![]() |
Copie de la statue de la liberté à Paris (Photo R Cherel) |
Noé parle de son activité professionnelle : « Ce
qui me plaît dans mon travail, c’est que j’ai beaucoup d’autonomie ; je
prends les décisions que je juge utiles
et j’assume les responsabilités qui vont avec. Je dispose d’une grande liberté d’action.»
Ferdinand est plus amer : « Je me rends compte
que, dans mon existence, au fond, je n’ai guère eu le choix : j’ai
toujours agi en suivant la volonté ou les directives des autres : mes
parents, mes professeurs, mon patron, ma femme… Où est mon autonomie dans tout
ça ? »
Dans le langage courant, autonomie et indépendance sont deux
mots proches, pris parfois comme des synonymes qui évoquent la notion de
liberté. Pourtant, il existe entre ces mots une différence qui me semble
intéressante. Autonomie vient du grec auto, soi-même et nomos, loi : ce
qui est autonome se régit par ses propres lois, ce qui se détermine selon des
règles librement consenties. L’indépendance, du latin pendere, pendre, est
l’état d’une personne ou d’une entité qui ne dépend pas de quelqu’un ou de
quelque chose. Nous percevons ici que la définition même du mot autonomie est
exprimée par une phrase positive, celle du mot indépendance l’est par une
phrase négative.
L’analyse transactionnelle propose la distinction suivante
entre indépendance et autonomie : l’indépendance – état d’une personne qui
ne dépend pas de quelqu’un ou de quelque chose – serait plutôt en lien avec la
position « moi OK, toi pas OK » ; alors que l’autonomie –
capacité pour l’individu de déterminer librement les règles auxquelles il se
soumet – serait plus en lien avec la position « moi OK, toi OK ». Qui
dit autonomie dit capacité de faire des choix.
Ceci étant posé, il va de soi que, dans notre société,
indépendance et autonomie sont très relatives ; nous ne vivons pas chacun
sur une île déserte et la satisfaction de la plupart de nos besoins passe par
l’intermédiaire d’autres personnes : nous sommes tous plus ou moins
interdépendants. Quant à notre autonomie, notre capacité de faire librement des
choix, elle est limitée par toutes sortes de contraintes économiques, sociales,
culturelles.
Cependant, il me semble important de souligner ceci :
tant que je cherche à être indépendant, ou que je m’affirme comme tel, je
cherche probablement à m’opposer à quelque chose ou à quelqu’un qui m’empêche
d’être libre, à me libérer de son influence. Cela est aussi vrai pour un groupe ou une nation que pour un
individu : on parle par exemple de guerre d’indépendance. Mais en me
posant comme autonome, j’affirme tranquillement mon être, avec sa capacité de
choisir, sans forcément me situer en opposition à qui ou quoi que ce soit.
D’où la question : bien souvent, ne me faut-il pas
passer par l’étape de l’indépendance pour acquérir mon autonomie ?
Renaud CHEREL
Voir aussi dans ce blog :
Quitter père et mère
L'éducation des enfants
Liberté de l'enfant
La notion d'enfermement
Liens externes :
Le blog de Sylvain Reboul
http://www.agis.fr/?p=208
Indépendance et autonomie, quelles différences ? (blog Montessori)
Renaud CHEREL
Voir aussi dans ce blog :
Quitter père et mère
L'éducation des enfants
Liberté de l'enfant
La notion d'enfermement
Liens externes :
Le blog de Sylvain Reboul
http://www.agis.fr/?p=208
Indépendance et autonomie, quelles différences ? (blog Montessori)