Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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mardi 20 septembre 2016

Comment sortir de l'hyperactivité?


Il convient d’abord de préciser de quoi il s’agit, autrement dit de faire un autodiagnostic sur son comportement :  
- Est-ce que cette hyperactivité est liée à un contexte précis, par exemple mon activité professionnelle ou un événement familial particulier (heureux ou malheureux), ou bien est-ce que je me comporte ainsi à peu près dans tous les domaines et tout le temps ?
           
- Est-ce que je suis soumis à des pressions fortes dans mon travail, comme par exemple une demande d’augmentation du rythme d’activité ou des cadences, une évaluation continue des performances, une menace de licenciement… ? 
     
- Est-ce que dans le passé, mes parents ou mes proches me reprochaient déjà d’être un enfant très agité, ne tenant pas en place, hyperactif, ou bien avais-je plutôt un comportement normal par rapport à ce critère ?

Selon les réponses à ces questions, vous pouvez évaluer si votre hyperactivité est permanente, remontant à votre enfance, ou bien si elle est conjoncturelle, liée au contexte que vous vivez en ce moment.

Dans le premier cas, si vous vivez très bien avec cela, et que vous avez le sentiment de gérer correctement cette hyperactivité, il n’est probablement pas utile de changer : vous vivez intensément, vous avez des initiatives et de la créativité, en somme vous vivez ce qui demanderait plusieurs vies à d’autres : supprimer tout cela vous conduirait à un ennui mortel ! Si par contre ce comportement entraîne pour vous et votre entourage toutes sortes d’inconvénients et que vous vivez mal cette situation, vous souffrez peut-être du Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), auquel cas il serait bon de consulter un professionnel (médecin ou psy) qui pourra confirmer le diagnostic et indiquer un traitement approprié.

Dans le second cas(hyperactivité conjoncturelle), il vous faut évaluer l’origine de votre comportement, éventuellement en vous aidant d’une personne extérieure, par exemple un coach. Ensuite, il vous faudra mettre en perspective vos priorités. Autrement dit, choisissez un moment où vous êtes calme et détendu – au besoin, créez-le ! – pour vous poser les questions suivantes : Qu’est-ce qui est le plus important pour moi actuellement ? Vous pouvez répondre par un verbe. Prenez le temps d’approfondir : C’est vraiment cela qui est important pour moi ? Ou bien au fond c’est un écran de fumée ? Et cela s’appuie sur quelles valeurs ? – là vous répondez par des noms. 

À partir de ces réponses, tirez-en les conséquences : si vous consacrez la plus grande part de votre énergie à ce qui n’est pas le plus important pour vous, il est temps de changer. Rebranchez-vous sur le plus important, en laissant tomber ou en déléguant ce qui est secondaire. Modifiez progressivement vos rythmes et vos habitudes. Prenez le temps régulièrement de faire des pauses. Pratiquez la relaxation, les séances de massage ou des exercices de respiration. Adonnez-vous à un passe-temps qui vous permette d’être davantage dans la contemplation, la réception, que dans l’action, l’initiative : peinture, photo artistique, yoga... Prenez le temps de manger sainement en savourant chaque bouchée... 

Bref, prenez soin de vous !



Renaud CHEREL


Vous pouvez lire aussi dans ce blog des articles sur la même thématique :
    Gérer son temps
    La série 10 outils pour gérer le stress
    L'observateur intérieur ou la pleine conscience

Liens externes:
    Jeux cérébraux : http://fr.ibraining.com/
    Voir aussi article très documenté sur TDAH : http://www.tdah-adulte.org/

mardi 13 septembre 2016

Activisme et hyperactivité


Des amis discutent sur leur rapport au travail.

-« Moi, je cherche à faire des étincelles très vite, explique Josselin. Puis c’est le burn-out ! Plusieurs fois déjà ça m’est arrivé, suite à une période où j’ai travaillé jour et nuit, sept jours sur sept. Dans ces moments-là, il m’est impossible de prendre des congés.

- C’est un peu pareil pour moi, opine Vinciane. Je suis une fonceuse, j’ai de l’énergie. Je mets le masque de "Tout va bien !" et j’avance. Je dois toujours être moteur. Je fais, je crée des choses tout le temps. Déjà jeune j’étais comme ça : j’ai le souvenir d’une année scolaire en apnée pendant 9 mois…

- J’ai travaillé beaucoup – trop, explique Pétronille. J’ai beaucoup été dans l’efficacité, il fallait se sentir indispensable… et puis j’ai eu une grosse fatigue, et cela m’a fait réfléchir : j’avais la sensation de tourner dans le vide, un peu comme un hamster dans sa cage. Je cherchais à faire pour avoir. Je n’avais pas le droit d’aller mal. Maintenant j’ai changé de fonctionnement et je vais mieux.

- Oh là là, vous me faites peur, avec votre activisme ! s’exclame Marin. Rien que de vous voir faire, ça me fatigue. Moi, je prends mon temps pour faire les choses, et je déteste qu’on me bouscule. C’est vrai qu’au travail, on me met la pression ; mais si on insiste pour me faire aller plus vite, j’utilise plutôt la résistance passive. Je vais résister de façon invisible. Je n’ai pas eu de grosse promotion, mais bon… »

L’activisme, ou hyperactivité, est cité par un certain nombre d’auteurs comme faisant partie des mécanismes de défense psychologiques. Il s’agit de la « gestion des conflits psychiques ou des situations traumatiques externes, par le recours à l’action, à la place de la réflexion ou du vécu des affects. »

Alors que l’incapacité à tenir en place et l’hyperactivité chez les enfants sont souvent pris comme des signaux d’alerte, cela n’est plus considéré comme un problème à l’âge adulte. Au contraire, notre société valorise les comportements hyperactifs dans l’univers professionnel où la compétitivité fait rage. Pourtant, d’après les psychologues, l’activisme est souvent une façon de masquer ou de justifier une anxiété chronique, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de ne pas être aimé.

Mais on ne peut pas rejeter sur le seul individu au travail l’entière responsabilité de cette hyper-activité ; la vie professionnelle et même notre société dans son ensemble en prennent une part importante. On voit bien que l’organisation du travail impose des contraintes croissantes dans le cadre de la productivité. Le sujet est contraint de déployer des efforts considérables pour produire davantage, tout en maintenant un haut niveau de qualité. Le risque, pour celui qui réussit à s’impliquer subjectivement dans son travail, qui cherche à l’accomplir le plus consciencieusement possible, c’est de devenir vulnérable au risque de l’hyperactivité. Il risque de tomber dans un engrenage sans fin où on lui demandera toujours plus.

Peut-on sortir de l’hyperactivité ? Nous le verrons dans le prochain message.



Renaud CHEREL


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