Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
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mardi 20 décembre 2016

Le blues de Noël

-« Ah, Noël, c’est merveilleux ! s’écrie Magali. Toutes ces lumières, la joie des enfants devant les vitrines et leur impatience en attendant les cadeaux, c’est formidable, ça me rappelle mon enfance. J’adore me promener au marché de Noël, rencontrer des gens, partager ma joie en achetant des choses à offrir à ceux que j’aime…       
  
- Noël, c’est d’abord une fête chrétienne, précise Jean-Baptiste : on fête la naissance de l’enfant Jésus – même si ce n’est pas sa vraie date d’anniversaire – celui qui est venu pour nous sauver de notre médiocrité. Alors notre joie, elle ne vient pas des cadeaux, mais de cette bonne nouvelle !  
  
- Moi qui ne suis pas croyant, je déteste cette période de fin d’année ! rétorque Norbert. Quelle hypocrisie ! Tous ces gens qui se font des cadeaux et de grandes courbettes par devant et qui se plantent des couteaux dans le dos, ça me sort par les yeux ! Le monde est cruel et ce ne sont pas les illuminations de Noël qui me feront changer d’avis.

- J’aimais bien les fêtes de Noël et de fin d’année quand j’étais plus jeune, glisse Pernelle ; mais maintenant, je suis toute seule : mon mari est parti dans les bras d’une autre, mes enfants sont loin et n’ont pas le temps de venir me voir. Personne ne fait attention à moi ; alors, quand je vois tous ces gens qui s’amusent, ça me fait un gros pincement de cœur et je me sens triste. »

Le rituel dans fêtes de fin d’année, ressenti comme obligatoire, et son caractère familial, peuvent provoquer la mélancolie, ou raviver des blessures (séparations, deuils, mésententes…) chez certains d’entre nous : c’est le « blues de Noël ». D’après les sondages, Noël ne présente un caractère religieux que pour 15% des Français. La face la plus visible de ces fêtes est la consommation à outrance de produits de toutes sortes, et ce consumérisme souvent effréné, aussi bien que la nécessité éprouvée de maintenir les apparences, ne répondent pas à la demande plus spirituelle que peuvent éprouver les uns ou les autres.

Existe-t-il des moyens de réagir contre ce blues ? Le premier qui me vient à l’esprit, c’est de se tourner vers les autres : si je me retrouve seul(e), je pourrais, pourquoi pas, inviter telle personne de mon entourage dont je sais qu’elle est seule ? Ou bien je pourrais donner du temps pour une action collective en faveur de plus malheureux que moi : il y a certainement pas loin de chez moi une association à laquelle je pourrais participer : Resto du Cœur, Repas de Noël des isolés, association caritative…

Si l’ambiance familiale m’est difficile à supporter, si les mêmes vieilles rancœurs remontent toujours à cette période, pourquoi ne pas me tourner vers des amis et partager un bon moment avec eux ? Profiter de cet espace de temps pour m’offrir un moment de vraie détente, seul, à deux ou à plusieurs, dans un autre cadre ?

Quelle que soit votre situation, je vous souhaite un excellent Noël !

 

Renaud CHEREL

Vous pouvez lire aussi dans ce blog des articles sur la même thématique :
    Bilan et souhaits


mardi 29 novembre 2011

Guérir - guérison active et guérison passive

Adeline est soulagée : « Mon fils est guéri de la blessure qu’il s’était faite au genou. C’est incroyable comme il a cicatrisé vite ! » -« Ah, dit Louis, je dois beaucoup à mon médecin de famille qui m’a guéri d’une vilaine bronchite qui traînait depuis des mois… »

En français, la différence entre guérison active et passive n’existe pas et c’est le même mot qui recouvre les deux nuances : ont dit indifféremment « je suis guéri par le médecin », et « ma maladie est guérie ».
En anglais, on dispose de deux mots pour dire guérir : to cure et to heal. Même si chacun de ces deux mots peut être utilisé au sens actif ou passif, on préfèrera to cure pour exprimer qu’on agit pour que la maladie guérisse, tandis que to heal apporte une nuance plus passive, désignant le fait qu’une blessure ou une maladie est en processus de guérison.

Cette différence entre les deux langues me paraît intéressante, car elle dit quelque chose sur l’approche actuelle de la guérison : en effet, l’anglais est aujourd'hui le véhicule de notre culture basée sur l’efficacité et la performance, soumises à des contraintes économiques. L’approche officielle de la notion de guérison adopte donc les catégories plus nettes de la langue anglaise plutôt que les nuances de la langue française où le sens actif et le sens passif s’interpénètrent davantage pour laisser plus de place à l’interprétation individuelle.

- Guérir pourquoi ?
On peut penser a priori que la guérison d’une blessure ou d’une maladie est un processus purement physiologique qui n’est pas ou peu influencé par la volonté de la personne. Pourtant, l’expérience montre que les choses ne sont pas si simples et que le moral de la personne influence fortement le processus de sa guérison. La volonté de guérir représente une force d’auto guérison qui vient s’ajouter aux autres moyens employés dans le traitement.

Mais tout le monde ne veut pas forcément guérir. Il peut arriver chez certaines personnes que la maladie soit un moindre mal, une façon de se protéger d’autre chose. Et dans ce cas-là, pourquoi la personne aurait-elle envie de guérir, si cela l’oblige à enlever cette protection ?

- Guérir de quoi ?
Sculpture "Sortir des griffes de la maladie"
(Irlande - Photo R. Cherel)
Voilà bien la question : nos blessures et nos maladies ne sont pas que des blessures du corps. Il est des blessures intérieures plus douloureuses encore que celles ressenties dans notre chair. Dans mon expérience de coach, il m’arrive de rencontrer des personnes dont les blessures intérieures influencent tous les aspects de leur vie, que ce soit dans le domaine privé ou professionnel. Par rapport à ces blessures-là, on peut parler de possibilité de guérison intérieure. Comme les guérisons du corps, les guérisons intérieures peuvent revêtir une multitude de formes ; dans certains cas, ce peut être un processus lent et progressif ; mais dans d’autres, c’est un phénomène quasi instantané, une sorte de retournement intérieur.

« Pour guérir, il faut rêver que l’on peut guérir. » Edouard Zarifian, psychiatre.

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog :
    Dedans, dehors
    Question de référence
    Guérir de l'abandon

Liens externes : 
    Entretien avec Edouard Zarifian
    Entretien avec le Dr Olivier Soulié

Bibliographie :
Dr Olivier Soulier : Histoires de vies, Messages du Corps, éd. Sens et Symboles, Nantes, 2007.
Médecin homéopathe et acupuncteur, le Dr Soulier livre ici une synthèse de ses découvertes après avoir écouté de très nombreuses histoires de vies racontées par ses patients. Il résume dans cet ouvrage les résultats de sa lecture symbolique des pathologies, qui permettent au lecteur de mieux se comprendre et mieux décrypter ses troubles et ses douleurs. Comme il le dit lui-même dans son introduction : "Les codes des maladies et les codes de nos comportements sont des propositions de sens pour permettre à chacun d'avoir une aide dans la compréhension de sa vie et de ses maux."