Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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lundi 9 avril 2012

Se situer dans l'espace


Nous avons vu dans le message précédent (voir Se situer dans le temps) différentes manières de se situer dans le temps ; mais par ailleurs certaines personnes se situent plus facilement dans l’espace que d’autres.

D’une manière générale, on développe ses repères spatiaux dans l’enfance, en organisant l’espace en fonction de points de repère comme dedans, dehors, dessus, dessous, devant, derrière, en haut, en bas, etc. Ensuite vient la latéralisation, la capacité à distinguer la droite de la gauche.

Le sens de l’orientation est plus ou moins développé selon les individus. Il y a une vingtaine d’années, alors que nous habitions près d’Agen, un de mes fils avait invité un de ses copains – appelons-le Florent – à passer une semaine à la maison. Florent, qui habitait du côté de Toulouse, à 150 km de là, ne connaissait absolument pas notre région. Un jour, je les ai emmenés à Agen et après avoir garé ma voiture à la périphérie, nous avons déambulé dans la vieille ville puis nous nous sommes arrêtés dans un café. Au moment de repartir, je m’apprêtais à refaire le chemin en sens inverse, mais Florent me dit, en désignant une petite rue : « Pas la peine de faire ce détour, votre voiture est par là. » Je lui demandais : -« Tu connais Agen ? » -« Non, je ne suis jamais venu, mais je suis sûr qu’il faut aller dans cette direction. Vous pouvez me faire confiance, je ne me perds jamais. » Intrigué, j’acceptais de le suivre ; il nous fit passer par des ruelles que je ne connaissais pas, et après avoir parcouru un peu plus d’un kilomètre, j’eus la surprise de me retrouver dans la rue où était garée ma voiture. Il fallut me rendre à l’évidence : Florent avait un sens de l’orientation absolu.

Certaines personnes manipulent plus facilement que d’autres les concepts d’espace. Daniel s’est toujours trouvé très à l’aise pour imaginer des formes en trois dimensions dans l’espace et les manipuler par la pensée ; les notions de représentation de la perspective lui sont très naturelles et du fait de ses aptitudes, il s’est orienté vers des études d’architecte qu’il a brillamment conduites. Il a d’ailleurs mis du temps à réaliser que tout le monde ne possédait pas la même facilité à se projeter dans un espace à trois dimensions.

Enfin d’autres se sentent plus ou moins à l’aise dans leur corps. Lucie possède cette autre aptitude qui est de connaitre très exactement les limites de son corps et la place qu’il occupe dans l’espace : elle ne se cogne jamais, ses gestes sont précis et adroits et ses mouvements extrêmement fluides lui donnent une allure féline. Cette connaissance très précise de son schéma corporel l’a conduite très naturellement vers la danse classique où elle fait des merveilles.
   
À l’inverse, Augustine est assez maladroite, elle casse des objets et se cogne souvent aux meubles ; si le terrain est irrégulier, elle se tord facilement les chevilles en marchant : son schéma corporel est moins bien intégré.

Et vous, comment vous situez-vous dans l’espace ?

Renaud CHEREL




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    Dedans, dehors
    Se situer dans le temps

lundi 2 avril 2012

Se situer dans le temps


Montre molle (Salvador Dali)
Peut-être avez-vous remarqué combien nous sommes différents dans notre façon d’aborder, dans notre quotidien, les notions d’espace et de temps. Certains d’entre nous se sentent à l’aise pour évoluer dans l’espace mais moins bien dans le temps ; d’autres vivent dans le temps mais ne se meuvent pas très aisément dans l’espace ; enfin, nous connaissons des personnes qui semblent autant à l’aise dans l’un des domaines que dans l’autre et qui parviennent à équilibrer toutes les dimensions.

Je vous propose, à travers quelques exemples, d’examiner d’abord comment on peut se situer par rapport au temps qui passe. Car on peut se sentir préoccupé par le temps de façons fort variées :

Renée est particulièrement préoccupée par l’avenir et passe beaucoup de temps à se projeter dans le futur ; pour prévenir les accidents ou désagréments qui risquent de survenir, elle cherche à mettre en place mille stratégies aptes à y remédier. Par exemple, pour effectuer un déplacement, même de courte durée, elle emmène toujours une petite laine : « on ne sait jamais » ; tous ses objets personnels sont munis d’une étiquette avec son nom et son adresse : « au cas où je l’égare, on pourra me le renvoyer »…

Pour Marius, il a une vision plus optimiste du futur : demain est riche de promesses et il poursuit régulièrement plusieurs projets en même temps ; il se projette dans le futur pour planifier des activités intéressantes ou agréables. Capable de zapper sur autre chose si un projet ne peut pas se faire, il a toujours en réserve des alternatives et se trouve rarement pris au dépourvu.

Françoise est aussi sensible à la dimension du temps, mais d’une autre manière : préoccupée par le passé, elle aime se plonger dans ses souvenirs, dans la nostalgie d’un temps heureux qui n’est plus. Elle retient surtout les aspects positifs de ses souvenirs en effaçant plus ou moins consciemment les expériences difficiles ou douloureuses qu’elle a pu vivre. Elle passe de longs moments à se remémorer cet âge d’or, ce bon vieux temps où les choses étaient bien mieux qu’aujourd'hui. Elle en conserve un regret perpétuel, qui teintera toujours le présent qu’elle vit d’une certaine forme de tristesse et de mélancolie.

D’autres personnes sont, comme Françoise, occupées par leurs souvenirs, mais, contrairement à celle-ci, elles ont tendance à effacer les moments agréables pour se focaliser sur les réminiscences des expériences difficiles ou douloureuses.

Quant à Oswald, que ses collaborateurs qualifient volontiers de visionnaire, il se trouve lui aussi tendu dans le temps mais à l’opposé de Françoise, vers le futur lointain d’un monde qu’il voudrait idéal. Toutes ses actions présentes sont ordonnées en vue d’améliorer les choses, afin d’atteindre un jour cet idéal lointain de perfection qu’il entrevoie à l’horizon et dont le rêve lui insuffle une énergie qui entraîne les autres à sa suite.

Enfin, Nathan, lui, vit tout simplement dans le présent, goûtant intensément chaque instant qui lui est donné de vivre, sans trop se préoccuper de l’avenir et sans regret du passé.

Et vous, comment vous situez-vous par rapport au temps ?

Renaud CHEREL




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