction recherchées par les employeurs ; mais on leur prête souvent
bien plus qu’ils n’ont...

Renaud CHEREL


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Bibliographie
Jean-François AMADIEU : Le poids des apparences - Beauté, amour et gloire, éd. Odile Jacob, 2011 (1ère édition 2002), Paris, 199 pages.
L'auteur, professeur de sociologie à l'université Paris-I, démontre chiffres à l'appui combien notre apparence physique influence notre réussite, aussi bien dans le domaine scolaire que dans la vie amoureuse, professionnelle ou politique.

lundi 17 septembre 2012

Donner du sens


Aube sur le lac Brome (Photo Anne Jutras)
Il nous arrive parfois de nous poser des questions sur le sens de notre vie. Ne suis-je que le produit, pour ainsi dire mécanique, d’une suite de hasards aveugles et ma vie n’est-elle rien de plus au fond que les mouvements d’une feuille ballotée par les caprices du vent ? Ou bien ai-je une part de liberté personnelle qui me permet de décider et de poser des actes responsables ? « Une des plus belles caractéristiques de l’être humain, c’est peut-être d’être un donneur de sens » écrit le psychiatre Christophe André. Le fait de trouver du sens à son existence est indéniablement un facteur d’équilibre personnel.
Si oui, je crois que ma vie a un sens, alors je peux en prendre davantage conscience, et travailler à cette recherche de sens grâce à une pratique quotidienne. Une des façons de réaliser cela, c’est de mieux vivrel’instant présent. Comment ?

En m’extrayant de mes comportements habituels
Dans certaines situations vécues comme stressantes, j’ai recours aux mêmes réactions, avec les mêmes pensées qui reviennent sans cesse tourner dans mon esprit. Je peux m’en écarter pour prendre conscience de moi-même et de mon environnement. Par exemple, si je suis bloqué devant un feu rouge, je puis sortir de mon énervement qui ne change rien à la situation mais qui, à la longue, nuit à ma santé ; réaliser que je suis vivant et que la situation n’est pas une catastrophe. Si je suis en train de patienter dans une salle d’attente, plutôt que de pester contre l’agent de l’administration ou le médecin, profiter de ce temps pour respirer, m’installer plus confortablement, être attentif aux personnes qui sont autour de moi et éventuellement échanger avec elles.

En étant présent à mes cinq sens
Nos cinq sens sont nos fenêtres sur le monde, mais il nous arrive de l’oublier… Souvent, propulsé en avant par mes projets ou perdu en arrière dans mes regrets, je ne suis pas là, dans l’instant présent. Je peux y revenir en étant conscient de ce que perçoivent mes sens. Ainsi, je profite de ma pause repas pour admirer les plats et mon environnement ; écouter la conversation et y prendre part, ou simplement être attentif à l’ambiance sonore ; ressentir le contact de la table et de la chaise ou bien le souffle de l’air sur mon visage ; percevoir les odeurs qui m’assaillent et les identifier ; savourer le plat que je goûte en tentant d’y discerner les divers ingrédients. Bref, me sentir vivant.

En redécouvrant la beauté des petites choses ordinaires.
Dans l’accomplissement de mon travail, plutôt que de fulminer contre tel collègue désagréable ou telle tâche répétitive, je peux retrouver le sens de mes gestes quotidiens, comment ils s’inscrivent dans un ensemble plus vaste. Et retrouver la beauté de chaque geste lorsqu’il est bien exécuté. Et si, en fin de compte, je trouve que ce que je fais n’a plus beaucoup de sens pour moi, qu’est-ce qui m’empêche de rechercher – sans pour autant me précipiter – une autre activité dans laquelle je m’accomplirais davantage ? 

Renaud CHEREL



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Liens externes :
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