Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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lundi 14 septembre 2015

L'identification, mécanisme de défense

Lors d’un stage de développement personnel, des stagiaires expliquent leur façon habituelle de fonctionner. Marjorie raconte : « Depuis toute petite, j’ai mis en place une stratégie d’adaptation. Je cherche à être plein de personnages différents, et je peux jouer plusieurs rôles dans la même journée. Je me pose toujours la question : "Qui j’ai en face de moi et comment je vais me comporter par rapport à cette personne ?" Je me situe par rapport à un rôle à jouer. »

Nathanaël adopte souvent des comportements assez semblables à ceux de Marjorie : « Au fond, j’ai besoin d’être aimé, admiré. Et pour y arriver, j’ai tendance à adopter les manières de faire de personnes que j’admire et qui me servent de modèles. J’ai plusieurs modèles en réserve, si je puis dire, et je choisis celui qui convient à la situation. »

Lucile approuve : « Pour moi, j’attache beaucoup d’importance au diplôme, au titre ; je suis fière de le dire. Je m’identifie à ce qui donne de l’image, ce qui donne de la sécurité, de l’identité, mais pas à ce que je suis réellement, au fond… Vous et moi, on est des caméléons, en fait. On cherche à l’extérieur des modèles de bons comportements. »

Marjorie, Nathanaël et Lucile utilisent un mécanisme de défense particulier, l’identification, par le moyen duquel ils s’attribuent inconsciemment des aspects d’autres personnes, qu’ils désirent posséder du fait de l’attrait ou de l’utilité que ces aspects représentent pour eux.

Précisons qu’au cours de leur développement, la plupart des humains passent par une phase d’imitation de modèles : les bébés acquièrent beaucoup de savoir-faire par imitation, les enfants imitent leurs parents, les ados se conforment à des modèles qu’ils admirent ou aux codes du groupe auquel ils appartiennent. Mais, au fur et à mesure qu’il acquiert son autonomie, l’individu va progressivement mettre en place ses propres échelles de valeurs, ses propres standards de comportement. Il aura donc moins recours à l’identification.


Pourtant, certaines personnes continuent toute leur vie d’avoir recours à l’identification presque constamment. Il faut reconnaître que c’est un mécanisme de défense particulièrement efficace, comme l’explique Lucile : «  J’aime changer de tenue ; mais changer de tenue, c’est s’adapter à son environnement. J’y fais gaffe, car je cherche à m’y fondre comme un caméléon : pour être acceptée dans un groupe, il faut prendre les critères de ce groupe-là. Pour moi, l’image, c’est faire bonne figure, montrer que je suis forte et non pas vulnérable. » Professionnellement, l’identification à un rôle – que ce soit le rôle du « bon » vendeur, du « bon » ouvrier ou du « bon » directeur – est très efficace et très valorisée par notre société.

L’utilisation d’un mécanisme de défense n’est pas mauvaise en soi ; mais y avoir recours de manière excessive présente des risques. À force de m’identifier à des modèles, à force d’imiter les autres, je risque de me perdre moi-même, de ne plus être en contact avec mon vrai « moi ».

Alors, usez-vous ou abusez-vous de l’identification ?


Renaud Cherel

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mardi 3 février 2015

Mensonge ou vérité ?

Pinocchio n'est pas très fier d'avoir menti...
Lors d’un week-end ensemble, des amis discutent de l’usage du mensonge.

-« Eh bien moi, déclare Adèle, je dois reconnaître que j’ai un peu menti sur mon CV pour être embauchée – mais vous ne le dites pas à mon chef ! – j’ai mis que j’étais « fluent » en anglais alors que c’est pas vraiment ça… Mais j’étais obligée, si je voulais décrocher ce poste d’hôtesse d’accueil. C’est pas très grave, j’arrive à me débrouiller… »

-« Moi, c’est avec les clients que je suis un peu limite, parfois, répond Christian. Au service réclamations, il faut dire que certains sont de vrais emm…, tu vois ce que je veux dire. Alors je leur balance n’importe quoi : les délais de retard, c’est le transporteur qui a mal fait son boulot, alors que je sais très bien qu’on n’a pas expédié à temps… »

-« Pour moi, c’est un peu plus embêtant, dit Diego : la direction nous a mis la pression cette année, et alors j’ai annoncé des objectifs de vente que je ne pourrai pas atteindre, c’est sûr… Je ne sais pas encore comment je vais me débrouiller pour justifier le chiffre réalisé. Il y a bien des astuces, mais je ne peux pas vous en parler… »

-« Moi, dit France, mon boulot ne me pose pas de problème et je n’ai pas besoin de mentir. Par contre, dans ma vie de couple, c’est compliqué. Je ne me suis pas décidée à dire à mon copain que je voulais rompre, alors que je sors avec un autre. Je ne veux pas le faire souffrir en lui disant que c’est fini entre nous… »

Aujourd'hui, l’usage du mensonge est généralisé dans la vie quotidienne. On ment pour ne pas décevoir, pour améliorer son image aux yeux des autres, pour gagner dans la compétition professionnelle, pour se trouver une excuse... On ment aussi pour justifier un premier mensonge : ainsi, le mensonge entraîne souvent le mensonge. Cette caractéristique a été largement exploitée pour en faire le premier ressort de beaucoup de romans, de films et de la majorité des pièces de boulevard et des comédies.

Dans le contexte professionnel, le mensonge peut devenir une habitude et finir par prendre les dimensions d’une spirale sans fin… Des exemples célèbres, comme le scandale Enron en 2001 qui a entraîné dans sa chute le cabinet Andersen, montrent que le mensonge peut détruire des vies professionnelles et des secteurs économiques.

Le mensonge est l’énoncé délibéré d’un fait contraire à la vérité : c’est une forme de manipulation qui vise à faire croire ou faire faire à l’autre ce qu’il n’aurait pas cru ou fait s’il avait su la vérité. Cela pose des questions morales ou éthiques. D’un autre côté, « toute vérité n’est pas bonne à dire » ; il est souvent nécessaire de considérer le contexte et aussi la façon de le dire ou de le faire savoir.

Alors, faut-il toujours dire la vérité, toute la vérité ? Je vous propose d’en reparler dans le prochain article.


Renaud CHEREL


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    Congruence
   Quels jeux de rôles jouons-nous ? 

lundi 15 avril 2013

Construire l'image de soi


Dans le message précédent, nous avons vu combien l’image de soi dépendait de l’image que nous renvoient les autres de nous-mêmes. La représentation que l’on se fait de soi-même quant à son physique et à ses capacités dans tous les domaines est très subjective. Cette image mentale n’est pas toujours très réaliste, cependant nous y croyons.

L’image de soi a pu être déformée pour différentes raisons. Par exemple, de nombreuses expériences ont montré que les attentes des professeurs vis-à-vis de leurs élèves influaient sur les performances de ces derniers. Mais cette influence est contrebalancée par les attentes perçues par le jeune dans d’autres domaines. Par exemple, s’il est apprécié et considéré dans sa famille, il sera plus résistant au regard dépréciatif d’un enseignant. Inversement, si les jugements qu’il perçoit dans les différents domaines de sa vie sont tous négatifs, il lui sera beaucoup plus difficile de conserver une bonne image de soi.

Dans le domaine de l’image mentale corporelle, c’est-à-dire l’image que l’on a de son propre corps, le matraquage publicitaire, qui nous impose à travers les médias des modèles au physique idéalisé, peut contribuer à cultiver une mauvaise image de soi. Pour tenter de ressembler à ces modèles, cela peut conduire certaines personnes à des troubles de comportement graves, comme l’anorexie ou la boulimie.

Dans le domaine affectif aussi, l’image de soi peut être affectée par les succès ou les échecs relationnels que nous avons vécus auparavant, ce qui peut nous rendre plus timide ou plus hésitant pour initier de nouvelles relations.

Ainsi, l’image que nous avons de nous-mêmes influe sur nos comportements, notre capacité d’agir, notre enthousiasme, lesquels influenceront en retour le regard des autres sur nous… Nous nous inscrivons alors dans une sorte de spirale : le regard que nous portons sur nous-mêmes et celui que les autres portent sur nous s’influencent réciproquement. Comment s’en sortir ?

Dans les cas les plus sévères, il est conseillé d’entamer une psychothérapie.
Dans d’autres cas, des ajustements peuvent apporter de bons résultats. Voici quelques suggestions :

Vous pouvez faire appel à une aide extérieure, par exemple :        
- Suivez quelques séances de coaching ;      
- S’il s’agit d’une mauvaise image corporelle, prenez conseil auprès d'une esthéticienne ou d’une spécialiste en relooking ;        
- Faites des séances d’art-thérapie.  

Vous pouvez aussi travailler sur vous-même :        
- Appuyez-vous sur vos succès passés. Rappelez-vous une occasion où vous avez eu le sentiment d’avoir réussi : comment vous y êtes-vous pris ? Quelles étapes avez-vous franchies ? Quelles étaient vos émotions à ce moment-là ?           
- Cessez de vous comparer aux autres, réjouissez-vous plutôt de ce que vous avez de bon en vous.   
- Faites des projets, rêvez de ce que vous pourriez faire. Pensez à la façon dont vous aimeriez mener votre vie. Fixez-vous des objectifs et établissez un plan d’actions. N’oubliez pas de célébrer vos succès.          
- Faites des activités que vous aimez, avec d’autres : du sport d’équipe, de la musique dans un orchestre ou une chorale, du bénévolat dans une association… En apportant quelque chose de positif aux autres, vous vous faites du bien à vous-même.


Renaud Cherel



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    Image de soi image des autres
    Les plus beaux sont-ils les meilleurs?
    Sentiment de culpabilité