Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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lundi 7 décembre 2015

Savoir demander de l'aide


Même si certains individus se sentent à l’aise dans la solitude ou vivent en ermites, nous autres humains sommes majoritairement des êtres sociaux. Qui n’a jamais eu besoin d’aide, ne serait-ce que pendant son enfance ? Nous pouvons d’ailleurs observer que toutes les sociétés, à toutes les époques, ont su élaborer des systèmes d’aides aux individus qui en avaient besoin. Dans une période où la menace d’attentats sanglants continue de planer, nous ressentons combien sont précieuses les manifestations de soutien et les aides apportées aux victimes et à leurs familles.

Mais il peut nous arriver de ne pas oser recourir à autrui pour résoudre un problème ou sortir d’une difficulté. En effet, demander de l’aide nous fait apparaître plus vulnérable et nous positionne en état d’infériorité, ce qui peut être inconfortable. Pourtant, nous pouvons considérer les choses sous un autre angle : en demandant de l’aide à l’autre, je lui rends paradoxalement un certain service. Je ne parle pas d’excès, bien entendu : il ne s’agit pas de décider de vivre toute sa vie aux crochets des autres ! Mais en sollicitant l’aide d’autrui, je lui envoie un message non verbal qui signifie « Je te fais confiance ».

Je lui donne l’occasion de se montrer généreux, d’exprimer des qualités et des aspects positifs de sa personnalité qui étaient peut-être sous-utilisés. Par là même, en lui demandant un service, je valorise cette personne, je lui accorde une dignité dont peut-être elle avait soif sans forcément avoir conscience de ce besoin de reconnaissance en elle. Le prix que je paye – celui de me sentir momentanément en état d’infériorité – est largement compensé, non seulement par l’aide concrète que je reçois, mais aussi par le lien qui s’instaure entre cette personne et moi, par le plaisir qu’elle ressentira de m’aider et par la valorisation de cette personne qui peut-être, grâce à ce service rendu, aura pris davantage confiance en elle.

Ainsi, la demande d’aide peut être un outil de valorisation : les éducateurs le savent bien, qui demandent aux jeunes des services dans lesquels ils vont pouvoir peu à peu exercer des responsabilités et s’affirmer. C’est aussi le cas, d’une façon un peu différente, dans le monde de l’entreprise, lorsqu’un responsable hiérarchique délègue un certain nombre de tâches à ses subordonnés. Cela suppose évidemment de sa part de bien savoir situer les limites du domaine de chacun et de savoir dire non quand cela est nécessaire.

Un exemple qui m’a beaucoup frappé est le geste de l’abbé Pierre, lorsqu’il rencontra Georges Legay en 1949. Ce dernier, un ancien bagnard, était désespéré, ne croyant plus en rien ni en lui-même et résolu à se suicider. L’abbé Pierre lui dit : « Je ne peux pas t'aider, je n'ai rien à te donner. Mais toi, tu peux m'aider à aider les autres. » Georges devint alors le premier compagnon d’Emmaüs et participa avec énergie au développement de ce mouvement.

Osons donc demander de l’aide à autrui, osons faire ce cadeau à l’autre en lui faisant confiance et en lui signifiant qu’il est important à nos yeux !


Renaud CHEREL


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    Demander de l'aide,  mécanisme de défense
    Oser demander
    Donner et recevoir

lundi 30 novembre 2015

Demander de l'aide, mécanisme de défense

Faut-il attendre la dernière extrémité pour demander de l'aide?

Wilfrid se rendait avec sa femme Peggy à un mariage, à une centaine de km de chez eux. Son GPS était en panne, mais il a assuré maîtriser la situation : « Pas de problème, je connais le chemin ». Sauf qu’il a pris la mauvaise sortie d’autoroute… et qu’il n’a jamais voulu s’arrêter dans une station-service pour demander sa route. Résultat, alors qu’ils étaient partis avec un peu d’avance, ils sont arrivés à la cérémonie avec un bon quart d’heure de retard. Ce genre d’incident, qui se renouvelle assez fréquemment, a le don d’énerver Peggy : « Mais pourquoi ne demande-t-il pas de l’aide ? Ce n’est tout de même pas compliqué ! »

Sylviane, divorcée récemment, a du mal à s’organiser avec ses deux enfants en bas-âge. Mais elle a osé faire appel à son réseau d’amies, et celles-ci ont répondu positivement : elles la soutiennent et lui rendent de petits services au quotidien. Pour Sylviane, le fait de se sentir soutenue dans ses moments de galère compte autant que le service lui-même.

Valérien a été licencié et il a du mal à retrouver un emploi. Mais il n’en a pas parlé à ses amis, de peur d’être déconsidéré. Il veut s’en tirer tout seul et ne sollicite aucune aide de ses proches ; au contraire, il affiche en public un air dégagé alors que son moral est au plus bas et qu’il se sent déprimer de plus en plus.

Le recours à autrui est considéré comme un mécanisme de défense par Alain Braconnier, qui le définit comme la capacité de « rechercher l’aide et le soutien de quelqu’un d’autre que soi pour faire face à une situation difficile ».

On peut demander de l’aide pour recevoir différents types de soutiens : un soutien matériel ou financier ; un soutien intellectuel par l’apport d’informations utiles pour résoudre une situation compliquée ; un soutien d’estime pour se sentir rassuré ; un soutien émotionnel pour se sentir plus écouté, compris…

Cependant, nous sommes souvent réticents à demander de l’aide, pour de nombreuses raisons : par timidité, par crainte de se sentir redevable, de montrer ses faiblesses, par peur d’être déconsidéré ou rejeté par les autres. Ce peut être aussi par peur de déranger les autres, de leur infliger de nouveaux soucis alors qu’ils ont déjà leurs propres problèmes à résoudre. Les hommes ont souvent plus de difficulté que les femmes à demander de l’aide : par éducation, ils doivent paraître forts, indépendants et capables. Et tous, quand nous nous sentons dépressifs ou angoissés, nous tendons à nous refermer sur nous-mêmes alors même que nous aurions encore plus besoin d’être écoutés, soutenus, aidés.

Ces comportements s’appuient sur une fausse équivalence : avoir besoin d’aide serait un signe de faiblesse, alors que fournir de l’aide, ce serait être fort. Pourtant, nous sommes des êtres sociaux et chacun de nous a besoins d’aide à certains moments. La plupart des humains aiment rendre service et sont plutôt heureux d’être sollicités pour apporter une aide. Semaine prochaine, nous verrons comment demander simplement de l’aide.


Renaud CHEREL


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    Les mécanismes de défense psychologique
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