Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...
Affichage des articles dont le libellé est éducation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est éducation. Afficher tous les articles

lundi 21 mai 2012

Usage de la politesse


Vivant depuis quelques années dans une petite ville de la région parisienne, j’ai été agréablement surpris en arrivant par l’usage assez généralisé de la politesse dans les espaces publics de cette ville. En fait c’est le contraste entre cette situation et celle vécue dans d’autres lieux qui m’a fait prendre conscience de son agrément. Pour prendre quelques exemples : les gens se saluent dans la rue, laissent le passage aux personnes plus âgées, utilisent des locutions comme « pardon » ou « merci, monsieur » ; ils ont tendance à respecter les files d’attentes dans les magasins ; les véhicules cèdent volontiers le passage aux piétons dès l'instant où ceux-ci sont engagés dans la traversée de la chaussée. En soi, tous ces comportements font partie des règles conventionnelles de politesse, et les automobilistes ne font que respecter le code de la route. Par ailleurs, il est vrai que la ville est petite, et que par conséquent les gens se connaissent davantage que dans l’anonymat des grandes villes. Cependant, ayant habité dans différentes régions du nord au sud de la France, je crois pouvoir affirmer que ces comportements polis ne sont pas aussi généralisés dans notre pays qu’on pourrait le croire, à la différence d’autres contrées comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne ou les pays scandinaves.

Le mot politesse provient du latin politus qui signifie uni, lisse, brillant ; il désigne un ensemble d’usages, de règles de comportement et de langage considérés comme les meilleurs dans une société. La politesse vise d’une part à faciliter les rapports sociaux et d’autre part à faire la démonstration de son éducation et de son savoir-vivre.

Selon Dominique Picard, professeur de psychologie sociale, « le savoir-vivre est aux relations sociales ce que la grammaire est à la langue ». Par là, elle pointe deux caractéristiques de ce qu’on appelle le savoir-vivre : d’une part, dans beaucoup de situations de la vie courante, nous faisons usage de règles de politesse sans même en avoir conscience, un peu comme monsieur Jourdain faisait de la prose. Mais d’autre part, elle souligne la distance, facilement observable, entre la théorie et la pratique, entre les règles de politesse telles qu’elles peuvent apparaître dans des manuels et leur application concrète.

Il est un fait que la politesse met de l’huile dans les rouages des rapports sociaux, notamment dans le domaine professionnel. Mais c’est un vernis qui peut être très superficiel et même paradoxal. Par exemple, la convention de dire « bonjour » signifie que l’on porte de l’attention à la personne. Chacun sait que ce n’est pas une grande marque d'attention en soi ; cependant le fait de ne pas dire « bonjour » est interprété non pas comme un acte neutre, mais comme un acte d'irrespect. On peut dire la même chose à propos du mot « Pardon » censé exprimer le regret et la volonté de réconciliation et qui n’est souvent que pure convention. Ces mots peuvent ainsi cacher de l’hypocrisie, de l’obséquiosité ou même une franche agressivité.


Et vous, quel usage faites-vous de la politesse dans vos rapports avec les autres ?

Renaud CHEREL




Ce message vous a plu ? Vous pouvez voir aussi dans ce blog :
    Incivilité

Liens externes : http://lhomme.revues.org/index21206.html

vendredi 25 février 2011

Education des enfants

A la découverte de l'écrit...
Vincent, père de famille, est très satisfait de la manière dont il éduque son fils :
-« Mon père me flanquait encore des taloches quand j’avais vingt ans ; je fais de même avec mon fils. C’est pour son bien, sa réussite est à ce prix. Je veux qu’il obtienne la belle situation que je n’ai jamais eue, moi. Ce que je n’ai pas pu réaliser, lui, il le fera... »

Marie-Noëlle a du souci, car son fils Jérôme a de gros problèmes scolaires. Pourtant les médecins n’ont décelé aucun problème physique : Jérôme a une excellente vue, il entend bien et à la maison il se montre vif et intelligent ; mais il se bloque à l’école. Marie-Noëlle se pose des questions : est-ce ma façon de l’éduquer qui est en cause? Ou bien le style de la maîtresse qui ne convient pas à mon garçon ?

L’éducation est un vaste sujet... Retenons simplement quelques éléments fondamentaux :
- Tout éducateur est lui-même le résultat de son éducation, qui provient d’éducateurs précédents. L’éducation est une chaîne sans fin. On ne peut transmettre que l’éducation que l’on possède et que l’on a reçue, soit dans son enfance, soit par une formation ultérieure ou une expérience de vie.

- L’éducation des autres commence par l’éducation de soi-même. De très nombreux examens sont exigés pour exercer la plupart des métiers ; mais n’importe qui peut se dire éducateur. Or, quel est le rôle d’un éducateur ? C’est d’amener ceux dont il a la charge à développer leurs potentialités, dans la vérité et l’équilibre. Pour cela, ne lui est-il pas nécessaire d’avoir atteint un minimum de maturité et d’équilibre ? Que penserait-on d’un médecin qui soignerait les corps sans les connaître ? Ou d’un religieux, d’un prêtre qui prêcherait la paix, le cœur plein d’hostilité ?

- Aucune éducation n’est possible sans amour. C’est une évidence ; et pourtant, combien de contre-exemples pouvons-nous constater ? Sans amour, on ne peut que dresser, soumettre, conditionner, inculquer des connaissances ou des comportements. Vincent croit agir par amour, alors qu’il exerce sur son fils une forme de domination et transpose sur lui se propres ambitions. Que la domination soit brutale ou cachée sous des dévouements ou des bontés ne change rien à l’affaire. Une mère qui couve son enfant, qui s’accroche à lui, ne l’aime pas vraiment ; sous couvert de le protéger, elle empêche le développement propre de cet enfant.

Face à de telles exigences, certains peuvent se poser la question : « C’est trop difficile ! Comment être capable d’éduquer mes enfants ou ceux qui me sont confiés?» À mon sens, il n’existe pas un seul modèle d’éducation idéale et universelle, mais de multiples façons d’aborder la question. Tout le problème tient dans ce délicat équilibre entre la nécessité d’inculquer les éléments nécessaires à une vie en société, et le respect de la liberté et de l’autonomie de l’enfant. Mais celui-ci est adaptable, il sera capable de se développer harmonieusement dans une grande variété d’environnements et de circonstances, pourvu que l’on reste cohérent et que l’on respecte les fondamentaux.

Renaud CHEREL


Voir aussi dans ce blog : 
    Quitter père et mère
    Cour de récréation
    Transmettre
    Congruence
    Autonomie et indépendance

Liens externes :
    Entre punition et éducation

dimanche 14 juin 2009

Congruence

Depuis toujours, les plus anciens ou plus expérimentés d’entre nous donnent des conseils d’éducation aux jeunes parents. Je ne sais pas s’il existe « une bonne » façon d’éduquer les enfants. Mais il est essentiel, me semble-t-il, de garder une certaine logique. Pour illustrer cela, prenons l’exemple de Bernard et Céline, parents de trois enfants de 6 à 11 ans (c’est une histoire vraie).

Céline est partie en déplacement pour 15 jours, laissant la gestion de la maisonnée à Bernard. Celui-ci est partisan d’une certaine sévérité car à son avis l’enfant « se pose en s’opposant », il a besoin d’un ensemble de règles bien définies sur lesquelles s’appuyer. Mais pour Bernard, il est nécessaire aussi que cet ensemble soit cohérent. Sans aucune règle, il pense que plus tard le jeune aura du mal à s’adapter à la société, où il est nécessaire de s’adapter à un certain nombre de contraintes si l’on ne veut pas se marginaliser.

Cependant, avec trop de règles, on tue la curiosité, l’esprit d’initiative de l’enfant et donc ses possibilités d’épanouissement futur. Et, par expérience Bernard sait que l’enfant accepte assez facilement un ensemble de règles si elles correspondent à une certaine équité.

Pendant l’absence de Céline, Bernard a demandé, aux trois enfants d’assumer un certain nombre de services à la maison. En particulier, ils sont tenus de faire leur lit le matin. Si le lit n’est pas fait le soir quand il rentre du travail, le responsable écope d’une amende de 0.20 Euros à payer sur son argent de poche ; la somme, faible, est importante proportionnellement aux économies des enfants et elle compte beaucoup psychologiquement. Les enfants, en tout cas, se plient sans problème à cette règle.

Ce jour-là, pressé par une urgence au travail, Bernard n’a pas fait son lit. Les enfants s’en sont rendus compte à midi ; et le soir, quand il est rentré du travail, la première chose qu’ils lui ont dite, c’est : « Papa, tu n’as pas fait ton lit, tu dois payer une amende ! » Il a bien fallu qu’il s’exécute. Il a donc sorti vingt centimes de ma poche et leur a demandé de les verser dans une cagnotte commune, ce qu’ils ont fait.

On peut discuter des méthodes d’éducation de Bernard. Mais on ne peut pas lui reprocher d’être incohérent dans son comportement vis-à-vis des enfants. De même que le législateur qui édicte des lois n’est pas en dehors de la loi, la logique voulait que Bernard ne soit pas exclu de la règle édictée par lui-même, concernant les lits faits avant le soir. En coaching, pour désigner cette cohérence, cette adéquation entre ce que l’on dit et ce que l’on fait, on parle de congruence, un terme emprunté aux mathématiques. Etre congruent, c’est une excellente façon à la fois de bien vivre et d’être pédagogue !
Triangles congruents

Renaud CHEREL  



Voir aussi dans ce blog :

    Education des enfants
    Mensonge ou vérité ?
    Autorité ou autoritarisme
    Comment gérer mes contradictions
    Fidélité et engagement