Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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lundi 8 juin 2015

Comment améliorer son écoute

L’écoute active passe par plusieurs étapes :

Première étape : il s’agit de concentrer mon attention sur la personne qui s’exprime, et donc de mettre de côté mes propres besoins et préoccupations. Je vais alors mettre en œuvre la perception la plus large possible de ce qui est émis par mon interlocuteur : non seulement le contenu verbal de ce qu’il exprime, mais aussi le volume et le ton de sa voix (le paraverbal) ainsi que ses mimiques et sa gestuelle (le non verbal). Enfin, je vais prendre en compte le contexte dans lequel s’inscrit cette communication : une personne ne s’exprime généralement pas de la même manière en public qu’en privé, dans un environnement stressant ou au contraire détendu.

Seconde étape : comprendre ce qui a été dit ou exprimé. Je n’entends pas aussi bien dans le brouhaha d’une foule que dans une pièce calme, et je risque de perdre des éléments d’information, diminuant mes chances de comprendre parfaitement mon interlocuteur. Par ailleurs, je m’assure de la signification des mots qu’il utilise, a fortiori s’il s’exprime dans une langue étrangère. Même en français, le sens des mots peut varier selon les locuteurs, ce qui peut parfois amener à des contresens. À ce stade, il est utile d’opérer un retour d’information, en restituant à mon vis-à-vis ce que j’ai compris de ce qu’il vient de dire. D’où l’intérêt de la reformulation, dont le sujet a déjà été traité dans une lettre précédente. Précisons seulement que la reformulation, pour être efficace, va prendre en compte à la fois les mots prononcés par l’interlocuteur et son langage non verbal, tout en le laissant libre de sa réponse et de son cheminement.

Troisième étape : bien interpréter. Muni des informations et indices précédents, je peux être en mesure d’entendre ce que je pense être le véritable message derrière la façade de ce qui est dit. Il y a là évidemment une part d’interprétation : à travers son rire un peu forcé, j’entends que telle personne est en réalité au bord du désespoir. Face à telle autre qui me dit que tout va bien alors qu’elle se tord les mains, je discerne une certaine souffrance. Cette capacité d’interprétation juste n’est pas l’apanage de quelques personnes très douées, mais peut être cultivée par tout un chacun, notamment en utilisant la reformulation. Pour que cette interprétation soit la plus fidèle possible, il me faut lâcher prise de mes propres opinions et jugements pour donner place à la personne qui parle. Et si, m’ayant entendu reformuler ce qu’elle a dit, la personne me répond : « Non, ce n’est absolument pas cela que je voulais dire », c’est une excellente occasion pour moi de corriger et d’améliorer ma façon d’interpréter.

Dernier point, et non des moindres : il y a des moments où je ne suis pas en état d’écouter l’autre, parce que fatigué ou envahi par d’autres émotions. Dans ce cas, pourquoi ne pas le signaler en toute simplicité à mon interlocuteur, en prenant rendez-vous à un autre moment clairement défini ?


Renaud CHEREL


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    Ecoute active   

lundi 11 mars 2013

Améliorer sa qualité de présence

Portrait d'Edgar Morin.

Dans le message précédent, nous avons vu ce que le fait de vivre davantage l’instant présent peut nous apporter. Cela émane d’une sagesse vieille de plusieurs millénaires, remontant probablement aux racines de la culture humaine. Le fait de vivre pleinement l’instant présent a pour effet d’ouvrir notre esprit, notre cœur et nos sens. Nous nous approchons alors – sans y arriver parfaitement, car nous restons des êtres limités – de la perception des choses telles qu’elles sont et non pas déformées par le prisme de nos désirs, de nos aversions, ou de nos conditionnements sociaux et culturels. Les bouddhistes parlent du pouvoir libérateur de la pleine conscience. Ce type de présence au monde, ouverte et attentive, a des conséquences positives sur notre façon d’apprendre, notre santé physique et morale, notre qualité de présence à l’autre et finalement sur notre croissance personnelle et spirituelle. Mais comment accéder à cette qualité de présence ? Quelques pistes :

Le scan corporel : c’est un excellent moyen de prendre conscience de son corps et de développer à la fois sa qualité de concentration et la souplesse de son attention. Le scan peut être effectué debout, assis ou mieux, allongé – attention dans ce cas à ne pas s’endormir sous son effet relaxant ! Une des techniques de scan et la suivante : commencer par porter son attention sur les orteils du pied gauche puis remonter lentement l’attention aux sensations ressenties dans le pied et la jambe jusqu’à l’aine. Repartir des orteils du pied droit jusqu’au bassin, puis passer dans le bas-ventre et l’abdomen, la poitrine, le haut du dos et les épaules. Repartir des doigts des deux mains pour remonter à travers les bras pour revenir aux épaules. De là, remonter par le cou, parcourir toutes les régions du visage et la nuque pour atteindre le sommet de la tête par l’arrière. Terminer en imaginant de respirer par un trou au sommet de la tête, comparable aux évents d’une baleine : le souffle sort par le sommet du crâne comme s’il venait des orteils, et entre pour se répandre jusqu’aux orteils.

La connexion à la respiration : installé confortablement (allongé sur le dos ou assis) dirigez votre attention vers le ventre pour le sentir se soulever à l’inspiration et s’abaisser à l’expiration – c’est la respiration ventrale. Maintenez votre attention sur le souffle ; si votre esprit s’évade, notez ce qui vous a distrait et ramenez doucement votre attention vers votre respiration. Si cela vous arrive cent fois, ramenez chaque fois votre attention sur votre souffle sans vous agacer ni vous soucier de ce qui peut préoccuper votre esprit.
Cette connexion à la respiration peut se faire aussi sous forme de micro-pauses à différents moments de la journée.

Pour faire ces exercices, choisissez un endroit calme et propice, c’est-à-dire dans lequel vous vous sentez bien. Faire les exercices régulièrement et si possible au même moment de la journée. Car nous sommes des êtres cycliques et la répétition joue un rôle important, qui permet de renforcer et de mieux intégrer les attitudes – d’où l’intérêt des rituels, par exemple.


Renaud Cherel


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    Vivre l'instant présent
    Quelques outils pour se recentrer

Bibliographie :
Dr Jon KABAT-ZINN : Au coeur de la tourmente, la pleine conscience, éd. J'ai Lu, coll. Bien-être, Paris 2009. Titre original : Full Catastrophe Living. Using the Wisdom of Your Body and Mind to face Stress, Pain and Illness. Bantam Group, 1990.
Ce gros livre (784 pages) constitue le manuel complet de la MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), ou réduction du stress basé sur la pleine conscience, mise au point par le Dr. Kabat-Zinn. C'est un programme basé sur des techniques de méditation, permettant de réduire la douleur physique ou émotionnelle, l'anxiété et le stress, mais aussi à améliorer la qualité de votre vie et de vos relations.  

lundi 4 mars 2013

Vivre l'instant présent


Yvette est assise, en train d’écouter une conférence ; l’orateur vient de prononcer le mot « balançoire » et aussitôt, elle se revoit petite fille installée sur la balançoire dans le grand jardin de sa grand-mère : son frère la poussait de plus en plus haut, jusqu’à ce qu’elle pousse des cris de frayeur… Quand elle revient mentalement dans la salle, le conférencier a poursuivi son propos, et il faut quelques instants à Yvette pour comprendre de quoi il parle : elle s’aperçoit qu’elle a perdu le fil de la causerie.

Théodore se presse pour attraper son train ; tout en marchant, il est déjà mentalement à son bureau, en train d’anticiper la façon dont il va traiter les dossiers en cours. Ce faisant, il n’a pas vu la voiture qui arrivait au moment où il traversait la rue, et se voit ramené à la réalité par un puissant coup de klaxon.

Soline a l’habitude de faire un petit détour, en allant au travail en voiture, pour déposer sa fille devant l’école. Le premier jour des vacances scolaire, en se retrouvant devant l’école, elle réalise qu’il n’y a pas classe aujourd'hui – d’ailleurs sa fille n’est pas dans la voiture – elle aurait donc pu s’épargner ce détour.

Philibert est au volant, et son regard est accroché par la voiture de police qui vient de passer dans l’autre sens, gyrophares allumés. Cela lui rappelle instantanément la fois où il s’est fait arrêter sur l’autoroute pour excès de vitesse : il revoit mentalement la mine renfrognée du CRS qui l’interpellait… Mais pendant ce temps, Philibert n’est pas vraiment en train de conduire et sa sécurité dépend de la qualité de ses réflexes ; heureusement, cela ne dure qu’un instant, et son attention retourne sur la route… pour être happée un peu plus loin par autre chose.

Papillon butinant une fleur de knautia (photo R. Cherel)
Probablement avez-vous vécu ce genre de situations : la plupart du temps, nous fonctionnons mécaniquement sans être pleinement conscients de ce que nous sommes en train de faire. Notre attention a du mal à se concentrer longtemps, elle a plutôt tendance à vagabonder d’un objet à l’autre. Soit, comme Théodore, nous nous projetons dans l’avenir ; soit, comme Yvette ou Philibert, nous revenons dans le passé ; soit encore, comme Soline, nous avançons en pilote automatique. Dans la vie quotidienne, nous sommes très facilement distraits par un stimulus qui va s’emparer de notre attention, si bien que nous ne sommes plus là, mais perdus dans nos pensées, nos rêveries.

« Et alors, me direz-vous, en quoi est-ce gênant ? »
Simplement, à cause de cette activité intérieure, qui fait partie de ce que Blaise Pascal appelle la distraction, nous risquons de passer à côté d’une partie de notre vie, de réduire sa valeur et son sens. Nous pouvons même passer à côté d’expériences très précieuses, comme de ne pas être en lien avec ceux que nous aimons, de ne pas admirer la beauté de ce lever de soleil ou de ne pas ressentir la caresse du vent sur notre peau… 

Car nous n’avons que des instants à vivre.


Renaud Cherel


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lundi 14 septembre 2009

Points de vue

Nous avons tendance à ne voir qu'un aspect de la réalité...
Pendant ces vacances, la famille Dupont a dû faire un long trajet en voiture pour gagner son lieu de villégiature. Sur la route, Quentin a proposé à ses enfants, parmi d’autres activités, l’exercice suivant : « Vous allez bien observer ce que vous voyez sur la route ; et à l’arrivée, chacun dira ce qui l’a intéressé le plus. D’accord ? » Les jeunes regardent de tous leurs yeux.

A l’arrivée, on fait le point : -« Moi, dit la benjamine, j’ai vu plein d’animaux ! Il y avait de belles vaches dans les prés, des noires, des blanches, et d’autres avec plusieurs couleurs. J’en ai vu avec de grandes cornes, et d’autres, elles n’avaient pas de cornes du tout ! Et puis j’ai vu des moutons aussi, des gros et des petits. »

-« Moi, dit l’aîné, j’ai bien observé les panneaux publicitaires sur le trajet. Il y en avait des centaines, et de types très différents : certains étaient bien conçus, mais la plupart d’entre eux étaient de très mauvais goût, les couleurs étaient mal choisies... Et puis, ils ne sont pas toujours bien positionnés, parfois on a à peine le temps de les regarder. Je me suis fait un petit classement personnel, et j’ai placé la marque X en top position… »

Sa mère enchaîne : -« Les panneaux publicitaires ? Je n’y ai pas fait attention !… Par contre, j’ai regardé les maisons : celles où j’aimerais habiter, celles que je déteste… J’ai bien aimé, quand on a traversé les vieux villages, certaines de ces maisons qui ont du caractère. Avez-vous remarqué, les enfants, quand on est partis de chez nous, les maisons avaient des toits gris, en ardoise ? Mais ensuite on a trouvé des toits rouges, en tuiles, comme ici. »

Quentin n’a pratiquement rien vu de tout cela ; absorbé par la conduite sur une route où la circulation était dense, il a été plutôt sensible aux grands changements de paysage, depuis la plaine céréalière ouverte et un peu monotone de la région parisienne à la douceur des collines et du paysage en damier du Sud-Ouest. Ses yeux ont certainement vu les panneaux publicitaires et les troupeaux croisés sur la route, mais il n’en a rien retenu.

Cette petite expérience est le reflet de ce que nous vivons plus généralement : chacun de nous a son point de vue, mais nous ne sommes pas forcément conscients de n’observer qu’une partie de la réalité. Un peu comme si nous étions munis de lunettes avec des filtres différents : chacun voit une certaine tonalité, mais a du mal à prendre conscience des autres coloris.

Pourquoi ne pas profiter de cette rentrée pour nous ouvrir à d’autres points de vue, pour être plus attentifs à l’extraordinaire richesse de la réalité autour de nous ?


Renaud CHEREL

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