Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...

lundi 19 mai 2014

Comment éviter les gaffes



Certains d’entre nous sont plus sujets que d’autres à commettre des « bourdes », des maladresses sociales ou matérielles qui peuvent avoir des conséquences désagréables, à la fois pour soi et pour les autres. Est-il possible de supprimer, ou au moins de diminuer la fréquence de tels actes manqués ?


Selon les conceptions de la psychanalyse, l'acte manqué est en quelque sorte un acte réussi, puisque le désir inconscient qui était sous-jacent a fini par s’exprimer. La personne croit échouer, mais au fond elle a satisfait son désir inconscient.

Plusieurs approches peuvent permettre de limiter la répétition de ces actes manqués.

La première consiste à identifier, à repérer quel peut être le désir inconscient qui cherche à se satisfaire par l’intermédiaire de la maladresse commise. Le fait d’amener à la conscience ce qui n’y était pas peut dédramatiser la chose et permettre de mettre en place des stratégies constructives. Si Yoann peut retrouver la raison pour laquelle il en veut à son client, si Olivia peut regarder en face sa peur de la douleur et Nancy reconnaître la rivalité qui l’oppose à sa belle-sœur, et si Mathieu peut identifier le sentiment qu’il éprouve envers Arielle, chacun d’eux aura fait un premier pas vers la solution de son problème.


Notons cependant que cette identification n’est pas toujours aisée : notre inconscient ne se dévoile pas si facilement, et il peut arriver que d’autres, mieux que nous-mêmes, arrivent à discerner ce qui se passe en nous. C’est pourquoi le recours à une tierce personne peut nous être utile, en prenant soin de bien choisir cette personne : ami(e) ou proche – à condition d’avoir un regard bienveillant – médecin, coach, psychothérapeute…

Une technique préconisée par certaines approche – comme la PNL – consiste à visualiser la scène lors de laquelle on redoute de commettre des maladresse : l’entrevue d’embauche redoutée, la rencontre avec tel client stratégique, l’explication avec le conjoint ou les beaux-parents sur un point délicat… Au lieu d’éviter d’évoquer la situation que l’on craint, il s’agit au contraire de la visualiser comme un film, qu’on déroule mentalement de manière favorable. En se projetant le film plusieurs fois dans sa tête, on créera des conditions intérieures plus favorables et on augmentera les chances que tout se passe bien.


Une autre approche consiste à agir sur le corps, dont les tensions retentissent sur notre fonctionnement psychique. Il s’agit de créer un calme physique qui, tout naturellement, procurera un calme intérieur. On pourra utiliser pour cela les techniques de respiration et de méditation, la pratique régulière du yoga ou du tai-chi, la marche ou la pratique d’un sport ou même simplement le fait de s’isoler dans un lieu tranquille avant d’entrer dans la situation redoutée.


Enfin, si malgré toutes ces précautions, le lapsus est commis, la gaffe est réalisée, la façon dont nous réagissons peut faire la différence. Dans certaines circonstances, le fait de rester naturel, de continuer sur sa lancée peut être la meilleure solution. Dans d’autres, il est préférable d’assumer sa maladresse en reconnaissant qu’elle était provoquée justement par la peur de froisser l’autre.


Renaud CHEREL


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    Actes manqués

lundi 12 mai 2014

Actes manqués

Yoann a envoyé à son directeur commercial la copie du mail qu’il vient d’expédier à un client important, assortie d’un commentaire peu flatteur sur celui-ci. Malheureusement, il s’aperçoit avec consternation qu’en voulant faire vite, il a mis le client en question comme destinataire.


Au moment d’aller chercher sa fille à la sortie de l’école, Olivia réalise qu’elle a complètement oublié son rendez-vous chez le dentiste en début d’après-midi. Elle rappelle le cabinet pour reprendre un rendez-vous, mais comme elle a un peu honte de son oubli, elle invente une excuse en expliquant qu’elle était obligée de garder sa fille malade à la maison.

En cadeau d'anniversaire, Nancy a reçu un vase en porcelaine de la part de sa belle-sœur. Le lendemain, au moment d’y mettre des fleurs, elle fait un geste maladroit et renverse le vase qui se fracasse sur le sol de la cuisine. Nancy en est vraiment désolée et décide de ne pas en dire un mot à sa belle-sœur.

Nancy a-t-elle vraiment renversé le vase par hasard ?
En rentrant chez lui, suite à une visite chez Arielle, une connaissance, Mathieu s’aperçoit qu’il a oublié son parapluie chez elle. Il en est ennuyé car la météo annonce une semaine pluvieuse et cette personne habite assez loin de chez lui…

Ces erreurs, ces petits « ratés » dans la vie quotidienne sont appelés actes manqués. Il y a plus de 100 ans, Sigmund Freud a montré qu’ils n’étaient pas le fruit du hasard, mais plutôt la révélation involontaire de ce qu’on ne peut pas – ou n’ose pas – exprimer consciemment. Il se crée un conflit intérieur entre un désir inconscient et la volonté consciente, et l’acte manqué constitue un compromis pour tenter de résoudre ce conflit.

Reprenons nos exemples.
Yoann avait peut-être envie d’exprimer directement à son client tout le mal qu’il pensait de lui, mais les règles commerciales lui interdisaient de le faire. Son erreur lui a permis d’atteindre ce but.

Si Olivia a oublié son rendez-vous, c’est que la perspective d’une séance chez le dentiste n’était probablement pas très agréable pour elle et lui faisait peur. Son oubli lui a permis de réaliser son désir inconscient : éviter de souffrir.

Au fond, Nancy en a toujours secrètement voulu à sa belle-sœur de lui avoir « volé » son frère, dont elle était très proche. En cassant le vase, n’exprime-t-elle pas le fait qu’elle ne veut rien recevoir de sa belle-sœur ?

Sans se l’avouer vraiment, Mathieu éprouve plus que de la sympathie pour Arielle. Son oubli involontaire va créer une occasion supplémentaire de retourner chez elle et de lui parler, ce qui constitue finalement une perspective très agréable…

Certaines personnes sont coutumières de ces actes manqués et collectionnent les oublis, mais aussi les bourdes et les gaffes au point d’en subir des conséquences sociales ; d’autres le sont moins. La fatigue, le stress, le défaut d'attention, en diminuant le contrôle sur soi, peuvent favoriser la production d’actes manqués. L’usage d’alcool ou de drogues accentue encore cette tendance, bien évidemment.

Peut-on corriger, ou au moins diminuer cette propension ? Oui, nous le verrons dans le prochain article. 

Renaud CHEREL



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lundi 5 mai 2014

L'enchantement du monde

La pensée magique est un mode de pensée spontané de l’être humain, dont Max Weber disait qu’elle est un « enchantement du monde ». Non pas dans le sens d’émerveillement, mais d’ensorcellement, de mise sous le sortilège. 

Dans notre société largement désenchantée, deux domaines cependant font un usage assez intensif de la pensée magique : la publicité et la politique. Dans la publicité actuelle, on ne vend pas un produit mais un concept : par exemple la jeunesse, le naturel, le dépassement de soi ou la sécurité. En achetant le produit, le client acquiert la qualité vantée par la publicité. En politique, il est facile de déraper vers une forme de pensée magique en invoquant des formules incantatoires peu rationnelles. Dans les batailles électorales, combien voit-on de slogans garantissant de changer les choses comme sous le coup d’une baguette magique, ou d’affirmations péremptoires promettant de faire disparaître tous les obstacles ? En croyant que la parole incantatoire ait quelque chose à voir avec l’acte, et même qu’elle peut le suppléer, on est dans la pensée magique.

La pensée magique va souvent s’accompagner d’un peuplement du monde par des entités animées, représentant une opposition entre les forces du bien et celles du mal. Ainsi les mythologies de toutes les civilisations anciennes, qui peuplaient le ciel de dieux et déesses aux traits de caractère et aux émotions comparables aux humains. Les légendes de beaucoup de contrées font vivre des personnages tels que lutins des bois, farfadets, fées, elfes, nains, korrigans, ondines des lacs et rivières, sirènes des mers, gobelins, esprits frappeurs… sans oublier les vampires et autres créatures de la nuit, qui tous se comportent peu ou prou comme des humains.

L’attribution de caractéristiques humaines à des événements, des objets ou des animaux est nommée anthropomorphisme par les spécialistes. Cette propension peut être très banale : ainsi, cet homme qui donne un coup de pied à sa voiture en s’exclamant : « Qu’est-ce qu’elle a ? Elle ne veut pas démarrer ce matin ! » ou cette femme qui projette très spontanément sur son chat ses propres sentiments – alors que, très objectivement, il n’est pas possible de savoir ce qui se passe dans la tête d’un animal, fût-ce celui qui partage notre quotidien.

Cette propension naturelle à prêter des traits humains aux animaux a beaucoup été utilisée dans la littérature : on peut penser par exemple aux fables d’Ésope ou de La Fontaine, dans lesquelles le lion est autoritaire et magnanime, le renard est rusé et fourbe, etc. À notre époque, le cinéma et la télévision ont repris cette veine, avec les dessins animés de Walt Disney, les cartoons américains et de nombreux jeux vidéo. Mais, contrairement à la politique, on est là dans un univers ludique qui interfère moins directement avec la réalité.

Dans la série noire de BD "Blacksad", l'illustrateur Guarnido joue à merveille
des stéréotypes animaux : ici, les malfrats sont figurés par des reptiles.
La pensée magique, sous différentes formes, fait donc partie de notre quotidien. « Pas de quoi fouetter un chat », me direz-vous. Sans doute ; mais le fait d’en prendre conscience peut nous aider à mieux vivre en adultes libres et responsables.


Renaud CHEREL


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    Pensée magique

Bibliographie :
Les Fées, de Brian Froud et Alan Lee, Albin Michel, 1979. Ce livre, richement illustré de magnifiques dessins et aquarelles, explore et évoque le royaume de Féerie tel que décrit dans les mythes et légendes de différents pays, essentiellement de culture celtique ou anglo-saxonne. Sa lecture est un pur divertissement.

lundi 28 avril 2014

Pensée magique


Ernest joue régulièrement au Loto, et il lui arrive de gagner de petites sommes ; il est persuadé être capable d’anticiper les combinaisons gagnantes, mais que cela lui demande une intense concentration mentale. Ainsi, il explique à son entourage que, s’il n’a pas gagné cette fois-là, c’est qu’il était déconcentré. La prochaine fois, c’est sûr, il va décrocher le gros lot.

En prévision de l’été, Giselle a acheté une crème amincissante en se disant : « grâce à ce produit, ma silhouette va s’améliorer en un rien de temps ! Je vais avoir un corps plus mince, plus ferme, donc plus jeune. » Malheureusement, un mois plus tard, le miracle n’a pas eu lieu : c’est la déception pour Giselle, qui se sent coupable de ne pas arriver à s’occuper assez d’elle-même.


Jean-Gabriel transporte toujours avec lui, dans son portefeuille, un « vrai » trèfle à quatre feuilles qu’il a trouvé dans sa pelouse et qu’il a fait soigneusement fait sécher : il se dit que cela lui porte chance. Par ailleurs, quand il se trouve face à certaines difficultés, Jean-Gabriel a le réflexe de se croiser les doigts : il espère ainsi mettre de son côté les conditions favorables pour s’en sortir plus facilement.

Linda détient une liste de saints spécialisés dans la résolution de divers problèmes : saint Antoine de Padoue pour protéger ses petits-enfants, sainte Barbe contre les brûlures, saint Cloud contre les maladies de peau, sainte Apolline contre les rages de dents ; en dernier recours, pour les cas les plus difficile, elle invoque sainte Rita.

La plupart d’entre nous – même ceux qui s’en défendent – peuvent avoir recours une fois ou l’autre à des formes de ce qu’on appelle la pensée magique. Celle-ci pourrait être définie comme une tendance à chercher les liens symboliques et signifiants entre choses et événements. Autrement dit, la croyance que certaines pensées pourraient provoquer l’accomplissement de ses désirs ou empêcher des événements ou des problèmes.

Selon l’ethnologue Frazer, la pensée magique comporte deux grands principes :            
- La loi de la similarité : les objets présentant une ressemblance seraient liés de façon causale d’une manière incompréhensible par la science.    
- La loi de la contagion : les objets ayant été en contact physique ou ayant été associés dans le temps conserveraient un lien même après leur séparation.

En fait, même dans nos sociétés occidentales, les deux modes de pensée, magique et rationnelle, coexistent chez chacun à différents niveaux. Chaque enfant, au cours de son développement, passe normalement par une phase faisant intervenir la pensée magique. Dans son monde imaginaire, il se donne l’illusion d’un pouvoir sur les événements, choses et les gens. Une fois adulte, c’est la pensée rationnelle qui domine, mais nous conservons souvent des traces de pensée magique. Un excès dans ce domaine peut indiquer la présence de troubles anxieux, de dépression, de trouble obsessionnel compulsif (TOC). Mais pour la plupart d’entre nous, cela a le plus souvent de faibles conséquences.

Et vous, vous arrive-t-il parfois d’avoir recours à la pensée magique ? 

Renaud CHEREL


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    L'enchantement du monde

lundi 21 avril 2014

Jeux psychologiques

C’est Éric Berne, le fondateur de l’analyse transactionnelle, qui a introduit le concept de jeu psychologique. Prenons un exemple pour mieux comprendre :    
       
Térésa : « Papa, j’ai besoin que tu m’aides à faire mon devoir maths, j’y comprends rien.
- Tu as bien lu l’énoncé ?      
- Oui, mais c’est du charabias.          
- Quels sont les mots que tu ne comprends pas ?     
- Je comprends rien du tout ! C’est du chinois ! »   
Paco commence à s’énerver : « Mais enfin, c’est du français ! Tu sais lire tout de même !
-Si tu le prends comme ça, c’est même pas la peine que je te demande ! Tant pis, j’aurai zéro, et ce sera de ta faute !   
- Ma faute ? Mais c’est ton devoir ! C’est bien la peine que j’essaye de t’aider ! Chaque fois c’est la même chose, j’ai beau essayer de t’aider, tu m’envoies sur les roses. Puisque c’est comme ça, débrouille-toi toute seule !
Et le père s’en va en claquant la porte.

Éric Berne décrit ce type d’échange comme un jeu psychologique. Pourquoi utilise-t-il le mot « jeu » ? Parce que comme dans un jeu, les partenaires, tout en improvisant, suivent un certain nombre de règles, qui donnent un aspect répétitif à l’échange : Térésa et son père se retrouvent régulièrement dans cette situation, dont l’issue est quasiment fixée d’avance. La différence entre le jeu psychologique et le jeu conventionnel tient au fait que, dans le premier, les règles sont cachées, inconscientes pour les joueurs. Éric Berne parle d’une « série de transactions cachées, complémentaires, progressant vers un résultat bien défini, prévisible ». Le jeu psychologique est en fait un échange entre deux ou plusieurs personnes dont le but réel pour chacun n’est pas la poursuite de l’échange au niveau de ce qui est dit ou de ce qui est visible, mais à un niveau sous-jacent, caché. À l’issue de ce jeu, chacun va en tirer des bénéfices, mais ce sont des bénéfices négatifs : en effet, nous sommes des êtres sociaux et la plupart du temps, nous préférons recevoir un bénéfice négatif plutôt que pas d’interaction du tout.

Une façon de représenter le jeu psychologique a été proposée par Stephen Karpman avec ce qu’il appelle le Triangle dramatique : il explique que trois rôles sont nécessaires pour que le « drame » se déroule : un Persécuteur, un Sauveteur et une Victime. Bien entendu, ce sont en général des rôles fictifs, bien que parfois ces rôles deviennent réalité. Reprenons le scénario joué entre Paco et Térésa :

Au début de l’échange, Térésa se pose en Victime et Paco en Sauveur ; le Persécuteur, non présent, peut être représenté par le prof de maths. Au cours de l’échange, les rôles évoluent, et c’est le père qui se pose en Victime, plaçant sa fille dans celui de Persécuteur. C’est ce que Berne appelle le « coup de théâtre », avec un renversement des rôles et une sortie qui rompt l’échange, par exemple ici en claquant la porte.

Renaud CHEREL


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lundi 14 avril 2014

A quoi jouez-vous ?

Irène et son lapin prennent le thé
Irène, 6 ans, a installé son lapin en peluche devant sa dînette soigneusement disposée sur le sol et lui fait absorber un repas imaginaire ; ce faisant, elle imite les gestes de sa mère et utilise les mêmes expressions et les mêmes inflexions de voix pour inciter le poupon à finir son assiette. Irène aime bien jouer à la poupée.

Pour se maintenir en forme, Franck a décidé de faire de l’exercice deux fois par semaine pendant la pause de midi ; il avait le choix entre plusieurs possibilités, dont faire de la musculation ou jouer au tennis. Il a préféré cette dernière option et s’adonne régulièrement à ce jeu qui lui permet d’exercer à la fois son physique et son mental, en relation avec des partenaires agréables.

Justin en pleine action
Justin est un fan de jeux vidéos ; il a commencé très tôt dans son enfance mais, à plus de trente ans, il occupe une grande partie du temps passé dans les transports publics à jouer sur son Smartphone ; il aime bien en particulier les jeux de stratégie et les jeux d’aventure. Il déclare que cela lui permet d’occuper le temps de transport long et ennuyeux, mais aussi d’entretenir ses fonctions cérébrales.

Huguette joue régulièrement au bridge avec un cercle d’amies. Pour elle, c’est un rendez-vous à ne pas manquer, un moment de convivialité et d’échange : chacune invite à tour de rôle les autres chez elle à l’heure du thé, et le jeu s’organise dans une ambiance détendue en dégustant une nouvelle recette de petits gâteaux.

Le jeu, sous une forme ou sous une autre, fait partie de la vie de la plupart d’entre nous – il y a cependant des personnes qui ne jouent jamais – mais cette présence du jeu est sans doute davantage marquée aujourd'hui que par le passé. En effet, l’avènement des congés payés et l’élévation générale du niveau de vie ont contribué à augmenter considérablement la part des loisirs dans notre emploi du temps.

Mais qu’est-ce qu’un jeu, au fond ? Beaucoup de définitions ont été proposées, mais j’aime bien celle de Colas Duflo, pour qui le jeu est l'invention d'une liberté au sein d'une légalité particulière définie par la règle du jeu ; il utilise le terme « légaliberté » pour nommer cette liberté particulière. Ainsi, Irène fait évoluer son poupon à l’intérieur de règles non formulées : « On ferait comme si j’étais une maman et ce poupon, mon enfant. » Franck a choisi le tennis : c’est un sport, comme la musculation, mais cette dernière, qui ne suit pas de règles précises, n’est pas un jeu. On peut retrouver ces mêmes caractéristiques dans l’activité de Justin et celle d’Huguette.

Cette activité, à laquelle on s'adonne pour se divertir, tirer du plaisir et de l'amusement, n’a pas d’utilité directe. Par contre, elle joue un grand rôle dans le développement de qualités telles que la mémoire, l’imagination, l’attention, la concentration, l’adaptabilité, les capacités motrices, et plus généralement la capacité de résolution de problèmes et la compréhension des règles sociales.

Et vous, à quoi jouez-vous ?

Renaud CHEREL


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     Jeux psychologiques    

lundi 7 avril 2014

Compétition et concurrence

Compétition : recherche simultanée par deux ou plusieurs personnes d’un même avantage, d’un même résultat.

Concurrence : rivalité entre plusieurs personnes, plusieurs forces poursuivant un même but. Rapport entre entreprises, commerçants qui se disputent une clientèle.

Au XIXe siècle, les partisans du libéralisme économique ont justifié la concurrence en affirmant que c’était un fonctionnement naturel par excellence, et que les êtres vivants sont sans cesse dans un rapport de concurrence les uns avec les autres : la « Loi de la jungle ». Cette affirmation d’une « concurrence naturelle » a permis de justifier nombre de comportements négatifs par leurs conséquences sur les personnes et sur la société dans son ensemble. Et même si aujourd’hui l’on ne se réfère plus explicitement à cette théorie, il me semble – sans être en aucune façon un spécialiste en économie – qu’elle demeure un des piliers de beaucoup de théories économiques et qu’elle permet de justifier des décisions parfois discutables dans le fonctionnement des entreprises actuelles.

Or, cette affirmation s’inscrit dans un paradigme particulier : depuis Darwin, une sorte de dogme domine les science de la vie, que l’on peut énoncer de la manière suivante : la lutte pour la survie est le principal ressort de l’évolution du vivant. En découlent obligatoirement, disait-on, les rapports de concurrence. Pourtant, au cours de mes études, dans le cadre d’un DEA en écologie végétale en 1973 (il y a 41 ans déjà !), j’avais été intrigué par le fait qu’il existait, en dehors de la concurrence et de la compétition, des modalités de relations entre les êtres vivants extrêmement variées : la symbiose, le mutualisme, le commensalisme, le parasitisme... Mais tous ces types de relations étaient considérés à l’époque comme anecdotiques et sans grande influence sur le cours global des événements.

La compétition existe, mais ce n'est pas le seul mode de relation
Aujourd’hui, un très grand nombre de résultats expérimentaux contredisent ces hypothèses, et force est de constater que c’est exactement le contraire : ce sont les relations de coopération et de mutualisme qui dominent largement chez les êtres vivants, non seulement chez ceux qui nous ressemblent, comme les mammifères, mais aussi chez les plantes et même chez les bactéries et les virus ! Par ailleurs ces interactions ne concernent pas seulement les individus entre eux, mais souvent un ensemble très complexe, comprenant de nombreuses espèces différentes : c’est l’objet justement de l’écologie qui, avant d’avoir le sens politique qu’on lui donne aujourd’hui, désignait l’étude des interactions des êtres vivants dans leur milieu.

Nous sommes donc en train de changer notre vision des relations des êtres vivants entre eux. À la faveur de ces découvertes dans les relations naturelles, ne pourrait-on pas s’attendre à voir s’épanouir de nouveaux modèles économiques qui ne soient plus uniquement basés sur la concurrence, mais qui s’appuieraient au niveau théorique sur des relations de coopération et de mutualisme ? Bien sûr, il existe dans notre économie des sociétés coopératives de toutes sortes et des organismes mutualistes. Mais existe-t-il des modèles économiques globaux qui intègrent ces types de relations dans leurs fondements ?

Amis lecteurs, qu’en pensez-vous ?


Renaud CHEREL


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    Relations humaines