Cerise a beaucoup de mal à aider sa fille à faire ses
devoirs et s’énerve rapidement : « Tu n’est pas capable de faire cet
exercice ? Mais c’est super facile, pourtant ! Vraiment pas douée… Qu’est-ce
qu’on va faire de toi, ma pauvre fille ? »
Georges, chef d’équipe dans une société de transport, ne
cesse de houspiller son personnel : « Mais qu’est-ce qu’on ma fichu
comme bande de manches, là ? Vous n’avez jamais appris à travailler ?
C’est pas du boulot, ça, c’est ni fait ni à faire ! Refaites-le moi, et
plus vite que ça ! »
Alix travaille bénévolement dans une association, mais ne
peut pas s’empêcher de critiquer constamment les décisions qui sont prises :
« Ils n’auraient pas dû faire ça, c’est complètement idiot ! Tous des
incapables dans cette asso, comment veux-tu que ça fonctionne correctement ? »
Nous autres Français sommes les champions du cynisme : possédant
souvent un sens critique aiguisé, dans toute situation notre premier réflexe
est de pointer ce qui ne va pas. Pourtant, l’expérience montre que la critique
est rarement la façon la plus efficace de faire progresser l’autre ou la
situation en général. D’autant plus que la critique des faits, parfaitement
justifiée, vire très facilement au jugement des personnes, ce qui provoque
rapidement des dégâts et des souffrances inutiles. On peut arguer que la
critique est stimulante : c’est vrai, à condition d’être employée avec
finesse et discernement ; mais dans la plupart des cas, les encouragements
donnent de bien meilleurs résultats. Ils sont efficaces vis-à-vis des adultes
en situation d’apprentissage ou d’adaptation à une nouvelle situation, et plus encore
quand on s’adresse à des enfants.
Encore faut-il savoir bien encourager. Encourager, c’est
inspirer du courage, de l’assurance face à une situation nouvelle, inconnue ou
difficile. Autrement dit, c’est inspirer la volonté de surmonter l’obstacle qui
se présente, en y mettant l’énergie nécessaire. L’encouragement n’est pas un compliment,
parole aimable qui met en valeur l’aspect, les qualités, les mérites de quelqu’un
et lui fait plaisir.
Dans une étude sur des enfants, le Professeur Carol Dweck a montré
qu’il existait deux façons d’encourager l’enfant, l’une positive (l’encouragement)
et l’autre néfaste (le compliment). Dans le premier cas, l’encouragement porte sur
ce qui dépend de la volonté du sujet et qui peut progresser : son travail,
son attention, sa persévérance… Dans le second cas, le compliment porte sur des
caractéristiques indépendantes de ses comportements : sa beauté, son
intelligence... L’étude montre que la répétition de compliment donne des résultats
inverses à l’effet recherché : l’enfant fera moins d’efforts et sera tenté
de mentir pour se maintenir au niveau suggéré par le compliment.
Le second point sur lequel porter son attention, c’est de proportionner les encouragements à l’effort fourni et non à la performance : les individus n’ont pas tous les mêmes capacités ni la même expérience. On pourra demander bien davantage à la personne aguerrie qu’au novice. Cela peut paraître évident, mais demande un minimum de connaissance de la personne que l’on encourage.
Qu’en pensez-vous ?

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Renaud CHEREL
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