J’aime me promener dans la forêt en toute saison et contempler les arbres divers ; ils nous offrent un spectacle sans cesse renouvelé. Contrairement aux apparences, la forme de l’arbre n’est pas constante et immuable, elle change et évolue constamment... mais évidemment son échelle de temps n’est pas la nôtre !
L’avez-vous déjà remarqué ? On peut souvent avoir une idée de l’espèce d’arbre à laquelle on a affaire simplement en regardant sa forme générale, à condition, bien sûr, que cet arbre n’ait pas été taillé par l’homme mais ait eu la possibilité de croître librement. En période hivernale, beaucoup d’arbres de nos contrées perdent leurs feuilles, et cela nous permet de discerner leur architecture, les formes que prennent leurs branches et qui leur confèrent leur silhouette particulière.
Pour chaque espèce d’arbre, et même pour chaque individu, c’est un peu comme une personnalité qui se dévoile alors. Observons par exemple des peupliers – qui n’aient pas été taillés récemment, car dans ce cas leur silhouette est complètement artificielle – nous constatons que la tendance est à la ligne droite. Rien ou presque ne vient entraver la croissance vers le ciel : dès qu’elles naissent du tronc, les branches s’incurvent vers le haut et poussent quasiment à la verticale. C’est ce type de croissance qui donne aux peupliers d’Italie leur silhouette si caractéristique et assez unique parmi les arbres de nos forêts.
Si l’on s’amusait à attribuer une personnalité aux arbres en fonction de leur aspect hivernal, je dirais pour ma part que le peuplier représente une certaine simplicité, une droiture qui, à la limite, confinerait à la rigidité. Sensation de rigidité souvent accentuée par leur plantation en alignements parfaitement ordonnancés.
Ce port n’a rien à voir avec l’allure générale du chêne, comme l’exemple photographié ici dans une forêt de l’ouest parisien :
Celui-ci dessine l’image d’une personnalité bien plus complexe. Voyez comme ses branches – les plus fines tout autant que les branches maîtresses – ne se tendent pas directement vers la lumière mais se tordent, partent à droite, hésitent puis repartent à gauche, semblant exécuter un certain nombre de contorsions dans l’espace. Le chêne, à l’allure si ferme et imposante lorsqu’il se pare de son feuillage, ne nous paraît-il bien plus torturé lorsqu’il en est dépouillé ?
Est-ce vraiment de l’hésitation ? Le chêne, symbole de force, de virilité et de sagesse, serait-il un grand timide, sous ses apparences conquérantes ? Ou bien les méandres dessinés par ses branches seraient-elles l’indice d’une personnalité astucieuse, voire calculatrice et contestataire ? Le chêne si vénéré des Français aurait-il quelque ressemblance avec l’âme de nos compatriotes ? A chacun de se faire son opinion.
Vous sentez bien que je m’amuse ici ; mais tout spectacle qu’il nous est donné de contempler est une occasion de s’émerveiller de la vie et d’en tirer des leçons. Pour moi, ce chêne si imposant dans sa parure d’été mais plus tourmenté intérieurement que les apparences ne le laissaient deviner, n’est-il pas une illustration très réaliste de ce que nous sommes parfois ?...
Renaud CHEREL
Voir aussi dans ce blog :
Promenades
Les arbres
L'écorce des arbres
Liens externes :
Le blog Fleurs sauvages de Renaud Cherel
Belles photos de nature avec Anne Jutras : Quand la neige vient changer vos plans
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Peuplier d'Italie (photo R. Cherel) |
Pour chaque espèce d’arbre, et même pour chaque individu, c’est un peu comme une personnalité qui se dévoile alors. Observons par exemple des peupliers – qui n’aient pas été taillés récemment, car dans ce cas leur silhouette est complètement artificielle – nous constatons que la tendance est à la ligne droite. Rien ou presque ne vient entraver la croissance vers le ciel : dès qu’elles naissent du tronc, les branches s’incurvent vers le haut et poussent quasiment à la verticale. C’est ce type de croissance qui donne aux peupliers d’Italie leur silhouette si caractéristique et assez unique parmi les arbres de nos forêts.
Si l’on s’amusait à attribuer une personnalité aux arbres en fonction de leur aspect hivernal, je dirais pour ma part que le peuplier représente une certaine simplicité, une droiture qui, à la limite, confinerait à la rigidité. Sensation de rigidité souvent accentuée par leur plantation en alignements parfaitement ordonnancés.
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Chêne en région parisienne (photo R. Cherel) |
Celui-ci dessine l’image d’une personnalité bien plus complexe. Voyez comme ses branches – les plus fines tout autant que les branches maîtresses – ne se tendent pas directement vers la lumière mais se tordent, partent à droite, hésitent puis repartent à gauche, semblant exécuter un certain nombre de contorsions dans l’espace. Le chêne, à l’allure si ferme et imposante lorsqu’il se pare de son feuillage, ne nous paraît-il bien plus torturé lorsqu’il en est dépouillé ?
Est-ce vraiment de l’hésitation ? Le chêne, symbole de force, de virilité et de sagesse, serait-il un grand timide, sous ses apparences conquérantes ? Ou bien les méandres dessinés par ses branches seraient-elles l’indice d’une personnalité astucieuse, voire calculatrice et contestataire ? Le chêne si vénéré des Français aurait-il quelque ressemblance avec l’âme de nos compatriotes ? A chacun de se faire son opinion.
Vous sentez bien que je m’amuse ici ; mais tout spectacle qu’il nous est donné de contempler est une occasion de s’émerveiller de la vie et d’en tirer des leçons. Pour moi, ce chêne si imposant dans sa parure d’été mais plus tourmenté intérieurement que les apparences ne le laissaient deviner, n’est-il pas une illustration très réaliste de ce que nous sommes parfois ?...
Renaud CHEREL
Voir aussi dans ce blog :
Promenades
Les arbres
L'écorce des arbres
Liens externes :
Le blog Fleurs sauvages de Renaud Cherel
Belles photos de nature avec Anne Jutras : Quand la neige vient changer vos plans