Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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mercredi 15 mars 2017

Compartimenter avec modération

Compartimenter sa vie, oui, mais avec des cloisons amovibles!
Il est vrai que le fait de compartimenter à l’excès ma vie et mes pensées peut avoir des conséquences négatives pour moi et pour mon entourage. Au niveau personnel, isoler mes pensées et les exploiter séparément peut créer, si elles sont conflictuelles, des problèmes mentaux et émotionnels. Par ailleurs, une trop forte concentration sur une activité ou un thème donné peut conduire à négliger les autres aspects de la vie et à en subir des conséquences néfastes. Au niveau relationnel, mon entourage peut ressentir de façon négative les cloisonnements que j’ai érigés dans ma vie et me reprocher d’être trop secret ou énigmatique.  

À l’inverse, une compartimentation modérée permet d’affronter bien des difficultés et d’enrichir mon existence. Par exemple, si j’arrive à séparer mon univers professionnel de ma vie domestique, mon foyer ne sera pas ou peu perturbé par les tensions du travail. Je ne ferai pas subir à mes proche ma colère ou ma mauvaise humeur dont en fait ils ne sont pas responsables. Par ailleurs, en me concentrant sur un problème sans me laisser distraire par d’autres préoccupations, je serai plus efficace et plus à même, une fois résolu, de passer au problème suivant.

Certaines personnes, on l’a vu, ont spontanément tendance à compartimenter leur vie. Si ce n’est pas votre cas, voici quelques pistes pour cloisonner votre existence et mieux gérer votre vie de tous les jours.

- Choisissez les domaines que vous désirez compartimenter. Par exemple vie professionnelle et vie familiale : cela n’implique pas de ne jamais évoquer mon travail en famille, mais de le faire de façon limitée. Par exemple, en rentrant à la maison, raconter à mon conjoint quelques événements clés, puis en rester là et m’impliquer pleinement dans les activités familiales.

- Ne faites pas plusieurs choses en même temps, surtout si elles appartiennent à des compartiments différents. En donnant toute votre attention au problème en cours, vous serez nettement plus efficace. Là encore, il faut nuancer : certaines personnes sont spontanément multitâches, d’autres moins. Certaines activités professionnelles demandent davantage de concentration sur un seul sujet, alors que d’autres demandent une attention plus flottante permettant de percevoir tout l’environnement. À vous de décider dans quel domaine vous concentrer.

Exemple, la gestion des mails : sauf si le cœur de votre activité repose sur ces échanges, réservez-leur des moments de la journée, plutôt que de vous laisser interrompre à tout instant. Car il faut plusieurs minutes pour se concentrer à nouveau sur une tâche interrompue.

- Donnez-vous un temps limite pour une activité ou une tâche donnée. Si vous savez par expérience que vous n’arrivez jamais à terminer dans les délais, accordez-vous dès le départ 50% de temps en plus, mais ensuite tenez-vous à cette limite que vous avez choisie.

- Restez le capitaine du navire de votre vie en gardant de la souplesse : les cloisons mentales que vous établissez ne sont pas là pour vous emprisonner, mais au contraire pour vous faciliter la vie. Établissez des ponts ou des transitions entre vos compartiments. Vous maintiendrez ainsi un bon équilibre mental et émotionnel.

 

Renaud CHEREL

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    Compartimenter sa vie?

lundi 18 mai 2015

Allier contrôle et lâcher-prise

Dans le domaine du contrôle comme dans d’autres, nous pouvons nous inspirer du philosophe Épictète : il nous conseille de nous concentrer sur ce qui dépend de nous et d’accepter sereinement ce qui ne dépend pas de nous, ce que l’on pourrait traduire aujourd'hui par le « lâcher-prise ».


Il n’est pas question de tout lâcher, mais d’acquérir une certaine souplesse, en adaptant nos attitudes en fonction de la situation. Reprenons les exemples de la semaine dernière :

- Philippine a mis au point une stratégie pour contrôler que son menu a la qualité désirée, en le faisant tester par d’autres personnes. Ce type de stratégie, couramment utilisé dans le domaine professionnel, est bien adapté à la situation et on ne peut que le recommander, notamment s’agissant d’un nouveau produit ou lors de circonstances inédites.

- On peut penser que Sylvestre a de bonnes raisons d’être très exigeant et même perfectionniste. Cependant, son comportement est-il bien adapté au travail qui lui est demandé ? C’est le cas par exemple s’il participe à l’élaboration d’ouvrages de grande qualité dans une maison prestigieuse. Par contre, si l’objectif de l’entreprise est de produire très rapidement et en masse des ouvrages bon marché, il lui sera peut-être reproché d’être tatillon et surtout de ne pas aller assez vite… Alors, à Sylvestre de jouer : s’il a une certaine influence sur la politique de l’entreprise, il peut éventuellement agir pour la réorienter vers plus de qualité – après s’être au préalable assuré qu’un marché existe et qu’il est accessible ! Sinon, il n’a qu’une alternative : ou bien faire preuve de souplesse et s’adapter à la politique de l’entreprise ; ou bien aller chercher ailleurs un contexte plus conforme à ses aspirations et à sa manière de faire.

- Natacha a pu vivre des expériences traumatisantes qui l’ont conduite à se couper de ses émotions et de son affectivité. Peut-être même que, dès l’enfance, elle n’a pas été encouragée à les exprimer. En cherchant à maîtriser tout se qui se passe en elle et autour d’elle, elle tente de se sécuriser et d’échapper à l’angoisse que les choses lui échappent. Bien sûr, ce comportement a des avantages en éliminant beaucoup de mauvaises surprises ; son efficacité et son organisation sont unanimement appréciées. Mais Natacha se retrouve en état de tension permanente et cela génère des frustrations en elle et dans son entourage. Ses enfants et ses proches se trouvent peut-être trop cadrés et souffrent probablement de son manque de démonstrations affectives. Là encore, une certaine souplesse lui permettra un fonctionnement plus harmonieux. En lâchant prise sur un certain nombre de choses moins prioritaires, en consentant à exprimer ses émotions, Natacha va permettre que s’améliore toute l’ambiance familiale.

Dans ces deux derniers exemples, il est question de changer pour s’adapter à la situation. Certains peuvent penser « Mais je ne peux pas changer, ce n’est pas possible, j’ai toujours fait comme cela ! » On ne peut pas changer son tempérament, certes, mais j’affirme que chacun peut changer de comportement, même à un âge avancé, s’il est motivé.


Renaud CHEREL


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    Locus de contrôle
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