Marie-Anne explique : « Moi, je suis vraie, pas de faux-semblant : si une amie me demande mon avis sur sa coupe de cheveux que je trouve horrible, je lui réponds honnêtement. Il y en a qui se vexent, mais je ne comprends pas très bien pourquoi : il n’y a pas de quoi puisque c’est la vérité !
- Euh… ce n’est pas mon fonctionnement, répond Prudence.
Dans une conversation, j’ai tendance à me centrer sur les pensées de mon
interlocuteur plutôt que sur les miennes propres. On m’apprécie pour mon
écoute, mais ça me joue parfois des tours et je me demande si de temps en temps
je ne devrais pas être un peu plus catégorique.
- Moi, je suis direct, affirme Vianey, et je ne mâche
pas mes mots, ce qui est souvent pris pour de la grossièreté, même si ce n’est
pas mon intention. Je suis plutôt indépendant et je n’aime pas qu’on s’occupe
de mes affaires ; j’essaie de résoudre mes problèmes moi-même plutôt que
d’en discuter avec d’autres.
- Je suis très sensible aux émotions, intervient
Salomé : quand je regarde le journal télévisé, je suis très touchée en
voyant des personnes qui souffrent. Dans mes relations de tous les jours, il
m’est facile de me mettre à la place d’une autre personne et je pense que je
suis capable de prédire assez bien ses ressentis. »
L’empathie est la capacité de se mettre à la place d’autrui,
de se représenter ce qu’il ressent ou pense. Cela nécessite d’être capable de
faire la distinction entre soi et autrui et de réguler ses propres émotions. En
effet, dans l’empathie, l’émotion que je ressens se situe dans un juste milieu
entre l’absence de réponse émotionnelle (froideur) et une réponse trop intense
qui me paralyserait.
Quelle différence peut-on faire entre empathie et
sympathie ? Ces deux mots sont construits à partir du grec :
Em-pathie signifie “ressentir en dedans”. On partage le
point de vue d’autrui, pour observer ses pensées et sentiments. La conscience
de soi se place dans la situation d’un “autre” pour partager son expérience. Il
y a une recherche de compréhension et conscience.
Sym-pathie signifie “ressentir avec”. On fait un avec
l’objet observé et partage ses pensées et sentiments. La notion de sympathie
suppose donc une relation plus forte et plus affective, une attraction entre
les personnes concernées. La conscience est déplacée de soi vers l’autre. Il y
a fusion, plus ou moins inconsciente.
Une troisième notion assez proche des précédentes est celle
de compassion, mot construit à partir du latin cum patior, “souffrir avec”. La compassion a un caractère
actif : l’individu animé de compassion est porté à percevoir ou ressentir
la souffrance d'autrui, et il cherche à y remédier.
Les recherches sur l’empathie ont connu récemment un regain
d’intérêt suite à la découverte des neurones miroirs : lorsqu’une personne
observe l’état émotionnel d’une autre, cela active des neurones qui traitent ce
même état en elle-même et facilite son empathie. Notons qu’un certain nombre
d’animaux possèdent ces mêmes neurones miroirs.
Et vous, êtes-vous empathique ?

Gratitude
Ecoute active

Renaud CHEREL
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Ecoute active
1 commentaire:
Les notions sont si proches qu'il est difficile de distinguer en soi ce qui ressort de l'empathie, de la sympathie ou de la compassion devant une situation...
Je connais cependant des personnes nettement douées d'empathie et cependant dénuées de toute sympathie ou compassion, ce qui peut sembler très étrange...
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