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On s'engage vis-à-vis des autres, mais aussi par rapport à soi-même. |
Le risque de la fidélité conjugale, c’est de perdre la
possibilité de s'engager avec une autre personne ; en amitié, c’est de
passer à côté de milliers d’autres "amis" faute de temps. Le risque
de la fidélité à une promesse donnée, ce peut être des difficultés imprévues,
des conséquences non anticipées, mais aussi l’impossibilité de s’engager dans une
voie contradictoire. Celui de la fidélité à un fournisseur, c’est de laisser passer
des offres commerciales plus intéressantes.
Si la fidélité est liée à la notion d’engagement, elle implique
donc une prise de responsabilité : l’individu qui s’engage pour défendre une
cause, une valeur, un idéal, pour respecter une promesse, un contrat, endosse
une certaine responsabilité. Et celle-ci est elle-même lié à l’exercice de sa
liberté. En effet, peut-on vraiment parler d’engagement volontaire, peut-on
parle de prise de risques si ceux-ci sont pris sous la contrainte ? Soyons
réalistes, cependant : il nous arrive bien souvent de nous engager sans être
totalement libres, ne serait-ce que sous la pression sociale, sous le regard
des autres.
Il existe d’ailleurs un chapitre de la psychologie sociale qui
traite de cette question. La théorie de l’engagement examine notamment toutes les
techniques de persuasion pouvant amener quelqu’un à s’engager : ce que les
auteurs appellent la « soumission librement consentie ». Il n’est pas
inutile de prendre conscience de la façon dont nous fonctionnons à cet égard,
pour être finalement plus libre, plus fidèle à nous-même.
Enfin, la fidélité implique bien entendu une notion de durée :
on ne peut parler de fidélité si l’engagement pris est rompu aussitôt qu’il a
été prononcé. La fidélité se conjugue avec le temps, elle requiert des jours,
des mois ou des années pour acquérir tout son poids. La fidélité est donc
exigeante, elle demande un certain effort pour s’y tenir. C’est bien la raison
pour laquelle, dans notre société qui valorise la facilité et la satisfaction
immédiate, elle n’est guère promue. Les publicitaire ne s’y trompent pas, qui multiplient
les offres commerciales sans engagement : ils ne font que s’accorder à l’air
du temps.
« Alors, me direz-vous, pourquoi chercher à être fidèle
dans ses engagements, si c’est aussi difficile ? » Il me semble que
la fidélité est d’abord fidélité à soi-même : en m’engageant, j’engage
moi-même, j’engage ma personne. Et en étant fidèle à mes engagement, je suis congruent,
je donne une cohérence à ce que je suis, ce que je fais, ce que je dis.
Et cela n’a pas de prix.

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Et cela n’a pas de prix.

Renaud CHEREL
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