Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...

lundi 27 janvier 2014

Travail et loisirs

Cyrille, cadre dans une grande entreprise, est un passionné du rail et il occupe une bonne partie de ses loisirs autour de cette thématique : il a aménagé tout le grenier de sa grande maison pour y installer ses trains électriques en modèle réduit. Au fil des ans, il a acquis un grand nombre de locomotives et de wagons et construit tout un environnement, avec des gares, des aiguillages pilotés par une console électrique. Les trains évoluent dans un ensemble paysager empruntant tunnels et viaducs, traversant villes et campagnes. C’est pour Cyrille un loisir très sérieux : ses enfants ont le droit de regarder les trains mais pas d’y toucher !


Hans, lui, est décorateur de vitrines. Cette année, pour une chaîne de grands magasins, on lui a demandé de construire un décor avec des trains électriques. Il a donc reconstitué tout un paysage, avec une gare, des aiguillages, des ponts et des tunnels. Il est rémunéré pour cette activité : c’est son travail.

Emma est gardienne d’un portail et surveille les entrées de véhicules dans le domaine d’un grand laboratoire. Entre autres, elle vérifie le bon fonctionnement des barrières qui s’ouvrent automatiquement sur présentation d’un badge ; elle oriente les livreurs, les visiteurs et autres représentants vers les parkings qui leur sont réservés. Le matin et le soir, c’est la cohue et elle est fort occupée ; mais au milieu de l’après-midi, notamment en période de congés scolaires, il y a peu à faire : elle s’occupe en tricotant, et a ainsi réalisé toute la layette de son petit-fils.


Yvan est animateur dans un centre d’aérobic ; très sportif, il adore mettre au point de nouveaux exercices et anime de nombreux stages de remise en forme. Il aime son métier qui lui apporte beaucoup de satisfactions. Ida, quant à elle, profite de sa pause de midi pour suivre des séances de fitness deux fois par semaine avec des collègues, dans un centre de remise en forme situé à deux pas de son bureau. Très accro, elle s’y dépense beaucoup et n’épargne pas ses efforts : c’est son loisir.

Au sens économique, le travail est une activité organisée en vue de produire des biens et services répondant aux besoins individuels ou collectifs. C’est donc une nécessité contraignante. De l’autre côté, les loisirs (mot qui vient du latin licere, « être permis », sont les occupations, les distractions réalisées pendant le temps de liberté. Cependant, à travers les quelques exemples cités, que l’on pourrait facilement multiplier, l’on constate que la distinction entre travail et loisirs n’est pas si aisée qu’il pourrait sembler au premier abord. Qu’est-ce qui différentie, au fond, le travail par rapport aux loisirs ou aux distractions ?

Peut-être la différence entre les deux provient-elle de ce que le loisir serait synonyme de liberté, alors que le travail représenterait une contrainte. C’est vrai dans beaucoup de situations. Mais que dire d’un travail librement choisi et exercé, et à l’inverse de « loisir forcé » ?

Et vous, personnellement, qu’en pensez-vous ?

Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Donner du sens au travail
    S'organiser dans son travail
    Équilibre vie pro-vie perso
    Passe-temps ou hobby


lundi 20 janvier 2014

Interprétation des rêves

Joseph interprétant le rêve de Pharaon (James Tissot)
L’interprétation des rêves est un art extrêmement ancien dont on retrouve les traces, dans la plupart des civilisations, sur plusieurs millénaires. Elle a donné lieu à une littérature extrêmement abondante. N’étant pas moi-même onirologue (spécialiste des rêves), je ne prétends pas donner de recette infaillible d’interprétation, mais simplement, en me basant sur des conseils de spécialistes et sur une expérience personnelle de plusieurs années dans ce domaine, de proposer quelques indications à qui cherche du sens à ses rêves. Un approfondissement éventuel passera par un travail accompagné par un praticien expérimenté.
L’interprétation passe par plusieurs étapes.

Enregistrement du rêve
La plupart des rêves sont très éphémères, bien souvent ils s’effilochent dès le réveil ; il est donc important d’en recueillir le maximum d’éléments le plus vite possible avant qu’ils ne se soient évanouis. On peut par exemple disposer de quoi écrire près de son lit, ou encore d’un dictaphone pour les raconter avant même de se lever.

On a plutôt intérêt à avoir une certaine assiduité dans l’enregistrement de ses rêves, car ils se présentent souvent par séries à l’intérieur desquelles ils se complètent ou se répondent : l’inconscient est souvent répétitif.

Le scénario
Le rêve comporte en général plusieurs scènes, parfois sans lien apparent entre elles. Il s’agit donc de reprendre ses notes pour identifier chacune des scènes, puis dans un second temps de décrire brièvement ce qui se passe dans l’ensemble du rêve avec son fil conducteur : le scénario. Il peut être intéressant d’ajouter un titre au rêve, qui en soulignera l’orientation générale.

Les associations d’idées
Ensuite, l’on peut examiner chaque scène et les résonnances que cela évoque en nous. Une des méthodes consiste à travailler par association d’idées : installé dans un lieu calme et confortable, on laisse venir librement les idées ou images associées à la scène évoquée, sans en rejeter aucune, par exemple du fait de son absurdité ou de son peu d’importance. Souvent, ces associations d’idées permettent de trouver un sens à une scène auparavant incompréhensible.

La symbolique
Ce travail sera facilité par l’examen des symboles que chaque scène contient. Un symbole est un objet ou un fait naturel de caractère imagé (on peut le dessiner) qui évoque, par sa forme et sa nature, une association d’idées spontanées (dans un groupe social donné) avec quelque chose d’abstrait ou d’absent. Le symbole a un sens général mais il est aussi influencé par la personnalité et l’histoire du rêveur.

En dehors des symboles, l’inconscient joue aussi fréquemment sur le langage : mots à double sens, origine du mot (étymologie), etc. Penser aussi aux assonances, beaucoup utilisées par l’inconscient (par exemple, la mer = la mère ou l’amer ou l’âme erre).

Le décodage
En dernier lieu, on reprend pour chaque scène chacun de ses éléments en extrayant la signification qu’il peut avoir en fonction des indices glanés précédemment. Ce qui permet, à terme, de décoder le message du rêve : ce que notre inconscient cherche à nous dire par l’intermédiaire du rêve.

Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Rêves nocturnes
    La force des symboles

Symbolique des couleurs :
    Couleurs : rouge et orangé
    Couleurs : jaune et vert
    Couleurs : bleu et violet
    Couleurs : noir et blanc, gris, rose et brun

Sites externes :
 http://www.psychologies.com/Therapies/Psychanalyse/Reves/Articles-et-Dossiers/Sachons-utiliser-nos-reves
    http://reve.l.free.fr/index.html

Bibliographie :
Pratique :
Marielle LAHEURTE : 50 exercices pour décrypter ses rêves, éd. Eyrolles, Paris, 2013, 120 pages.
Ce petit opuscule fournit des outils simples pour apprendre à programmer et enregistrer ses rêves, interpréter les symboles qu'ils contiennent de façon personnalisée, les utiliser pour effectuer de meilleurs choix dans sa vie.






Approfondi :
Tobie NATHAN : La nouvelle interprétation des rêves, éd. Odile Jacob, Paris, 2011, 246 pages.

Tobie NATHAN est professeur de psychologie à l'université Paris VIII, spécialisé en ethnopsychiatrie. Tout au long de sa carrière de thérapeute, il a travaillé avec des patients et des collègues de cultures différentes, et il a puisé dans son expérience personnelle très variée pour écrire ce livre. Il a cherché aussi à croiser les données récentes issues de disciplines comme la neurophysiologie, la psychophysiologie, la psychanalyse mais aussi la mythologie.


Classiques :
Sigmund FREUD : Sur le rêve, éd. Folio Essais, Paris 2012, 147 pages. Titre original : Über den Traüm (1901)

Dans cette brève étude, le père de la psychanalyse expose sa méthode d'interprétation des rêves pour accéder à l'inconscient, méthode dont les outils sont directement empruntés à la psychanalyse. Il porte essentiellement son attention sur les procédés du "travail du rêve" en les illustrant par de nombreux exemples tirés de sa propre expérience ou de celle de ses patients.




Carl Gustav JUNG : Sur l'interprétation des rêves, Le livre de Poche, Paris, 2012, 317 pages. Titre original : Seminare : Kindertraüme, publié en 1987 à partir de séminaires tenus entre 1936 et 1941.

Après sa rupture avec Freud, Jung développa une méthode différente d'interprétation des rêves qui, sans renier l'apport de son ancien maître, essayait de dépasser ce qu'il considérait comme une fixation sur la théorie de la libido. Dans cet ouvrage, il passe en revue les grands systèmes d'interprétation des rêves depuis l'Antiquité et tente d'en expliquer les ressorts. 

lundi 13 janvier 2014

Rêves nocturnes

Tout le monde ou presque rêve la nuit – hormis quelques cas qui relèvent de la pathologie ou de personnalités tout à fait exceptionnelles – et chacun peut s’en souvenir, même ceux qui ont l’habitude de se réveiller le matin en ayant l’impression de ne pas avoir rêvé pendant la nuit.

Pour se souvenir de ses rêves, il existe une technique très simple : il suffit de décider, le soir, au moment de s’endormir, que l’on se souviendra de son rêve – ou de ses rêves – le lendemain matin, et de disposer à proximité de son lit de quoi écrire le contenu de ces rêves. Le fait même d'avoir pris cette décision sera intégré par l'inconscient, qui s'exprime dans les rêves, et il y a de grandes chances pour qu'au réveil on se souvienne d'éléments de rêves. Avec un peu de pratique, les souvenirs deviendront de plus en plus précis. 

Rêve (peinture R. Cherel)
Quel est l’intérêt des rêves, quel avantage peut-on avoir à se souvenir de ses rêves ? Le père de la psychanalyse, Sigmund Freud, affirmait qu’ils constituent la porte royale vers notre inconscient. Or, chacun de nous a accumulé dans son inconscient un trésor extraordinaire : la quasi-totalité des expériences de notre vie y reposent et sont encore disponibles, même si consciemment nous n’y avons pas accès. Selon un autre grand nom de la même discipline, Carl Gustav Jung, les rêves contribuent à l’équilibre psychique de l’individu en puisant non seulement dans son inconscient mais aussi dans l’inconscient collectif, à savoir une expérience rassemblée pendant des millénaires par nos ancêtres. Par ailleurs, notre inconscient fonctionne de façon très différente de la conscience, qui est plus rationnelle. Il est capable de faire des rapprochements entre des éléments parfois très éloignés, de faire apparaître des connexions entre des faits ou des expériences très variés, permettant d’envisager la question sous un jour nouveau et parfois, de façon intuitive, d’anticiper d’une certaine manière ce qui peut arriver.

Cauchemar (dessin R. Cherel)

Notre inconscient constitue donc une ressource très précieuse, mais il est souvent comme un coffre dont nous aurions égaré la clef. Alors, si les rêve en sont la clef, s’ils nous offrent un accès, même partiel, à ce continent inconnu qu’est notre inconscient, pourquoi s’en priver ? De ce fait, de manière très concrète, on peut se servir de ses rêves comme des voies vers les ressources de notre inconscient pour résoudre un certain nombre de problèmes : il suffit de se les poser le soir avant de s’endormir. Alors, avec un peu de pratique et après quelques essais, on s’apercevra dans un certain nombre de cas que le rêve propose une ou des solutions intéressantes et souvent originales au problème posé. D’ailleurs, certaines découvertes seraient directement issues de rêves : on cite par exemple la structure de la molécule de benzène vue en rêve par Auguste Kekulé, ou bien la composition, par Giuseppe Tartini, de la Sonate du diable qu’il avait entendue en rêve. Reste bien sûr un travail délicat à réaliser : celui de l’interprétation de nos rêves. 

C’est ce que nous pourrons aborder dans le prochain message. 


Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Interprétation des rêves
    Imagination

lundi 6 janvier 2014

Poème d'hiver : Espérance

Tempête sur la côte

L’hiver est arrivé, accompagné de froid,
et puis de fortes pluies qui gonflaient les cours d’eau,
les faisant déborder, semant souvent l’effroi
car les inondations ne font pas de cadeau !
C’est la désolation pour bien des pauvres gens.
Et les vents en rafales ont soufflé en tempête
dans l’Ouest et le Nord, parfois en saccageant
maisons, bois et forêts sur les lignes de crêtes.

Suite à ces accidents, à ces calamités
combien se sont trouvés en dures conditions,
des milliers de foyers sans électricité,
et d’autres qui ont vu leurs biens en perdition.
Alors, si vous avez un bon toit sur la tête,
si vous bénéficiez d’un logement chauffé,
ayez une pensée vers ceux pour qui la fête
de fin d’année était plutôt catastrophée !

Dans notre vie aussi, nous vivons des hivers,
des périodes de froid ou bien d’isolement
parfois ; mais profitons de ces temps pour en faire
des moments pour rêver ou bien tout simplement
pour laisser remonter certaines émotions :
la peur ou la tristesse et la mélancolie,
le découragement, le regret des passions
qui se sont effacées, sont tombées dans l’oubli.

De la même façon, cependant, que la graine
enfouie sous la neige, à germer se prépare,
nous pouvons exploiter ce temps afin qu’il prenne
la place qu’il convient pour un nouveau départ.
À nous de retrouver le sens que nous donnons
à nos activités, jauger la profondeur
de ce que nous faisons ; et puis abandonnons
ce qui était stérile et n’a plus de valeur.

Car bientôt peu à peu les jours vont s’allonger
et progressivement les nuits se raccourcir.
Bientôt nous sentirons la durée prolongée
de l’éclat du soleil ; le temps va s’adoucir.
Le cycle des saisons va poursuivre son cours
tandis que des projets vont naître dans nos cœurs
des intentions, des plans pour de nouveaux parcours
que je souhaite féconds et porteurs de bonheur !


Renaud CHEREL



lundi 30 décembre 2013

Meilleurs vœux 2014 !


Que l'année 2014 vous apporte le succès dans vos entreprises,
la paix et la joie dans votre vie personnelle !


Renaud CHEREL


Ce message vous a plu ? Vous pouvez voir aussi dans ce blog :
      

lundi 23 décembre 2013

Comment cultiver nos différentes formes d'intelligence


Pendant longtemps, on a pensé que le niveau d’intelligence d’une personne était fixé très tôt et qu’il n’était pas possible de l’améliorer, ou très peu, car le cerveau ne faisait que perdre des neurones tout au long de la vie. Aujourd'hui, on sait que les capacités d’apprentissage d’un individu peuvent persister pendant toute son existence, même si avec l’âge l’acquisition de nouvelles connaissances ou de nouveaux comportements demande plus de temps. On a démontré récemment que de nouveaux neurones sont générés dans le cerveau des adultes jusqu’à un âge avancé, le sujet le plus âgé chez qui on a observé ce phénomène ayant 89 ans. Par ailleurs, il est prouvé que la curiosité, l’éveil et le plaisir favorisent le développement de ces néoneurones chez l’adulte, le rendant capable d’acquérir de nouvelles compétences.

Donc, quel que soit notre âge, nous pouvons améliorer notre intelligence dans l’un des domaines cités par le Dr Gardner. Voici quelques conseils généraux :

Cultiver sa curiosité
La curiosité est l'un des moteurs de notre intelligence : en observant, en lisant, en posant des questions, nous stimulons notre cerveau pour développer notre capacité à résoudre toutes sortes de problèmes, à élaborer des stratégies, à trouver des solutions et à les confronter avec d’autres. À nous de choisir des centres d’intérêts variés sur lesquels travailler avec plaisir.

Travailler sa mémoire
La mémoire sollicite les principales fonctions mentales, et entretient le bon fonctionnement du cerveau. Plutôt que de faire des exercices plus ou moins artificiels, le mieux est de travailler en situation : retenir sa liste de courses, se rappeler des prénoms des personnes qu'on a croisées dans une journée, les noms des rues par lesquelles on est passé...

Exercer son sens critique
Face au flot d’informations issues de la télévision, d’Internet ou des journaux, le fait de prendre de la distance et de se poser des questions nous permet de garder une attitude active et non pas passive. Il suffit de s’interroger régulièrement : « Cet argument est-il valable ? D’où cette information peut-elle provenir ? Y a-t-il d’autres conséquences non abordées dans cet échange ? Il manque un élément que les interlocuteurs n'ont pas abordé dans ce débat... »

Plus spécifiquement, on peut travailler par types d’intelligence :
* On peut améliorer son intelligence verbo-linguistique par la lecture, par la pratique de mots croisés, en jouant au scrabble ou autres jeux sollicitant notre vocabulaire.
* Pour stimuler son intelligence spatiale, on peut s’exercer à circuler sans GPS et à mémoriser ses trajets à partir d’un plan ou d’une carte.
* Sudokus, mots croisés, puzzles et jeux de stratégie sont des moyens ludiques efficaces pour stimuler l’intelligence logico-mathématique.
* Dans notre société où la musique est omniprésente, il n’est pas difficile de prêter attention aux mélodies et aux rythmes pour mémoriser celles qui nous plaisent davantage et développer notre intelligence musicale ; on peut aussi participer à une chorale dans le même but. 
* En étant attentif aux autres, en élargissant le cercle de nos relations sociales, nous améliorons notre intelligence interpersonnelle.
* En prenant des cours de yoga ou de Tai-chi, nous cultivons notre intelligence kinesthésique.

Le plus important est la motivation : après avoir fixé un objectif, choisir ses moyens et s’y tenir. Et restons réaliste, adaptons nos objectifs à nos possibilités : dans le domaine de la transformation de soi, il vaut mieux se fixer un objectif modeste et le réaliser, plutôt que de s'en fixer un extrêmement ambitieux et ne pas pouvoir l'atteindre !


Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Notre intelligence est multiple
    Les atouts de nos émotions

lundi 16 décembre 2013

Notre intelligence est multiple

Souvent, quand nous disons d’une personne qu’elle est intelligente, nous pensons qu’elle a une certaine facilité à faire des raisonnements logiques, qu’elle est capable de s’exprimer avec aisance, de faire des synthèses et de construire des arguments charpentés. À l’école, on a l’habitude de conférer à ces critères une grande importance, et ce sont ceux-là qui sont essentiellement mesurés dans les tests de QI (Quotient Intellectuel).

Mais on a depuis longtemps avancé l’idée que l’intelligence représentait quelque chose de plus large que la simple aptitude à formuler des concepts et des raisonnements rationnels. Le psychologue américain Howard Gardner a proposé en 1983 une théorie dite des intelligences multiples, qui à l’origine distinguait sept formes d’intelligence :

Intelligence verbo-linguistique (ou verbale) : capacité à employer le langage pour exprimer ou saisir des idées complexes. Elle passe par la lecture, l’écriture, la parole et l’écoute du discours des autres. Elle est particulièrement mise en œuvre par les écrivains, les poètes, les traducteurs et les interprètes, mais aussi toute personne ayant à utiliser la parole ou l’écriture.

Intelligence spatiale : capacité à s’orienter dans l’espace grâce à une représentation visuelle du monde. Elle est sollicitée dans les activités consistant à créer et à résoudre des problèmes dans le domaine visio-spatial : cartographie, dessin, photographie, etc., mais aussi pilotage d’engins ou de moyens de locomotion.   
                                     
Intelligence logico-mathématique : capacité de calculer, de faire preuve de logique, de raisonner et de résoudre des problèmes mathématiques et scientifiques. Elle permet d’analyser les causes et les conséquences d'un phénomène ou d'une action et d'expliquer le pourquoi des choses. Elle aide à catégoriser et à ordonner les objets.

Intelligence musicale : aptitude à penser en rythme et en mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les interpréter et d'en créer. Elle permet d’apprendre à jouer d’un instrument de musique ou à chanter.

Intelligence corporelle-kinesthésique : capacité d'utiliser son corps pour exprimer une idée ou une émotion ou réaliser une activité physique donnée de façon coordonnée. Elle est utilisée par exemple pour la danse, l’artisanat, les activités sportives ou la chirurgie.
   
Intelligence interpersonnelle (ou sociale) : capacité de comprendre et d’interpréter les comportements d’autrui. Elle permet l’empathie, la coopération, la tolérance et facilite la détection des intentions d’autrui. Cette intelligence aide à résoudre les problèmes liés aux relations avec les autres et de concevoir des solutions pour les aider.

Intelligence intrapersonnelle : aptitude à se former une représentation de soi précise et fidèle et à l’utiliser efficacement. C’est une capacité à décrypter ses propres émotions, à rester ouvert à ses besoins et à ses désirs : l'intelligence de l'introspection, de la psychologie analytique.

Plus tard, Gardner ajouta deux autres formes :
Intelligence naturaliste (écologiste) : capacité de reconnaître et de classer ses connaissances sur l'environnement naturel ; elle permet d’être sensible à ce qui est vivant ou de comprendre l’environnement dans lequel l’homme évolue. Elle s’applique aussi à l’univers culturel qu’elle permet d’interpréter.

Intelligence existentielle (ou spirituelle) : aptitude à se questionner sur le sens et l’origine des choses. C’est la capacité à penser nos origines et notre destinée.

Remarque :
Certaines formes d'intelligence prédisposent à l'exercice de certains métiers. Ainsi, comme l'illustre le schéma ci-dessous :
* Une personne douée d'une bonne intelligence interpersonnelle sera plus à l'aise dans des métiers privilégiant les relations sociales : conseiller, politicien, activités commerciales...
* Une bonne intelligence intrapersonnelle facilitera la pratique de métiers tels que chercheur, romancier, psychologue, coach...
* L'intelligence kinesthésique est requise pour les activités sportives de haut niveau, mais aussi des professions comme pompier ou chirurgien.
* L'intelligence musicale et rythmique est nécessaire dans les métiers musicaux : instrumentiste, chanteur interprète, compositeur, disk jockey...
* L'intelligence verbo-linguistique facilite l'exercice de métiers tels que journaliste, enseignant, avocat...
* L'intelligence logico-mathématique est importante dans les activités d'ingénieur, informaticien, comptable...
* L'intelligence naturaliste est fort utile pour l'agriculteur, le botaniste, le garde forestier...
* L'intelligence spatio-visuelle est d'une grande aide pour le navigateur, le sculpteur, l'architecte...
* L'intelligence existentielle aidera dans leur pratique le philosophe, le théoricien, le théologien...

MAIS...
Si, dans un premier temps, le choix d'une orientation professionnelle pour un adolescent ou un jeune adulte est grandement facilité en tenant compte des formes d'intelligence dans lesquelles il est le plus doué, n'oublions pas la capacité d'évolution et d'apprentissage dont tout être humain est capable ! Chacun de nous a potentiellement en germe plusieurs formes d'intelligence, et toutes n'ont peut-être pas été exploitées ! Il est donc tout à fait possible, dans le cours d'une vie, de développer de nouvelles formes d'intelligence pour lesquelles nous n'avions pas forcément les plus grandes aptitudes au départ, et d'en faire un métier pleinement épanouissant, même si c'est dans un domaine totalement différent de ce que nous avions fait jusque là.



Et vous, quelles formes d’intelligence possédez-vous ?


Renaud CHEREL


Cet article vous a plu ? Vous pouvez aussi trouver dans ce blog d'autres articles sur le même thème :
    Comment cultiver nos formes d'intelligence ?
    Faut-il chercher à tout comprendre?